Plus de problème.com, Fabrice Pichon par Bruno D.

Fortement conseillé par un ami, grand dévoreur de livres, et arpenteur infatigable de salons littéraires (merci Jean Michel), le salon des Mines noires fut pour moi l’occasion de rencontrer pour la première fois Fabrice Pichon et d’acquérir  Plusdeproblème.com paru en janvier 2016. Bonne pioche et bonne découverte effectivement. Comme il est marqué en préambule «roman policier mais pas que…». Intrigant, donc, voyons voir.

Cette histoire, c’est celle de Marc Segarra, un cadre qui doit faire vivre cinq personnes au sein de son  foyer. Malgré son salaire confortable, il est criblé de dettes et harcelé par ses créanciers. Sa seule parenthèse de bonheur, celle qui donne un peu de couleurs à sa triste vie est Sylvie, une femme aux rencontres tarifées, amoureuse de Marc. Humilié par le juge Chauvin habitué à gérer les dossiers de surendettement sans état d’âme, puisqu’il dispose du pouvoir suprême, Marc se retrouve acculé et  va devoir faire face. C’est ce qui va déclencher chez lui, une prise de conscience et une profonde mutation. On va voir ce qu’un homme est capable de faire pour protéger sa famille, la mettre à l’abri et sortir du fond du trou.

Ce roman policier mais pas que… c’est avant tout la confirmation d’un talent de narrateur, celui de Fabrice Pichon. Ce bouquin de 620 pages est tout sauf conventionnel. La façon de raconter son histoire (dés le départ), de la mettre en scène, puis de faire cohabiter ou croiser ses personnages est un numéro d’équilibriste de grande volée. La descente aux enfers de Marc, c’est lui qui la vit et c’est lui qui  nous la conte . On est aux premières loges pour assister à sa métamorphose, poussé en cela par son ami Walter.

Ce roman policier mais pas que… c’est aussi un regard perçant sur les travers de notre société, les organismes de crédits à la consommation qui vous harcèlent d’abord pour vous fourguer un crédit revolving à taux de voyous de la pire espèce. Ensuite l’argent facile qui en découle avec la spirale étourdissante qui amène ces mêmes créanciers sans foi ni loi (avec la bénédiction des banques qui se gavent comme des cochons en frais et agios divers), à vous harceler au téléphone puis par courrier et enfin stade ultime jusqu’à votre porte. Cette drôle d’aventure cynique à souhait est celle d’un homme qui s’est laissé entraîner et dépasser par le système. Cette  aventure pourrait être la votre, la mienne. Basculer est très facile, on ne s’en rend pas compte, mais on glisse doucement sans espoir de retour. Cette descente aux enfers est diaboliquement décortiquée et fait froid dans le dos puisqu’elle ronge et détruit beaucoup de ménages à l’heure actuelle. Et puis un jour, Marc décide de se rebiffer et à franchir la ligne blanche. Avec l’aide de Sylvie et de son ami Walter, il va trouver la solution pour régler tout ses déboires.

Ce roman policier mais pas que...c’est aussi l’occasion de glisser quelques bons mots qui vous feront sourire : «Avant Chirac,je faisais mes courses chez Carrefour; avec Sarko je me suis mis à fréquenter Lidl et depuis le petit dernier, je poursuis la chute en cherchant toujours moins cher. Et pendant ce temps les nutritionnistes et les politiques nous rappellent qu’il faut manger cinq fruits et légumes par jour ! Putain, il ne font jamais les courses ces abrutis ?»  Ce n’est qu’une perle parmi tant d’autres glissées ça et là au cours ce récit fort jouissif.

Alors bien sûr  dans ce roman policier mais pas que… vous croiserez des mafieux de l’est, cruels et peu fréquentables, une commissaire de police Marie Salvan, intelligente, à la répartie cinglante et qui n’aime pas se faire marcher sur les pieds. Une intrigue avec  pas mal de cadavres, de fausses pistes et  des rebondissements. Cerise sur le gâteau, le style de l’auteur et l’articulation du scénario fait que l’on ne s’ennuie aucunement à la lecture de ce gros pavé.

