Janvier noir, Alan Parks (Rivages)

Résultat de recherche d'imagesUne des merveilles en provenance d’Écosse, en plein dans les années 70, avec la musique qui va avec. Un rare roman noir, rareté car surprenant dans cette production aseptisée.

Si l’Angleterre a eu son David Peace, l’écosse a son Alan Parks, et la comparaison s’il en faut une s’arrête là, tant  au niveau du style que  de l’écriture. Par contre on se retrouve dans un milieu de corruption, de chaos, de brutes, avec de la came à gogo, ou les grands sont presque indétrônables.

Oubliez les frontières habituelles, elles sont largement franchies tout au long du livre.Notre personnage McCoy est un « lâche-rien » impliqué dans une affaire qui au départ n’a ni queue ni tête. Il va se retrouver plongé dans un univers familier. Personnage hanté par ses démons, il est secondé par son adjoint qui est son opposé. Les affrontements indirectes oud indirectes maintiendront un certain équilibre entre eux, largement dominé par leur sémillant patron.

Poisseux et dégueulasse à souhait, c’est le polar glauque par excellence avec son coté harboiled. Si on doutait que les ramifications entre politiques police gangsters étaient fortuites, c’est donc non à la lecture.

Premier opus d’une série mettant en scène l’inspecteur McCoy et son adjoint Wattie dans le Glasgow des années 1970, sur fond de musique, drogues et gangs, dans la lignée de William McIlvanney. Quand une jeune femme est abattue par un garçon de 18 ans en pleine rue à Glasgow non loin de la gare routière, l’inspecteur Harry McCoy y voit autre chose qu’un acte de violence isolé.

La conspiration des médiocres, Ernesto Malo (Rivages)

Résultat de recherche d'images pour "conspiration des médiocres"Le titre est vraiment à la hauteur des vilains pas « bô », qu’on rencontre à travers les pages. Plongé en pré ou pro révolution d’Argentine, je découvre le personnage de Lascano. Un chien qui évolue parmi les hyènes.

C’est un vrai bonheur ce livre. Le fond, la forme, l’écriture sont nickels chrome, j’ai passé un très bon moment, juste un peu court (tiens cela me rappelle un truc….)

Difficile à exprimer, mais l’auteur marie à merveille l’action, l’amour, une argentine qui va muer en un monstre qu’on connait. Année 70, notre chien doit enquêter sur un suicide d’un allemand. Mais enquêter en pleine guérilla politique, avec une police corrompue, des juifs recherchant des nazis venus se réfugier, etc, c’est loin d’être une affaire aussi simple. Il est vrai que tous ces méchants pas « bô » sont d’une médiocrité affligeante, des nazis jusqu’à la milice policière triple aaa, triple zéro plutôt ? Mais le chien ne lâche rien. On va donc suivre notre personnage dans ce contexte explosif. L’amour viendra donner un peu de clarté ou de la  lumière dans cette histoire ou se mélange la lance qui a tué le christ,  la chasse au nazis, des affrontements entre extrêmes, pour en finir sur un choix plus que délicat, pour notre héros….

Une belle découverte, je remercie les éditions Rivages, j’ai passé de belles nuit de lectures, totalement dépaysant merki ! 

Rebelle en fuite et autres histoires, Elmore Léonard (Rivages poche)

Résultat de recherche d'images pour "elmore leonard 2018"On en revient toujours aux fondamentaux, il y a ceux qui ont du talent et ceux qui…

Deuxième petit livre avec la préface d’un de ces fils, des nouvelles, d’un débutant, qui ne l’a jamais été en fait.

On retrouve notre ami Charlie Martz comme dans le premier recueil, avec une belle leçon de vie pour la jeunesse fougueuse, et les vieux cowboys.

Puis s’enchaine d’autres nouvelles toutes aussi bien foutues, dans diverses époques et lieux. Que dire, que dire, si ce n’est que dès le départ on a un écrivain. On devrait le distribuer gratuitement à certaines personnes qui écrivent, pour leur dire soit vous arrêtez, soit vous bossez avant de sortir un livre !

Sérieux, il y a le talent et les autres… La preuve, lisez.

