juil 21

pensées eparses d un rabat joie

 

Ce sympathique ouvrage de pensées vous fera passer le temps de manière agréable.

Des petites phrases, drôles ou pas, sur différents thèmes ; l’amour, le passage à l’acte, la vie, le bonheur, la conversation, le désir, les dialogues, la femme, le mariage, l’homme, l’humour, la liberté, le savoir, le temps qui passe, la vieillesse.

Des thèmes de la vie, subtilement enchainés dans un ordre logique, qui fait sourire. Abel Castel nous offre un moment de plaisir et d’humour à travers ses pensées, qui l’une ou l’autre, correspondront forcément à vos propres pensées, et mêmes à vos situations de vie.

Voici quelques exemples des pensées d’un rabat-joie. Enjoy !

 

* Je me fais vieux : je me raconte, je me répands, j’évioque.

 

* Je suis tombé en admiration derrière elles.

 

* Ma vie est un no woman’s land.

 

* – Pouvez-vous m’expliquer, Monsieur l’usager de la route, la présence de ce cadavre ligoté dans votre véhicule ?

- C’est mon épouse monsieur l’agent, une femme irréprochable ! Je ne voyage jamais sans mon épouse.

-Ignorez-vous monsieur, que dans un véhicule, la place du mort est à l’avant, à côté du chauffeur.

- Entre nous, monsieur l’agent, ma femme je n’ai jamais été capable de la remettre à sa place…

- Permettez-moi cher monsieur, courtoisement mais fermement, de vous rappeler le code de la bonne conduite : « En toute circonstance le conducteur doit rester maître de son véhicule. »

- Je ne conteste pas l’infraction monsieur l’agent, je suis prêt à faire amende honorable. Vous m’accorderez cependant que si elle n’est pas à la bonne place, au moins ma passagère est-elle bien attachée.

juil 21

Le désespoir et la mort constituent son quotidien. Pour le commissaireMallock, les hommes sont abandonnés de Dieu. Et ce ne sont pas les visions qui l’habitent qui vont l’en dissuader. Ni cette cruelle affaire du Maquilleur, qu’il semble être le seul à pouvoir élucider.
Les cadavres – oeuvres d’art monstrueuses – que sème aux quatre coins de Paris ce tueur en série hors norme seraient-ils des reproductions corrompues d’images pieuses ? Pense-t-il, à travers ces mises en scènes macabres, parcourir son chemin de croix vers la rédemption ?
Comme si le Diable cherchait son Salut. Comme si, derrière l’horreur, se cachait le visage de Dieu…

 

 

Nous avons là un bon roman policier un peu à l’ancienne. Un commissaire charismatique, un peu ours mais romantique, un peu revêche et en même temps drôle, qui n’a pas peur de monter au créneau face à un ministre de l’Intérieur mais qui sait rassurer et se montrer protecteur envers ses troupes.

Nous avons là un vrai personnage principal.

Mais que serait ce personnage si principal sans ses acolytes ? Ici, Mallock leur donne chacun un vrai rôle, une vraie place. Et d’emblée, l’union et la cohésion qui régne au « fort » est palpable et on aime cette équipe soudée. On se prend même d’affection pour le ptit couple ou pour Mallock (car oui, il faut savoir que le pseudo de l’auteur est le nom de son héros !!) qui tente de séduire son infirmière…

 

Ça, c’est pour les personnages, pari réussi.

 

L’intrigue ?

Une poursuite d’un serial killer particulièrement coriace puisque Mallock se coltine un dossier déjà instruit par un de ses confrères….Il apprendra au fil de l’histoire que, même le FBI est sur le coup, son assassin sévirait de l’autre côté de l’Atlantique depuis le début du XXème siècle.

Un criminel particulièrement retord avec un imaginaire bien sadique. Quand Mallock croit avoir vu le pire, il est encore loin de ce qui l’attend la prochaine fois…

 

Ce n’est que loin dans l’intrigue que l’aspect religieux se dessine et c’est bien un assassin mystique à qui nous avons à faire.