Découvrir un auteur de ce niveau, est un réel plaisir et j’en veux bien un chaque jour.

TABOUS, Danielle Thiéry par Bruno D.

Danielle Thiéry, première femme commissaire divisionnaire de la police française… STOP. Tabous, dernière publication… STOP. Bruno D, jamais lu… STOP. Une Romancière à découvrir… STOP.

Une rencontre manquée chez Le Corbac, une à Polar Lens 2017, voilà une très bonne raison pour plonger dans l’univers polar de Madame Thiéry.

A quelques jours de Noël, Célia Laporte et son bébé de quatre mois disparaissent soudainement d’une maternité. L’occasion pour la PJ bordelaise d’appeler en renfort Edwige Marion, directrice de L’OCRVP de Paris qui débarque avec son équipe et une jeune psycho-criminologue Alix de Claverny.

Le temps de faire connaissance avec les différents personnages et une fois enclenchée la première vitesse, on embraye et on ne tarde pas à trouver son rythme de croisière. Il faut dire que l’ex Commissaire, forte de son expérience professionnelle, et la romancière avec ses quelques 25 ouvrages n’est pas un perdreau de l’année. Juste un tout petit bémol, commencer par ce dernier opus direct pour découvrir l’univers de Danielle Thiéry m’a un peu dérouté par rapport aux aventures précédentes qu’ont vécus nos différents protagonistes ( je sais je tatillonne).

Tabous porte bien son nom. Une fois les disparitions avérées et le décor planté avec bonheur, on part sur une belle investigation policière, difficile, lente qui se déroule sur pratiquement 4 jours au moment de Noël. La région Aquitaine autour du bassin d’Arcachon et sa forêt inhospitalière au cœur de l’hiver joue un rôle prépondérant. Il est vrai que l’histoire tourne autour d’une famille exploitante forestière , discrète, plénipotentiaire, dont la fille disparue est mariée à un iranien issue d’une puissante famille. Autant de pistes à explorer et entre secrets et mensonges, Edwige Marion, plutôt en retrait, aura bien besoin de toutes ses troupes et surtout d’ Alix, nouvelle recrue, pour faire éclater la vérité. On est typiquement dans l’univers paysan médocain bordelais, taiseux, secret, ou l’on ne parle pas, ou les affaires se règlent en famille, là ou les grandes tempêtes ébranlent et abattent des arbres, mais ou le socle de la famille, à l’instar des dynasties siciliennes repose sur un patriarche. Et puis il y a Truc, électron libre, ex taulard sans grande envergure, grain de sel cherchant  à tirer avantage de ses actes, autant de conneries qui vont définitivement influer sur le cours de sa misérable vie.

Danielle Thiéry ne manque pas d’agrémenter son récit en pointant la vie difficile des forces de police dans leur quotidien et en soulignant les rapports quelquefois délicats que peuvent entretenir les membres d’une même équipe notamment lors de l’arrivée de nouveaux partenaires . Le métier d’enquêteur se fait souvent au détriment de la vie de famille et la romancière maîtrise parfaitement les codes de cette vie mouvementée.

La bonne nouvelle,c’est qu’avec les précédents romans publiés depuis quelques années, j’ai encore quelques bonnes heures de lecture à passer en compagnie de Danielle Thiéry et de sa petite bande ! 

W3, Jérôme Camut & Nathalie Hug par Bruno D.

Je vais faire simple,cette œuvre majuscule vous apportera bien du bonheur et des heures de lecture. Ma conclusion, oui je sais normalement c’est à la fin qu’elle arrive, c’est que W3 est au thriller ce que Star Wars est au cinéma. Une fresque gigantesque ou se mêlent toutes sortes de sentiments ,de salauds,de héros,et ou la frontière entre le bien et le mal est bien mince.