Docteur Knox, Rivages de Peter Spiegelman, Rivages

 

Avant tout, félicitations à la traductrice Fabienne Duvigneau

et bravo pour la couverture, enfin un truc qui se démarque,

Je l’échangerai bien contre  mon généraliste, et oui on dit « mon »,. On a cette tendance à tout s’approprier, mon, dentiste, coiffeur, boucher, compagne enfants ad lid, un sentiment de propriété inéluctable que j’abhorre, mais soit, .
De plus je plaisantais, dans ce livre celui qui vole la vedette au doc, c’est Sutter, ancien des forces spéciales ami de notre doc, atteint d’un flegme que je lui envie.

Welcome à l’os en gelée, comme le disait l’écrivain de Bourgoin, . Un os, et un gros, on découvre la vie trépidante de notre toubib, dernier d’une grande lignée. Un toubib qui préfère donner que prendre. S’occuper de la misère par son travail que d’encaisser du flouze. On va donc côtoyer la lie de la lie avec une précision remarquable sur les actes en médecine, par ailleurs, ne lisez pas en mangeant….

Vous pensez bien que tenir un dispensaire cela ne fait pas vivre. Il faut bien faire autre chose pour ramasse de la money. C’est comme cela qu’on découvre son pote Sutter, qui l’emmène faire des virées incognito pour s’occuper de problèmes des célébrité es qui n’ont pas envie de passer par la case Hosto. D’ailleurs tout au long du livre on a droit à ces interludes, qui nous feront rire, ou pas, parfois cela peut mal se passer.

la trame,

alors qu’il est peinard entrain de soigner des putes, des cloches des underdogs, voilà qu’une étrange affaire lui tombe dessus, il se retrouve avec un gosse que sa mère à laisser. Envers et contre tous et surtout ses ami es, il ne veut pas le donner à la dass de là bas. Petit hic, c’est que ce gosse et sa mère sont recherchés par des vilains pas bo, et très vilains, genre qui ne se lave pas les mains après les toilettes. Il va donc évoluer dans un univers malsain, entre mafia russe, et famille de bourges au long bras. il y aura beaucoup d’actions, on reviendra sur la vie d’avant de notre doc, sur ces cauchemars qui l’accompagne. Des personnages bien épais, surtout celui de Sutter qui vole la vedette à notre toubib.

Il semble que ce soit le premier jet, d’un personnage qu’on retrouvera, ce qui explique certaines longueurs. Sinon c’est un bon livre de détente dans un univers glauque ou l’on apprend la médecine et la maniement des armes,

A lire avec un cocktail sur une plage, loin de la misère ^^

Dieu ne tue personne en Haïti, de Mischa Berlinski, traduction Renaud Morin (Albin Michel) par Yann

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Continents à la dérive, de Russell Banks, 1994 et 2016 Actes Sud. La femme qui avait perdu son âme, de Bob Shacochis, 2015, Gallmeister. Dieu ne tue personne en Haïti, de Mischa Berlinski, 2018, Albin Michel. Ces trois romans ont pour point commun, outre leur souffle et leurs indéniables qualités littéraires, de se dérouler, au moins en partie, dans un des pays les plus pauvres du monde, Haïti, dont il est difficile de garder une image positive tant le sort semble s’acharner contre lui (esclavage, dictature, famines, maladies, séisme …).

Mischa Berlinski y a vécu entre 2007 et 2011 en tant que membre du personnel civil de la Mission des Nations unies en Haïti (MINUSTAH).  

« Il existe un proverbe créole, « Pas gen mort Bondieu nan Haiti », qui signifie littéralement « Dieu ne tue personne en Haiti », et, métaphoriquement, que personne n’y meurt de mort naturelle. Quand la souffrance semble dénuée de cause évidente, ils en inventent une, et la chose qui permet de passer de la cause à l’effet est le surnaturel. Quand on raisonne de cette manière, chaque mort est un meurtre, chaque infortune un crime; et le monde s’éclaire alors d’une sorte d’affreuse logique meurtrière. »  

Jérémie, « la Cité des poètes », est une petite ville haïtienne, à l’écart de la capitale et des grands axes. C’est autour d’un projet de route pour la désenclaver que vont se rencontrer Terry White, américain travaillant pour les Nations unies, et Johel Célestin, jeune juge qui se lance en politique contre Maxime Bayard, le sénateur, au pouvoir depuis des années.  

