sept 1

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Je ne vous connais pas bien, pourriez-vous vous présenter ?

 

Je suis né à Paris , de parents exilés politiques portugais sous Salazar. Bien que mon livre n’ait strictement aucun contenu biographique ou autobiographique, certains faits méritent toutefois d’être signalés. Mon père ayant été ministre puis diplomate, j’ai pu assister de près à la manière dont le pouvoir est à même de détruire les êtres et les transformer en des parodies et des caricatures de ce qu’au fond d’eux-mêmes ils ont toujours rejeté et qu’ils finissent par illustrer à leur insu. Il y a une misère psychique  des personnages d’autorité et de pouvoir dont on n’a pas fini d’explorer les gouffres, et dont témoigne, entre autres, dans mon roman, le personnage de Boehm, le directeur de Schendorff, victime sacrificielle de ses propres ambitions, faisant à ses dépens l’expérience d’un pouvoir bien illusoire. Lorsqu’au cours de mes études, je suis entré à l’Ecole Normale Supérieure j’ai côtoyé un grand nombre de camarades totalement aveuglés par leur future carrière universitaire ou politique( certains sont même devenus plus tard ministres),   et cela m’a vite montré que je n’étais pas fait pour ce monde-là( que je parodie quelque peu quand je parle de l’Enoc, « école nationale des officiers carcéraux »). C’est pourquoi j’ai pris la tangente et suis devenu musicien. J’ai toujours gardé toutefois une forme de curiosité entomologique pour cet univers dont je me suis détourné, et qui a, en partie, inspiré, mon récit.

 

Je n’ai pu m’empêcher  de penser aux pays de l’est , en guerre froide,  en lisant votre livre., Pourquoi mon imaginaire m’emmène là-bas  en vous lisant ?

 

L’Etat policier que je décris peut en effet faire songer à ceux de l’ancien bloc de l’Est de par l’omniprésence dans mon récit d’une bureaucratie froide et opaque, et bien sûr de par l’importance de l’appareil carcéral qui n’est pas sans rappeler les goulags soviétiques, dont il faut préciser que les communistes sincères furent aussi les premières victimes. Et bien sûr il peut faire penser aux pages de Hannah Arendt dans « le système totalitaire » lorsque j’évoque l’omniprésence d’une terreur latente, d’une menace insidieuse pesant sur chaque individu, dans un régime fondé sur la suspicion et la délation généralisées, et où l’irresponsabilité de tous va de pair avec la culpabilité virtuelle de chacun. Toutefois, ce type d’organisation en me paraît pas spécifique à l’Etat policier de type stalinien, on le retrouve également dans nombre de dictatures de droite, fascistes ou néo-fascistes et même jusqu’à un certain point dans certains régimes libéraux-autoritaires( comment ne pas penser aux zones de non-droit comme Guantanamo par exemple). Nos prétendues « démocraties » n’en sont pas exemptes : lorsqu’on entre dans les coulisses du pouvoir réel, dans les antichambres des cabinets ou des conseils ministériels, ou même dans les conseils d’administration des grandes entreprises, on constate que l’autorité y fonctionne aussi de cette manière paranoïaque. Au fond j’ai voulu surtout imaginer un type d’organisation du pouvoir qui d’une certaine façon constitue l’asymptote vers laquelle tendent tous les pouvoirs, dans la mesure où ces derniers s’articulent toujours autour d’un appareil répressif dans lequel les individus cèdent leur « droit naturel » à la violence comme le dit Hobbes à un grand Léviathan mettant fin en apparence à la « guerre de tous contre tous ».Mais cette guerre, cette violence intestines se poursuivent  sous d’autres formes, sournoises et souterraines. Et les individus continuent à s’entre-déchirer par d’autres biais plus pervers.

 

J’élimine de suite la folle idée qui m’a parcouru, ce livre est-il parti de l’idée folle d’un président français de faire un fichiers dès l’enfance (ADN, ou autres)?

 

Comment ne pas y penser ? Vous souvenez vous d’ailleurs du fameux « secrétariat d’Etat au programmes immobiliers de la justice » ou du « Ministère de l’immigration et de l’identité nationale » ? Les sources d’inspiration passées ou présentes sont virtuellement innombrables, et notamment lorsqu’on songe à certaines régions dans les Etats du Midwest des Etats-Unis dont toute l’économie dépend des prisons qui y poussent comme des champignons. Il ne faut pas oublier qu’aux Etats-Unis presque 1 % de la population est sous les verrous, parmi lesquels un grand nombre de mineurs. Toutefois, la prison que je décris ne se veut pas un miroir grossissant des prisons existantes. Schendorff est d’abord une prison imaginaire, onirique, un peu dans l’esprit de celles qu’avait imaginées Piranèse, la projection d’un vertige  mental et labyrinthique où la terreur est démultipliée par l’impossibilité de l’identifier et de la nommer avec précision. La dimension d’anticipation existe aussi dans la mesure où j’imagine un discours politique, fondé sur un sorte de logomachie d’experts, ayant effectué une sorte de synthèse perverse du fameux couple prévention/ répression, à travers la notion de « séparation préventive »aboutissant à créer une classe d’individus destinés, en dehors de tout contexte moral, voire pénal, à l’enfermement.