L’histoire commence avec le tome 1 Le sourire des Pendus , se poursuit avec Le Mal par le Mal (T2) et se termine avec Le Calice jusqu’à la Lie (T3) .Lara Mendès, jeune chroniqueuse télé, enquête sur le marché du sexe et de ses déviances. Elle disparaît sur le parking d’une aire d’autoroute. Vous en dire plus serait spoiler et  je vous engage à ne pas lire les 4ème de couverture qui à mon avis en dévoilent toujours un peu trop.

Résumer ces trois énormes pavés de plus de 800 pages à un combat du bien contre le mal serait une insulte pour nos auteurs.Vous allez croiser une galerie de personnages complexes et incroyables au cours de ces trois tomes. Ils ont pour prénoms, Lara, Valentin, Arnaud, Egon, Bruno, Sookie, Jo, Demian, Patrice, Marcus, Léon, Hervé, Corentin, Yanna, Volodia, Carmela, Ilya et Guernica… le chien. Ces héros au destin peu ordinaire vont faire partie de votre famille et vous accompagner un long moment.

Ne vous leurrez pas, cette trilogie vous fera  passer par toutes sortes d’émotions et d’angoisses. C’est un éclairage jeté sur la prostitution organisée par les réseaux mafieux d’Europe de l’est, la traite des filles et le fric engendré qu’ont voulut dénoncer Jérôme et Nathalie. Engagés , mais pas que… Chaque individu, présent dans le récit est il bon ou mauvais ? Dans quel camp sont les flics, les services secrets, les hommes politiques au pouvoir immense ? Quel est le rôle de la presse télévisuelle qui œuvre H 24/24 ?  Les Camhug jettent un regard sans fard sur notre bonne société du politiquement lisse et correct et révèle à leur façon que le noir n’est jamais bien loin du blanc. Le voisin du coin ou monsieur tout le monde est peut être de la pire espèce. On ne peut faire confiance à personne.

Et puis, il y a Kalinine. Ah  quel personnage ! C’est un roman à lui tout seul ! Charismatique, sombre et mystérieux, existe t il ou est il un fantasme inventé pour inspirer la terreur et le respect ? Qui est donc ce Kalinine ? Qui se cache derrière  ce nom ? Est ce Dark Vador ou le dernier des Jedi ? Au fur et à mesure que vous avancerez dans les tomes et que les Camhug distribuent les cartes, vous serez captifs de leurs plumes et votre impatience sera celle d’un gosse devant ses cadeaux de noël .

La grande force des auteurs est d’avoir conçu un scénario de longue haleine et en béton, au cours duquel la personnalité de chacun des participants sera développée. Avec des chapitres courts et très nombreux ( plus de 180 pour le dernier opus), le récit passe d’un personnage à l’autre, d’une scène d’action à une autre. Il n’y a pas de temps mort et l’action se déroule aux quatre coins de l’Europe. C’est dense, c’est noir, c’est joyeux, c’est vivant, impossible de lâcher avant d’avoir vraiment les yeux qui tombent de sommeil. Dans Le Calice jusqu’à la lie qui conclut magistralement la série, vous trouverez en plus ce supplément d’âme que l’on peut qualifier de grâce. Vous aurez les yeux humides et l’émotion vous touchera au plus profond de vous même. Il y a de la souffrance, du panache, des valeurs d’humanité et de fraternité,de l’amour,des destins brisés,tout ce qui fait que l’on se retrouve face à une grande saga… comme dans Star Wars. Mémé Carmela a bien la même sagesse que Yoda. Hervé et Guernica, duo comique et improbable qui donne de l’air à cette histoire, ont bien des points communs avec R2D2 et Z-6PO . A vous d’essayer de trouver les autres concordances.

Tout ce que je peux vous dire aujourd’hui, c’est que je suis triste, mais comblé d’avoir achevé cette pantagruélique lecture parce qu’au Panthéon des livres que j’ai adoré, cette trilogie riche et sans temps mort est toute en haut.

