LE DERNIER PÉCHÉ, REBECKA ALDEN (Denoël) par Bruno D.

Hitchkock est vivant ou s’est réincarné sous les traits, ou plutôt la plume de Rebecka Alden. Ce premier roman est une démonstration parfaite que n’aurait pas reniée le maître incontesté du suspense lui même. Paru dans la collection Sueurs froides chez Denoël, le clin d’oeil et le rapprochement m’ont paru assez évident.

Tout baigne pour Nora, romancière et conférencière reconnue. Elle sait convaincre son public que le bonheur et la réussite sont à la portée de chacun. Depuis dix ans, après un très grave accident, elle a décidé de reconstruire sa vie aidée par son mari Franck qui gère sa carrière à la façon d’un imprésario. Dans le quartier chic ou elle réside, une fois par an elle organise pour tous une  fête du printemps et des voisins qui lui donne un peu le statut de reine du quartier. Sauf que…

L’auteure nous emmène dans son histoire avec l’impression de ne pas y toucher. C’est clair, c’est limpide et même si apparemment il ne se passe pas grand chose, tout se met en place facilement, lentement, insidieusement, jusqu’à ce que par un mot, une phrase elle mette nos sens en alerte, sème le doute et pointe du doigt ces apparences trop évidentes.

Une nouvelle voisine, Klara, belle et mystérieuse emménage dans la maison en face de chez Nora et Franck et commence à focaliser l’attention du quartier. Qui est elle, d ‘ou vient elle, est ce vraiment un hasard ?

Thriller psychologique, il y a comme du Barbara Abel (Derrière la Haine) dans ce roman. Mais sous la plume de Rebecka Alden, ça devient une vraie gourmandise à savourer.  Autant j’ai trouvé des longueurs chez Barbara, là on n’a qu’une envie, c’est  d’avaler les pages et de voir si la fin va être du même calibre que le début. Pas un flic, pas un meurtre, pas un interrogatoire au cœur de ce scénario, juste la vie fluide de Nora, Franck, Albin et Saga. Sauf que…

Nora, la femme parfaite et sûre d’elle commence à se poser des questions et perd de sa superbe. Ce n’est pas  l’écriture de son nouvel ouvrage qui tourne autour des  7 péchés capitaux qui va la rassurer, bien au contraire. Est ce cela, ou la voisine, ou d’autres choses enfouies plus profondément, toujours est il que Nora va entamer une descente aux enfers et s’écrouler. Burn out, réminiscence du passé, fausses idées, vraies vérités, la folie rode ,se répand et  Rebecka déroule avec crédibilité son incroyable synopsis.

C’est merveilleusement ficelé, tout s’enchaîne à la perfection et pour un premier opus, l’humble lecteur que je suis a franchement été impressionné par ce thriller qui tient en haleine et surprend jusqu’à la fin. Je me répète mais Hitchcock avec ses mises en scène particulières et ses récits effrayants n’est vraiment pas loin. Moi j’ai adoré, mais ça vous l’aviez déjà compris !

L’INVENTION DE LA NEIGE, ANNE BOURREL (éditions POCKET) par Bruno D.

Laure, la quarantaine vient de perdre son grand père dont elle était très proche. Période difficile à vivre pour elle, son mari Ferrans l’emmène avec ses enfants dans les Cévennes en montagne, histoire de s’aérer, de skier et de se ressourcer.

Fragile, douce et secrète, toute la détresse et le mal être de Laure se retrouve au cœur de ces lignes. Il est vrai que Laure a été confiée par ses parents forains aux bons soins du grand père Antonio Bernon de Casares  et que la disparition de celui ci est  une fracture dans l’univers de Laure.