Rares sont les romanciers qui possèdent aussi bien l’humour que le sens du tragique et c’est en ce sens que Mischa Berlinski nous impressionne avec ce deuxième roman, riche et prenant, qui lui donne l’occasion d’un hommage sensible à ce pays malmené par l’histoire. Comédie féroce sur la politique locale, Dieu ne tue personne en Haïti est également une histoire d’amour saisissante en même temps qu’une description réaliste des conditions de vie de la plupart des haïtiens. Le tragique n’est jamais loin en Haïti mais l’envie de vivre est plus forte que la faim ou la pauvreté et c’est ce qui permet de mesurer l’importance de ce projet de route qui développerait considérablement l’économie locale.

L’auteur brille également par la galerie de portraits qu’il met en scène, tous attachants, complexes, parfois drôles ou maladroits, humains dans tous les cas.

 C’est par la bouche de Terry White que Mischa Berlinski nous livre cette inoubliable description d’Haïti :  » Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’Haïti, ça ressemble beaucoup à une chatte (…). C’est chaud, c’est humide et ça sent bizarre. Si tu n’y connaissais rien en matière de chatte et que quelqu’un t’en parlait de cette façon, ça ne te tenterait pas des masses. Tu te dirais que c’est sûrement un truc dégueulasse. Mais une fois que tu sais ce que c’est, tu ne peux plus arrêter d’y penser. » 

Ici, l’échec est collectif, international. Les projets ne manquent pas mais rares sont ceux qui aboutissent, faute de suivi, faute de moyens. Ici, personne n’est jamais fautif, la responsabilité vient toujours d’ailleurs (« Je cherchai cette personne qui, en Haïti, n’existe pas: « le responsable »).

La communauté internationale en prend pour son grade, les médias également, c’est à jeu de massacre que nous convie Mischa Berlinski et on rirait sans doute bien davantage s’il n’était au final question du destin d’un peuple pour lequel la vie semble devoir être une épreuve permanente.  

Dieu ne tue personne en Haïti est une vraie réussite, un roman jubilatoire et tragique qui révèle un auteur dont le sens de la formule et la maîtrise du récit nous surprendront sans doute à nouveau. Les personnages de ce texte devraient continuer de vivre en nous un moment et nous rappeler aussi qu’avant de trop se plaindre, il est parfois bon de relativiser nos malheurs.

Yann

FESTIVAL DU MECHANT MARIN, FANCH REBOURS (ASTOURE EDITION, Breizh Noir) par Bruno D.

Résultat de recherche d'images pour "FESTIVAL DU MECHANT MARIN, FANCH REBOURS"Deuxième incursion dans le Breizh Polar avec Fanch Rebours et cette histoire se déroulant en 2006 pendant Le Festival de Chant Marin de Paimpol. Autant j’avais émis des réserves bien légitimes sur Les suppliciés du Goëlo, son premier titre, autant celui ci m’a fait passer un agréable moment de lecture. De bien meilleure facture, avec une intrigue assez classique, on ressent cette fois une progression évidente tant dans la mise en place de cette aventure que dans sa réalisation et dans les thèmes abordés.

Les personnages que l’on retrouve avec plaisir, Viviane Le Du, l’institutrice et son amant gendarme Mickaël Michel seront au four et au moulin dans ce sombre récit estampillé de la culture bretonne.

Vite dans le bain avec deux jeunes inconnus retrouvés atrocement mutilés dans un gîte, on se rend  compte que même au fin fond de la Bretagne, dans des lieux champêtres et touristiques, les pires  déviances de l’espèce humaine peuvent prendre racine.

Un scénario ténébreux donc avec des scènes de crimes dignes de certains auteurs cotés, des questions posées autour des gens du voyages, de la traite de l’espèce humaine, de la porosité des frontières et  de l’intégration des nouveaux pays de l’est dans l’Europe, c’est  une  exposition de misères humaines, avec toujours la puissance de l’argent en ligne de mire sur près de 200 pages.

Des cintrés finalement, il y a en a partout et on en trouve même au pays du Biniou. Tout cela servi avec beaucoup d’humour et force expressions locales, histoire de montrer que ça ne se passe pas din ch’nord !

C’est drôle et ça me rappelle par moment les aventures de l’infra détective créé par Mac Falvo , le fameux Stan Kurtz, mais avec un propos un peu plus sérieux sans avoir l’air d’y toucher.

