déc 22

 

Interview James Sallis

85

 

 

 

 

Il y a les auteurs qu’on aime lire, retrouver comme des amis et il y a les écrivains, la minorité, des personnes qui vous chavirent en vous racontant les histoires que vous rêviez de lire, de vivre ou d’écrire, qui ont une sensibilité, une intelligence supérieures à la moyenne et qui créent des univers parfois obtus pour le novice, des écrivains qu’il faut décrypter tant la compréhension de leur pensée complexe se mérite et James Sallis fait, pour moi, partie de ces gens extraordinaires et je suis vraiment heureux de partager avec vous ce moment avec un homme hors du commun ayant accédé à la notoriété en France par le grand prix de la littérature policière 2013 avec « le tueur se meurt » et par l’adaptation cinéma de son roman « Drive ».Bien plus francophone que je suis anglophone, James Sallis a reçu les questions en français. Les réponses ont été traduites avec talent par Morgane.

 

  • Auteur de romans noirs n’est qu’une infime partie de votre carte de visite dans le domaine littéraire comme dans votre activité d’adulte. Plutôt que de se contenter de la version Wikipédia, accepteriez-vous de nous parler de votre itinéraire, de vos réussites, de vos périodes de fierté ?

 

Mes premières ambitions tendaient largement vers la science-fiction et la poésie – c’est dans ces deux genres que j’ai commencé à publier, de la poésie dans des magazines littéraires, de la science-fiction dans New Worlds et dans Orbit, l’anthologie de Damon Knight, à peu près en même temps.

658

On retrouve ces influences dans tout ce que j’écris, la poésie dans mon approche structurelle du langage, la science-fiction dans ma vision du monde, ces mondes multiples à quelques pas de distance à gauche ou à droite de celui qu’on peut voir. Mon livre le plus récent s’intitule : Black Night’s Gonna Catch Me Here : New and Selected Poems, une sélection de poèmes inédits publiée par New Rivers Press.

 

Sur un peu plus de cinquante ans, j’ai publié près d’une centaine de nouvelles dans des magazines ou des anthologies littéraires, de policiers et de science-fiction, des centaines de poèmes et des milliers de pages de critiques, de théorie et de préfaces, trois livres de musicologie, une biographie de Chester Himes, une traduction de Saint Glinglin de Queneau et seize romans. A l’évidence, je n’ai jamais décidé ce que je voulais devenir quand je serai grand.

 

My first ambitions leaned heavily towards science fiction and poetry, and I began publishing both, poetry in literary magazines, science fiction in New Worlds and Damon Knight’s Orbit anthologies, about the same time. These influences persist in everything I write, poetry in my approach to language and structure, science fiction in the way I see the world, my sense of multiple worlds a step or two to the left or right of the visible one. My most recent book is Black Night’s Gonna Catch Me Here : New and Selected Poems, from New Rivers Press.  

 

Over fifty years or so, I’ve published close to a hundred short stories in literary, crime and science fiction magazines or anthologies; hundreds of poems and thousands of pages of reviews, criticism and introductions ; three books of musicology ; a biography of Chester Himes ; a translation of Queneau’s Saint Glinglin; and sixteen novels. Obviously I’ve never decided what I want to be when I grow up.

 

  • Qu’est ce qui fait qu’un jour on décide d’écrire ? Avez-vous d’abord écrit uniquement pour vous avant de passer à l’édition ? Etait-ce dès le départ une passion pour l’écriture, une nécessité, une évidence ou un simple loisir ?

  

Vers l’âge de quatorze ans, j’ai compris que l’écriture serait une grande partie de ma vie. C’est comme ça qu’on fiche en l’air sa jeunesse.

 

By age fourteen or so, I realized that writing was to be a huge part of my life. In such manner are young lives ruined.

 

  • De la même façon, pourquoi avez choisi un jour de vous consacrer exclusivement à la littérature noire, si cette exclusivité existe réellement ? Qu’est-ce qui vous plaisait dans le cadre roman policier ?

 

Comme indiqué ci devant, les romans policiers ne forment qu’une fraction de ce que j’écris et ai écrit. (J’évite le terme « noir » qui , comme « jazz, » a été vidé de toute signification) Mais l’intrigue policière me paraît un modèle de notre façon de vivre, en quête de sens dans nos vies disparates, et le roman policier est à mon sens le roman urbain par excellence, qui décrit précisement ce que les villes et les nombreux conforts de la civilisation ont fait de nous.

