oct 22

sans-titre

 

En cette période de vacances, et puisque la météo semble s’être rangée du côté libraires (courez vous réchauffer dans leurs rayons !!), voici une nouvelle suggestion de lecture pour les plus jeunes d’entre nous / les lecteurs en herbe qui vous entourent. Avec Justice pour Louie Sam, ils vont pouvoir mieux appréhender l’installation des colons aux Etats-Unis et les véritables conséquences (bonnes et moins bonnes) de cette occupation. Elizabeth Stewart s’est en effet attachée à faire de ce très bon western l’occasion de mettre en lumière un pan entier de l’histoire américaine, méconnue et ignorée.

George est un adolescent dont les parents ont débarqué de Grande Bretagne pour tenter leur chance dans ce Nouveau Monde. Ils y ont reçu quelques arpents de terre, et son père est devenu meunier et agriculteur. Toute la fratrie apporte son aide à la survie de tous. Un jour que George et ses frères et sœur partent pour l’école, ils passent à côté de la maison de leur voisin, en feu. Avec courage, ils entreprennent de sortir son corps, mais découvrent alors qu’il a été assassiné. Aussitôt, les colons de leur communauté se lancent à la poursuite d’un coupable tout trouvé : Louie Sam, un indien. Presque adulte et témoin, George est intégré à l’équipe qui part à sa recherche. Pourtant, dès que le présumé coupable est appréhender, tout dérape : non seulement Louie est un adolescent à peine plus vieux que lui, mais en plus les adultes ne lui laissent aucune chance de s’expliquer et l’exécutent. George est atterré, attristé, mais a promis de ne rien dire. Une véritable loi du silence s’installe sur la communauté, divisant les colons et les opposant. Car les arguments avancés par les meurtriers du jeune indien ne tiennent pas la route, et même George, avec seulement quelques questions, peut s’en rendre compte. Il refuse d’être complice et souhaite faire exploser la vérité au grand jour ; c’est alors qu’il découvre comment fonctionnent les adultes et déchante définitivement.

Elizabeth Stewart est parvenue à lier deux thématiques compliquées et épineuses dans un seul roman : la colonisation par les européens des terres indiennes et les exactions relatives, et la confrontation de l’idéal de Justice d’un jeune garçon avec la réalité de cette justice exercée par des hommes. Tout un programme, mais ne fuyez pas : le résultat est passionnant, très bien écrit et constitue une œuvre de référence. George, sa famille, sa communauté, et même l’histoire de Louie Sam sont directement inspirés de faits et de personnages réels ou réalistes : on découvre tout à la fois comment vivaient les familles et les nouvelles communautés, mais aussi comment elles cohabitaient avec les autochtones, quelles étaient leurs menaces (pas toujours les (bêtes) sauvages, mais souvent les individus eux-mêmes qui, poussés par la volonté d’un nouveau départ, pouvaient se résoudre à abandonner les règles élémentaires de la civilisation européenne), leurs forces, leurs conditions de vie, … . Justice pour Louie Sam est donc un incontournable de cette rentrée littéraire jeunesse, dont je ne peux que regretter de l’avoir découvert si tard.

oct 22

sans-titre

 

Jean d’Aillon, que l’on connait bien, réinvestit les clés de ses précédents succès dans ce roman historique épique et dense. C’est cette fois autour d’une sainte relique (le linceul dans lequel le Christ aurait été enseveli et qui garderait l’empreinte de son visage) que s’articule l’intrigue et les destins croisés de la pléthore de personnages. Car encore une fois, et si certains personnages ont été rencontrés dans les précédentes aventures de Guilhem, beaucoup sont nouveaux, et leur assimilation par le lecteur demande pas mal d’efforts de réflexions !

Au-delà de la quête de cette relique (requise par Aliénor d’Aquitaine elle-même sur son lit de vieillarde), c’est à travers tout le monde chrétien que nous suivons chevaliers, hommes d’armes, fidèles, religieux, … et leurs déboires, aventures et passions. A travers un monde qui s’agrandit, à travers de nouvelles maladies qui déciment les populations et grâce aux nouvelles possibilités de voyages et de déplacements, Guilhem est confronté à de toujours plus nombreuses menaces. Mais heureusement, ses amis et gens restent ses alliés les plus précieux et lui permettent de mener à bien des missions variées mais toujours au service du bien.