Merci Jérôme et Nathalie. Réaliser cette quintessence du thriller a été je n’en doute pas un énorme travail, mais c’est surtout l’aboutissement de votre talent à 4 mains et à ce niveau là, c’est de l’Art !

Bravo les artistes !

Jérôme Leroy à la table ronde, Un peu tard dans la saison

Putain d’auteur, pardon putain d’écrivain, pardon putain de mec classieux,

Un grand merci avant tout pour la dédicace, et surtout merci pour ce livre qui m’a aidé à passer les fêtes de fin d’année, et dans la vie de me sentir moins seul, moi qui rêve de m’effacer

Les mots, les sentiments, la vie, il la prend et la porte à bout de bras pour un lectorat sans carcan.

Après avoir passé du temps à la série noire à nous promettre un futur, hum,  radieux, comme Thierry Di Rollo, c’est avec bonheur qu’on retrouve un personnage dans ce livre si proche de lui, me semble t il, mais qu’il se rassure, il n’est pas seul à penser à vivre comme cela, si il faut le rassurer, mais j’en doute !

Quel bel objet littéraire que ce livre, une profonde introspection d’un homme, de la vie et d’une société qu’on souhaiterait agonisante. On en retire une force de vie de choix à faire qui nous appartienne,. L’auteur ne fait qu’étaler ses pensées, par une sublime écriture.

Croisé rapidement sur un salon, je n’ai pu que eu discuter avec lui, mais un homme qui boit de la côte rôtie, mérite de passer dans notre région pour qu’on lui fasse découvrir, le reste de la production^^

On pourrait aisément parler de femmes, de lecture, d’arts, de penser idéologique etc. etc., mais vous avez ce livre à lire d’abord, et vous serez comblez…

livre dense, truffé de bon mots, de références, à relire

Auteur, écrivain trop sous estimé, à lire d’urgence, j’ai bien dit à lire, pas à parcourir

 

C’est aux alentours de 2015 qu’un phénomène inexpliqué et encore tenu caché s’empare de la société et affole le pouvoir. On l’appelle, faute de mieux, l’Éclipse. Des milliers de personnes, du ministre à l’infirmière, de la mère de famille au grand patron, décident du jour au lendemain de tout abandonner, de lâcher prise, de laisser tomber, de disparaître. Guillaume Trimbert, la cinquantaine fatiguée, écrivain en bout de course, est-il lui aussi sans le savoir candidat à l’Éclipse alors que la France et l’Europe, entre terrorisme et révolte sociale, sombrent dans le chaos ? C’est ce que pense Agnès Delvaux, jeune capitaine des services secrets. Mais est-ce seulement pour cette raison qu’elle espionne ainsi Trimbert, jusqu’au c?ur de son intimité, en désobéissant à ses propres chefs ? Dix-sept ans plus tard, dans un recoin du Gers où règne une nouvelle civilisation, la Douceur, Agnès observe sa fille Ada et revient sur son histoire avec Trimbert qui a changé sa vie au moment où changeait le monde.

Prendre les loups pour des chiens par Herve LE CORRE, Rivages noirs

Que dire, que dire, je pense qu’on est tous à peu près d’accord, cet auteur est au-dessus. Il s’y connait en humain, en âmes,. Il écrit des livres qui vous  là prennent, que vous oubliez fifficilement..

Pas très prolifique, et c’est tant mieux, ces livres ce dégustent, comme un bon vin, un vin de garde, qu’on décante dans une carafe. On savoure l’intrigue, les mots, on se place dans le livre, nous sommes acteurs, l’empathie avec les personnages se fait naturellement.

Cela doit être écœurant pour d’autres « écrivains » ^^, putain d’auteurs talentueux !!!

Peu d’espoir dans ce livre, une belle amitié de frangin, des âmes et corps perdus dans un tumulte de folie et de violence intrinsèque. Orfèvre en matière de conteur de roman noir n’échappe pas à la beauté des livres de l’auteur. Un livre fort et poignant,et tellement humain !!!