Un chassé-croisé entre les pensées du meurtrier et les recherches de Mallock pour résoudre l’intrigue vont donner, petit à petit, la fin de l’histoire…

Nous avons là un bon livre, un bon roman policier avec des flics sympas, à l’ancienne, comme on les aimes, pas submergés de techniques à l’américaine !

 

juil 19

Manhattan. Les ouvriers d’un chantier de démolition s’affairent parmi les gravats, lorsque le bulldozer se fige soudainement devant l’horreur du spectacle qui apparaît ; des ossements humains. L’enquête menée par Pendergast, du FBI, l’archéologue Nora Kelly et le journaliste William Smithback établit qu’il s’agit des restes de trente-six adolescents, victimes d’un tueur en série, le Dr Leng, ayant sévi à New York vers 1880. Les jours suivants, plusieurs meurtres sont commis selon le mode opératoire de Leng. Se peut-il que ce dingue soit toujours vivant ? Ou aurait-il fait des émules ?     Ah Preston & Child ! Il fallait que je vous en parle ! Il s’agit du duo qui m’aura mis une grande claque il y a maintenant quelques années…. Je les ai découverts par hasard avec ce livre, la Chambre des Curiosités. Alors ce n’est pas leur premier, même si tous ne sont pas obligés de se suivre, j’ai mis rattrapé mon erreur par la suite en les prenant dans l’ordre. Car bon nombre de leurs personnages font figure de « suites ».   Donc, j’ai pris une claque oui ! J’ai la très fâcheuse habitude de lire vite…Donc de lire mal et de ne rien retenir. Ne me demandez pas de quoi parle un livre que je viens de lire, je ne m’en rappelle pas. Mais celui-là fut un des premiers où j’ai pris le temps de lire, voir même relire certaines phrases, certains passages (entre nous, cette résolution de lire lentement n’a pas duré !) J’ai dégusté chaque phrase, apprécié chaque mot, senti chaque odeur décrite, vu de mes yeux chaque scène ou paysage. C’était une expérience unique et assez déstabilisante et je remercie sans cesse les auteurs de génie qui ont réussi ça ! Bon, il faut savoir que quand ils décrivent à merveille le Muséum d’Histoires Naturelles de New-York, ils savent ce qu’ils font….Preston était rédacteur en chef des publications du musée… Mais tant mieux !! On s’y croit, on y est même !   Le plus du plus du plus de ces romans est quand même leur personnage principal : Aloysus Pendergast ! Adoratrice de Sherlock Holmes, j’étais heureuse de rencontrer un détective hors du commun….Celui-ci est agent spécial du FBI (mais il  un truc assez spécial avec l’agence car il déboule sur les enquêtes toujours d’une manière mystérieuse) et est aussi fin limier et doté d’une déduction irréprochable que son homologue anglais. (à noter d’ailleurs qu’il possède une page wikipédia !!)   Durant cette enquête ci, nous nous plongeons dans le passé, à la recherche d’un tueur en série qui aura plus de cent ans…. Retout sur une série de crimes perpétrés sur des adolescents dans le New-York du 19ème siècle. Légendes, mystère ou fontaine de jouvence enfin trouvée ? L’agent hors du commun qu’est Pendergast va se doter d’acolytes qu’on retrouvera dans beaucoup d’épisodes de Preson & Child.   Un style parfaitement mené, une histoire où l’on est pris dedans du début à la fin…Un livre quasi parfait ?     Tout ça pour dire que La Chambre des curiosités fut le début d’une immense histoire d’amour avec Preston & Child et qu’elle est bien partie pour durer…. Surtout que ces deux là, plus ils écrivent plus ils s’améliorent !