 

As intimated above, crime novels comprise but a small part of what I write and have written. (I avoid the designation « noir » which, like « jazz, » has been drained of meaning.) But the detective story seems to me a template of how we live, trying to find meaning in the disparities of our lives; and the crime novel for me is the definitive urban novel, detailing what the cities and the many accommodations of civilization have made of us.

 

879

  • Lew Griffin, votre premier héros, très attachant et atypique détective noir déambulant dans les rues de la Nouvelle Orleans pendant six volumes, est-il un hommage à Chester Himes dont vous êtes un grand admirateur et aussi l’auteur d’une biographie ? Y a-t-il une part importante de vous dans les héros que vous avez créés.

 

En partie, oui, bien sûr : nous sommes tous prisonniers de notre propre tête, dans notre façon de voir le monde, et on ne peut pas en sortir. Mais l’art, c’est précisément une tentative d’évasion.

In part, yes, of course : we’re all trapped inside our heads, in the way we see the world, and can’t get out. But art is precisely an attempt to do so.

 

  • Qu’est-ce qui fait qu’un jour, vous décidez d’arrêter le personnage de Lew qui pourtant continuait à nous charmer ?

 

 

L’aventure de Lew a commencé comme une simple nouvelle (la première partie du Faucheux), puis c’est devenu un roman, un seul roman, ou c’est ce que je pensais. Mais le personnage ne me quittait plus ; je voulais en savoir plus sur lui. Alors j’ai écrit un autre roman, puis un autre. Quand j’en suis arrivé au cinquième, je savais que j’en avais un de plus et l’histoire serait terminée. En un sens, le cycle de Lew Griffin est peut-être la seule série en six volumes avec une fin surprenante. On pourrait aussi considérer qu’il s’agit d’un long roman.

 

Lew’s story began as just that, a short story (the first section of The Long-Legged Fly), then became a novel – a single novel, I believed. But the character would not leave me alone; I wanted to know more about him. So I wrote another novel. Then another. By the time I reached the fifth, I knew I had one more, then his story was done. In a sense the Lew Griffin cycle may be the only six-volume series with a surprise ending. It might also be considered one long novel.

8546

  • Vous aviez dit, à l’époque, qu’il n’y aurait pas d’autres personnages récurrents dans la suite de votre œuvre ? Comment s’est donc opérée la naissance de John Turner ex-flic et ex-détenu venu se retirer au fin fond du Tennessee ? Qu’est ce qui fait que l’on passe de la Louisiane urbaine au Tennessee rural ?

J’ai grandi dans le Sud rural ; j’ai toujours voulu écrire sur cette région. Mais je n’ai pas trouvé de bon récipient avant de visualiser la première scène du roman avec Turner : un homme debout dans les bois qui entend une voiture approcher. Le reste du roman s’est construit en répondant à quelques questions : qui est cet homme ? Pourquoi est-il là ? est-il ? Encore une fois, je n’avais prévu qu’un seul roman, mais le personnage ne voulait pas s’arrêter. Il restait d’autres questions.

 

I grew up in the rural South and always wanted to write about it but hadn’t the right container until the image of the first Turner novel came to me: a man standing in the woods listening to a car engine come towards him. The remainder of the book came from asking questions : Who is this man ? Why is he here ? Where is he ? Again, I intended only a single novel, but the character wouldn’t be put to rest. There were further questions.

 

 

  • Avez-vous aimé le film « Drive » ? Ryan Gosling était-il le bon acteur pour interpréter le héros ? Quand, par la suite, vous avez écrit l’impeccable suite « driven » avez-vous été parasité par l’image de Gosling interprétant un personnage finalement assez éloigné du héros du roman ?

578498

Pour autant que j’admire le travail de tous sur le film, Ryan, Nic, Hoss Amini, chacun des acteurs dans le film, je n’ai jamais eu consciemment l’idée d’instiller le film dans le second roman. Ce film est un bijou et Ryan étincelle dans ce rôle.

 

 

As much as I admire everyone’s work on and in the film – Ryan’s, Nic’s, Hoss Amini’s, every single actor – I never felt a conscious impulse to let the film bleed into the second novel. It’s a stone brilliant film, and a stone brilliant performance from Ryan.