Ce polar qui se veut régionaliste au départ est en réalité tout simplement un bon polar noir. Je l’ai lu juste derrière le dernier Thilliez et le Roy Braverman en recherchant quelque chose d’un peu plus léger, et tout en visitant la Bretagne et en découvrant certaines coutumes du Festival du méchant marin, je ne me suis pas ennuyé un seul instant.

Le Breizh Polar existe, je sais bien que ça en fera sourire certains, mais quand c’est écrit comme ça, on aurait tort de le prendre de haut ! Entre Falvo ou Monfils, une véritable bonne surprise !

L’Ange Gardien, Christa Faust (Gallmeister- Traduction Christophe Cuq) par le Corbac

Résultat de recherche d'images pour "L'Ange Gardien, Christa Faust"Christa laisse moi être ton Goethe ! Laisse-moi passer un pacte avec le démon qui te possède, me brûler au feu de cette violence qui te tient les tripes, de cette amertume d’une vie malmenée.

Laiss-moi monter avec toi sur le Grand Ring de la vie et me prendre des crochets ou autres uppercuts.

Fais moi mal mais fais moi vibrer encore.

Fais moi rencontrer Angel, partager ses errances, comprendre sa culpabilité et vivre ses doutes.

Laisse moi tomber amoureux et redécouvrir les émotions perdues de l’amour.

Rends moi dingue à en tuer ceux qui font du mal à ceux à qui je m’attache.

Fais moi vibrer avec cette plume pleine d’émotions, flingue moi d’une balle de doute et achève moi d’un kick plein de remords.

Emmène moi encore dans cette cavale émotionnelle, fais moi regretter de ne pas avoir été assez fort et d’avoir fait preuve de pardon.

Fais moi détester ces hommes aux egos surdimensionnés, certains de leur pouvoir physique et de leur bon droit illégal.

Fais moi voir encore la noirceur de ceux et celles qui veulent contrôler les corps et les esprits, la sournoiserie engendrée par la force brutale et l’absence de mansuétude.

Montre moi encore que Wonder-Woman n’a pas de fouet mais un Sig, pas de jupette mais un string.

Montre moi que ce monde dans lequel on baise sans aimer, qu’on tue sans scrupule recèle encore de belles et bonnes personnes.

Christa Faust, je me damnerai pour toi.

Le Corbac croassant à ton balcon.

Entretien avec Michaël Mention

Tout fraîchement débarqué dans notre équipe, Yann nous a proposé suite à sa lecture de Power d’interviewer Michaël Mention. Or le fameux Power était justement dans les tuyaux de Perrine et du Boss !

Au menu du jour donc, entretien avec l’auteur, et 3 retours de lecture !

Focus sur Power, entretien avec Michaël Mention par Yann


« Power est sans aucun doute un roman à lire et pourrait, en cette période où l’on tourne mai 68 à toutes les sauces, remettre en perspective les enjeux d’une révolution inachevée mais ô combien exaltante. Si son livre devait susciter des vocations d’agitateurs, on imagine aisément que Michaël Mention n’en serait pas chagriné outre mesure. » [Yann] 

« Pari réussi pour ce roman qui nous impose de regarder l’histoire en face, peut-être pour ne pas oublier qu’elle n’est qu’un éternel recommencement ?  » [Perrine]

« Une époque pas si lointaine, en plein Vietnam, sombre comme la ville de Détroit, un livre en forme de devoir de mémoire, qui réussit à atteindre sa cible, en plein cœur pour moi. » [Le boss] 

Retours de lecture de Power

 

 

 

 

 

HUNTER, ROY BRAVERMAN (Hugo Thriller) par Bruno D.

Résultat de recherche d'images pour "HUNTER ROY BRAVERMAN"Imprégné par le rêve et l’atmosphère made in USA jusqu’au pseudo qu’il utilise cette fois ci pour écrire, Roy Braverman nous explique d’abord pourquoi il a choisit ce nom, avant de nous emmener dans une aventure haletante qui n’a rien à envier aux meilleurs thrillers du genre.

