Retour interdit, Lee Child, Calman levy, Robert Pépin

Après plusieurs aventures, Jack Reacher doit rencontrer son nouveau commandant en chef, le major Susan Turner. Mais le commandant Morgan l’informe qu’elle a été envoyée en Afghanistan. Il lui apprend également qu’il est accusé d’avoir tué Rodriguez seize ans plus tôt et qu’il est rappelé en service actif. Par la suite, Jack part à la recherche de Susan qui n’est jamais arrivée à destination.

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16 Emme aventure de Jack Reacher, j’en ai pas loupé une. Etrangement même au bout de 16 aventures, Lee Child continue de nous surprendre.

Intrigue très intelligemment menée, même si parfois on se demande si notre héros n’a pas été envouté pour avoir autant d’emmerdes d’un coup. Retour au service pour Jack, et à la 110, l’unité qu’il a commandé, de vilaines affaires resurgissent sur lui. Le ton est donné dès l’intro 2 hommes l’attendent à la sortie de son motel. Les bagarres sont toujours aussi finement décrites, la logique l’emporte à chaque fois. Pauvres hommes même à 4, tout au long du livre ils vont souffrir.

Pile ou face, cette phrase reviendra tout au long du récit, nous emmenant dans son cerveau pour chaque mouvement ou action détaillé avec une logique incomparable. Il faudra bien tout cela pour arriver à endiguer le long fleuve ténébreux dans lequel  il va naviguer.

C’est une très bonne cuvée, cette 16 me histoire. Elle est d’ailleurs adapté à l’écran pour la deuxième fois par tom Cruise, Never Go back….

Mais ce livre nous réserve pas mal de surprise et lève le voile sur quelques mystère qui entoure Jack Reacher, . Il semble que c’est la première fois ou on sent notre héros décontenancé…. J’espère que l’auteur reviendra sur certains points

bonne lecture,

Sur l’île, une prison de Maurizio Torchio, Editions DENOËL

Trad. de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza

 

 

Difficile de rajouter quelque chose au résumé de l’éditeur tout est presque dit. Mise à part certains point…

Tout d’abord et heureusement l’action ne se déroule pas qu’en prison. Il y a aussi l’analyse très forte entre un prisonnier et un kidnappeur sans le syndrome de Stockholm. Un pendant entre prisonnier, dualité des émotions et des ressentis.

Ce livre est à part, difficile de les rapprocher d’autres livres lus sur le zonzon. Il y a une sorte de neutralité permanente dans ce livre, on parle de tous ce qui compose une prison, du village à coté, des gardiens, des prisonniers bien sûr, de l’histoire de la prison, de différents personnages principaux, de tous. Il y a les récurrences aussi, les meurtres, les brosses à dents polis, les émeutes, les chasses d’eau bouchés, les matelas qui crament, les fouilles…Et il y a cette voix qui raconte d’un ton presque détaché, neutre, tous ces évènements.

D’une neutralité absolue et pourtant non dénudé de bon sens !!!

Une expérience à lire….

J’en sors incertain, mais pas neutre….

 

 

Lucy in the sky de Pete Fromm, Gallmeister

Traduit par Laurent Bury

Lucy in the sky with diamonds des Beatles, s’est doucement glissé dans mes pensées pendant cette magnifique lecture.

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Tantôt Luce, tantôt Lucy, en véritable Tomboy, cette jeune fille de 14 ans fonce avec frénésie vers sa vie d’adulte, sans peur et pleine de courage. Lucy a du caractère, une forte personnalité, elle fait de sa différence une force. Elle découvre ses premiers émois, ses premiers amours et s’aperçoit que le couple atypique que forme ses parents n’est pas aussi solide qu’elle le croyait. Sa mère profite à sa manière de son célibat forcé pendant les longues absences du père de Lucy.

 » Chez nous l’amour n’est pas une chose qu’on fait semblant de ne pas voir dans l’espoir que ça disparaisse. « 

Lucy, plus déterminée que jamais vole vers la liberté et s’apprête à vivre des aventures inoubliables.

« On peut repartir de zéro, Luce. On peut tout faire, aller n’importe où. On peut être qui on veut. »

Pete Fromm nous offre avec Lucy in the sky un magnifique roman d’apprentissage. Étant lui-même père de deux garçons, je suis admirative de sa force d’écriture pour réussir aussi bien à retranscrire les rapports mère/fille et père/fille avec autant d’authenticité et d’émotion. Il est extrêmement proche de ses personnages, et nous fait  partager leurs angoisses, leurs colères, leurs amours, leurs vies avec une grande sensibilité mais aussi beaucoup d’humour. On s’attache à Lucy, on savoure la plume de Pete Fromm et page après page Lucy grandit, nourrit par une bonne dose d’amour, beaucoup d’humour et un sacré culot.

Une première belle lecture un premier coup de cœur pour la plume de Pete Fromm .

Pete Fromm est née dans le Wisconsin. Il a éte Ranger avant de se consacrer à l’écriture.Il est l’auteur de plusieurs romans et de receuil de nouvelles. Il vit à Missoula dans le Montana.