 

  • Retrouvera-t-on un jour « le conducteur » ?

 

Quand mon agent m’a demandé si j’accepterais d’écrire une suite, j’ai répondu : « Pas question. » Puis j’ai raccroché, je suis retourné à mon bureau et j’ai tapé le titre Driven ainsi que les deux premières pages. Je n’ai pas l’intention d’y revenir. Mais de même, je n’en avais ni avec Lew ni avec Turner.

 

When my agent asked if I’d consider writing a sequel, I said « No way. » Then I hung up the phone, walked back to my study, and typed the title Driven plus the first two pages. I don’t plan to return. But then, I didn’t with either Lew or Turner.

54621

  • J’ai été époustouflé par « la mort aura tes yeux » récemment ressorti en France par Folio de Gallimard. Est-ce pour vous un roman d’espionnage tel qu’il est présenté par les éditeurs  ou une nouvelle preuve de votre art pour prendre un genre et de vous en servir à votre guise pour raconter bien d’autres propos étrangers au cadre originel ?

 

J’ai tendance à utiliser des formes standard, le roman policier, le roman d’espionnage, pour les structures internes qu’elles offrent, pour mieux en soulever la surface et aller voir ce qu’il y a en dessous.

 

I tend to use standard forms, the detective novel, the spy novel, for the inherent structures they afford, then pry loose the floorboards to see what else is under there.

 

 

  • Vous avez écrit une belle introduction à « le petit bleu de la côte ouest » de Manchette pour le marché américain que l’on retrouve sur la sortie du bouquin chez Folio et où vous expliquez pourquoi vous aimez Manchette et il apparait, après réflexion, que la série de « Drive » est assez proche, dans le style, des romans du Français qui était connu aussi pour son engagement politique à gauche. Existe-t-il de tels auteurs de noir engagés aux USA ?

546

Tout à fait. Des auteurs noirs, des auteurs blancs, des auteurs américains d’origine asiatique, des auteurs hispaniques, des auteurs amérindiens,…L’histoire de la gauche américaine est étrange, extrêmement différente de la vôtre et bizarrement entremêlée à l’anti-intellectualisme américain et à notre autoportrait en cowboy, mais ne doutez pas que son esprit nous hante encore, de Hammett à Stephen Greenleaf, à George Pelecanos ou moi-même.

 

Absolutely. Black writers, white writers, Asian-American writers, Native American writers, Hispanic writers…The story of the American Left is a strange one, immensely different from yours, and strangely intertwined with American anti-intellectualism and our cowboy self-image, but never doubt that its spirit still haunts, Hammett to Stephen Greenleaf to George Pelecanos or myself.

 

  • « Le tueur se meurt » raconte des solitudes urbaines, des absences comme la série à la Nouvelle Orléans, pensez-vous que notre existence n’est finalement que solitaire, est-ce votre philosophie de la vie ?

 

Ce n’est pas une philosophie ; c’est une observation.

 

It’s not a philosophy, it’s an observation.

777

  • Vous racontez surtout des histoires d’hommes où les femmes brillent par le poids de leur absence ou de leur perte ? Ecrirez-vous un jour un roman avec une grande héroïne ?

 

Others of My Kind, qui n’a malheureusement pas été publié en France, a comme personnage principal Jenny Rowan, une femme qui a été enlevée quand elle était enfant et gardée emprisonnée dans un coffre en bois caché sous le lit de son kidnappeur. Ce n’est que l’histoire de fond. Le récit raconte ce qu’elle a fait de sa vie. C’est peut-être mon personnage préféré, et ce roman contient les meilleurs passages que j’ai écrits.

 

Others of My Kind, which, sadly, has not been published in France, has as its protagonist Jenny Rowan, a woman kidnapped as a child and kept in a wooden box beneath her abductor’s bed. That’s the back story. The story itself is what she has made of her life. She may be my favorite character, and the novel contains some of the best writing I have done.

 

  • Il y a beaucoup d’histoires ordinaires d’animaux, d’oiseaux surtout, qui peuplent certaines fins de chapitres de vos romans ? Ce n’est pas une question primordiale mais cela m’a toujours intrigué, pourquoi ces fantaisies animalières ?