Vrai comme un fait divers

Petit coucou à Rivages les couvertures sont de plus en plus belles

Franck, environ 25 ans, sort de prison après un braquage commis en compagnie de son frère aîné. Il est accueilli par une famille toxique : le père, fourbe, retape des voitures volées pour des collectionneurs, la mère, hostile et pleine d’amertume, la fille Jessica, violente, névrosée, animée de pulsions sexuelles dévorantes et sa fille, la petite Rachel, mutique, solitaire et mystérieuse, qui se livre à ses jeux d’enfant. Nous sommes dans le sud de la Gironde, dans un pays de forêts sombres et denses, avec des milliers de pins qui s’étendent à perte de vue, seulement ponctués par des palombières. Dans la moiteur, la méfiance et le silence, un drame va se jouer entre ces êtres désaxés.
Dans le prolongement stylistique des Cœurs déchiquetés, ce nouveau roman d’Hervé Le Corre saisit par son atmosphère et la force de ses personnages, ancrés dans un paysage angoissant, propice à l’épanouissement de passions vénéneuses. Entre le « country noir » des Américains et le roman noir du terroir à la française, Le Corre fait entendre sa voix inimitable.

 

 

 

Fin de cycle, les brillants et c’est tant mieux, Markus Sakey, série noire trad. de Sébastien Raizer

et finalement tant mieux, à l’image des blockbusters il est rare que les suites soient du même niveau

OK, on retrouve nos héros préférés, le monde court à sa perte, l’humain est au bord du gouffre, mais là, stop, trop c’est trop, le premier tome était excellent, le second suivait le rythme, et le dernier on aurait pu s’en passer

Pas emballé, pas déplaisant, mais je pense qu’en un seul tome épais aurait suffi.

Vous retrouverez  tous les ingrédients nécessaire, pour passer du bon temps, comme une bonne série B, actions , course après la monte, vite vite, vite il faut sauver le monde.brucccccccccccccccccccccce, arnoldddddddddddddddddd

La fin n’est pas surprenante, bref !!! et totalement courue

On va quand même discuter le bout du gras des points positifs, dans une Amérique, refermée, qui élit un fou interstellaire, ce livre est un appel à la tolérance, à l’acceptation des différences entre les hommes, culturelles, etc, à l’instar des Marvels de l’époque. Écrit bien avant l’élection de Trump, il nous reste à espérer que Trump le lise ^^, Fake

sur ce ce je retourne à HAUTE VOLTIGE qui lui est….

Cognitum de Stephan Palk chez Philippe Rey

La bonne surprise d’octobre, croisement de genres pour un superbe résultat

Oscillant entre science futuristes, action et polar, l’auteur nous offre un roman qu’on dévore….. Barelli et Branque sont deux personnages finement décrits et charismatique.t.

Des l’introduction , on est dedans, et impossible de lâcher, le suscité. Mélangeant habilement plusieurs genres, avec une plume fine et limpide les chapitres coulent tel de long fleuves embouées d’affliction

A la croisement des genres, un auteur à suivre, avec de très bonnes idées, à savourer sans modération.

Dans un appartement parisien, un jeu sexuel en ligne tourne mal ; au fond d’une forêt africaine, une section de paras est anéantie sauvagement ; dans un réduit djihadiste de Syrie, on teste des produits redoutables. Et pendant ce temps, Vivalia se félicite d’avoir mis en ligne un milliard de cerveaux humains.  » Soyez plus que vous « , promet cette gigantesque entreprise transhumaniste, mais les accidents se multiplient. Est-ce l’holocauste numérique prédit par le Brain Protection Front ? Yann Braque, lieutenant à la PJ, et Maxime Barelli, une capitaine des forces spéciales, vont se retrouver côte à côte face à une terrible épidémie technologique : Cognitum. Dans ce thriller captivant, Stefan Palk nous immerge dans un monde tout proche où les sciences du cerveau ont dérapé vers le pire.

LA TRAQUE, RODERICK THORP par Bruno D.