 

Il n’y a aucune notion manichéenne, mais littéralement aucune dans votre livre,  un fait exprès ?

 

C’est que le monde que j’évoque est fondamentalement étranger aux catégories morales…A un certain stade de déréalisation du monde, toute notion d’héroïsme, de bien ou de mal, tout épos transcendant le fonctionnement narratif devient impossible. Et la « banalité du mal » dont parle Arendt y rend absurdes tous les référentiels moraux, pervertis dans leur essence même. L’obéissance rigide à la loi y tient lieu de seul principe, les ambitions, les jeux de pouvoirs finissant par se confondre avec les artifices langagiers qui en résultent, abolissant toute conscience de ce qui est ou non commis. Les hiérarchies même se troublent, prennent des formes impensables et se dédoublent à l’infini dans les pièges et chausse-trappes de leurs représentations imaginaires.

 

Votre écriture est clinique, glaciale, est ce votre style, ou avez-vous voulu servir la trame au plus près, le pendant de l’un et de l’autre ?

 

J’ai voulu que mon style soit au plus près des « choses elles-mêmes », pour parler comme les phénoménologues. Aussi ai-je soigneusement évité que l’écriture par des préciosités ou des fioritures s’éloigne de son objet principal, qui est de restituer la dureté absolue d’un monde clos sur sa propre facticité, fermé sur ses vertiges et ses labyrinthes. Rien ne devait affleurer qui puisse donner l’illusion d’une transcendance romanesque extérieure au texte. Tout devait trouver sa place dans la seule mécanique de précision d’une construction que j’ai voulue implacable. Il n’y a pas de héros dans ce texte, pas d’odyssée d’une intériorité qui s’y raconterait, mais un théâtre cauchemardesque où les personnages se confondent avec les masques sociaux, les rôles et les fonctions qui les définissent, sans toutefois que l’ironie ou la cocasserie naissant de leur impossibilité à les incarner ne soit jamais tout à fait résorbée.

 

Votre livre, plus je réfléchis avec le temps est finalement inclassable au niveau de ce qu’il traite. Il y a une multitude de questions sous-jacentes qui en découlent. Il n’est pas question que d’enferment, il y a aussi de la littérature, de la sociologie, un zeste de thriller, de sf, bref, pour un texte aussi court, c’est dense. Etait-ce voulu ?

 

Oui, je n’ai pas voulu écrire un livre spécifiquement politique. Mais plutôt m’interroger sur les rapports entre l’identité et le pouvoir et sur la manière à partir desquels ils s’articulent autour des processus fictionnels. La fiction doit montrer que le réel est aussi étrange qu’elle ne l’est elle-même, sans quoi elle court à mon sens le risque de n’être qu’un divertissement superficiel et bourgeois. Aussi doit-elle décloisonner, sinon abolir les frontières génériques pour que puisse être questionnée la complexité du monde. Il est normal dès lors que puissent alors y résonner des modes de perception ou de narration du réel appartenant à différents genres ou disciplines. Quant à la question de la littérature, elle est au centre du récit, sous la forme allégorique des exercices de « lecture contrainte » auxquels sont soumis les détenus. En étant forcés de lire sur eux-mêmes des livres écrits par d’autres, les détenus sont certes dépossédés de la dernière liberté qu’il leur reste, celle de se reconnaître dans le miroir de leur expérience. Mais en même temps ces textes sont eux-mêmes des métaphores borgésiennes (certes cruelles et désespérées) du pouvoir déréalisant de la littérature qui en quelque sorte contient le récit de la réalité vécue comme une des rayons, voire une étagère de toutes les expériences imaginaires possibles.

Après la démocratie que nous reste-t-il selon vous ?