Vite et fort avec des scènes d’ouverture à la James Bond, un tourbillon ahurissant de folie se met en place dès le début. C’est précis, violent, délirant et ça me fait penser au cinéma des frères Coën ou de Tarantino pour la brutalité et de Spielberg pour la qualité de la mise en scène. Roy Braverman nous sert une copie de l’ Amérique contrastée et armée ou tout est possible, le meilleur comme le pire ! 

Freeman, Hackman et Hunter, comme personnages principaux, on ne peut pas faire mieux pour nous immerger dans le pays de l’oncle Sam. Entre Clin d’œil à deux acteurs géants et à une série, ça fleure bon le pays de nos libérateurs à tous les niveaux, d’autant plus que les paysages grandioses des Appalaches viennent encadrer le récit.

Et l’histoire me direz vous ? 100% US également avec un tueur en série, ou peut être plus, un évadé en cavale, des meurtres sanglants et des disparues. Un vrai scénario très noir ou un père, ex flic, qui n’a jamais lâché le morceau recherche toujours sa fille, Louise.

Dans un registre différent de Yeruldelgger qui nous avait révélé son auteur, le style est ici beaucoup plus viril et couillu. On ne vit pas longtemps dans les chapitres écrit par le romancier et il ne faut pas traîner en route sous peine de rater des épisodes… Ou de mourir ! Dans un pays ou les noirs sont toujours considérés comme une sous race : « peut être qu’ils sont noirs parce que tout a grillé à l’intérieur » , Roy n’y va pas avec le dos de la cuillère pour pointer du doigt le doux charme d’une patrie ou n’ être pas blanc de peau est un bien grand fardeau.

Le système judiciaire américain et ses institutions se font également alpaguer de bien jolie manière. Une excellente réflexion sur les procédures et la toute puissance des hommes assermentés donne à cette aventure des sourires et une respiration salutaire dans ce déferlement de fureur.

Thriller survitaminé à la testostérone très élevée, ça pulse au cœur de ce bled paumé et enneigé qu’est Pilgrim’s Rest et entre tempête qui se déchaîne, Camaro rouge, vengeance et vérités cruelles, on va de surprise en surprise. Le rythme ne faiblit jamais grâce à des chapitres courts et il faut bien le dire au talent de notre auteur.

Les acteurs ont de l’épaisseur, et pour certains de l’humanité, pour d’autres un boulon qui manque  depuis longtemps.

Hommages appuyés à une Amérique pleine de défauts, mais pleine de valeurs également, le début de cette nouvelle trilogie qui nous plonge en plein cœur des USA et nous emmène au plus près de la démence humaine est une réussite totale. Addictif et mené à un rythme d’enfer, « Hunter » est une belle pioche pour Hugo Thriller qui a bien fait de l’épingler à son catalogue parce que ce sera assurément un nouveau succès pour son auteur. Vous l’aurez compris, j’ai adoré !

Le seul petit problème, c’est qu’il va falloir patienter pour la suite…

Interview with Charlie Jane Anders (VO)

I wanted to ask some questions to Charlie Jane Anders to go along with the publication of « All the birds in the sky » in french today. Thanks again to Thibaud Eliroff and Marie Foache from J’ai lu to pass my request on, and thanks again to Charlie Jane Anders to take the time to answer my questions.
Enjoy !!

 

Could you please introduce yourself to the french readers who don’t know you yet? Where are you from, what was your career before writing full time ?

Sure. I’m Charlie Jane Anders, author of All the Birds in the Sky and another novel coming soon, The City in the Middle of the Night. I used to help edit a website called io9.com about science fiction, futurism and science. And I organize and host a monthly reading series in San Francisco called Writers With Drinks, where I try to bring together as many genres and communities as I can in one event. I also occasionally grow big scaly wings like a dragon and fly around scaring people.

I talked about it in my review, I’ve been a faithful reader of IO9 for a few years now, and I thank you for making me discover a bunch of great writers (and may I ask you to also thank Annalee Newitz for making me read Ayize Jama-Everett among others ?)….do you miss writing for IO9? Did your work at IO9 changed your way of writing between Choir boy and All the birds ?

