Des nouvelles de David Peace

Question : quels sont les romans policiers et romans noirs de ces dernières années que je considère comme des véritables chefs-d’oeuvre ? (à part les Tim Willocks, bien sûr…)

Réponse : tous les romans de David Peace.

Son quatuor sur l’affaire de l’éventreur du  Yorkshire (« 1974 », « 1977 », « 1980 », « 1983 ») est brutal, magistral, « GB 84 » est un magnifique roman noir sur la grève des mineurs sous Thatcher jouant avec plusieurs narrateurs, ses deux romans sur le foot anglais « 44 jours » et « Rouge ou mort » sont incroyables pour la retranscription des monologues intérieurs et des voix de Brian Clough ou Bill Shankly, ainsi que la reconstruction des grandes années des clubs de Leeds et Liverpool… Les deux tomes de sa trilogie sur le Japon d’après-guerre, « ‘Tokyo année zéro » et « Tokyo ville occupée » sont eux aussi magistraux pour la recréation de Tokyo pendant l’occupation de l’armée américaine, et pour l’obsession décrite par les deux faits divers que David Peace relate dans ces romans… Son style, son écriture scandée proche de la prose m’avait impressionné à chaque nouveau livre, me laissant plusieurs phrases en tête à chaque fois que je terminais un de ses livres.

J’attendais depuis longtemps des informations sur le troisième tome de sa trilogie japonaise, ou sur son fameux « UKDK » qui était annoncé pour cette année, je commençais à désespérer car, comme ma soeur Anne, je ne voyais toujours rien venir….

Quelle ne fût pas ma surprise quand je suis tombé sur ça, sur le site de l’éditeur Faber & Faber

Son prochain roman intitulé « Patient X » est annoncé en anglais pour avril 2018. ce n’est pas le troisième tome de sa trilogie japonaise, mais un roman inspiré de la vie et de l’oeuvre de Ryunosuke Akutagawa, l’auteur de « Rashomon » (lorsque j’ai rencontré David Peace à l’époque de la sortie en France de « Tokyo ville occupée », il citait déjà « Rashomon » comme une source d’inspiration pour la façon de raconter une histoire en utilisant plusieurs points de vue ou plusieurs narrateurs)

Who is Patient X?
Writer, character, artist, madman,
teacher, detective, fabulist, fraud,
son, orphan, husband, adulterer,
father, failure, saint, demon,
heretic, believer?

Ryūnosuke Akutagawa was one of Japan’s great writers – author of the stories ‘Rashōmon’ and ‘In a Bamboo Grove’, most famously – who lived through Japan’s turbulent Taishō period of 1912 to 1926, including the devastating 1923 Earthquake, only to take his own life at the age of just thirty-five in 1927.

Et ensuite il y a ce paragraphe :

David Peace – named in 2003 as one of Granta’s Best of Young British Novelists – was born and brought up in Yorkshire. He is the author of the Red Riding Quartet (Nineteen Seventy FourNineteen Seventy SevenNineteen Eighty, and Nineteen Eighty Three), GB84, which was awarded the James Tait Black Memorial Prize, The Damned Utd, and Red or Dead, which was shortlisted for the Goldsmiths Prize. The final part of his Tokyo Trilogy – to follow Tokyo Year Zero and Occupied City – will publish in Summer 2019. Patient X is his tenth novel. He lives in Tokyo.

Le dernier tome de sa trilogie est enfin annoncé pour l’été 2019 en anglais…. Encore une fois, il va falloir être patient, et pour les lecteurs français, espérer que les traductions se feront assez rapidement ! Maintenant, je ne sais pas quel livre j’attends avec le plus d’impatience, « Patient X » ou le dernier tome… Comme disent les anglais : « Be careful what you wish for! »

 

DERNIERE SORTIE POUR WONDERLAND, GHISLAIN GILBERTI (Ring) par Bruno D.

Avec La Dynamique du Chaos que j’avais qualifié à l’époque de «docu-roman», Ghislain Gilberti révélait à la fois son âme meurtrie et démontrait en même temps des qualités indéniables d’écrivain. Avec cette Dernière sortie pour Wonderland, il aborde frontalement le mythe d’Alice au pays des merveilles et de son auteur Lewis Carroll dans une version jubilatoire révoltante et virevoltante.