 

La démocratie dans son évolution en tant qu’institution est minée par le paradoxe même de la délégation du pouvoir qui la fonde. Sur l’illusion que le déléguant possède par le biais des mécanismes légaux de l’élection ou de l’expression libre une part du pouvoir qu’il délègue à ses représentants. On s’aperçoit toutefois qu’en gagnant en complexité, comme l’a montré Max Weber, le politique tend à devenir une machine autonome, soigneusement protégée de toute altérité critique importune par le fonctionnement d’une bureaucratie qui ne laisse rien percer, ou si peu, de son mystère. Avec le développement du capitalisme mondial, on assiste à une sorte de synthèse inouïe entre les structures verticales, fortement hiérarchisées, héritées de l’Etat-Nation, et les mécanismes de dissémination horizontaux induits par les techno-structures de l’ère de la communication et de l’information. Cette fusion aboutit à la constitution d’une sorte de techno-plouto-bureaucratie planétaire dont on ne sait vers quoi elle va évoluer, mais dont on peut craindre qu’elle produise des instruments d’aliénation inédits.

 

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sept 1

 

Tous les Parisiens et banlieusards qui nous suivent de temps en temps se devraient de réserver leur weekend du 11 au 14 septembre et se rendre à Vincennes où se trouvera la crème de la littérature nord-américaine.

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Quelques auteurs, mes préférés, pour vous faire saliver autant que moi qui tente désespérément de trouver un créneau pour m’y rendre depuis la lointaine Bretagne :Rick Bass(la décimation) Joseph Boyden (dans le grand cercle du monde),Craig Davidson (Cataract City),Tom Drury (la fin du vandalisme),Tim Gautreaux (Nos disparus),Matt Lennox (rédemption),Philipp Meyer (le fils),Donald Ray Pollock (le Diable, tout le temps),Ron rash (Une terre d’ombre)…Alors vous je ne sais pas mais moi, tant de talents réunis au même endroit, cela me rend vraiment malade, sachant qu’ayant côtoyé certains de ces auteurs à Saint Malo, je peux vous garantir qu’ils sont vraiment accessibles et ont un sens de la communication développé typiquement et agréablement anglo-saxon.De plus, vous pouvez compter sur le talent unique de dénicheur de talents de Francis Geffard, l’organisateur et l’homme de l’incomparable collection « terres d’Amérique » pour vous réserver de belles surprises et découvertes.

Pour en savoir plus, suivez le lien.

http://www.festival-america.org/

sept 1

 

En voilà un roman ambitieux, riche, complexe, dense et donc forcément difficile à narrer en quelques lignes. Terminée l’époque des bons petits polars exotiques mettant en scène Mario Conde sympathique détective cubain de La Havane, Padura est vraiment passé du côté des passionnants grands conteurs sud-américains.

Par le passé, Padura nous avait déjà conté des pages d’Histoire, le XIXème siècle avec l’immense poète José Maria de Heredia dans « le palmier et l’étoile », le XXème avec Trotski dans « l’homme qui aimait les chiens » mais avec « Hérétiques » nous partons plus loin géographiquement comme temporellement.

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Le fil conducteur de cet imposant roman est un tableau de Rembrandt disparu en 1939 dans le triste épisode du paquebot allemand S.S. Saint Louis transportant 900 Juifs fuyant l’Allemagne nazie qui n’eut jamais l’autorisation de débarquer ses passagers à La Havane. Ils s’en retournèrent donc vers l’enfer qu’ils venaient juste de quitter, vers un destin très vraisemblablement tragique.

La première partie explore la communauté juive de la Havane de la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’à la révolution qui les fera fuir massivement vers la Floride. En suivant l’itinéraire de Daniel rescapé de la Shoah qui avait débarqué à Cuba chez son oncle avant le reste de sa famille « prisonnière » du Saint Louis tout comme leur petit tableau de Rembrandt, nous découvrons le quotidien de gens qui ont tout perdu en Europe et tentent de se construire un ailleurs moins pire.

Dans une deuxième partie, plus ambitieuse, plus intellectuelle, plus philosophique, nous découvrons la Nouvelle Jérusalem, Amsterdam, sous les traces de Rembrandt au 17ème dans le regard d’un jeune séfarade amoureux de peinture à qui sa religion interdit la pratique de cet art. C’est ici que Padura fait montre de son talent de conteur comme d’érudit et de passionné tant la description de l’univers de Rembrandt comme le rendu des états d’âme, des apprentissages et des douleurs du jeune artiste sont écrites de belle manière tout en nous racontant la genèse de ce tableau.