juil 18

Salty

Réédition du troisième roman du grand malade Mark Haskell Smith scénariste hollywoodien, très proche du précédent « Delicious » et un poil moins déjanté que le magnifique « Défoncé » sorti l’année dernière. Smith tel son compatriote de Floride Carl Hiassen, sans les vues écologistes de ce dernier, est la garantie de romans délicieusement outrageux, partant dans tous les sens, avec toute la démesure d’un auteur qui prend visiblement beaucoup de plaisir à peindre ses contemporains dans tous leurs excès dus à l’utilisation pantagruélique de drogues et d’alcool. Cela donne à chaque fois un maelstrom burlesque, rock n’roll, pimenté par des relations sexuelles toujours originales. « Sex and drugs and rock n’roll », slogan et chanson de Ian Dury, tel pourrait être le credo du Mark Haskell Smith écrivain.

Présentation de l’éditeur :

« Rock star obèse marié à une top model, grand amateur de bière fraîche, Turk s’est laissé convaincre par son psy qu’il souffrait d’une « addiction au sexe », terrible malédiction des temps modernes responsable de son sentiment de haine de soi et de vide existentiel. Turk est décidé à se soigner, mais Sheila, son épouse, a eu la brillante idée de l’emmener se reposer … en Thaïlande, dont les plages grouillent de beautés topless et autres créatures lascives. Déstabilisé, bière en main, Turk résiste tant bien que mal à la tentation lorsque Sheila est enlevée par un mystérieux pirate thaï, le beau capitaine Somporn. Bien sûr Turk se lance à la recherche de sa dulcinée, mais comment s’y prendre quand les seules choses que l’on sait faire dans la vie sont jouer de la musique et s’amuser ? »

Dans « Delicious », Smith nous montrait, entre autres, les difficiles relations jusqu’au drame entre un Américain nanti et des Hawaïens culturellement très différents .Il renouvelle cette option de décalage culturel en envoyant son héros se perdre dans un autre haut-lieu de plages paradisiaques, d’alcool et de drogues à gogo et de sexe à tout va (parce que la Thaïlande, quand même, sans gêne et sans honte, prostitue allègrement sa population féminine).Alors cela pourrait être un roman navrant sur l’internationale des gros cons qui viennent jouer les cadors sur les corps adolescents de pauvres filles livrées en pâture à l’ignominie ordinaire de salopards à billets verts mais c’est sans compter le talent d’un Mark Haskell Smith que j’adore et qui nous offre un héros extrêmement sympathique par sa balourdise et par son désir de rédemption quand le quotidien thaïlandais lui offre un univers de stupre.

Henry Turk est une rock star vieillissante, dans la catégorie hard rock ou heavy metal (y a-t-il une différence entre les deux, mes oreilles trop délicates ou incultes recevant de la même façon les agressions des dites musiques) et comme beaucoup de ces stars qui n’ont pas su ou pu grandir (le hard rock, c’est bien d’y passer mais il ne faut pas y rester trop longtemps),dans la vraie vie, il se comporte comme un footballeur professionnel ou comme un gamin abandonné, dépassé par la réalité, le quotidien, quand les spotlights ou les feux de la rampe sont absents. Cette incapacité à vivre comme le commun des mortels crée des situations improbables et hautement comiques et font de Turk, à l’instar des vieux ados attardés qui peuplent le « Hell Fest » tous les ans en périphérie nantaise, un personnage finalement touchant dans la recherche de sa femme, une sorte de pachyderme maladroit hautement sympathique dans ses excès et dans ses tentatives de rédemption. Pareillement, les autres personnages sont tous un peu ou énormément dérangés et l’ensemble en fait un roman qu’on ne peut que conseiller pour les vacances. Du soleil, de la bonne came, du cul et même de l’amour…que demander de plus ?

Ce roman n’est néanmoins pas qu’une énorme bouffonnerie aux multiples outrances et rebondissements délirants. Il offre également une vision réaliste de la Thaïlande touristique et une critique bien fichue des Européens et surtout des Américains en vacances chez les pauvres.