Maîtrise, talent et imagination débordante font que ce roman est une pépite inclassable et ténébreuse.

L’héroïne de Ghislain s’appelle Alice évidemment, mais celle ci, étudiante et artiste underground vit en 2016, alors que notre Alice d’origine elle vit en 1860. Alice Price notre étudiante absorbe une poudre mystérieuse qui la propulse et l’amène par une chute vertigineuse (comme dans le terrier) vers le Wonderland (pays des merveilles) de la première Alice à la rencontre du lapin blanc. Et c’est parti pour le show !

Grâce à une écriture fluide et un scénario diabolique, Ghislain Gilberti décortique l’univers de Lewis Carroll et nous fait osciller entre les deux époques. On y rencontre tous les personnages de l’oeuvre parue en 1865, mais on touche du doigt également la triste vérité d’un auteur pervers et dérangé, amateur de petites filles pré pubères. Cette peinture d’un monde supposé merveilleux est en réalité tout le contraire.

Alice, douce et naïve au début, tente de comprendre le monde dans lequel elle vient de plonger. Ses métamorphoses rapides et ses pertes de mémoires lui font perdre pied dans cet univers surréaliste ou il faut se méfier de tous. Ghislain remonte à la genèse d’origine du roman et nous plonge dans l’envers du décor. Cette déconcertante lecture de l’oeuvre de Carroll prend toute sa saveur grâce aux subtils mélanges entre le passé, le conte et la réalité. Les dérives de Carroll tout au long de sa création sont pointées et dévoilées (les photos publiées à la fin du livre témoignent sans équivoque pour ceux qui en doutaient de la duplicité du personnage).

De méditations en descriptions, les âmes pures,tout comme celles tordues sont analysées, scrutées et décortiquées, avant d’être mélangées au shaker par l’auteur et d’être reversées dans un somptueux cocktail de mots et d’images. Du Gilberti pur jus et haut de gamme !

Alice Price version 2016 pour sauver Alice, Lorina et Edith version 1860, il fallait y penser. 150 ans d’écart entre nos deux Alice et pourtant on retrouve les même maux rongeant le monde. Avec justesse et une réflexion élaborée, Ghislain se fait philosophe et taille en pièces bien des illusions. La répartition des richesses, la lutte pour le pouvoir et la domination n’ont jamais été aussi présentes. « Ici comme en surface, tout part en lambeaux ! La seule différence, c’est le style ».

Entre cinéma d’aventures et de science fiction, Tim Burton et Stephen King ce fantastique roman fantastique ne pouvait naître que d’une âme tourmentée comme celle de Ghislain Gilberti. Je dois bien vous avouer que votre humble serviteur n’a pas lu le roman original (hé oui) et j’ai  pourtant kiffé grave cet ovni de la rentrée sorti chez Ring.

Don Winslow is back : The Force

Après un petit break, me voilà de retour… Encore merci à Unwalkers et au Boss de m’accueillir une nouvelle fois pour me laisser parler de polars et de sf…

Et pour commencer…. Roulements de tambours…… Don Winslow !

 

Don Winslow est un de mes auteurs préférés depuis pas mal de temps maintenant, sa série Neal Carey m’avait bien plu il y a quelques années. Dans la veine histoire de privés, avec un coté assez comique par moment, on passait toujours de très bons moments… (Mention spéciale à « Au plus bas des hautes solitudes », moitié polar, moitié nature writing, assez proche des romans publiés par Gallmeister).

Il faut aussi parler de « Savages » (adapté au cinéma avec plus ou moins de succès par Oliver Stone, Don Winslow n’a jamais eu beaucoup de chance avec les adaptations ciné, celle-ci était divertissante, mais même avec Benicio Del Toro, je n’avais pas retrouvé la force du roman… Je préfère ne pas parler de l’adaptation de « Vie et mort de Bobby Z. » de John Herzfeld avec Paul Walker…) et de sa suite « Kings of cool ». Deux courts romans où Winslow expérimentait sur la forme, multiplication de courts chapitres en racontant l’histoire de O, Ben et Chon, vivant en ménage à trois à la « Jules et Jim » et trafiquants de marijuana à Laguna Beach.