Enfin, suite à la réapparition du tableau disparu dans une vente aux enchères à Londres, nous retrouvons Mario Conde à notre époque, payé par le fils de Daniel pour retrouver cette toile. L’univers de Mario reste le même, touchant et attachant, sauf que notre héros et ses potes ont vieilli quand même et semblent quelque peu désabusés ayant plus de regrets que de projets, ces derniers se résumant trop souvent à trouver de quoi se bourrer la gueule entre eux le soir avec du vilain rhum haïtien. Les amateurs de Conde détective ne trouveront pas cette partie très digne d’un polar (et ce n’en est pas un) tant Mario, malgré sa nonchalance résout son enquête facilement en donnant l’impression que la Havane est un tout petit village. Le choix de l’auteur de nous resservir Condé donne un petit côté boiteux à ce grand roman car cette partie, mis à part qu’elle souligne le désarroi certain d’une jeunesse cubaine, n’est pas tout à fait à la hauteur des deux autres.

Néanmoins, il y a de nombreux bonheurs dans ce roman qui incite à une grande réflexion sur les choix que nous faisons dans la vie en respectant les règles ou en devenant des hérétiques qui s’éloignent du dogme, notre libre-arbitre, tout en brassant d’autres sujets plus contemporains comme le mouvement emo, Blade Runner ou Kurt Cobain.

Les dernières lignes : « Car, s’il est possible que même Dieu soit mort, en supposant qu’Il ait existé, et si on a aussi la certitude que tant de messies sont finalement devenus des manipulateurs, tout ce qui te reste, la seule chose qui en réalité t’appartient, c’est ta liberté de choix. Pour vendre un tableau ou le donner à un musée. Pour être du nombre ou ne plus en être. Pour croire ou ne pas croire. Et même pour vivre ou pour mourir. »

Traduction de Elena Zayas.

sept 1

 

Sonatine continue de nous faire découvrir l’étendue de l’œuvre du romancier britannique Robert Goddard en éditant des romans autrefois chez Belfond au début des années 90 et en se lançant dans un inédit de 1997 cette fois-ci. Les fans de l’auteur se réjouiront certainement en apprenant qu’il reste quasiment une vingtaine de romans de l’auteur toujours inédits en France.

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« Cornouailles, 1981. Chris Napier revient pour la première fois depuis des années à Tredower House, le domaine familial, acquis entre les deux guerres par son grand-oncle Joshua, pour assister au mariage de sa nièce. Au beau milieu de la cérémonie, Nick Lanyon, l’ami d’enfance de Chris, fait irruption et annonce, à la surprise de tous, que son père, Michael Lanyon, exécuté pour avoir commandité le meurtre de Joshua en 1947, était innocent. Il en a la preuve. Le lendemain, on retrouve Nick pendu. Par fidélité envers son ami, et pour dissiper des silences et des zones d’ombre qui depuis trop longtemps hantent sa famille, Chris décide de faire la lumière sur l’assassinat de son grand-oncle. Mais il y a des secrets qu’il est parfois bon de laisser en sommeil et Chris est loin de se douter des dangers qu’il encourt en exposant ainsi la légende familiale à la lumière de la vérité. »

A n’en point douter, Robert Goddard, en bon auteur aime beaucoup perdre son lecteur dans les quêtes de vérités enfouies loin dans le passé et en offrant de la sorte des romans bien calibrés mêlant Histoire, suspense et psychologie des personnages. C’est un procédé qui a fait ses preuves et il existe des romanciers très doués dans cet art de la manipulation comme Thomas H. Cook, pour ne citer qu’un grand, et Goddard fait bien partie de ce cercle.

Alors, bizarrement, je n’ai pas grand-chose à en dire et c’est peut-être par peur de passer pour un spoiler en dévoilant certains détails de l’intrigue comme je l’ai lu à certains endroits sur le net.

Tout simplement, si vous aimez l’Angleterre, les secrets de famille bien puants ensevelis très profondément et destinés à rester dans le secret, vous pouvez et devez lire « le retour ». C’est un roman qui propose une intrigue bien menée mais complexe au départ et qui nécessitera une certaine attention afin de découvrir la vérité après avoir été bien baladé par un Robert Goddard qui, roman après roman, prouve qu’il maîtrise bien son sujet et sa faculté à nous surprendre malgré des schémas souvent identiques.

Un roman sympa.

août 30

Profitant de derniers moments de chaleurs de soirée, je finissais « l’enfant qui criait au loup », quand j’ai été interpellé par une musique lointaine…

pas par un boum boum, habituel, ni une merde à la mode, ni du Johnny….mais putain, qui sont ces nouveaux voisins…?

interpellé par un morceau de xylophone à l’intérieur d’une chanson, d’un groupe très méconnu au pays du mauvais gout musical!!!

A votre avis de quel groupe je parle ?