Roman réussi qui ne se prend pas la tête et qui propose une histoire certes peu crédible mais extrêmement réjouissante.100% Rock n’Roll.

« For those about to rock ! »

Wollanup

juil 18

Nella Larsen est née d’une mère danoise et d’un père antillais, posant le problème de racisme dès son plus jeune âge et du rejet des deux côtés familiaux, rejet qu’elle évoque dans ce roman dont la première parution remonte à 1929, dans une Amérique beaucoup moins ouverte qu’à l’ère Barack Obama.

clair-obscur

Chicago, 1927. Claire Kendry et Irène Redfield se retrouvent par hasard après 12 ans de silence, et se racontent ce qu’elles sont devenues. Amies d’enfance aux caractères totalement opposés, ces deux femmes sont noires d’origine mais tellement claires de peau qu’elles peuvent passer pour blanches.

Alors que Claire a épousé un riche blanc qui lui offre la vie dont elle a toujours rêvé, Irène vit une vie de famille épanouie. Toutes deux semblent avoir trouvé leur voie. Les deux femmes tissent à nouveau un lien d’amitié.

Jusqu’à cet après-midi ou Irène rencontre Jack, le mari de Claire ; blanc, riche, mais aussi extrêmement raciste, il ignore tout des origines de sa femme, qui vit dans la peur qu’il découvre un jour son secret.

Claire quant à elle, veut renouer avec ses origines, qu’elle a trop souvent reniées, et va utiliser Irène pour cela ; se retrouver parmi les noires grâce aux nombreuses relations, réceptions et l’implication qu’à Irène dans la communauté noire.

Une quête identitaire pour ses deux jeunes femmes, qui se cherchent, s’envient et se jalousent, jusqu’au terrible doute : Irène est persuadée d’une relation entre son mari et Claire…

C’est un roman court, au cœur d’une Amérique raciste, où les noirs sont mal vus. Une déception cependant quant à la préface. Quelque peu longue, elle analyse et révèle des parties de l’histoire, notamment de la fin. Ces passages auraient dû, je pense, apparaitre en postface. Un final sans trop de suspense donc, mais qui n’entache en rien la sensibilité de l’histoire.

Ce roman est devenu un classique en Amérique.

juil 16

« Brillant », nous annonce une citation du Times en couverture. Et l’on ne peut que s’incliner devant la justesse de cet avis : impossible de ne pas s’incliner devant le talent de cet auteur qui ne s’attaque à pas moins au monument qu’est l’Affaire Dreyfus elle-même.

Alors que la complexité de ce cas d’école juridique pourrait effrayer, Robert Harris se l’est approprié et l’a pris à bras le corps pour en faire la trame de ce récit captivant et haletant, qui n’en donne pas moins froid dans le dos tellement les faits sont incroyables – dans le sens premier de ce terme. Voici donc un roman historique aux allures de thriller, dans lequel les rebondissements sont tous plus abracadabrants les uns que les autres, et d’autant plus effrayants qu’ils sont vrais !

Car Robert Harris s’est attaché à rester proche des faits réels, reconstitués grâce aux archives, aux minutes de procès, aux témoignages de contemporains, à la presse de l’époque, … bref, à tout ce que Paris des années 1890 avait de plus emblématique. Cette incursion dans une affaire d’une violence inouïe (pour Dreyfus, sa famille, mais aussi tous ceux qui de près ou de loin y ont trempé) en pleine Belle Epoque, habituellement synonyme d’art de vivre, de distinction, de foisonnement intellectuel, emporte le lecteur dans un tourbillon de manipulations, de tromperie, de mensonges. Un contraste saisissant mais tellement humain, et capté avec clairvoyance par l’auteur. Au centre de cette gigantesque et tentaculaire affaire, Robert Harris place le colonel Piquart, nouvellement promu et qui voue une confiance aveugle en l’armée française et ses valeurs. Mais son ascension au sein de son administration en parallèle de la fameuse « affaire » qui divise le pays et ravive les positions antisémites et antiprussiennes va lui ouvrir les yeux sur l’envers du décor. Tout comme Dreyfus, qui continue à clamer son innocence depuis l’Île au Diable où il purge sa peine inhumaine, Piquart se heurte à une omerta soigneusement entretenue par les plus hauts gradés, qui utilisent comme des pions leurs subordonnés à des fins hautement contestables. Avec une netteté incroyable, Robert Harris nous dépeint ce militaire dans l’âme, qui jusqu’au bout tenta de rester fidèle à sa conception de l’armée, et en paya le prix.