De l’hérésie cathare aux Templiers, de St Jean d’Acre à Rouen, sur les routes dangereuses et les flots déchainés, sur mer, à cheval ou à pied, Jean d’Aillon nous offre un aperçu du monde au début du 13ème siècle ; il convainc à nouveau les amateurs du genre et continue à s’imposer comme un auteur de romans historiques passionnants et enrichissants. Les références historiques, nombreuses, n’en restent pas moins parfaitement intégrées à l’intrigue et jamais pompeuses, mêlant codes de la chevalerie et justesse historique. Très dense, ce roman n’en reste pas moins un très bon moment de lecture et un nouvel opus toujours réussi de la saga. Nul doute enfin que les jalons laissés au fil des pages permettront à Guilhem et ses compagnons d’arpenter nos prochaines lectures !

oct 22

bapteme_des_tenebres_gilberti

 

 

Salut mec, je t’ai vu, à Vienne l’an dernier, je me suis putain, il rigole pas lui, et toi tu m’as vu comment ? T’en penses quoi ?

 

Alors, si je suis conscient d’avoir un physique et un style atypique, que dire de toi ? Tout le monde parlait du Boss… « Le boss va arriver.. » ou « As-tu vu le Boss »… Je me suis demandé si je ne devrais pas chercher une chevalière à embrasser, comme il est de coutume dans ma famille de mafieux… Et puis je t’ai vu, l’air faussement tranquille, avec ton regard qui, mine de rien, disséquait tout le monde en profondeur (moi inclus). Tu as vraiment une renommée étrange, limite gourou de secte ! Alors oui, j’ai des tatouages, des lobes d’oreilles élargis, mais toi c’est dans la présence que tu brilles. Egalité sur le coup, mec !

 

 

J’ai pas été tendre avec ton premier livre, beaucoup d’auteur s’emballe si on leur cire pas les pompes, pourquoi pas toi ?

 

Parce que déjà, c’était un premier roman, et surtout parce que je préfère une critique sincère. Jamais je ne te reprocherai de ne pas avoir aimé le Festin du Serpent. Je suis un auteur plein de doutes, alors que tu n’aies pas aimé (en tout cas moins que le dernier) je l’ai pris comme il le fallait : dans ma gueule, en la fermant au passage. Point-barre ! Si les autres ne supportent pas les critiques négatives ils perdent des atouts considérables : là où ils pourraient apprendre, ils nient ou s’offusquent. C’est ridicule…

Celui qui est conscient qu’il ne sait rien n’en sait déjà beaucoup, il me semble.

 

Ghislain Gilberti - Le Baptême des Ténèbres - Le Festin du Serpent - Dynamique du Chaos - Le Bal des Ardentes

 

J’ai trouvé que ton dernier livre est très  puissant, rien à redire, plutôt des applaudissements. Que s’est-il passé entre ces deux livres, qui ne semblent pas tout a fait ecrit par les même mains, on t’a coupé des doigts ?

 

Non, mes doigts sont les mêmes… Mais j’ai su écouter mon public et mes critiques (dont la tienne)…. J’ai voulu corriger plutôt que de m’insurger. C’est plus logique il me semble. Celui qui ne comprend pas que toute critique, bonne, moyenne et surtout mauvaise, est un occasion de s’améliorer, alors qu’ils restent dans leur complaisance. Mais moi, je préfère tirer des leçons, en baissant la tête. Mais bon, que toi, qui justement n’a pas été tendre avec le premier, me félicite pour le suivant, c’est très bon signe il me semble : ça veut dire que je ne suis pas encore complétement foutu….

 

 

Tu as été approché par des scénaristes, déjà ? Tu les vois tes romans ?

 

J’ai des cinéastes qui s’y sont penché, mais rien de signé pour l’instant.