Non Wollump tu réponds pas, ni Pat caza

Réponse ici, à celui qui trouve, pour gagner un ou des livres

postmaster@unwalkers.com

 

mais à mon avis,…..les livres resteront chez moi

dommage, j’ai du bon livre ^^

 

août 29

Sacré pari, pour un auteur qui ne se cantonne pas dans un genre

Je sors de ce livre fourbu, j’enchaine livre sur livre, sur nous, et notre société et…., j’en i un peu ma claque du genre humain

Ce livre a fini de m’épuiser, vu la concordance entre la fin de la Grèce Antique et de nos civilisations qui semblent si proche.

La concomitance des idées entre Eratosthène  les inventions d’Archimède et notre temps, leur exploitation humaine, leurs opposants, tout se répète à 2500 près.

Au moins ce livre remets sur pied ce grand penseur, surtout libre dans une Grèce étriquée, qui a abandonné la démocratie pour la royauté, et le consanguinage ^^

Nous allons le suivre, tout au long de sa vie, en y mêlant les derniers rois grecs,  et Sisobe, Archimède, les pharaons, les romains, Carthage, une vision de fin du monde ou plutôt d’époque qui se rappelle à nous, un pendant ?

Je ne voudrai pas être pessimiste, mais….je ne vois toujours pas l’avenir à plus de 50 ans….

Allez revenons aux livres, en lui-même qui est encore un coup de génie de l’auteur, les chapitres s’enchainent tout en fluidité, on passe de la barbarie,  de l’action à des refilions philosophiques sans jamais s’ennuyer

Un putain de pari, M. Crouzet.

Vous vouliez savoir si vous l’aviez réussi ?

oh que oui, un putain de coup de boule sur nous humain qui ne tient jamais compte du passé, et bravo pour avoir remis dans nos cœurs ce fabuleux Grecs, doté d’un bon sens et d’un humanisme bienveillant, toujours en quête.

Et merci pour l’humour qui nous aide à faire passer la pilule, confère surtout Archimède.

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Présentation de l’éditeur

Au IIIe siècle av. J-C, Ératosthène a inventé la géographie et mesuré la terre. Directeur de la bibliothèque d’Alexandrie, poète, mathématicien et surtout philosophe de la liberté, il est tombé dans l’oubli pendant deux mille ans. Nous le redécouvrons plus vivant que jamais dans un roman historique qui nous plonge dans l’Égypte et la Grèce antiques.

Ératosthène a cherché le bonheur dans un temps de grands bouleversements, siège d’inventions révolutionnaires et d’une barbarie sans nom. Toute ressemblance avec notre époque n’est pas involontaire. Cet homme de l’Antiquité nous initie à notre modernité.

août 28

Couv-Système-A-webOK

 

 

Unwalkers/

Salut, pourquoi la lettre A, ego, comme Arnaud, ou bien….. Tu me diras z, w, x, cela l’aurait pas fait ?

ADF/

Salut Dominique. Pourquoi la lettre « A » ? Parce qu’on trouve de tout à la lettre « A ». Des Affreux Arthritiques, de l’Activité Assassine, des Affamés Ahuris, des Amitiés Approximatives, des Aventures Aluminées, de l’Aluminium A deux euros, Un Paris qui est A nous les soirs de gueule de bois, des Amantes Avariées, des comptes A rebours, des Associations de malfaiteurs, de l’Azurage sur un nuage, des Amateurs délateurs, un « A » qui trouve son « B », des Affinités A + j’y crois pas trop, des Aliénés Avinés, des Agrestes Ânes bâtés, des Affranchis enchaînés, des Anonymes en slip, des Alentours en jachère, des roulettes Ankylosées, A boire jusqu’à plus soif, Alfred et sa trique, Arsène et sa nique…

Eh… Je ne me voyais pas élucubrer un Système Z… Je ne suis pas un Zombie.

 

Unwalkers/

Enlève ton chapeau et présente-toi un peu, un peu de tenue bordel !!!

ADF

Voilà. Chapeau et postiche enlevés. Qui je suis ?

Une machine à écrire.

 

Unwalkers/ 

Tes prêt ?

ADF

Toujours, man, toujours.

 

Unwalkers/

Fuck off. Mon ami, je t’avais laissé sur un livre plus doux, tu reviens avec une Bombe H, explosive en tout point, t’as pris une baffe entre-temps, que s’est-il passé ?

ADF

La bombe H, je la trimballe depuis un bail.

J’en ai pas mal chié ces 39 dernières années.

D’où mes « A » enflammés. Je pense que mon roman va parler à beaucoup de gens. Certains se reconnaîtront dans son univers frelaté, d’autres, dans son Paris flamboyant, d’autres, dans la dureté de sa rue, d’autres, dans son romantisme désuet, d’autres, dans son « pamphlet social » comme tu dis… Je n’épargne personne dans ce livre, pas même moi.