Et puis il y a eu le coup de poing « La griffe du chien ». Superbe roman sur le trafic de drogue entre le Mexique et les Etats-Unis mettant en scène trois personnages principaux : Art Keller, le seigneur de la frontière, agent de la DEA, Aidan Barrera, (très très très très inspiré par El Chapo Guzman) chef du cartel de Sinaloa, et Nora Hayden, une prostituée qui va se retrouver mêlée à la guerre entre les cartels et la DEA.

Au-delà d’un énième polar sur le sujet, Don Winslow avait écrit une véritable épopée, ultra documentée et réaliste, sans aucune démagogie, retraçant l’évolution du trafic entre l’Amérique du Sud et les USA des années 70 à 2001, ainsi que l’évolution de cette « guerre (américaine) à la drogue » qui était peu à peu abandonnée au profit d’une autre guerre américaine : la guerre à la terreur, la lutte anti-terroriste provoquée par le 11 septembre. Il démontrait sans détour l’absurdité de la guerre à la drogue et des moyens mis en œuvre par le gouvernement américain, il détaillait également comment les cartels travaillent et forment des alliances, avec d’autres cartels ou des états.

L’année dernière avait vu la parution de la suite tant attendue de « La griffe du chien » : le phénoménal « Cartel ». On retrouvait Art Keller essayant de laisser sa vie d’agent fédéral et toute la violence causée par cette « guerre » derrière lui, mais s’y retrouvait à nouveau plongé après l’évasion de Aidan Barrera. Là encore, Don Winslow explorait et détaillait l’évolution de l’organisation des narcotrafiquants et comment plusieurs cartels s’inspirait des organisations terroristes telles que Al Qaida ou l’Etat Islamique pour parvenir à leur fin. Les exécutions publiques et mises en ligne sur internet ou sur les réseaux sociaux, la terreur causée par des meurtres de groupes d’étudiants ou de familles complètes, les exécutions publiques et politiques de policiers ou de militaires, etc…

La force de « Cartel », à mon sens, était la multiplication des personnages secondaires, donnant la parole à des mères de familles, des journalistes, des infirmières, piégés au milieu des luttes de pouvoir entre les cartels ou de la lutte entre les narcotrafiquants et le gouvernement (américain et mexicain). Dernière chose : « Cartel » va être adapté au cinéma par Ridley Scott avec Leonardo Di Caprio….

Il travaille actuellement sur deux projets : premièrement un livre avec Michael Mann pour Harper & Collins autour des mafieux Tony Accardo et Sam Giancana (voir ici). Deuxièmement, la suite de « Cartel » (il va falloir se montrer patient, il s’est écoulé dix ans entre la parution de « La griffe du chien » et celle de « Cartel »)…

Et maintenant, vient de sortir en langue anglaise « The Force » du même Don Winslow, chez l’éditeur William Morrow.

Il délaisse la Californie pour New York, Manhattan en particulier, et nous fait découvrir Denny Malone, leader d’une task force de la police, chargée de lutter, essentiellement, contre le trafic de drogues.

A travers l’histoire de Denny Malone et de son équipe, surnommée « Da Force », Don Winslow nous parle de la police américaine, des attentes contradictoires de la communauté, du mouvement « Black lives matter », des magouilles politiques, de comment certains policiers deviennent peu à peu corrompus, mais aussi de l’histoire de New York de ces dernières années, des années Giulani et de sa théorie de la vitre brisée

Stephen King, un fan de Winslow, avait comparé ce livre sur twitter au « Parrain », disant (si ma mémoire est bonne) que « The Force » est « Le parrain », mais avec des flics. Personnellement, je trouve que ce roman est beaucoup plus proche de The Wire et de The Shield, deux des grandes séries tv des années 2000, pour la description de ces flics prêts à tout pour faire leur boulot, et pour la description des différents jeux ou trucages liés aux statistiques des crimes et effractions dans une grande ville américaine (les fameuses « compstat » décrites dans la saison 3 de « The Wire »). Peut-être Stephen King le comparait-il au « Parrain » surtout pour le coté histoire de famille du livre, avec les différents rapports de force et de pouvoir entre certains personnages, car le roman montre bien les relations très fortes entre les flics membres de cette équipe.