Le travail de recherche est monumental, la connaissance de l’esprit humain indéniable, les personnages décrits avec un réalisme et une précision redoutables, … Cela donne une fresque captivante et intelligente d’un épisode de l’histoire de France et de l’Europe mal connu, souvent mésestimé : antisémitisme ouvert, haine des étrangers, peur de l’inconnu, refus de comprendre le positionnement de l’autre, … Autant de motifs qui en 1914 puis en 1939 conduiront aux deux guerres mondiales.

Si vous avez donc envie d’une lecture intelligente et d’un roman historique particulièrement efficace et bien écrit, aucun doute que D (dont la sobriété du titre est déjà, en elle-même, révélatrice) est le livre qu’il vous faut. Et nul doute qu’il trouvera une place particulière dans les bibliothèques de nombreux amateurs de bonne littérature, et pas seulement de littérature historique.

juil 16

Nous vous avons présenté il y a quelques jours un recueil de nouvelles, voici mon avis.

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« Il est 7h30. Les réveils sonnent, à chaque coin du globe. Bruyamment… »

Si nous nous levons chaque matin tranquillement, savourant notre café, songeant à la journée de travail qui nous attend, ce n’est pas le cas des personnages de ce récit.

7 récits, 7 réveils. A chaque recoin de la terre, un personnage s’éveille. Blessé, tourmenté, l’âme en peine. D’Israël à Paris, en passant par le Rwanda, le Brésil ou encore Los Angeles,  ces écrits dénoncent des faits d’actualité ; l’avancée technologique du monde, les ravages des guerres, mettant l’accent sur les différences socio-culturelles entre pays.

Entre vengeances sordides et trafics d’armes, on assiste à une réelle dénonciation des contrastes entre les pays du monde. Car quand certains enfants s’extasient sur leur nouveau jeu-vidéo de guerre, s’abrutissant toute la journée sur un canapé, d’autres affrontent réellement la guerre et doivent survire au quotidien dans un pays ravagé.

Chaque personnage est doté d’une empathie particulière, assez remarquable d’ailleurs au vue de la brièveté des récits. JC nous livre des êtres humains à l’état brut, des textes touchants avec une sensibilité à fleur de peau et une écriture des plus brutales, d’une efficacité remarquable.

J-C n’a pas son pareil pour toucher le lecteur au plus profond de lui, jouant avec les contrastes d’une façon particulière. C’est les larmes aux yeux que j’ai terminé la lecture, bouleversée par la plume subtile de cet auteur au talent indéniable, mais encore trop peu reconnu.

 

juil 16

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Sara McMillan est une jeune professeur de 28 ans dont la vie privée est loin d’être palpitante. Elle vit par procuration la vie de sa seule amie Ella, qui l’abandonne pour passer son voyage de Noce en Italie avec un homme fraîchement rencontré. Celle-ci laisse à Sara un journal intime quelque peu spécial…

Celui de Rebecca, une jeune femme travaillant dans la plus prestigieuse galerie d’art de San Francisco. Sara lit, lit, et ne s’arrête plus de découvrir Rebecca. Dès les premières lignes, elle se sent à la fois charmée et repoussée par le caractère sexuel et sensuel du journal. Au fil des pages, Sara sent qu’il est arrivé quelque chose à la jeune femme, qui de plus, demeure introuvable.