« Rémy rêve » est une amorce à « Système A ». Son personnage choisit l’imaginaire à son existence. Là, c’est différent, Arsène, l’antihéros du livre, se lance, tête la première dans les emmerdes.

« Système A », je l’ai écrit avec mes tripes. Son contenu me brûlait les viscères. Il y avait comme une urgence à ce qu’il sorte aujourd’hui. Pour ma génération et celle à venir.

Le processus d’écriture est différent pour chaque livre. Dans mon prochain roman, c’est l’impatience de l’adolescence qui s’exprime.

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Unwalkers/

Tous les courants politiques y passent, dans ta trappe, même A comme anarchie, grrrrrrrr, il y a plusieurs courants d’anarchie, et c’est le seul système qu’on a pas essayé alors , alors ?

ADF

A ceux qui veulent emprunter la route avinée du Système A, je recommande un foie à toutes épreuves. Et beaucoup d’autodérision… Il faut bien ça pour se prendre des vents à longueur de journée.

 

Unwalkers/

Bon, t’es-tu bien marré en écrivant ce livre, ou en as-tu bavé ?

ADF

Les deux. Je me suis bien marré, d’abord. J’ai condensé pas mal de mes écrits du passé. Des scénarii notamment. Plus jeune, je voulais faire un film avec l’idée du « Système A ».

Le moment n’était pas venu. Il y a deux ans, j’ai tout ressorti et je me suis replongé dans l’univers des Affreux. J’en ai un peu bavé quand même. J’ai écrit le livre alors que j’avais arrêté de boire. J’ai eu des sueurs frelatées en narrant les scènes alcoolisées d’Arsène et son acolyte Mafieux (une page sur deux). Aujourd’hui, je suis un peu comme Obélix, à jamais imprégné du malt Heineken. Et puis, j’ai dû tout pondre en une année parce qu’un petit gars s’était invité dans le ventre de ma femme. J’ai achevé « Système A » deux semaines avant son arrivée en ce bas-monde… Symboliquement, son entrée a sonné le glas de cette partie de ma vie. Il était temps, putain.

 

Unwalkers/

Ai-je bien évidemment, oublié quelque chose dans ma chronique ?

ADF

Ah… Dominique… Ne tends pas le fouet au père vert que je suis. Ta chronique dépote, sincèrement. « Système A » est bien une ode libertaire, un coup de pied dans le cul de tous ceux qui nous emmerdent…

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Unwalkers/

On t’a déjà dit que tu avais du Desproges dans le cœur ?

ADF

Jusqu’à toi, non. J’apprécie la comparaison. J’aime bien les types qui défouraillent avec amour les puissants qui nous vendent leurs salades niçoises défraîchies.

 

Unwalkers/

Ton système A, est excellent, basculer une économie…Tu penses à quoi quand tu penses à demain ?

ADF

Quand je pense à demain, je flippe ma race. Je nous vois mal barrés avec 58 bombes nucléaires prêtes à exploser sur notre minuscule territoire. Je nous vois mal nager dans un océan recouvert de particules de plastiques. Je nous vois mal élever les consciences avec des imbéciles online 24/24.

On peut remercier la génération d’après-guerre, qui par peur de manquer de sucre et de fuel, nous aura fusillé la planète. Et qui paie ? Nous, les enfants de leur inconscience. Qui va hériter de ça ? Nos gamins. J’espère que le mien ne m’en voudra pas de lui avoir donné la vie dans un monde aussi dégueulasse.

Ce bordel me fout très en colère. Ça sera le sujet d’un autre bouquin.

 

 

 

Unwalkers/

Tu pars dans tous les sens sans jamais te perdre ou nous perdre, mais j’ai quand même oublié un point, dans ma chro, finalement le personnage principal, c’est pas le héros, mais la Ville non ?  tu l’aimes cette putain de ville ?

ADF

Ça me fait plaisir que tu le soulignes. Oui, « Système A » est avant tout un hommage à celle qu’Arsène nomme « La Splendide ». Paris incarne le romanesque cher aux Stendhal, Zola, Hugo et Musset. Paris est, pour moi, la ville parfaite pour vivre. Mais elle est comme une sangsue, vorace. Elle te suce la moelle. J’ai du mal à y trouver la paix. Mais je ne me vois pas vivre ailleurs… Ni ma femme d’ailleurs… Paris est A nous !

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Unwalkers/

Je pense que tu es le seul sur la rentrée littéraire à arriver à passer au-dessus de tout, mais au fait quelle part d’arnaud et de B dans ton héros ?