Denny Malone dirige donc une équipe assez proche de la strike team de Vic MacKey dans la série « The Shield », enquêtant surtout sur les crimes violents liés au trafic de drogue et aux gangs. Et comme Vic MacKey, on se rend compte assez rapidement que Denny Malone n’est pas tout blanc. Tout est gris ici… Winslow va nous entraîner dans une histoire impressionnante, qui débute donc par le meurtre de sang froid d’un dealer, jusqu’à un Denny Malone en prison… Tout le livre nous racontera comment il en est arrivé là, en même temps on rencontrera les membres de son équipe, sa femme, ses indics, ses rivaux à l’intérieur de la police, le maire de New York, des avocats et procureurs, des gangs…

Ce qu’il avait réussi avec « La griffe du chien » et « Cartel », en se documentant pendant plusieurs années sur le trafic de drogue au Mexique et à la frontière des USA, Winslow le réussi encore ici autour de New York et des affaires de bavures policières dans les grandes villes américaines de ces dernières années. On a toujours ce coté sociologique ou journalistique, mais sans jamais perdre de vue son art du « story telling ».

Ici encore, Winslow démontre sa maîtrise de l’écriture, on retrouve les points forts de « Cartel », tous les personnages, principaux ou secondaires sont criants de vérité. Dans une interview que j’ai lue de lui, il citait son expérience en tant que privé à New York comme étant le terrain sur lequel il a bâti ce livre, grâce aux rencontres qu’il avait faites à l’époque.

Son sens du rythme est toujours présent, le livre fait presque 500 pages, mais il vous accroche dès les premières pages, et ce final…. Le final m’a fait penser à l’épisode final de la dernière saison de « The Wire »…

Vu le succès de Don Winslow, il est certain que « The Force » sera traduit, je ne sais pas encore quand, mais gardez l’oeil ouvert, c’est encore un excellent roman. D’ailleurs les droits ciné ont déjà été achetés, et aux dernières infos, James Mangold devrait le réaliser. (En parlant de James Mangold, regardez Logan! Un des meilleurs films de super héros, moitié hommage au western, moitié « Les fils de l’homme » version mutants)

Pour finir, si vous voulez un autre avis, François Forestier avait fait une chronique du livre sur Bibliobs ici

 

Tout est brisé, William Boyle (Gallmeister)

Coup de cœur de la rentée sur un livre noir qui n’est pas du « noir », avec une trame qui n’est que celle de la vie.

1 000 poche de rivages de mémoire pour son premier, mais attention ambiance différente !

Si vous êtes dépressif je vous déconseille ce livre, si le malheur des autres vous fait rire, venez, bref un livre pas tendre pour les personnages. Attention toute trace d’affect pourrait se révéler en vous.

Ce n’est pas une suite de son premier livre chez Rivages, on y retrouvait certains personnage ou lieux, mais c’est tout.

C’est l’histoire avant tout d’une famille totalement éclatée, de gens au bout du rouleaux, de non-dits,… de famille.

Chacun ou chaque lecteur pourra y trouver son monde, obligé !!!

L’auteur passe en revue la vie, ratée ou pas, de chacun, avec ses contradictions, ses sentiments, explorant le milieu familial, comme un poète avec la beauté de son écrit.

Il n’y a pas d’enjeu dans ce livre pas de meurtre ou autre, juste la brisure familiale explorée sous toute coutures.

Bande son axée sur Jeff Buckley, mais pas seulement… que du bonheur ! Plus sombre que son premier, l’histoire fait des détours entre les deux livres. Un livre touchant, directement au cœur, de vies brisées, d’attente improbable, la vie !!!

Bravo !

Tout est brisé par BoyleTout semble brisé dans la vie d’Erica. Seule avec son vieux père tyrannique tout juste sorti de l’hôpital, elle n’a plus de nouvelles de son fils Jimmy, un jeune homme fragile parti errer à travers le pays sans avoir terminé ses études. Mais voilà qu’après un long silence, Jimmy revient à l’improviste, en piteux état. Erica fera tout pour l’aider, décidée à mieux le comprendre et à rattraper le temps perdu. Mais Jimmy se sent trop mal à l’aise face à sa mère, dans ce quartier de Brooklyn hanté par ses souvenirs ; un profond mal de vivre que ni l’alcool ni les rencontres nocturnes ne parviennent à soulager. Erica, elle, ne veut pas baisser les bras…

William Boyle revient au décor et aux personnages de Gravesend, qu’il évoque avec une mélancolie déchirante dans la veine de Fitzgerald et de Bob Dylan lorsqu’il chante Everything is broken.