 

C’est peut-être tout simplement parce que j’aime les animaux. Peut-être parce que j’ai l’impression que nous devons nous rappeler que ce monde ne nous appartient pas. Peut-être parce que je travaille près de portes vitrées, je passe beaucoup de temps à regarder dehors.

 

Possibly this is simply because I love animals. Possibly because I feel we need to be reminded that this is not our world. Possibly because I work next to French doors and spend a great deal of time looking outside.

 

  • Vous avez traduit Queneau pour les Américains, vous parlez notre langue, aimez Manchette, votre francophilie n’est plus à démontrer mais qu’est-ce que le France pour vous, actuellement, vue des USA ?

 

La découverte de la littérature française moderne et contemporaine, alors que je vivais à Londres et travaillais comme éditeur au magazine de Mike Moorcock New Worlds, m’a littéralement ouvert le monde ; son influence et l’éventail des possibles qu’elle m’a donnée s’étendent sur l’ensemble de mon écriture, depuis la poésie jusqu’à la fiction en passant par la théorie.

 

The discovery of modern and contemporary French literature, made when I lived in London editing Mike Moorcock’s magazine New Worlds, quite actually opened the world for me; its influence, the sense of possibilities it gave me, ranges throughout my writing, from poetry to fiction to criticism.

 

  • Le nouveau théâtre de vos romans est maintenant l’Arizona, autre état du Sud, vous considérez-vous comme un écrivain du Sud et que signifie cette appellation, quels sont les auteurs actuels que vous aimez ?

 

L’Arizona est un univers assez différent : le Sud-ouest des Etats-Unis. Un pays de cowboy, avec une petite pincée de Californie. J’y ai vécu pendant des années avant de me sentir capable d’écrire sur le sujet. Concernant les auteurs, il faudrait que vous jetiez un coup d’oeil à ma bibliothèque. Dernièrement, je passe mon temps à dévorer des nouvelles : Hilary Mantel, Kij Johnson, Dan Chaon, Otessa Moshfegh… Et de la poésie, avec mon troisième volume, à paraître en mars, qui comprend des poèmes depuis que j’ai commencé à en écrire, de 1968 jusqu’à maintenant.

 

 

 

Arizona is quite a different world: the American Southwest. Cowboy country, with a twist of California for good measure. I lived here for years before I felt competent to write about it. As for authors: You’d have to come look at my bookshelves. I’ve been on a short-story reading binge of late: Hilary Mantel, Kij Johnson, Dan Chaon, Otessa Moshfegh… And poetry, with my third collection due in March and containing poems from 1968 to the present – the entire time I’ve been writing them.

 

 

  • Votre dernier roman  « Others of my kind” est toujours inédit en France, quel est son sujet?

 

[Le sujet est évoqué ci-dessus.]

 

Vous êtes un mélomane averti, quelle musique, quel genre, conviennent le mieux à la lecture des romans de Sallis ?

5487

Un peu de tout – ce que j’écoute. Les livres avec Lew Griffin semblent imprégnés de blues, la série des Turner avec de l’old-time music des montagnes, mais tout dérive du récit. J’ai une éducation classique, je reviens par défaut au blues quand je joue en solo, avec mon groupe on joue de l’old-time, de la country traditionnelle, du calypso, du cajun, du bluegrass, du blue, du swing et du jazz précoce – tout ce que j’écoute.

 

Any and all – which is what I listen to. The Lew Griffin books seem to be imbued with blues, the Turner books with oldtime mountain music, but that arises from their content. I’ve a classical background, generally default to blues when playing solo, with my band play oldtime, vintage country, calypso, Cajun, bluegrass, blues and swing and early jazz, all of which I listen to.

 

Entretien réalisé pendant la première quinzaine de décembre 2014.

Wollanup.

 

déc 22

bon, je savais qu’il faisait de la musique, il est passé à vienne dans le cadre du festival de Jazz, qu’il jouait la comédie, mais là….

alors j’ai essayé, présenté sous formes de dialogues, on est en terrain connu pour les fan des Monthy Python, ou du « nonsense » anglais, cet humour que j’adore.

Il y a  fort fort longtemps que je n’avais point lu des dialogues des sketchs, confère le lycée et autres Molières.

Alors ?

Ca marche, pourtant ca date, un peu…. année 1990, mais c’es un réel plaisir à lire.