ADF

Arsène est en quelque sorte mon Gainsbar. Avec lui, je peux m’adonner à tout ce que je n’ai pas fait ou dit.

Bon, je ne vais pas te mentir. Arsène et moi avons partagé quelques affreuses expériences. Je me suis inspiré de mon vécu pour écrire certaines scènes. A toi d’imaginer lesquelles. Mais… Attention. Arsène et moi sommes deux personnes distinctes. Comprends-le bien. Il n’a jamais fréquenté de putes. Tandis que moi…

« B » incarne la magie du roman. Son romanesque fait écho au romantisme d’Arsène. Pour l’écrire, je n’ai pas eu à chercher de source d’inspiration lointaine. Il a suffi que je regarde ma femme.

 

Unwalkers/

Une bande son pour lire le livre ?

ADF

« L’Arsène » de Dutronc, les BO de Tarantino, « This magic moment » de Lou Reed, Eddie Vedder, « Freebird » de Lynyrd Skynyrd, Noir désir…

 

Unwalkers/

As-tu envie de nous faire partager des trucs, des bidules, des machins, écrivains, recettes, artistes en tous genres ?

ADF

Ma maison d’édition, Daphnis et Chloé.

Les recettes de Myrtille… Encore un truc à suivre.

Des écrivains ? Je suis comme Arsène un peu perché 19ème.

Il y a toujours Herman Hesse, pour le 20ème, ou le « vieux dégueulasse ».

Comme tu vois, je ne lis que des morts.

Et surtout, « Tous contes de fées », un recueil de contes oniriques et féériques que j’ai coécrit avec Bertille (que tu as lu, veinard) où cette fois, ça n’est pas l’Affreux qui s’exprime mais le féérique. C’est le livre idéal pour passer des fêtes de noël en famille sous une neige onirique. Le bouquin cherche actuellement sa maison d’édition…

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Unwalkers/

Bon, on te revoit au comptoir des mots ?

ADF

On se revoit quant tu veux pour une nouvelle avoinée.

En attendant, tu peux suivre les Aventures du « Système A » sur le net et ces pages :

https://systemea.wordpress.com/

http://leclandescarpates.wordpress.com/

http://daphnisetchloe.fr/

https://www.facebook.com/daphnisetchloeeditions

https://fr-fr.facebook.com/remy.reve

 

août 28

« Dans une île du nord de la Norvège, un endroit désert, magnifique et spectral où l’été est miraculeusement doux et radieux, Liv vit avec sa mère, une artiste peintre qui s’est retirée là en pleine gloire pour mieux travailler. Son seul ami est un vieil homme qui lui raconte des histoires de trolls, de sirènes et de la huldra, une créature surnaturelle qui apparaît sous les traits d’une femme à l’irrésistible beauté, pour séduire les jeunes gens et les conduire à affronter les dangers et la mort. Noyades inexplicables et disparitions énigmatiques se succèdent au cours des nuits blanches de cet été arctique qui donne aux choses un contour irréel, fantasmagorique. Incapable de sortir de l’adolescence et de vivre dans le monde réel, Liv erre dans ce paysage halluciné et se laisse dangereusement absorber dans la contemplation des mystères qu’il recèle. »

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Le talent de John Burnside n’est plus à démontrer et les lecteurs de « Scintillation » retrouveront ici tout ce qui les avait charmés pour les uns et profondément ennuyés certainement pour les autres. Cet ouvrage paraît dans la Bibliothèque Ecossaise de la maison Métailié .

On rencontre ici de nombreux éléments du thriller, noyades répétées et disparitions incompréhensibles, mais on ne verra pas l’ombre d’un flic du roman ni d’investigations autres que celle de Liv et de Kyrre le vieux voisin amoureux transi de « Mère ». Tous les mystères ne seront pas élucidés de façon concrète, l’auteur laissant porte ouverte à une multitude d’hypothèses par la voix de Liv, héroïne de ce roman prenant et surprenant.

Prenant d’abord parce que Burnside sait créer un climat inquiétant avec des personnages très complexes aux énormes zones d’ombre, on ne voit pas le danger mais on se sent toujours dans un état d’attente inquiète. On avance dans un flou qui ressemble à la lumière diffuse du soleil éclairant les nuits ensoleillées de l’été boréal. Ce coin est vraiment à la mode chez les romanciers puisqu’il se situe sur l’île voisine de Tromso qui était le théâtre du terrible roman de Frédéric Jaccaud « la Nuit ».Et surprenant aussi parce que malgré un déroulement très lent, on est happé par l’histoire.