En marche vers la mort de Gérald Seymour

Génialissime, et rien n’avoir avec John Le carré, vachement mieux !

Bon on la refait, datant de 2007, mêlant plusieurs voix, beaucoup par ailleurs, ce qui n’empêche nullement la trame d’être limpide, une perfection…

Ce livre cherche et trouve une explication rationnelle, aux martyrs, de tous temps, aux engagés aux radicaux.

Pas de bien ou de mal, pas de frontière, on dépasse allègrement tout cela. C’est la grande force et le tour de passe passe de cet écrit, observer, suivre et essayer de comprendre, sans polémique.

C’est un grand niveau d’écriture que possède l’auteur qui n’en est pas à son premier roman, deux traductions, mais une bibliographie énorme outre-manche.

De l’Afrique à Londres, de Londres à l’Espagne, nous allons suivre des hommes et essayer de comprendre comment devient-on… un terroriste, un fou, un enragé etc.

Ici pas de jugement, mais une très belle histoire d’hommes et de femmes.

Ce que je viens de vous parler, reste pour moi, le plus important, cette obstination qui nous pousse, à oublier certains carcans et à ouvrir les yeux.

Nez en moins muahhhhhhhhhhhh, pardon… Néanmoins ce livre est aussi bien sur un roman d’aventure parfaitement mené !

Une grande puissance d’écriture, une trame jouissive, qui amène à la réflexion.

Quel talent !

En marche vers la mort - Gerald Seymour

Traduit de l’anglais par Paul Benita

Un terroriste surnommé Le Scorpion, dont il n’existe aucune photo, recrute dans le désert d’Arabie saoudite un jeune étudiant en médecine radicalisé, Ibrahim Hussein, pour l’envoyer en Europe mourir en martyr. Tout est prêt pour faciliter sa mission, depuis l’ingénieur en charge des explosifs jusqu’aux imams convertis au djihadisme, en passant par une cellule clandestine qui l’attend sur place.

Nitro Mountain de Lee Clay Jonhson, Fayard noir

Abandonnez ici tout espoir de lire un livre style noir rural avec drogue et compagnie comme il y en a beaucoup, en ce moment.

L’auteur ici se distingue par un roman qui va vous tomber des mains, une trame plus que surprenante, écrit avec passion de la nature humaine…

Attention ici, trame explosive, hum, nitro, simple efficace… et stupide mais vraie !

Les amateurs de blues et de country ne seront pas déçus, entre mauvaise vie, problèmes factuels, la bande son est impeccable.

L’histoire d’un lieu, d’une bourgade, de différents hommes, dont la vie va se croiser grâce ou bien à cause d’une femme.

Tout est très bien agencé, maitrisé, c’est parfait de l’écriture à l’histoire (et quelle putain d’histoire! ) on ne peut rien en dire, mais de toute manière vous serez surpris, étonnamment….

Il y a un moment on se sent proche de David Vann, car en finalité dans cette histoire de fou furieux, qui tire vraiment les ficelles? Réfléchissez-y, jusqu’à la dernière page du livre !!!

Si vous êtes hanté par quelque perso et en manque, c’est normal, ne vous inquiétez pas cela dure un moment puis s’estompe.

Très joli retour de Fayard en noir qui nous surprend beaucoup, affaire à suivre on espère !

Belle réussite, grinçant, comme l’humour qui  y est distillé, avec des coupes dans l’histoire très surprenantes.

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Dans une ancienne région minière des Appalaches ravagée par la pauvreté, l’ombre de Nitro Mountain s’étend sur la cohorte de laissés pour compte, junkies, piliers de comptoir, vauriens et marginaux sublimes qui y vivent. Jones, un musicien bluegrass qui se donne avec son groupe dans des bars glauques, prend sous son aile Leon, un jeune homme paumé qui ne se remet pas de sa rupture avec la séduisante, torturée et bouleversante Jennifer. Celle-ci a eu la mauvaise idée de tomber sous la coupe d’Arnett, un truand psychopathe aussi terrifiant que fascinant, reconnaissable au tatouage Daffy Duck qu’il porte au cou. Quand Turner, ex-flic cinglé à la gâchette facile qui a troqué son arme de service pour une arbalète, se met en tête d’arrêter Arnett, suspecté de meurtre, afin de regagner son insigne, les choses ont déjà commencé à tourner à l’aigre.