Certains pourront être déconcertés par cette forme de lecture, mais je me suis attrapé au jeu, j’ai bien ri, et il n’ pas fait un pli

Un seul mot, me vient à l’esprit !

Encore….

 

déc 22

Clameurs – Portraits voltés

Richard ComballotLes écrivains de science-fiction et de fantasy français ont assez peu souvent l’occasion de s’exprimer dans nos médias, que ce soit dans les colonnes des grands journaux, à la radio ou à la télévision. Et ce alors que les littératures dites «de l’imaginaire» n’ont jamais été aussi populaires et les auteurs aussi nombreux qu’aujourd’hui dans notre pays… Pour autant, les auteurs d’imaginaire, de science-fiction surtout, ont des choses à nous dire quant à l’état du monde et leur vision de l’avenir, autrement que dans leurs romans, désireux dès que l’occasion se présente de partager avec nous leur rapport à la société, à l’époque et à l’art.C’est pourquoi Richard Comballot interroge sans relâche, depuis plus de vingt ans, les auteurs majeurs de ces littératures pour de volumineux entretiens fourmillant de détails et publiés dans des revues telles que Bifrost ou Galaxies. Des entretiens dans lesquels chaque auteur évoque ses origines sociales, sa découverte de la littérature et de l’écriture, le contenu de ses différents ouvrages, ses thèmes, sa personnalité et sa façon de travailler.

Arrivé au bout de son périple – ou presque! –, Richard Comballot rassemble désormais ses entretiens en volumes: après un premier recueil consacré aux «stars» de la SF (Voix du futur, Les Moutons Électriques, 2010), il publie aujourd’hui, pour fêter dignement les dix ans d’existence de La Volte, ses entretiens avec les principaux auteurs français de la maison, parus ou à paraître — dont trois inédits: Alain Damasio, Stéphane Beauverger, Jacques Barbéri, Emmanuel Jouanne, Philippe Curval, David Calvo et Léo Henry.

Un livre impressionniste pour tout savoir sur les créateurs de La Horde du Contrevent, du Déchronologue ou de Cosmos Factory.

Illustrations intérieures par Ambroise Hennebelle.

 

Ps : je m’y mets doucement sans tarder, et je commence pas par Damasio ^^

déc 22

couv-les-geants

Encore une fois, j’ai gardé de côté de très très bon pour clore cette année 2014 en beauté ! Ca ne vous a peut-être pas échappé mais je suis l’une des dernières Unwalkers à ne pas vous avoir fait un retour concernant Les Géants de l’ami Benoit Minville… Je voulais seulement vous en reparler alors que les derniers achats de Noël sont encore possibles et que la question des étrennes va prochainement se poser : ce livre est celui que vous devez absolument offrir à tous ceux que vous aimez et que les beaux textes passionnent. S’y mêlent sensibilité et talent notamment : Benoit est un auteur qui, s’il se fait plaisir en écrivant, n’oublie pas de nous faire partager ce bonheur viscéral de la transmission (de valeurs, de messages, d’amitié et d’amour, … d’humanité quoi).

Pour nous qui avons la chance de le connaitre (un peu), nous savons que tout cela n’est pas brodé et surjoué : il est comme ça et reste fidèle à lui-même au fil des mots puis des pages. Marius, Esteban et tous les autres personnages – quel que soit leur rôle dans ce roman – sont vrais et authentiques : de la figure du surfeur au grand cœur à celle du père de famille aux sombres secrets torturés, de celle du jeune gitan bagarreur tiraillé entre ses valeurs et la modernité à celle du grand-père mafieux, … , tous sont convaincants. Impossible de ne pas penser, face à cette fresque colorée qui se joue dans le Pays Basque, à Pagnol : accent chantant, familles qui affrontent tout en se serrant les coudes, soleil, océan et amour/amité-à-la-vie-à-la-mort. C’est beau, c’est vrai, ça remue les et amène à se questionner sur tellement d’évidences. Le tout servi par une bande-son que nos ados (à qui ce roman s’adresse en premier lieu) ne connaissent pas tous mais sans laquelle ils ne pourront devenir des adultes avec un minimum de goût ! Là encore, Benoit prend sa mission bien au sérieux : son univers est entier et il y entraine avec enthousiasme et passion tous ceux qui se lancent dans la lecture de ses romans (Je suis sa fille se démarquait déjà par cela, si vous vous souvenez bien !).