En revanche, je suis persuadé que certaines scènes sont adaptables à l’écran. Mais bon, tu sais ce que c’est : je suis auteur français, pas anglo-saxon, ce qui limite pas mal les possibilités. En tout cas, l’espoir fait vivre : et je suis encore en vie (pour l’instant) ce qui veut dire que je considère toute possibilité. On a encore le droit de rêver gratuitement, donc l’espoir subsiste.
Gilberti ghislain - auteur

 

T’es venu comment au fait à l’écriture, les punitions à l’école ? Je copie 1 000 fois je ne montre pas mon zizi ?

 

Non, par l’interdiction de lire qu’avait imposé mon père (qui repose en enfer, je l’espère, et bien profond) et qui m’a donné encore plus l’envie de lire. Plus on interdit, plus on brave en face. C’est ce que j’ai fait, lisant Hugo à sept ans. Et puis je me suis dit, vers quinze ans : pourquoi ne pas essayer ! Et il m’aura fallu vingt ans avant de percer dans le milieu du polar, presque par accident sachant que mes textes du genre sont minoritaires comparés au reste. Mais, tout viendra en son temps (peut-être après ma mort !). Mais sinon, à l’école, je ne me suis jamais fait attraper en pleine exhibition. J’ai eu de la chance sur ce coup-là ! J’ai juste été accisé de proxénétisme à l’âge de huit ans (c’est vrai en plus !) dans une école religieuse;

 

 

Bon tu fais quoi bientôt ? en écriture…….., la liste de tes courses je m’en bats la rate ….., tu es d’accord avec ce que je pressentais dans ma chronique ?

Oh oui, je suis d’accord e je valide ! Mon quatrième roman va sans doute surprendre et surtout changer de rayon chez les libraires, à condition que mon éditeur me suive ! J’ai tellement de choses écrites ou sur le feu qui sont très loin du thriller et du polar ! De la poésie, des essais, des romans « blancs » (rien de racial, hein ! au contraire). Juste, ce qu’il me faut, c’est un plus ample reconnaissance (et de masse) de mon lectorat. Alors, seulement, je dévoilerai mes travaux les plus profonds.

 

 

Tu a des idoles ?

 

Oh oui, plein ! Lemmy Killmister, Antonin Artaud, Henri Michaux, Dante, Henri Miller, Louis Aragon, Vladimir Maïakovski, Al Jourgensen (Ministry), Tricky, Beth Gibbons (Portishead), Louis Ferdinand Céline, Lewis Carroll, Tolsoï, Unwalkers, Frantz Kafka, Stephan Zweig, The Prodigy, Miss Kittin, Miss Torn, Séverine Prévost-Chevenement, mes enfants (Paul et Asia), Jean-Hugues Anglade, Brigitte Fontaine, Asia Argento, The Hacker, Moorcock, Lovecraft…. Je pourrais remplir des pages et des pages comme ça !

 

Tu as une question perso à me poser ?

 

Oui, j’en ai une. Pourquoi est-ce que tu sembles être le parrain de la littérature ? Des liens avec la mafia ?

Mais bon, sans blaguer, merci de ce que tu fais pour la culture en général !

 

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oct 21

Vous êtes amateurs de voyages dans le temps ? Alors Les Protecteurs pourrait bien vous plaire. Thomas Mullen nous entraine en effet dans le futur, dans un monde dévasté par un événement dont on ne sait pas grand-chose, mais qui a conduit les survivants à tout faire pour bannir les différentes de races, de nationalités, d’origines. Rassemblés en une communauté strictement régulée, le Présent Parfait, ils sont devenus l’exemple même de la cohésion. Parmi eux, certains agents sont missionnés pour retourner dans le passé et éviter que les Réacs (les Révisionnistes Activistes) ne changent le cours de l’Histoire. Leur mot d’ordre : « L’intégrité de l’Histoire a été préservée ». Zed est l’un d’eux. Il a perdu il y a quelques années sa femme et sa fille, et se consacre depuis à sa mission corps et âmes.