Nulle part sur la terre, Michael Farris Smith (Sonatine)

Après la Pluie, voilà le soleil, pfttttt, à chier comme intro, on reprend.

Après une pluie pas très convaincante, c’est avec précaution que j’ai abordé ce livre qui m’a finalement plus que séduit.

Je m’attendais à un énième truc sur les consanguins, avec drogues, sherif, bah non, c’est juste un fait divers le point de départ pour en arriver avec une grande finesse à une bonne tranche de vie… où l’auteur s’immisce dans la tête de chacun des protagonistes, leur donne une épaisseur, et un affect terriblement touchant.

Roman noir à plusieurs voix, l’auteur dissèque l’humain, son cœur, son âme, les causes, la fatalité qui découle de certains actes même anciens, des chemins de rédemption à prendre et la force de chacun ou pas devant l’adversité.

La plume est belle et la narration limpide et très maîtrisée, ce qui nous conduit à un livre prenant, très !

De grandes qualités sont dans ce livre, ce qui n’a pas été forcément le cas pour la pluie…

C’est donc un coup de cœur et une sacrée surprise que Sonatine, nous propose ici, le début prometteur d’un écrivain qui progresse d’un grand pas …

Auteur à suivre de près !

Nulle part sur la terre - Michael Farris Smith

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Demarty

Les oubliés du rêve américain.

Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n’a nulle part où aller. Partie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe.

Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d’arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir réglé sa dette. C’est sans compter sur le désir de vengeance de ceux qui l’attendent.

Dans les paysages désolés de la campagne américaine, un meurtre va réunir ces âmes perdues, dont les vies vont bientôt ne plus tenir qu’à un fil.

On a envie de comparer Michael Farris Smith à Sam Shepard ou à Cormac McCarthy, tant on a besoin de repères quand on assiste à la naissance d’un écrivain majeur. Ce serait faire erreur. Michael Farris Smith possède en effet un style et un talent d’évocation totalement singuliers qui vont droit au cœur du lecteur. Avec ces personnages qui s’accrochent à la vie envers et contre tout, il nous offre un magnifique roman sur la condition humaine, qui ne quittera pas nos esprits avant longtemps.

Michael Farris Smith vit à Oxford, Mississippi. Après Une pluie sans fin (Super 8 éditions, 2015), Nulle part sur la terre est son deuxième roman.

La Cible était française de Lee Child, Calman Levy, Collection : Robert Pépin présente…

Retour au Job pour Jack Reacher qui n’en n’a toujours pas fini avec l’armée.

Cette fois, il va opérer à l’étranger sur une bien curieuse mission, où de fausses pistes en fausses pistes, notre clochard Holmes va allez de péripéties en péripéties, et voyager.

De passage en France suite à un tir raté sur le président, nous allons apprendre beaucoup sur sa mère, son enfance, son frère, chose assez rare….

Auteur que je suis depuis le départ, c’est toujours avec bonheur que je fonce tête baissée dans un nouvel opus de son héros récurrent.

Toujours pas de signe de faiblesse, tout est calibré au millimètre, on se laisse toujours avoir par le dénouement de l’histoire….

Le passé revient pour Jack, un homme qu’il a coffré depuis longtemps, un des meilleurs snipers, est sorti de prison. Suite à un tir de 1 300 m sur un homme d’état il va devoir chercher qui est derrière tout cela car, peu de sniper en sont capables.

Avant la réunion du G8 en Angleterre, tous les services secrets des pays membres sont sur le pied de guerre pour retrouver le sniper capable d’effectuer un tir pareil. Ce qui entraînera Jack à travailler avec des confrères étrangers, car chaque pays veut se débarrasser de ce sniper inconnu !!!

Mais cette fois Jack va devoir affronter Mano, un des pires, ou le pire des méchants qu’il a eu à combattre… le Neandertal par excellence ^^

Encore et toujours autant de bonheur de retrouver Jack Reacher, qui ne faiblit jamais comme Lee Child, impressionnant de longévité ! 