Bref, en un mot comme en cent, Les Géants est une merveille, un de ces livres qui ne vous laisseront pas indifférent quelque soit l’âge auquel vous le lirez. Un conseil donc : procurez-le vous, lisez-le, puis laissez le mûrir sur les étagères de votre bibliothèque (à moins que ce ne soit vous que vous deviez laisser gagner en expérience… ) ; relisez-le dans quelques temps : il sera encore plus savoureux !

Merci Benoit !

PS : Je suis sa fille (toujours chez Sarbacane) fera également forte impression sous le sapin ; pourquoi ne pas coupler ces deux chefs d’œuvres pour remporter la palme du cadeau le plus extraordinaire de la saison ?

déc 22

L’an dernier c’était

http://www.unwalkers.com/la-reponse-francaise-aux-polars-americains-redneck-en-vogue-cest-alexandra-appers-avec-un-mort-de-trop-coup-de-genie/

 

Et maintenant je viens juste de finir, ce livre.

La probabilité d’un accident nucléaire majeur en France dans les trente prochaines années est de 72%. Que resterait-il de nous si tout se terminait, maintenant, devant nos yeux ?

Isolé, séparé de sa femme, Denis est persuadé qu’un accident nucléaire va frapper la France. Paranoïaque, l’homme vide les caisses de son employeur, son compte en banque et kidnappe son jeune fils de six ans. Ensemble, ils vont remonter la Loire en direction de la centrale où, selon lui, tout va commencer. Mais la radioactivité est déjà à l’œuvre au cœur même des choses et bouleverse la vie des hommes.

Lauréat du Goncourt du Premier Roman (Sauvageons, Gallimard), Benjamin Berton tisse l’odyssée humaine de la catastrophe nucléaire redoutée par des millions de Français, s’imposant définitivement comme l’un écrivains français majeurs de notre temps. Publié depuis 2000 aux éditions Gallimard, il s’est illustré en 2011 avec  La Chambre à remonter le temps (Gallimard, 2011). Kevin Cannon, l’auteur du roman graphique culte Far Arden, illustre ce roman de planches inédites

Sacré virée vers la Loire, écrit tout en finesse, l’auteur monte lentement un récit prenant et surprenant dans un mode pré- apocalyptique. Mais pas que….

La relation père, enfant est remise en question, bien décrite, dans nos sociétés actuelles. En ce qui me concerne il y a du vécu et chacun y retrouvera un peu de lui, à ne pas en douter.

Il en resortira une espèce de mélancolie presque du désespoir.

L’auteur passera sans vitrioler notre société, en établissant une correspondance avec  » le c’était  mieux avant ».

Au programme de ce livre donc, beaucoup de matières,  on découvrira, un  Mr. Copeland qui ne vient pas du groupe « police »……on évoquera aussi le nucléaire, les perturbations climatiques, sociales, la surconsommation sans jamais se laisser emporter par la colère. L’auteur nous refait découvrir notre monde simplement.

Grâce à une constriction non linéaire on avancera rapidement dans la trame. Nous ferons de belles rencontres, le duc, des cyclistes, des gens parfois hors du temps, et flirterons parfois avec le fantastique.

Pas si facile de pondre en moins de 400 pages un œuvre aussi dense, avec une aussi grande palette  d’émotions et de regards sur l’état du monde.

En sus, il y a une belle BD à la fin, et une bande son qui m’attend, je vous laisse donc

A lire

 

déc 22

 

un classique, le Berry, la truffe, sa poule, etc.  etc.

Une Région belle, avec de beaux atouts

scratchhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh……….

Et son Steve mais qui vient pas de là-bas, hein!!!, voilà le Résumé  par l’éditeur :

Guerre de Sécession, 1963 : Abraham Lincoln confie au chef des mormons, Brigham Young, un secret d’État, afin de s’assurer de leur soutien face aux confédérés. En 2013, Cotton Malone accepte une mission ponctuelle des services secrets : récupérer un témoin ayant des informations sur Joseph Salazar, un homme d’affaire mormon possédant un journal intime constituant un danger pour les États-Unis.