Pourtant, la dernière mission dans laquelle il est envoyé ne va pas vraiment se dérouler comme prévu : non seulement elle semble devoir durer, mais en plus le matériel avec lequel il travaille habituellement est défectueux, et contre toute attente il y retrouve d’autres agents (ce qui est très inhabituel puisque chaque mission est généralement assumée par un seul agent). Par         ailleurs, il va contre toute attente s’attacher à certains Contemps (des contemporains de l’époque dans laquelle il a été catapulté) et se retrouver directement confronté à certains autres ; là encore, il s’agit d’une situation inédite et dangereuse pour lui : il ne devrait normalement rester dans les mémoires d’aucun d’entre eux, sous n’importe quel prétexte. Et ce ne sont que certains des points qui le poussent à constater l’évidence, aussi désagréable soit-elle : il n’est que l’instrument d’une organisation qui le dépasse et qui ne le tient en aucune estime, et bientôt un grain de sable dans un gigantesque rouage dont il semble qu’il faille l’éliminer. Toute les certitudes de Zed volent en éclat, de même que celles de tous ceux qui, de près ou de loin, sont touchés par la mission : l’agent a en effet commencé, bien malgré lui, à changer l’Histoire, et qui sait quelles en seront les conséquences pour chacun d’entre eux, pour le monde et pour le Présent Parfait ?

L’univers créé par Thomas Mullen est complexe, consitué d’histoires imbriquées et qui se renvoient étrangement les unes aux autres. Le lecteur, qui pense au début, très bien savoir comment se positionner (qui sont les gentils, qui sont les méchants, …), va très vite perdre ses repères. L’un des paradoxes essentiels, dérangeants et interrogeants de ce roman est bel et bien le refus de nos successeurs dans le temps de retoucher l’Histoire là où nous serions tentés aujourd’hui d’intervenir : et si nous avions la possibilité de faire évacuer les habitants de Pompéi avant l’éruption du Vésuve ? de prévenir Jésus qu’il sera dénoncé par l’un de ses disciples ? d’empêcher la naissance de Staline ? l’élection d’Hitler ? ou encore d’enrayer le bouton de largage des bombes d’Hiroshima et Nagasaki ? Autant d’actions qui changeraient résolument, définitivement et inéluctablement le monde que nous connaissons aujourd’hui, mais serait-ce pour le mieux ou pour le pire ? Des questions dérangeantes donc, auxquelles l’auteur n’a pas la prétention de répondre, mais qu’il met un point d’honneur à soulever… Ne vous lancez pas dans cette lecture si vous n’êtes pas sûrs de vouloir vous interroger, ou encore si vous ne souhaitez qu’une  lecture d’agrément… Ce roman vous entrainera quoiqu’il arrive bien plus loin.

oct 21

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Premier ouvrage de Justin St. Germain, « son of a gun » ne me tentait pas plus que cela mais de l’avoir entendu parler au festival America a créé une envie teintée de l’émotion ressentie pendant ses interventions lors d’un débat consacré à la violence aux USA et par voie de conséquence sur cette plaie typiquement américaine qu’est la possession d’armes. Alors, on entend que le poids des traditions fait que les Américains seront toujours armés et qu’ils sont tous les héritiers de ces pionniers qui ont conquis le continent grâce, notamment, aux armes à feu. Les traditions ne sont pas toutes remarquables et celle-ci a l’honneur de surpasser en connerie la tradition espagnole de massacrer des taureaux en faisant des pirouettes déguisé en chanteur disco dans un théâtre rempli d’honnêtes gens se délectant du spectacle d’un animal tué avec sadisme. Si la littérature américaine nous abreuve souvent de romans montrant les conséquences de la possession totalement légale d’armes à feu par des abrutis ou des tarés, c’est plus rare que nous parviennent les échos de la détresse vécue par les victimes de ces misérables cowboys.

En ce mois de septembre 2001 de sinistre mémoire pour les Américains, une autre tragédie plus ordinaire, plus banale et nettement plus commune se déroule à Tombstone en Arizona, lieu de la fameuse fusillade d’O.K. Corral. Debbie, la mère de Justin alors âgé de vingt ans, est tuée par Ray son cinquième mari ancien Marine et ancien flic.