L’arrivée à l’auberge du bonheur est un deuxième enterrement. Par moins dix degrés, l’isolement et le climat glacial, sans un flocon de neige, contribuent à rendre la route, puis l’histoire particulièrement oppressante. Laure glisse vers les abîmes et s’éloigne de son mari au sens propre comme au figuré. Ferrans, du mari idéal et attentionné qu’il semble être se révèle rapidement aussi odieux qu’il est à l’aise financièrement. Roman au rythme lent et indolent, cette première partie est  pourtant assez bien menée par Anne Bourrel grâce à une jolie écriture et un découpage intelligent des chapitres.

Il ne se passe cependant pas grand chose dans ce bouquin jusqu’à ce qu’on aborde les mensonges du passé et l’histoire avec un grand H, celle de ces immigrants ibériques ayant fuit  un certain régime espagnol. Ce huis clos étouffant devient enfin  plus intéressant et quitte ce ronronnement dans lequel il s’était installé. 

Le moniteur de ski et Talib surtout, le docteur  récemment établi dans la station, auront leur rôle à jouer. A  travers différentes sources de narration, le récit oscille entre les différentes époques et on commence à comprendre le citation : « La vie c’est le bordel, personne n’y comprend rien ».

De Barcelone au sud de la France, trois générations  font l’histoire entre tensions présentes et découvertes, on s’aperçoit que la transmission de la mémoire est quelquefois bien douloureuse. L’épilogue (que l’on sent arriver) donne une fin plus percutante et c’est tant mieux parce que si l’auteur possède une réelle qualité d’écriture, je me suis plutôt ennuyé pendant cette lecture.

Le Ferry, Mats Strandberg (Bragelonne )

ENFIN ! Enfin un suédois qui nous pousse pas au suicide, enfin un gars du Nord de l’Europe qui nous cause d’autre chose que des états d’âme d’un flic alcoolique, dépressif, divorcé etc etc… Enfin un mec qui a de l’humour et qui crée autre chose…

Ok je suis de mauvaise foi : d’abord c’est pas drôle (quoique ce côté trash est quand même assez marrant…) et puis on n’est pas dans le même registre… MAIS QUAND MÊME QUOI… Le mec,  Mats Strandberg, il te prend des trucs de base : un huis clos, des comportements exacerbés, des personnages typés et une situation de tension extrême… ben ça lui fait pas peur. Déjà (vision française peut-être) je les trouve pas caricaturaux ses personnages, limite je les trouve totalement « normaux ». Puis après ce ferry est une réalité. Je m’explique. Ma femme qui est prof d’anglais a souvent fait des trajets Irlande Angleterre en ferry, et elle me racontait que les gens passaient leur temps à picoler et faire la fête. Donc ça c’est du vrai. Et puis Mats il te reprend un.bon vieux mythe qu’on avait remisé aux cartons (la faute aux morts vivants qui reviennent en force…), il te le dépoussiére et il te le rend sanglant à souhait.

Yep, Le Ferry c’est un super bouquin. La tension monte, les travers humains et l’âme de chacun sont mis à nus. Ça tranche, ça gicle, ça éclabousse mais ça tâche pas. C’est du propre (peut être qu’on aurait aimé un combat après la cuisine…) qui te fait stresser et te donne envie d’aller plus loin.

Un conseil ne prenez jamais un bateau avec Mats Strandberg, il vous mettrait les crocs.

Comme un blues, Aníbal Malvar (Asphalte Editions) – Traduction Hélène Serrano

Il est beau ce livre ; pas triste pour un sous mais plutôt nostalgique.
Il est beau comme le passage de l’automne à l’hiver, quand le climat se mortifie pour mieux ressusciter, quand la végétation se transforme et se pare des couleurs du deuil, quand le poids de la nuit trop vite tombée pèse sur le moral des gens, les fait se retourner sur leurs printemps passés, sur leurs étés regrettés.
Comme un blues c’est lent et minutieux, c’est insidieux et bourrelé de regrets, sombre et si éclatant pourtant.
Comme un blues c’est une promenade dans l’Histoire post franquiste de l’Espagne.
Comme un blues c’est l’histoire de Carlos Ovelar, photographe madrilène que son passé rattrape par le biais du mari de son ex-femme.