Les éditions Sonatine aiment bien aller chercher des auteurs étrangers non connus au départ en France et les faire découvrir. Avec une certaine réussite, il faut bien le dire, RJ Ellory publié chez eux depuis 2008 avec Seul le Silence en est certainement le meilleur exemple. Robert Goddard édité chez eux également confirme pour moi la propension des Editions Sonatine à exceller dans cette recherche. Je me suis dit que La Traque de Roderick Thorp allait rentrer dans cette catégorie avec sa 4ème de couverture fort alléchante et la couverture,sobre et torve toute de noir et blanc.

Il s’agit d’une traque sur 10 ans entre un policier, Phil Boudreau policier au mœurs à Seattle et un suspect, Garrett Richard Lockman ; « un chef d’oeuvre, publié en 1997 aux Etats-Unis et inexplicablement inédit en France à ce jour», je cite. Inspiré de faits bien réels des années 80, on y trouve Phil Boudreau, flic frenchy/new-yorkais, atypique, avec son fonctionnement  solitaire, toujours méfiant. Il va mener l’enquête persuadé d’avoir raison dès le départ. Se méfier de ses collègues, de ses contacts et petites frappes en tout genre, c’est sa signature.

Tout ça, c’est beau,c’est bien ,c’est alléchant sauf que ça ne fonctionne pas, pas sur moi en tout cas. Au bout de 100 pages, je m’ennuyais, 150 pages toujours pareil et à la page 227 guère mieux. Abandonner en route est une question que je me suis posée maintes fois tout au long des 610 pages de cette traque. Lu sans passion, je me suis accroché parce que je me suis dit qu’un auteur ça se respecte, que le monsieur avait quand même écrit le livre qui a servi de base à Die Hard, le film avec Bruce Willis et tout ça… pour ne pas changer mon impression jusqu’à la fin.

Bien sûr, les cadavres s’amoncellent et la police patauge. Bien sûr, on suit le tueur et son esprit particulièrement manipulateur et tordu. Bien sûr on a de jolies descriptions de Seattle et de ses quartiers. La guerre des polices entre les différentes institutions, FBI, etc. est également bien présente et on suit avec sympathie l’évolution de la vie privée de Phil Boudreau et de son fils. Ce ne sont pas toutes ces pauvres filles trucidées, gaupes sans consistance de la lie humaine et point de départ de cette histoire qui donnent un sens à cette quête. A travers ce récit, le romancier rend d’une certaine façon hommage au tueur de la Green river qui a fait près de cinquante victimes. Mais là où RJ Ellory dans Les Assassins réussit son exploration (il revisite l’histoire des plus fameux tueur en série des states), là ou Claire Favan dans Le tueur Intime nous décortique le mécanisme qui fait que Will devient ce tueur, Roderick Thorp ne m’a que très peu captivé et finit par me lasser.

Le monstre tueur ne fait pas peur, c’est sans doute voulu, et de nombreux verbiages viennent  sans arrêt allonger la sauce et polluer le récit. Même la fin surprenante ne parvient pas selon moi à justifier la lecture de ce bouquin. Je comprendrais fort bien que l’on abandonne en cours de route, il y a tellement de bons livres à lire. Dernière remarque, je me méfierais dorénavant encore plus des 4ème de couvertures dithyrambiques publiées par les éditeurs !

LE CRIME ÉTAIT SIGNÉ, LIONEL OLIVIER par Bruno D.

Une gamine de seize ans est retrouvée nue, étranglée dans le coffre d’un véhicule à priori abandonné. L’enquête est confiée à Quentin Fergeac et à son groupe de fins limiers de la fameuse brigade criminelle du 36 quai des orfèvres. Voilà le point de départ de ce roman édité chez Fayard de Lionel Olivier et ayant reçu la prestigieuse distinction du Prix du quai des orfèvres 2016.