Mon troisième livre du genre au même éditeur, alors que dire. iI y a tout, tout ce qui fait le genre, les fans de l’auteur seront heureux, ceux du genre aussi, mais, moi qui venais de finir un Paul Christopher et un Glenn Cooper, il n’y a pas photo.

Alors que Steve Berry fait très bien son travail, les autres cherchent une autre voie, dans ce genre éculé….

Voilà, plaisant à lire, mais c’est tout, cela ne l’empêchera pas d’en vendre des milliers, en ce qui me concerne je reste plutôt du coté des 2 autres cités, ceux qui cherchent, ceux qui renouvellent…

 

déc 22

Un grand entretien avec un écrivain américain, grâce à Wollump

celui qui trouve qui, a gagné un  ou des livres

 

 

sans-titre

 

déc 22

sans-titre

 

 

Bonjour M. Crouzet, Nirvana, la maison nirvana, je repars en arrière, ce livre est un chef d’œuvre,  il me semble que vous avez évoqué l’existence de cette demeure, pendant les quelques minutes que j’ai  pu vous voler. Est-ce bien de ce lieu qu’est partie la trame ?

Oui. Je vivais au Cap, en Afrique du Sud, et j’ai toujours été fasciné par le cap de Bonne Espérance, lieu de légendes, endroit dramatique entre deux océans. Côté Atlantique, avant de parvenir à Bonne Espérance, se trouve une localité, Scarborough, balayée par les vents 320 jours par an, habitée par une drôle de communauté : des artistes, des gens qui se cachent aussi, au bout du monde. Au bout d’une artère, presque perdue dans une nature un peu rude, il y avait une maison dont le chantier était arrêté depuis longtemps… J’ai cherché un nom pour cette maison. Un jour, en passant en taxi devant une demeure désuète, j’ai lu : “Villa Nirvana”. La maison dans le roman étant un ancien bordel “habité”, le nom était parfait. La Villa Nirvana est bien le personnage principal du roman.

Revenons sur vos pas, Le colonel Montserrat, comment est-il né ?

Je voulais présenter un agent secret sans trop de certitudes, avec ses failles, mais sans non plus construire un anti-héros. J’avais besoin de montrer que l’espionnage est avant tout une affaire de rapports humains. Je voulais mon héros récurrent fragile et rassurant, je le voulais aussi amoureux, et poète. Il reste marginal dans son milieu, car révolté, mais finit par rentrer dans l’épure, parce que, avant tout, c’est un soldat. Il est finalement assez proche de nombre d’officiers de renseignement. Dans le prochain opus concernant Montserrat, j’insisterai sur l’aspect solidaire, non partagé, du travail. Je voulais aussi présenter un visage positif de la DGSE, en hommage aux agents anonymes qui représentent les sentinelles muettes de notre démocratie.

Vos livres ont toujours une portée sociale ou politique, un  fait exprès ?

Non, je ne crois pas. Mais J’aime simplement écrire dans le cadre de situations existantes. Je trouve très enrichissant de travestir la réalité, en lui injectant une dose romanesque. C’est finalement ce que j’apprécie chez certains auteurs anglo-saxons. Dans mon dernier roman, “Radioactif”, c’est très particulier puisque je raconte une histoire dans laquelle je suis réellement impliqué en tant que témoin. La publication du roman m’a valu d’être auditionné par la brigade financière dans le cadre du plus important détournement d’argent public de la cinquième République, ce qui est un cas unique, je crois, dans la littérature française. Je ne connais pas beaucoup d’écrivains qui se sont retrouvés face à des enquêteurs de police disséquant leur roman… Je ne suis pas un écrivain engagé. Je ne suis pas un dénonciateur. Dans “Radioactif”, j’ai profité de ma connaissance du dossier, des personnages et des décors pour écrire un thriller international. Je disposais de tous les bons éléments. La publication du roman a engagé les enquêteurs, les journalistes d’investigation sur de nouvelles pistes, et participe de fait à la recherche de vérité, c’est très bien, mais ce n’était pas l’objectif original.

Je trouve que vous en connaissez un rayon sur pas mal de choses, vous faites de la plongée armée ?