Comme un blues c’est une promenade dans l’Histoire post franquiste de l’Espagne.
Comme un blues c’est l’histoire de Carlos Ovelar, photographe madrilène que son passé rattrape par le biais du mari de son ex-femme.
Comme un blues c’est un état des lieux d’une Espagne qui n’en a pas encore fini avec son histoire, qui se voit corrompue petit à petit malgré les convictions de chacun, qui se voit rongée par la corruption, la drogue et la raison du plus riche.
Comme un blues c’est la remise en question d’un homme qui se regarde enfin dans une glace et qui ose se dire les choses en face.

Comme un blues c’est la paternité mal venue, c’est l’amour rejeté et sali, c’est l’espoir qu’avec les années passées on puisse pardonner ou comprendre.
Comme un blues c’est la colère, le dégoût, l’amitié, les liens de l’honneur, la reconnaissance des erreurs commises, de l’aveuglement stupide et accepté.

Comme un blues c’est un homme en quête de son pardon au travers d’une enquête qui remue toute la boue et la fange de son passé.
Comme un blues c’est un très grand roman de Aníbal Malvar.
A lire avec une bouteille de Jack et un bon vieux disque de Keith Jarret.

PORNARINA, RAPHAEL EYMERY (Denoël) par Bruno D.

Pour un premier bouquin Raphaël Eymery nous sert une histoire peu banale et plutôt déjantée. Entre génie ou complètement maboul ; j’avoue que j’hésite encore !

Pornarina, c’est une prostituée à la tête de cheval. Les rares à connaître son existence sont les « Pornarinologues » qui la pourchassent à travers l’Europe. Elle émascule ses victimes et serait coupable de bien des homicides.

Ce qui est sûr, c’est que l’auteur a du talent. Il élabore un scénario débordant de trouvailles ou il mêle à sa façon plein de styles et de genres différents. Les références (Di Rollo, Lecter, etc…), citations et allusions en tout genre sont nombreuses. Riche et foisonnant de vocabulaire spécialisé (j’ai sorti mon dico plus d’une fois), cette traque morbide voire jouissive est quelque chose de jamais vu.

La famille Addams, à coté de ça, c’est de la roupie de sansonnet. Entre un Sherlock Holmes de 150 ans (Bon, là j’ai pas tout compris) et une galerie de personnages incroyable, ce musée des horreurs donne l’impression de se dérouler à une autre époque . Pourtant c’est aujourd’hui que l’histoire se déroule !

Monstrueusement dérangeant ou rafraîchissant, ce livre explore des mondes allant de Poe à Thomas Harris en passant par l’univers d’Elisabeth Bathory. Si ce roman oscille toujours entre deux époques, deux siècles ; le nouveau et l’ancien monde, la cruauté, elle est toujours bien présente quelque soit la période.

Anthonie, jeune contorsionniste de 24 ans et fille adoptive du Dr Blazek (tératologue renommé traquant Pornarina) est le fil conducteur tout au long de cette histoire. Vengeance, affrontement sexiste et dérive mortelle en tout genre, le récit est l’occasion de balayer les pulsions  les plus sombres des tueurs en série et de l’espèce humaine. Qui est le plus cinglé ? Les tueurs ou ceux qui les traquent ?

Raphaël Aymery peut séduire avec ce premier opus à nul autre pareil. Du talent, il en a incontestablement et les éditions Denoël ont eu raison de le publier dans la prestigieuse collection Lunes d’encres. Attention cependant, la fin abrupte et des arguties inutiles égrenés au cours du roman me laisse sur ma faim et me fait hésiter au moment des récompenses entre les encouragements et l’avertissement. Il serait dommage de  se gâcher en ayant de telles possibilités.