Elle va tout mettre en œuvre pour la retrouver, savourant au passage les lignes du journal, se mettant dans la peau de Rebecca, rencontrant des hommes qui la fascinent, la désirent et lui font ressentir une attirance et un plaisir qu’elle n’avait jamais connu.

Elle va se défaire progressivement de sa petite vie d’enseignante sage pour endosser le rôle d’amante sensuelle et dévergondée. Un grand changement s’opère en elle. Qui sont réellement ces hommes qui sèment le doute dans l’esprit de Sara ? Et surtout, qu’est devenue Rebecca ?

Un roman passionnant, qui détend et attise le désir, emportant le lecteur avec Sara, à la découverte de ces plus sombres désirs. Si le début apparait plutôt normal et sans charme particulier, ce n’est pas le cas de la suite, où le désir et l’érotisme croissent de façon spectaculaire, autant que le suspense lui-même. Car derrière la constante sensualité se cache une histoire intrigante, aiguisant notre curiosité et tous nos sens.

Entre charme, domination et manipulation, une véritable lecture de l’été, au final qui nous laisse impatients, frustrés de cet arrêt brutal, en attente de ressentir de nouveau ce désir et ce plaisir de lecture… et plus !

Patte-de-chat

juil 15

Voici l’histoire d’un homme qui – pour autant qu’on prête foi à son récit – résume à lui seul l’âme et l’histoire de l’Amérique.
1903, Virginie-Occidentale. Early Taggart n’a pas deux mois quand sa mère démente et bigote, croyant avoir enfanté le rejeton du diable, tente de le noyer ; il survit par miracle, mais défiguré. Recueilli par une veuve bouilleuse de cru à la gâchette facile, « Gueule-tranchée » ne sait pas encore qu’il va vivre mille vies. Monstre chéri de ces dames au sein d’une congrégation d’illuminés vénérant le dieu serpent. Héros d’une mutinerie sanglante contre les sociétés d’exploitation minière. Hors-la-loi en exil. Ermite des bois pendant un quart de siècle, ressuscité bluesman de génie puis journaliste à tu et à toi avec un certain JFK, alors en campagne présidentielle fantaisite chez les ploucs. Enfin et peut-être, grand mystificateur devent l’Eternel.
Cette Ballade picaresque révèle un formidable conteur et fait entrer au panthéon du folklore américain l’un de ses plus tonitruants personnages.

 

C’est un livre qu’on m’a offert, qu’il fallait lire à l’aveugle….Couverture et titre caché, je me suis prise au jeu…J’ai compris dès le départ que je m’aventurais dans un univers inconnu pour moi…Je suis complètement novice dans le roman américain.

Mais, grande surprise, je me suis prise dans l’histoire.

 

En même temps, il s’agit là d’une histoire hors du commun. Taylor nous conte la biographie d’un homme unique en son genre. Early Taggart qui deviendra Gueule-Tranchée qui pue, puis Chicky Gold, mais encore A.C Gilbert pour finir Ace.

Au cours de ses nombreuses vies réunies en une seule, il aura connu les crimes dans la révolution des mineurs, l’exil en ermite des montagnes, le journalisme et une rencontre avec un futur président qui lui vaudra le prix Pulitzer…Au milieu encore, un passage en tant que bluesman et là aussi, une rencontre avec un futur grand maitre du blues….

 

Mais au-delà de ses aventures passionnantes, nous vivons au côté d’un homme vrai, entier, marqué à jamais par la maladie qui l’a défiguré et toutes les souffrances infligés par des gamins méchants et moqueurs.

Une ballade américaine sur fond de blues à travers les yeux meurtris d’un homme qui aime la vie.

 

Et jusqu’au bout, on se demande si tout est vrai, si tout n’est pas qu’une fable ?