C’est donc cette histoire que nous raconte « Son of a gun » avec émotion, gravité, incompréhension et douleur. C’est un témoignage humain souvent très poignant montrant bien l’état d’une Amérique des rejetés, « white trash » (comme le dit lui-même St.Germain) mais sans le côté folklo que l’on peut trouver dans bon nombre de fictions. Ici, « white trash » signifie bien misère ou précarité pour les mieux-lotis. Nous suivons avec Justin toutes les péripéties post-drame : l’hébètement de toute la famille, les souvenirs de jours heureux avec sa mère, l’absence de son père ainsi que le grand vide laissé par sa mère qui était, malgré ses imperfections, la personne qui lui permettait un certain équilibre et sa lente entreprise de reconstruction.

Forcément, la lecture est pesante et, sans atteindre les sommets de « ma part d’ombre » de James Ellroy, « Son of a gun » ouvre une fenêtre peu réjouissante mais tellement authentique d’une certaine Amérique. Tristes cowboys.

Wollanup.

 

 

oct 20

9+++++

 

Anders Bodelsen est un auteur danois reconnu dans son pays, trois fois adapté au cinéma et édité cinq fois en France. Ce roman de 1968 et paru en France en 70 chez Stock sous un titre beaucoup trop explicite est considéré comme son chef d’œuvre.

Alors, d’aucuns ont déjà envie de rebrousser chemin en s’imaginant un énième thriller scandinave et ils auront bien tort car l’histoire racontée dans « Mauvais Calcul » pourrait se dérouler dans n’importe quel pays occidental. Ici point de particularismes locaux, peut-être une ou deux traditions culinaires danoises, pas plus…

Une histoire toute simple, terrible dans sa banalité quand le malheur vient frapper à votre porte par le biais d’un type que vous renversez en voiture un soir d’euphorie où vous fêtez une énorme promotion vous faisant sentir comme le roi du monde et vous permettant de tenter de jouer les jolis cœurs auprès de jeunes filles. Devant le cadavre de la personne qu’il a tué, Henrik Mörk prend la décision de fuir et de ne point révéler sa responsabilité. Ayant commis l’irréparable, il tente de modifier son apparence physique pour ne pas être reconnu par les jeunes inconnus qui ont passé une partie de la soirée avec lui.

Evidemment, les heures, les jours, les semaines sont dures à vivre pour un Henrik médiatisé par son nouveau statut de directeur d’une nouvelle usine automobile danoise et qui ne recherche que l’anonymat et se fondre dans le cocon familial avec sa femme et sa fille.

Dès le début, on est tendus et jusqu’à la dernière page, on suit avec inquiétude la vie mouvementée d’un Henrik dont les peurs, les craintes, les manœuvres sont aisément compréhensibles car très facilement envisageables par chacun d’entre nous.

Forcément, c’est un polar, Henrik va être démasqué et va se frotter à un témoin qui va devenir un maître-chanteur diabolique et particulièrement original dans ses intentions et ses actes et je préfère ne pas en dire plus.

Roman particulièrement réussi, il ravira tous les amateurs de polars, surtout ceux qui aiment que soit mise en avant la dimension psychologique des personnages. Et là, ils auront droit à un beau duel entre rapace et proie.

Traduit par Anne Renon. Sortie le 22 octobre.

Wollanup.

oct 20

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Tout amateur de polars se retrouve confronté à des histoires où la mafia ou plus exactement des mafias sont de la partie avec des particularités locales parfois non négligeables mais avec un comportement et un mode de fonctionnement souvent bien semblables aux canons historiques et précurseurs siciliens.

Parfois le propos de l’auteur n’est pas suffisant pour comprendre les mécanismes mis en place par ces organisations. La facilité fait que, souvent, le lecteur parant au plus pressé se laisse guider par la facilité en consultant Wikipédia et son côté pratique mais parfois imprécis ou incomplet. Avec la reparution de cet atlas daté de 2009, élaboré par deux universitaires et agrémenté d’une nouvelle couverture du plus bel effet glaçant et d’une page concernant Marseille qui ravira tous ceux qui ont lu et apprécié le dernier Carlotto, vous avez un ouvrage passionnant qui vous ouvrira les yeux sur ces gens qui gouvernent le monde des affaires de façon criminelle en quasi-impunité tant ils sont intégrés dans la société marchant main dans la main avec les élus du monde.