Méridien de sang, Cormac McCarthy (éditions de l’Olivier) par Sébastien

«Peu importe ce que les hommes pensent de la guerre, dit le juge. La guerre est éternelle. Autant demander aux hommes ce qu’ils pensent des pierres. Il y a toujours eu la guerre ici-bas. Avant que l’homme existe la guerre l’attendait. Le métier suprême attendait son suprême praticien. Il en a toujours été et il en sera toujours ainsi. Ainsi et pas autrement.»

Cet exergue, est le parfait reflet de l’écriture et de la vision de l’auteur. Quand je lis Cormac McCarthy, ce qui me saisit, c’est cette petite musique cette incantation, une entité que je pourrais presque toucher, dont je ne sais si elle est composée de chair et de sang ou si elle provient d’une magie noire littéraire. Pour peu qu’on se laisse prendre par la main, qu’on accepte de voir ce que les mots désignent, on est emporté par cette narration hypnotique, ces images brutales, ces existences cauchemardesques qui se débattent dans un monde désespérant.
Cormac McCarthy écrit avec les étoiles, avec la roche et la poussière des pistes perdues, avec le soleil qui tape dur sur les cervelles, avec ce vent qui hante tout ce qui est et qui maintient très haut, ces rapaces discrets témoins de la fabuleuse détresse humaine. Il écrit avec tout cela, et il se peut qu’il soit le seul à faire ça. Ce qui est beau avec lui, c’est qu’il trempe sa plume ciselée dans l’âme des hommes et qu’avec cette substance poisseuse et un peu putride, il dépeint un monde dans lequel l’espoir est interdit, mais la survie possible.
Méridien de sang, c’est un voyage ahurissant, un périple ébouriffant plein de fureur et de folie, saccadé par des meurtres, des assassinats, des exécutions sommaires. C’est un bouleversant chantier de l’âme humaine, livrée à elle-même et dans ces conditions, capable du pire. L’auteur nous entraîne en 1850, dans ces terres pas tout à fait américaines où rien d’autre ne règne que le chaos et la loi du plus fort ou du plus fourbe.
Nous suivons un jeune homme de 16 ans, déjà écorché par la vie, orphelin et dépouillé du moindre espoir que celui de survivre. Après une première tentative d’aventure rapidement avortée, le jeune homme s’engage dans une troupe de mercenaires arborant le pavillon sombre du pire de l’homme. Il y trouve la folie pure, désinhibée, et la sauvagerie extrême. C’est le début d’un parcours festonné de cadavres ; hommes, femmes, vieillards, enfants. Même les animaux ne trouvent pas grâce. C’est la Mort qui renaît à chaque aube dans les yeux fous des hommes. L’équipée sauvage traverse des contrées hostiles, pas encore pacifiées. Pour chaque scalp de Peau-rouge, de l’argent, le respect et la gloire. Mais la gloire possède un défaut congénital, elle efface les limites, corrompt les règles de dignité et d’honneur. La gloire appariée à l’argent est un volcan que rien ne peut maîtriser, elle n’apporte que la Mort.
Guidés par la plume incroyable de McCarthy, vous allez écumer le sud de l’Amérique, celui qui tutoie le Mexique et le territoire vibrant de tribus antédiluviennes. Vous allez endurer le soleil qui grille la moindre volonté, qui annihile l’espérance, qui use tout. Vous allez subir le froid des montagnes nonchalantes. Vous allez traverser des villages de péons dévastés par la folie des hommes, vous allez regarder la mort en face et vous l’entendrez ricaner.
Ce roman est une psalmodie magnifique, un texte possédé, un marathon de sang et de peine. Tout cela baigné par des paysages qui « habitent » les pages comme les pensées demeurent dans nos têtes.
Je vous lâche ce passage sorti du cerveau d’un immense écrivain :
Page 150 : « Le soleil reposait à l’ouest dans un holocauste d’où s’élevait une colonne compacte de petites chauves-souris du désert et au nord sur le pourtour tremblant du monde la poussière était aspirée dans le vide comme la fumée d’armées lointaines. »

Je suis ressorti de cette chevauchée elliptique, épuisé, sec comme les os d’une bête morte depuis des lunes au milieu d’un désert oublié, voyageur perdu dans son propre cœur asséché, avec des hardes sur un dos vouté, les rides calfatées par le sel de coulées de sueur évaporée, les mains et les jambes éprouvées, festonnées de mon propre sang et de celui des autres. Ce livre est une cathédrale. Entrez-y …

QUE DIEU ME PARDONNE, Philippe HAURET (Jigal) par Bruno D.