La Cible était française

WANTED: sniper d’élite, américain, capable du pire
APPÂT: Jack Reacher
Émoi dans tous les services de sécurité du monde : un inconnu vient de tirer sur le président de la République française à Paris, et la balle est américaine. Le sniper a touché l’écran de protection à la distance phénoménale de 1 300 mètres. L’avertissement est clair : la prochaine fois, ce sera au G8 que ça se passera. Et Dieu sait combien il y aura de victimes.
Mais qui est ce tireur d’élite ? Seuls quatre hommes sont capables d’un tel exploit. L’un deux, John Kott, est un Américain que Jack Reacher a fait mettre en prison quinze ans plus tôt, et il se trouve que, libéré depuis peu, l’homme est introuvable. C’est bien entendu Reacher que l’armée missionne en secret pour mettre la main sur le tireur. Entre Paris et Londres, aux côtés des services spéciaux russes, français et anglais qui jouent chacun leur partition, sa tâche risque de ne pas être simple.

Jusqu’à la bête de Timothée Demeillers, éditeur Asphalte

Souffrance au travail, ordre social par la consommation, récurrence sociétale, aliénation de l’homme par le travail, clac clac clac, tout y est, mais en mieux !

Rarement un livre prend aux tripes comme cela sur fonds de souffrance qui s’immisce chez le lecteur par des coups de chaines, clac, clac…

Avec sa belle écriture je découvre un auteur qui en a, clac clac…

Comme un fait divers, qu’on lira localement dans le quotidien de sa ville ou région, ici, l’auteur nous fait basculer dans une folie, qui n’est que maladie actuelle, avec une description minutieuse de ces symptômes.

Après Marin Ledun, on tient ici, avec autant de hargne, un livre sur la souffrance et autres, une sorte de pamphlet actuel.

Bravo, pour tout et merci, si certain en sortiront, végan ou horrifié, d’autres se sentiront moins seuls… Je fais partie de la deuxième catégorie !

Ad lib !

Jusqu'à la bête par Demeillers

 Erwan est ouvrier dans un abattoir près d’Angers. Il travaille aux frigos de ressuage, dans un froid mordant, au rythme des carcasses qui s’entrechoquent sur les rails. Une vie à la chaîne parmi tant d’autres, vouées à alimenter la grande distribution en barquettes et brochettes. Répétition des tâches, des gestes et des discussions, cadence qui ne cesse d’accélérer…

Les sables de l’amargossa de Vaye Watkins, Albin Michel

Vous êtes lassés par certains livres, vous voulez du changement, un livre différent, mais très bien écrit. Un croisement de récit sur fond d’apocalypse, avec une lutte écologique, une faune nouvelle à découvrir et tant tant de choses inspirées ?

Si en plus vous souhaitez être surpris par la forme le fond, la narration, arrêtez-vous à ce livre ! 

C’est d’abord un grand coup de cœur, et après, un livre ovni, différent, grandiose dans sa diversité, prenant, terriblement… Une plume superbe, énorme coup de cœur.

Il y a du génie dans ce livre, une imagination d’un monde si proche de nous, fantastique.

J’ai eu beaucoup de mal à le démarrer, puis, une fois dedans, j’ai ralenti ma lecture pour en profiter au maximum. C’est un livre dont je me souviens de tout après trois depuis sa lecture… ce qui est très rare, vu ce qu’on ingurgite au moment de la rentrée littéraire.

Après des livres sublimes, comme le sympathisant et le Colson Whitehead avec Underground rail road, je pense que si maintenant je devait élire un livre, ce que je n’aime pas faire, et bien sur la rentrée, c’est bel et bien celui-ci qui emporterait mon vote.Résultat de recherche d'imagesUne terrible sécheresse a fait de la Californie un paysage d’apocalypse. Fuyant Central Valley devenue stérile, les habitants ont déserté les lieux. Seuls quelques résistants marginaux sont restés, prisonniers de frontières désormais fermées, menacés par l’avancée d’une immense dune de sable mouvante qui broie tout sur son passage.
Parmi eux, Luz, ancien mannequin, et Ray, déserteur « d’une guerre de toujours », ont trouvé refuge dans la maison abandonnée d’une starlette de Los Angeles. Jusqu’à cette étincelle : le regard gris-bleu d’une fillette qui réveille en eux le désir d’un avenir meilleur. Emmenant l’enfant, ils prennent la direction de l’Est où, selon une rumeur persistante, un sourcier visionnaire aurait fondé avec ses disciples une intrigante colonie…