Le livre est découpé en cinq parties, toutes d’un niveau remarquable, permettant un panorama complet sur la question : les principales mafias, leur histoire et leur géographie avec les implantations récentes ; le marché des stupéfiants et la guerre contre la drogue perdue d’avance quand on lit ce puissant verbatim présent dans l’ouvrage : « Un champ de pavot à opium en Afghanistan rapporte huit fois le revenu d’une parcelle de blé de superficie identique. » ; le trafic des êtres humains : immigration et travail clandestins, prostitution, trafics d’organes ; la contrebande et la fraude qui peuvent paraitre dérisoires par rapport au chapitre précédent et enfin « la criminalité organisée, facteur de déstabilisation des sociétés » qui explique beaucoup sur les paradis fiscaux, les techniques de blanchiment d’argent, la corruption et l’implantation de la pieuvre dans nos économies.

Ouvrage effrayant, cet atlas de grande qualité est servi par une magnifique cartographie créée par Alexandre Nicolas, cartographe indépendant dont le site ( http://www.le-cartographe.net/) regorge de dossiers géopolitiques de grande qualité.

« La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre » écrivait Yves Lacoste en 1976, rien n’a changé et la connaissance de l’ennemi qui permet de mieux appréhender l’adversité passe par ce genre de bouquins regorgeant d’informations passionnantes et facilement assimilables.

Wollanup.

 

oct 20

Nature writting…hum…mes couilles !!!, c’est juste un putain d’excellent roman, noir si vous voulez tout savoir

Mais juste un excellent roman qui n’a pas son égal actuellement, dans le genre et les sorties

Et bien sûr cela vient de chez l’ami Pierre, comme d’habitude.

J’ai loupé un livre de l’auteur chez l’ami Ecorce Editions.

Sans oublier la selflis de Benoît sur Facebook de mes couilles.

Alors voilà, me voilà en dernière position pour vous parler de cet excellent  livre dont on me vante le nature writting ^^

Si vous voulez ! Mais c’est avant tout un écrivain puissant dans la force des descriptions, de la nature, de l’émotion, de la trame et d’une belle plume dont il va falloir parler.

Déjà arrêtons-nous un peu sur le temps, le récit qui commence à la mort de l’abbé Pierre.

Nous découvrons Gus, sa vie, son chien dans un lieu des Cévennes, ou il ne reste plus beaucoup d’habitant.

Gus marqué par la mort de l’abbé, gus et ses réflexions pleines de bon sens, Gus qui va se prendre une déflagration type force 10 sur 10 du début jusqu’à la fin du récit, sur sa vie, son histoire.

Je ne dévoilerai rien de la trame, je vais juste essayer d’attirer, votre attention sur la qualité de l’écriture, pour maitriser un récit aussi parfaitement. Un auteur qui nous plonge dans le froid des Cévennes, descriptions d’un environnement et d’une vie, ancienne, actuelle.

C’est une grande réussite, qui ne souffre d’aucun complexe avec les écrits noirs Redneck en vogue ou noire tout cout.

Un fabuleux pari d’écrire une trame qui vous saisit à la gorge et vous laissera agonisant, crashant un dernier souffle sur les derniers mots du livre.

 

 

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C’était une drôle de journée, une de celles qui vous font quitter l’endroit où vous étiez assis depuis toujours sans vous demander votre avis. Si vous aviez pris le temps d’attraper une carte, puis de tracer une ligne droite entre Alès et Mende, vous seriez à coup sûr passés par ce coin paumé des Cévennes. Un lieu-dit appelé Les Doges, avec deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres, de grands espaces, des montagnes, des forêts, quelques prairies, de la neige une partie de l’année, et de la roche pour poser le tout. Il y avait aussi des couleurs qui disaient les saisons, des animaux, et puis des humains, qui tour à tour espéraient et désespéraient, comme des enfants battant le fer de leurs rêves, avec la même révolte enchâssée dans le cœur, les mêmes luttes à mener, qui font les victoires éphémères et les défaites éternelles.”