D’un coté, il y a Kader, le roi de la glande et des petits trafics et Mélissa, la belle plante qui rêve d’une vie meilleure… De l’autre, Rayan, le bourgeois fortuné mais pas très net… Et au milieu, Mattis, flic ténébreux, toujours en quête de justice et de rédemption.

Voilà le décor planté par l’auteur pour son deuxième roman ou l’on retrouve Mattis flic intègre apparu dans le premier bouquin (Je vis je meurs). Oui ,vous allez me dire, c’est banlieue contre villa, riches contre pauvres, rien de bien original, du déjà vu en sorte. Sauf que l’auteur avec finesse et des chapitres courts et rythmés nous propose une histoire de destins qui s’emmêlent et se brisent. Des illusions s’envolent, des tragédies se nouent. On pense pouvoir changer de standing, abandonner sa condition, on veut toucher la richesse et la saisir à bras le corps parce que c’est le but suprême et on se rend compte bien trop tard que la vie passe et que l’on n’échappe pas à sa condition.

Polar noir et sociétal, Philippe Hauret  résume  les travers de notre société et  met en place une mécanique implacable bien huilée qui vous fera dévorer ces 200 pages. Quelquefois certaines rencontres décident d’une vie en bien ou en mal. Entre morale mise à mal et préjugés mal calibrés, il y a comme un côté réjouissant ou même les salauds peuvent paraître sympathiques.

Dérisoire une vie ! Vite gâchée, vite perdue, vite détruite, l’auteur fait grincer les rouages de la  condition humaine. Désirs et  pouvoirs continuent de faire des ravages et sous un air respectable se cache parfois des êtres complexes et tordus. « Le monde est rempli de salopards et c’est eux, au bout du compte qui mènent la danse ».

Bien noir et dérangeant par certains aspects, Philippe Hauret réussit dans un récit vitaminé l’examen de passage du 2ème opus, ce qui est loin d’être toujours évident.

JE M’APPELLE BIRDY, FRANCO MANNARA (CALMANN LEVY) par Bruno D.

Franco qui ? Retenez bien ce nom les amis parce que celui là, il a du talent à revendre. Auteur, compositeur, interprète, issu du rock underground, Franco Mannara ajoute maintenant à son curriculum vitae la qualité d’écrivain. Et je peux vous garantir que pour un premier ouvrage c’est une totale réussite. J’ai pu rencontrer et découvrir ce tout nouvel auteur lors d’une rencontre en avril 2017 chez Olivier le Corbac à Lille. Qu’il en soit remercié parce que sans l’action de ce libraire spécialisé, on a toute les chances de passer à coté de ce genre de pépite.

Paolo, musicien guitariste, doit du pognon aux frères Messaoui, pas réputés pour être coulant sur les délais de remboursement. Grâce à un ami, il trouve un boulot de filature dans un cabinet de détective privé et doit suivre Birdy, une jeune femme à la dérive qui a fuit son milieu huppé pour vivre avec des squatteurs.

Véritable introspection du monde de la nuit et des fêtes interlopes, Mannara et son guide Paolo nous introduisent au cœur d’âmes brisées n’hésitant pas à jouer leur vie avec le fameux trio sex, drug & rock n’roll. C’est trash, violent et drôle à la fois. Grâce à son écriture facile et fluide, l’auteur nous fait découvrir son univers et noue les fils de son intrigue avec brio. Ibanez le flic gitan, Vinoval le privé et Paolo le guitariste promènent quelque part autant de blessures que les fantômes déambulant dans ce roman.