Tout au long des 353 pages de cette histoire, on suit Quentin Fergeac et son groupe lancé à la recherche de la vérité et surtout à la poursuite de l’assassin. Des halls de banlieue, toujours difficilement fréquentables pour les policiers, en passant par les beaux quartiers du XVI ème, ou une petite virée dans le Pas de Calais et la bonne vieille ville de Lens, la Crime,entre indices difficiles à recueillir et des suspects difficiles à faire parler aura bien du mal à boucler son enquête.

Je ne peux pas dire que cette histoire m’a fortement emballée. J’ai l’impression d’avoir déjà vu un certain nombre de fois ce scénario dans des séries télévisées et juste pour reprendre un exemple, celui des descentes de police difficiles dans les halls d’immeubles, quelques auteurs comme Norek, Obertone ou Pouchairet ont bien mieux traités le sujet.

Par contre l’auteur révèle parfaitement les coulisses des investigations et met en lumière toute la difficulté à respecter la procédure et à rester dans la légalité. Faire avancer le smilblick en devant respecter toute une série de règles et procédures n’est pas une sinécure. On découvre un quai des orfèvres en pleine décrépitude, ayant fait son temps, où l’ombre des grands patrons du 36 et des des criminels de légende planent toujours. On découvre également une équipe de flics soudés, avec leur fêlures et leurs doutes. Dinosaures s’accrochant à leurs valeurs, ils sont prêts à laisser tomber ce sacro saint lieu qui a fait la réputation de la police pour peu qu’ils puissent encore s’accorder quelques moments de répit autour d’un bon gueuleton afin de recharger leurs accus. Leur humanité fait plaisir à toucher du doigt et c’est certainement là ou il faut chercher la force de ce bouquin.

Ce livre se lit facilement et jette un éclairage certain sur le fonctionnement du fameux 36 et de nos institutions judiciaires. C’est un roman à emmener en vacances, pour se divertir et c’est déjà pas mal.

L’EFFET DOMINO, François Baranger (Bragelonne Thriller) par le corbac

Paris 1907…Un tueur…Un inspecteur. Voilà, la trame est posée. Rien de plus classique, me direz-vous; du lu et du relu, insisterez-vous ; rien de neuf, affirmerez-vous en enfonçant le clou… (C’était la minute poétique). Eh bien détrompez-vous, parce ce que le roman de François Baranger est totalement fou. Imaginez deux secondes que Zola et Balzac aient décidé d’écrire un thriller à 4 mains…ben voilà : L’Effet domino, c’est ça ! Ce roman est une oeuvre dense et touffue, bâtie sur une ville en pleine évolution, en pleine expansion. Hormis le travail sur les lieux – afin d’être parfaitement cohérent avec l’époque -, François Baranger a été plus loin. Pas un anachronisme de vocabulaire, une mise en scène d’un climat politique qui amène les prémisses de 14-18, une documentation sociale traitant aussi bien de la condition féminine que des problèmes d’hygiène et de santé, une vision d’une police à moustache qui doit s’adapter aux sciences, perdre ses passe-droits, se nettoyer de sa corruption, un discours à la fois révolutionnaire et ouvrier, une plongée dans les arcanes du pouvoir en place quand la droite et le catholicisme sont encore comme cul et chemise mais que le peuple voudrait, lui, échapper à tout cela… L’Effet Domino c’est ça.

Un reportage historique écrit par un naturaliste qui se serait acoquiné avec le roi de la description des milieux bourgeois. Mais c’est aussi un roman policier, avec son équipe, ses doutes et ses questionnements, ses secrets enfouis, sa perception de son monde qui n’est jamais en adéquation avec celle de sa hiérarchie. François Baranger nous trace les portraits d’individus si pleins de vie, si pleins de remords, si pleins d’énergie que l’on se demande comment ils n’ont pas implosé sous la pression de leur époque. Entre mysticisme et rationalisme, entre socialisme et psychiatrie, entre folie et réalité, L’Effet domino est une oeuvre littéraire à part entière, qui doit être lue avec patience et en souvenir de ces livres que nous fûmes tous obligés de lire au lycée. Une perle de noirceur !