L’abbé Pierre vient de mourir. Gus ne saurait dire pourquoi la nouvelle le remue de la sorte. Il ne l’avait pourtant jamais connu, cet homme-là, catholique de surcroît, alors que Gus est protestant. Mais sans savoir pourquoi, c’était un peu comme si l’abbé faisait partie de sa famille, et elle n’est pas bien grande, la famille de Gus. En fait, il n’en a plus vraiment, à part Abel et Mars. Mais qui aurait pu raisonnablement affirmer qu’un voisin et un chien représentaient une vraie famille ? Juste mieux que rien. C’est justement près de la ferme de son voisin Abel que Gus se poste en ce froid matin de janvier avec son calibre seize à canons superposés. Il a repéré du gibier. Mais au moment de tirer, un coup de feu. Abel sans doute a eu la même idée ? Non.

Longtemps après, Gus se dira qu’il n’aurait jamais dû baisser les yeux. Il y avait cette grosse tache dans la neige. Gus va rester immobile, incapable de comprendre. La neige se colore en rouge, au fur et à mesure de sa chute. Que s’est-il passé chez Abel ?

Franck Bouysse, né en 1967, vit à Limoges. Il a publié Vagabond et Pur sang chez Écorce

 

 

oct 20

sans-titre

 

Ou, quand, comment pourquoi ?

Je m’appelle Ben Orton, banlieusard né fin 70, et j’ai créé Dari Valko et sa grande gueule, il y a 3 ans pour me défouler.

 

Qu’avez-vous pensé de ma chronique ?

Je préfère laisser répondre Dari Valko, ce sera plus authentique !

— Salut ma poule, j’ai bien aimé les quelques lignes que t’as pondues sur moi, sérieux, c’est sans chichi, tu vas droit au but, comme moi, quoi ! Par contre, y’a une amie tienne qui a aussi livré le fruit de son ressenti sur mes mésaventures, jusque-là pas de souci, sauf que pour ce faire elle a maladroitement balancé une partie de l’intrigue, alors tu lui diras que si elle refait ça, je fous son numéro de carte bleue dans mon prochain book ! Merde, y’a des trucs avec lesquels faut pas déconner !

Pourquoi ce genre de livres assez court, avec une fin qui laisse prévoir un autre livre ?

Parce c’est le genre de format pratique que j’aime bien lire, personnellement. Pour ce qui est de la fin en « cliffhanger », c’est directement inspiré des vielles séries américaines, alors pour une fois qu’ils font un truc de bien ces cons là, autant s’en inspirer, non ?!

 

Des envies à nous faire partager ?

Lisez Daniel Pennac, ce mec est un génie ! Mais n’oubliez pas Pagnol et Loup Durand.

Est-ce dur de se faire publier ?

« Il parait qu’il n’y a pas de génie inconnu ». Mais oui, c’est assez compliqué, surtout en France, où le petit monde de l’édition est une mafia opaque. Les maisons historiques maintiennent le marché sous leur coupe avec des politiques tarifaires complètements aberrantes, qui prouvent qu’elles ne comprennent pas les enjeux futurs, il n’y a qu’à regarder le prix des ebooks dans l’hexagone. Mais une révolution est enclenchée et ces tyrannosaurus libris vivent certainement leur dernières heures de fortunes. En ce qui me concerne, je sors les aventures de Dari Valko chez les éditions létales, une maison d’éditions indépendante et humaine basée dans le 93 qui fait un super boulot, donc ça roule.
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L’avenir, c’est quoi ?

Je sors en moyenne trois Dari Valko par an, donc l’avenir c’est pas mal d’écriture. Y’a aussi un coffret collector qui va sortir pour noël, et je suis en négociation pour une bande dessinée et le pilote d’une série. Donc beaucoup de boulot, mais énormément de plaisir aussi.

Pensez-vous sortir de ce personnage, pour écrire un autre genre ?