Prédateurs et brebis se croisent dans ce polar dangereux aux allures parfois de fin du monde. Une petite pilule bleue (pas celle du plaisir) va provoquer une crise sanitaire et entre nazillons rescapés ou atrophiés du bulbe, bien des malades animent cette histoire. C’est un périple choc, court et intensif qui vous laissera haletant et sans répit.

Scénario original dans la France d’aujourd’hui, Franco Mannara dépoussière dès le départ l’univers du Polar avec un Scud nommé Je m’appelle Birdy. J’attends le 2ème avec impatience et je me dis qu’avec des librairies comme Humeurs noires qui disparaissent, tomber sur ce genre de roman délicieux et surprenant sera de plus en plus difficile.

Ecran noir de Pekka Hiltunen, série noire

Bingo !!!

Il est génial ce livre, comment je me suis fait entrainer dans l’histoire, j’ai rien vu venir. Cela semble si réel, j’aurai pour tant pas parié un Kopec, me suis bien fait avoir^^

Et dire que c’est une trilogie, loupé le premier mais je serai  là pour le final, vous compter sur moi.

Une sacrée équipe que nous découvrons, à la poursuite d’un  killer, homophoque, euh homophobe.

Très vite on pourrait se dire que c’est du « déjà vu », mais non que nenni. Le traitement de l’histoire est radicalement différente. On va écouter de la musique, voyager, emporté par la trame, mais quelle talent M. l’auteur, quelle écriture, quel sens de la narration

Savant mélange, de cultures, de personnage, d’un « laboratoire », d’une vision sur Angleterre, la Finlande, son éducation, etc, c’est prenant, on finit le livre sans s’en rendre compte.

Parfait, grosse surprise, et grosse claque, des livres pareils ne courent pas les rues,

Rien d’autre  dire !!! une valeur sûre, en ces temps de polars redondants

Trad. du finnois par Taina Tervonen

Collection Série Noire, Thrillers, Gallimard
Parution : 15-06-2017

Le Rocher avec des ailes par Anne HILLERMAN, Rivages noirs

oui Madame Hillerman, oui Ann, vous pouvez continuer sans problème les personnages de votre père.

J’ai loupé le premier jet, par non envie de rester sur ma faim, déjà que les derniers de votre père était moyen !!!

Ce qui n’est pas votre cas, très belle reprise des personnages, une bonne intrigue, un sens de la description parfait, et une érudition sans faille sur les amérindiens, le territoire. avec un petit plus de paranormal

C’est avec beaucoup de délicatesse que l’humain est traité par votre écriture, on se sent touché par la sagesse  et l’empathie avec les personnages est vite entre nos mains

Vous avez votre style, vous ne marchez pas tout à fait sur les traces de votre père et c’est ainsi, et c’est mieux.

C’est doté d’une nouvelle jeunesse que l’on retrouve nos héros récurrents, Joe, Chee, Manuelito, avec ce petit plus rafraichissant une intrigue délicate, et sauvage à la fois.

A la frontière de différents monde, Ann  Hillerman nous offre un magnifique point de vue polardesque sur le territoire navajo, et le nôtre !!!

bonne continuation Madame, et merci à Pierre BONDIL POUR LA TRADUCTION

Les officiers de la police tribale navajo, Bernadette Manuelito et Jim Chee, enquêtent sur deux affaires apparemment déconnectées, l’une près de Shiprock, l’autre à Monument Valley. Une femme qui disparaît, un gangster sans pitié, un tumulus qui pourrait bien être une tombe, des cartons remplis de terre, un mystérieux incendie qui éclate spontanément au milieu de nulle part, autant d’énigmes et d’obstacles pour le duo de policiers (également couple dans le civil). Bernie et Jim bénéficieront grandement de l’expérience du Légendaire Lieutenant Leaphorn pour mener à bien leur enquête