Une chose est sûre, vraie ou pas, la vie de Gueule-Tranchée ne sombrera pas dans l’oubli…

 

Et pour un premier roman, Taylor est considéré comme le successeur de Mark Twain…il en a toute l’étoffe !

juil 15

« De véritables criminels qui commettraient leurs vrais forfaits en direct, juste sous les yeux des téléspectateurs ! A l’heure de la télé-réalité, le concept s’imposait, et Doug Fairkeep, producteur avant-gardiste, n’a pas hésité. Oui, mais voilà, il faut une « matière première humaine » qui, par définition, privilégie plutôt l’ombre et l’anonymat. Alléché par le cachet proposé et déjà bien conscient des difficultés juridiques que son activité soulève, Dortmunder accepte. Avant d’échafauder un plan beaucoup, beaucoup plus ambitieux. »

C’est toujours un bonheur de retrouver John Dortmunder et sa bande de compères cambrioleurs bien malchanceux pour notre plus grande hilarité. Certains se jettent sur leurs aventures dès la sortie et d’autres dont je fais partie attendent le moment propice pour déguster et se marrer un bon coup. Depuis « drôles de frères » il y a plus de vingt ans cinq ans, Donald Westlake me donne, m’a donné de la bonne humeur à des moments où j’en avais vraiment envie ou besoin. On parle au passé car le grand homme qui a grandi sur le bitume de Brooklyn est mort loin de New York à San Pancho au Mexique où il allait passer le réveillon 2008.Rivages, depuis, édite tous les inédits et là je crois que c’est vraiment la fin.

C’est donc un plaisir de retrouver Dortmunder une dernière fois mais c’est aussi teinté d’un peu d’émotion et de beaucoup de nostalgie car la malchance légendaire qui s’acharne contre le malheureux John ne connaitra plus de nouveaux développements hilarants. Fini, Stan et ses rapports houleux avec sa mère chauffeuse de taxi, fini le géant Tiny et sa force de persuasion, fini Andy et son enthousiasme pour engager la bande dans des coups immanquables qui immanquablement deviennent des coups foireux malgré des préparatifs minutieux, consciencieux et une organisation professionnelle, fini aussi le gamin nouveau compagnon de filouteries ratées. On ne verra plus Dortmunder planquer un fourgon contenant le cercueil d’un chef indien tous les soirs sur les différents parkings des gares de la Hudson Line, errer dans le New Jersey en étant persuadé qu’il est en Europe centrale, vouloir se couper un doigt à cause d’une bague accusatrice et récalcitrante, prendre des leçons de plongée complètement déprimé parce que le butin espéré est au fond d’un lac, tenter de faire croire qu’il rentrait des télévisons dans le hangar quand il se fait pincer de nuit dans une zone pourrie du New Jersey, (c’est l’horreur pour un vrai New Yorkais de se trouver sur la berge New jersey de l’Hudson, la pire abomination !) et tant d’autres…

Celui-ci, c’est donc le dernier, toute la bande est présente et Westlake s’attaque avec pertinence et humour à la télé-réalité et la confrontation de ce monde artificiel avec le déprimé, fataliste, résigné, ombrageux John Dortmunder offre encore de grands moments de belle rigolade et aussi des surprises par la propension au cabotinage de certains dans le gang .On retrouve May, l’épouse incrédule qui bosse dans une épicerie parce qu’il faut bien que l’argent rentre un peu, le OJ bar, point de départ de toutes les aventures et ses légendaires piliers de comptoir philosophes hébétés aux discours surréalistes de praticiens très expérimentés et bien sûr le plus beau des théâtres pour un polar… New York. Ce n’est sûrement pas le meilleur du lot mais c’est un bon, comme toujours. J’ai juste trouvé que Dortmunder était nettement moins soupçonneux qu’autrefois mais ce n’est rien par rapport aux rires procurés par les situations crées par l’auteur. Grand écrivain Westlake !

La lecture estivale idéale avec le Haskell Smith de poche dont je vous parle bientôt.

 

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