J’écrirais des Dari Valko jusqu’à plus soif et j’ai encore de pleines brouettes d’idées, mais je bosse aussi sur des hors-série, un roman d’anticipation, notamment.

 

Le mot de la fin ?

Merci à vous ainsi qu’à toute l’équipe d’Unwalkers, pour votre gentillesse et votre style. Je passe la parole à Dari :

— Ouais, merci à vous les copains, en vous penchant sur mon cas, vous prouvez à la blogosphère que vous avez du goût ! Et vous direz à la poulette trop enthousiaste, qu’elle ne flippe pas pour son numéro de cébé, c’était pour la vanne, j’suis pas une balance ! Davaï, les loulous !

D.Valko
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Nota Bene : Le prochain Dari Valko « La Lune aux Français! » sortira début décembre, et sera en vente comme tous les autres avec 10% de réduction et frais de port à 1 euros sur www.leseditionsletales.com

oct 17

La Faucheuse est  une généralissime galactiquement reconnue et crainte, célébrée par sa hiérarchie et redoutée par ses ennemis. Stannir Korvosa a en effet bâti toute sa carrière sur ses raisonnements, ses tactiques et ses stratégies maintenant copiées par ses futurs successeurs. Non seulement elle vainc au nom de l’Empire d’Asreth, mais elle ne fait pas usage plus que nécessaire de la force et de la violence : elle obtient ainsi le respect de ceux qu’elle a soumis. Mais cette mission sera la dernière : elle est lasse, et elle vieillit. Elle a formé la relève, qui ne la satisfait pas entièrement… satisfaisait-elle son prédécesseur lorsqu’elle l’a remplacé une trentaine d’années plus tôt ?

Pourtant, cette mission qui ne devait pas poser de problème va s’avérer autrement plus compliquée ; les populations nomades de l’Océan Vert sont intrinsèquement pacifistes, et refusent d’entendre raison. Du moins est-ce ce qu’elle croit. Mais en discutant avec leur représentant (ils n’ont pas de hiérarchie, donc pas de chef, ce qu’elle a bien du mal à comprendre), elle constate que leur mode de vie, ce qui pour l’extérieur pourrait correspondre aux us et coutumes, usages, traditions, organisations, structures, … ne sont en fait aucunement formalisés : ces gens vivent seulement selon leurs envies et besoins, et surtout en fonction de la nature dont ils sont dépendants. Comment dans ce cas-là les assimiler à l’Empire, comme elle a l’habitude de le faire (de gré ou de force) ? Un échec serait-il envisageable ?

Toujours est-il que ce sont les certitudes de Korvosa qui vont voler en éclat : le pacifisme, qu’elle avait toujours pensé vain et improductif, serait-il finalement un objectif pour les gens raisonnables ? Les idéaux guerriers qu’elle a servi toute sa vie seraient-ils des impostures ? Le langage qu’elle parle ne semble pas pouvoir convaincre ces gens de « rentrer dans le rang », mais est-ce de la mauvaise volonté ou ne comprennent-ils tout simplement pas ce que l’on attend d’eux ? Refusent-ils de trahir ce qu’ils sont ou ne savent-ils juste pas comment se comporter autrement ? Autant de questions dont les réponses vont déconcerter, puis interpeller la généralissime. Les thèmes de la guerre, des rapports entre vainqueurs et vaincus, l’assimilation des populations conquises, ou encore des moyens employés pour parvenir à ses fins sont récurrents. N’ayez pas peur : Lionel Davoust n’écrit pas un essai, ou un réquisitoire. Il se permet donc d’aborder des thématiques qui lui sont visiblement chères et de les illustrer dans ce texte très bien écrit et qui tient ses promesses. L’auteur ne nous avait d’ailleurs pas habitués à moins !

Mais si la première nouvelle, La Route de la conquête, est définitivement la plus longue et celle qui retient le plus l’attention, l’ouvrage est en fait un recueil de nouvelles de Lionel Davoust (dont peu sont inédites) dont aucune ne vous décevra, et que nous sommes ravis de retrouver compilées.

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