Il est donc clair que ce n’est pas un thriller, ce n’est pas cet aspect qui donne ses lettres de noblesse à ce beau roman. Au premier abord tableau de la solitude c’est plus en fait une vision de la vie dans un isolement voulu par une mère et vécu par voie de conséquence par sa fille.

C’est aussi des descriptions magnifiques créant une atmosphère féérique, fantasmagorique, étrange y compris dans les moments les plus anodins et donc a fortiori lorsque sont évoquées les légendes scandinaves et plus particulièrement celle de la Huldra, créature révélée par le vieil ami de Liv et qui sera au centre des interrogations, investigations et frayeurs de la jeune fille créant ainsi un climat très proche du fantastique.

Très difficile d’exprimer le ressenti sur cette œuvre qui, c’est sûr, navrera certains mais qui est d’une beauté surnaturelle comme les paysages de ce coin perdu de la Norvège peints avec virtuosité par un John Burnside grand poète qui enchantera toutes celles et tous ceux qui accepteront de se laisser ensorceler.

Traduit par Catherine Richard

Sortie le 28 août.

Wollanup

août 27

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Yep les filles en ont parlé, mais Moiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii qui ait eu l’idée

Moiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii qui l’ai fait travailler, parce que son premier jet, son deuxième, et son troisième, etc

Moiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii qui vous conseille de le lire

En cette rentrée littéraire très chargée, et vu que tu n’as plus de ronds, pour lire….^^ :

Dans un élan magnifique qui ne me ressemble pas, j’ai décidé de t’offrir un excellent recueil de nouvelles noires intrinsèquement liés

alors

prend cela dans ta face de cochon

huiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, groinnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn

si après tu te plains, et tu pleurniches je t’envoie en EI….

DOULOUREUX REVEIL de JEANC

allez télécharge, c’est gratuit, et hadopi dira rien…..

sans dec, tu veux du danger…c’est pas vrai Hadopi te surveilles, alors fais gaffe !!!

 

août 27

Dense, hyper bien foutu, marrant, assez critiqué outre atlantique car l’auteur est sorti de son carcan Sf,  Cryptonomicon, ou  Samouraï virtuel, pour les plus connus en France, car  certaines de ses œuvres ne seront pas publiés ici, trop dur, trop SF, pas assez vendeur.

C’est donc avec joie j’ai appris  que sonatine allait sortir un livre de Neal Stephenson.

D’abord annoncé en 2012, puis en 2013, c’est donc en 2014 que le livre sort enfin, en 2 tomes.

Au moins ils ont eu le mérite d’aller jusqu’au bout, Braguelonne ayant baissé les bras avec  Anathem, invendable, remarquez, ce n’est pas la même came.

Ici on a un livre grand public, hyper bien fait, un grand roman d’espionnage, comme un peu « Pilgrim », mais Neal Stephenson est inimitable, même la jouant grand public , c’est du grand art, de la trame jusqu’ a cette construction littéraire hors normes. C’est fluide, tout roule, d’une précision parfois trop exigeante pour certains, comme j’ai pu le lire.

Mais cela reste un des meilleurs livres d’espionnage ou d’action, que j’ai eu à lire.

Cet auteur est aussi un humaniste, ce livre est une ode à la différence….ne l’oubliez pas, quand on est tellement pris dans l’action, on en oublie parfois l’essentiel.

Alors effectivement, c’est un pavé de près de  1 400 pages, et avec du recul, ce n’’est pas plus mal que Sonatine l’ait sorti en deux fois, même si je l’ai avalé d’un coup sec, comme un one shot au bar, one bourbon one beer.

Le premier tome pose les personnages et nous présente un monde assez inconnu, du virtuel à la chine. L’action démarre, avec une écriture comme il n’y en a qu’une. C’est prenant, et à la fois exigeant car l y a une galerie de personnages à suivre qui va grandir au fil des chapitres et n’oublions pas un humour omniprésent surtout dans des situations plutôt difficile pour nos héros.

Le deuxième tient aussi ses promesses, et on rigole encore plus, avec un final de 300 pages sur le point de convergence de tous les protagonistes du livre. C’est énorme, cet écrivain est fabuleux, des muses, des Wal-Mart, des flingues, du bricolage, du jeux vidéo etc. , c’est d’une densité et d’une richesse culturelle!!!.

Le regard posé l’écrivain sur notre monde et sur nous et d’une lucidité rare, nos points forts et faibles sont surlignés.

Rien d’autres à rajouter monsieur le juge ce livre est énorme, dans tous les sens du terme, à ne louper sous aucun prétexte.

PS : une fois fini les deux tomes, si vous ressentez des courbatures ce  sera normal, des péripéties de l’action, comme cela on n’est pas prêts d’en avoir souvent !!!!

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