Non ! Je ne suis pas aussi à l’aise en milieu aquatique que le colonel Montserrat, qui, à la base, est un nageur de combat. Toutefois, j’ai quelques copains qui ont passé de longues années dans l’eau… Moins d’actions, dans celui- là, beaucoup plus de psychologie, est plus dur à écrire, décrire ? Au contraire. C’est un vrai plaisir de retenir l’action. De comprimer lentement le ressort. Je veux aller vers plus de réalisme. Je pense que ce qui est projeté, pour être spectaculaire, ne nécessite pas une débauche de séquences d’action, tout au contraire. J’ai envie aujourd’hui de fouiller mes personnages, de donner du corps au cadre dans lequel j’inscris mon intrigue. C’était assez simple pour “Radioactif” : les personnages m’étaient familiers, particulièrement celui du Radjah, que j’ai fréquenté pendant dix mois. Mon envie est là : tenir en haleine, sans sortir la grosse artillerie. Vous avez une bonne nouvelle, c’est bientôt noël, un livre est-il en route ? Oui. Deux en fait. Mais celui sur lequel je travaille aujourd’hui, est très personnel : un récit de quelques mois épiques de ma vie, écrit comme un thriller (tout est là…, nul besoin d’en rajouter). On partira sur les traces des guérillas africaines, dans un contexte géopolitique que je qualifierais volontiers de kafkaïen. Une histoire aussi, de magie, et de médiums. Je prends beaucoup de plaisir à dérouler ce récit qui me ramène sur des traces anciennes.

Fâchons nous voulez-vous bien ? En postface, vous vous lavez un peu les mains, comme Ponce Pilate, Pourquoi ?

C’est juste (très bien vu)… Dans cette affaire – qui dans la vraie vie est dénommée “affaire UraMin” – il existe de gros enjeux financiers (ceux qui ont volé) et de vrais enjeux stratégiques (l’équilibre et la sécurité de notre filière électro-nucléaire, la survie d’AREVA, donc de notre indépendance énergétique). “Radioactif” (et son auteur) intéresse beaucoup de gens, plus ou moins bienveillants : au cours de la première série de perquisitions, les policiers ont retrouvé mon roman chez tous les protagonistes de l’affaire, qui sont des gens puissants. Je prends donc, sagement, mes précautions. La somme des “emmerdements” est aujourd’hui supérieure à celle des réjouissances d’une publication : surveillance, écoutes… et toutes conséquences “normales” qui accompagnent un romancier qui s’est mis au cœur d’une affaire d’État. Je ne vais pas me plaindre, je suis une victime très consentante. Un peu d’adrénaline pimente une vie, mais beaucoup représente aussi un quotidien inconfortable, y compris pour un garçon qui a un peu “vécu”. À postériori, j’assume donc parfaitement ces quelques lignes préventives.

 

9782714456519

déc 20

allez tous vous faire foutre

mon inspiration de ces fêtes de merde ….

allez « cache ta joie »

et achète, dépense, achète , dépense, et à  crédit on s’en branle

so

Fuck off

 

 

 

déc 18

156

 

Un recueil de trois nouvelles, de trois auteurs italiens différents, que personnellement je ne connaissais pas, mais qui sont présentées comme les plus grandes plumes du thriller italien. L’occasion de les découvrir dans ce livre intitulé Cocaïna, et de comparer leurs regards sur cette drogue devenue presque commune désormais.

La piste de Campagna, de Carlotto, raconte l’histoire d’un flic travaillant dans la brigade des stups, qui se trouve confronté à des décisions qui risquent d’affecter ses amitiés. Mais pas de sentiments, pas d’émotions, la dureté est de mise dans cette nouvelle. La seconde, de Carofiglio, met en scène un écrivain à la recherche d’inspiration rencontrant dans un bar une ex flic qui a plongé dans la cocaïne. La dernière de De Cataldo, évoque un trafic de cocaïne explosif, et termine en beauté ce recueil.

Un recueil dur qui donne un aperçu de l’écriture de ces 3 auteurs et permet de les faire découvrir. Une préférence pour la 2e pour ma part, celle de Carofiglio, une nouvelle très originale, un peu plus lente en terme de rythme, qui contraste avec les deux autres.

La cocaïne, le lien entre ses 3 nouvelles. Du métier de flic à la brigade des stups à l’agent infiltré, les métiers en rapport avec cette poudre blanche ne sont pas des plus faciles. Personne n’est à l’abri de la tentation, ou de la corruption qui, dans un monde où l’argent est devenu une priorité, se voit de plus en plus facilitée…

« Previous Entries