Thanks so much for reading io9! It means a lot to me. It’s hard to believe I’ve been away from there for two years already. I had so much fun writing about every possible topic involving science fiction and the future and everything, while I was there. It was a total blast. To a large extent, I’m having that same kind of fun now, making a podcast with io9 founder Annalee Newitz called « Our Opinions Are Correct » where we geek out about the meaning of science fiction today. Working at io9 had a huge impact on my fiction writing, because I got to spend so much time thinking about why stories work, or why they don’t work, and what these stories actually mean. It was like getting paid to go to grad school. I wrote four other novels between Choir Boy and All the Birds in the Sky, though none of them appeared in print. (One of them, Rock Manning Goes For Broke, is coming out as a novella soon from Subterranean Press.)

You love sci-fi and fantasy, it’s blatant when you read All the birds, but do you read crime books too?

I love crime fiction. My favorites range from Dorothy Sayers to Raymond Chandler to Ross MacDonald to Chester Himes. I think anyone who wants to write in one particular genre should try to expose themselves to as many different genres as possible. Crime fiction has a lot to teach us about structuring plot and story, and also about weaving characters and themes into the exploration of a particular mystery.

You wrote a lot of short stories or novellas before « Choir boy » and « All the birds in the sky », do you think it’s a prerequisite for any new writer before writing the famous first novel?

There’s no one path to success as a writer. Some people write tons of short stories, but other people don’t. It’s totally fine either way. I learned a lot from writing short stories, especially about just coming up with a beginning, middle and end that make sense. That’s a hard thing to do at any length, and practice can be valuable.

What does the short form mean to you, does it allow you to explore or experiment more than with a novel?

It’s definitely true that you can try more weird and daring things in short fiction than in novels. For one thing, you don’t have to sustain it as long. For another, nobody’s going to put out just this one story in a printed book with your name on the cover, for people to judge you by. Short stories are often read in places where they’re surrounded by other stories by other authors, so everybody can kind of do their own thing. I really have fun writing short fiction and I’m sad to be taking a break from it to try and get more novels finished.

« Choir boy » wasn’t a genre novel per se, but there was some kind of magical realism, can I ask you how you would introduce this novel and where did the inspiration for it come from? Would you like to write another novel that won’t be 100% genre novel at some point in the future ?

I have a really hard time categorizing Choir Boy, and it’s hard to talk about after all this time. It’s sort of a book about what happens when you try to prevent your life from changing — you can’t stop change, but sometimes instead of the change you were dreading, you can bring about a different kind of change instead. I think if I was writing that book today, it would be much clearer that Berry, the main character, is non-binary. One of my unpublished novels is also in that same hard-to-categorize kinda-literary space. I may come back to it at some point.

Now let’s talk about « All the birds in the sky », did you expect such humongous success and so much positive reviews when it came out ? It’s rare to be nominated for the Nebula, Locus and the Hugo with a first genre novel…and you won two out of three..

Ha thanks! Of course you never expect anything like that to happen when you write a book. I was terrified a lot of people would really hate it because of the weird games it plays with narrative, and the silliness of the humor. I have been so incredibly gratified that people have responded to it the way they have.

How did you come up with the idea of the book? Where do Patricia and Laurence come from?

I originally came up with this idea of telling the story of a witch and a mad scientist, and it just seized control over my brain. It seemed like such a fun concept. At first, it was going to be a zany comedy in which the witch and the mad scientist would be rivals, maybe both trying to get the same thing and one-upping each other. Raygun vs. spellbook, flying carpet vs. spaceship, etc. etc. But over time, I realized it was more interesting as the story of the relationship between people who come from two different worlds.

How did you write, did you have a plan, or some kind of time line you followed, or are you more of a automatic writing author ?

I made up a lot of it as I went along, but also kept questioning over and over where this was going, and what the point of it all was, and what my endgame might be. And once I had a solid second draft, I went back and outlined it over and over.

Were you more like Patricia or Laurence when you were young ? Is there a little of you in any character of the novel ? One of my favourite part is when they imagine the lives of some people just by looking at the shoes by the way, it almost feels like a real memory.

That was a scene that I just came up with randomly, and it was so much fun to write. I spent a lot of time during the writing of this book thinking about being 13 or 14 years old, and how terrible that time in my life was. It’s a brutal horrible stage in a lot of people’s lives, with raging hormones and out-of-control cliquishness and insane pressure.

In the novel, you talked about some big ecological disasters, the end of the world is nigh, but the novel is never dark or depressing, on the contrary, it’s full of humor, hope and kindness, we could almost call it a feelgood novel. Was it what you were looking for since the beginning ?

I think it’s important to write about our fears, but try to do so in a constructive way. Writing about ecological catastrophes and apocalypses is an optimistic act, because it means there’s some value in facing up to them and hopefully working to prevent them. In this case, the environmental stuff came out of the clash between nature and technology that was at the heart of the novel, but I wasn’t interested in creating a simplistic morality tale. I wanted to show all of the contours of the problem, and give people hope that we could still do something.

I read that the novel was supposed to be a bit more like a pastiche, Patricia more like a Harry Potter, and Laurence more like a boy genius, can you tell us more about it, and why you changed your mind ?

The characters themselves were never going to be pastiches as such, but I already talked about how it was originally more of a zany comedy. I did experiment with putting in a lot more genre tropes, just for the fun of it, but they quickly became boring because there wasn’t any point to them. They were just extra clutter.

One other thing I loved in this novel it’s how you played with a lot of tropes of the genre. For example how Patricia and Laurence both think at some point they are some kind of a chosen one who would save mankind, or the fact that there are only a few chapters taking place in Etisley Maze, you didn’t create some new version of Poudlard or Brakebills…or the fact that there is no real antagonist, no real big villain, except maybe Theodolphus Rose… (By the way, what a great name!) Can you talk about him, his arc is almost essential to Patricia’s and Laurence’s evolution. How would you introduce him, where did the inspiration come from for the Nameless Order ?

Theodolphus Rose kind of emerged naturally from the progress of the book, but he was also a lot of fun to write. I feel like he represents a lot of the terrible, often abusive, authority figures who make already bad situations worse in junior high school. He’s one of my favorite characters in the book — and the net effect of everything he does is actually to push Patricia and Laurence to embrace their power.

Peregrine (another great name), the artificial intelligence, is also great, how did you create it, did you research AI a lot ? Does the story you wanted to tell is finished ? Or is there any chance in the future for you to come back to this universe and those characters ?

I love Peregrine, and really enjoyed trying to come up with an AI character that felt like one I hadn’t already seen before. I love reading about AI and thinking about how it would work, and of course we covered the topic constantly on io9. There’s always a chance I’ll write more about this world and these characters, but you never know I guess.

I read that you started a young adult trilogy for Tor, and that those books might be more ambitious than All the birds in the sky, can you tell us more about it ?

The young adult trilogy is still in the pipeline, but I’m having so much fun writing it so far. It’s straight-up science fiction, without any magic. It’s an interesting change to write about 16-year-olds, who have very different problems and concerns than most 13-year-olds.

Speaking of young adult litterature, in France a lot of editors publish some authors in young adult collections as soon as the main characters of their books are teenagers, but there are some books like « Little brother », « Pirate cinema » or « For the win » by Cory Doctorow, or the « Binti trilogy », « Akata witch » and « Akata warrior » by Nnedi Okorafor that could interest grown-ups as well. What is your take on young adult litterature in the USA ?

It’s been just amazing to see how mainstream YA has become, among both teens and adults. It really feels like YA books are filling the place that used to be occupied by adventure novels and fun escapist fiction — but also asking some of the tough questions about adulthood and what it means to be a good person in a different way than adult books can.

In the 2000s, some people thought sci-fi was dead, or dying, but since a few years we saw a new generation of authors writing some really great books with new themes or new ways of telling a story like you, Ann Leckie, N K Jemisin, Mishell Baker, Lila Bowen, Annalee Newitz, Nnedi Okorafor, Catherynne Valente, Ada Palmer, Madeline Ashby, and more…(same thing in France in my opinion, more young writers are published), what is your take on sci-fi in the USA today ?

I’m just so excited to see science fiction taking on a new lease on life. Science and technology are evolving so quickly that it makes all kinds of sense that we’re writing stories about them now. Plus science fiction in all its forms is just a wonderful thrillride and a joy to read and write. And yes, there are so many brilliant authors bursting on the scene these days!

The nominated for the Hugo awards have been announced recently, fortunately there isn’t any problems with the puppies this year. What do you think about it ?

It’s such an amazing slate and I’m so incredibly proud of all my fellow authors who are creating such brave, challenging, fascinating work right now. This is a wonderful time to be reading, or writing, science fiction and fantasy.

 

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