Prochainement d’autres romans de l’auteur à découvrir chez Gallmeister, une maison d’édition cher à mon coeur de lectrice férue de belles plumes américaine .

Christelle

 

Poussières d’Os (Karin Salvalaggio-Editions Bragelonne )

Ah je m’en veux terriblement de m’être perdu à Collier, Montana… Depuis Twin Peaks de Lynch je n’avais pas rencontré une ville aussi assise sur ses secrets et où chacun (e) a quelque chose à cacher. Et Dieu sait qu’ils en font des efforts pour tout dissimuler mais c’est sans compter sans l’agent Macy Greeley et son vide de femme enceinte et son patron qui la larguée… Il fait froid et il neige à Collier et fait pas bon traîner le soir sur les parkings des routiers. Décor planté. Ambiance assurée. Mais voilà…alors que tout est prêt pour faire un Fargo des Agneaux sur Xxx Road, ça met du temps…trop de temps à décoller. Pourtant Karin elle le maîtrise son sujet, elle sait faite monter la tension mais aussi baisser l’attention. D’une série de personnages tous plus intriguants les uns que les autres, bourrés de vices et de mal être, tous en proie aux doutes et au questionnement qu’elle nous dépeint par petites touches objectives ou subjectives, elle nous lance sur un brouet alors que cela aurait pu être un ragoût excellent. La faute au fait que ce soit son premier roman? J’en sais rien, Le Corbac n’est qu’un simple libraire… Karin tu ne m’as pas déçu ;  tu m’as juste laissé un goût de trop peu en bouche. J’aimerais voir ce que tu vas nous pondre parce que tu promets

Poussière d’os de Karin Salvalaggio aux Éditions Bragelonne

 

Depuis sept ans, Grace vit loin de sa mère. Son oncle et sa tante l’ont élevé. Le jour où elle aurait pu prétendre à des retrouvailles, un nouveau drame surgit, sa mère est assassinée quasiment sous ses yeux.

L’agent Macy, malgré sa grossesse très avancée se voit confier l’affaire. Elle retrouvera sur la route de son enquête de vieilles connaissances, et avancera de surprise en surprise vers une histoire abracadabrante.

Voilà un roman qui m’avait attiré par sa couverture plutôt sympa, sa situation géographique : l’Amérique, et une quatrième de couv’ alléchante. Puis des rumeurs ont circulé comme quoi c’était BOF, BOF. Il me tardait donc de découvrir ce thriller et me faire ma propre idée.

Dés le départ le style ampoulé m’a ennuyé, trop de détails. Puis sont venus les clichés. Pourtant, étant fan des séries policières américaines et retrouvant un peu ce style je lui ai laissé sa chance et j’ai poursuivi ma lecture.

L’histoire aurait pu être intéressante mais certains passages lui enlèvent toute crédibilité.

je l’ai terminé car évidemment je m’étais attachée à ses personnages assez intéressants, poursuivi par la malchance. Vivre dans cette contrée noyée de malheur où rôdent de terribles prédateurs demande un peu de compassion, mais malgré tout je n’ai pas été totalement conquise. Sincèrement je pense que le style y est pour beaucoup dans ma déception. C’est dommage si l’écriture avait été plus travaillé, ce thriller aurait pu me plaire davantage.

Difficile je suis je l’avoue, étant une lectrice éclectique je suis très sensible au style.

Un avis très mitigé pour ce premier roman mais l’auteur a du potentiel. Je lui laisserai  certainement une seconde chance avec son prochain thriller, pour retrouver Macy cette enquêtrice assez attachante .

Merci à Nadia et aux Éditions Bragelonne pour cette découverte.

Christelle

 

Entretien avec Jérôme Vincent pour ActuSf

faite par courriel, let’s play

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Actusf, c’est quoi c’est qui, et pourquoi, question basique, pour se connaitre ?

Actusf, c’est deux activités. D’abord deux sites internet d’actualités littéraires (Actusf.com pour les littératures de l’imaginaire, mespremiereslectures.com pour la littérature jeunesse). Ensuite c’est une maison d’édition dédiée à l’imaginaire et aussi désormais à la jeunesse et au polar, et une maison d’édition numérique. C’est qui ? Plein de gens ! Marie, Charlotte, Eric, Jean-Laurent, Stéphanie et moi-même pour la partie édition (sans oublier tous les auteurs, les illustrateurs, les traducteurs, les copains, les soutiens etc). Les mêmes plus Tony, Hermine, Laura et tous les chroniqueurs pour les sites internet. Une grande famille sympa et vivante, pleine d’envie et d’enthousiasme…

 

Combien proposez-vous de collections ?

Il y a tout d’abord notre petite dernière, Bad Wolf, qui est dirigée par Audrey Alwett et qui rassemble tous nos romans de fantasy. Il y a aussi Perles d’Epice qui est elle consacrée aux auteurs étrangers. Et puis Les Guides de la Maison d’Ailleurs qui est composée des guides réalisés par l’équipe du musée de la science fiction situé à Yverdon les bains, en Suisse. On a aussi une collection jeunesse qui s’appelle Aventures à Guédelon avec une série de romans signés Danielle Martinigol. Tous les autres livres sont dans notre collection générale Les Trois Souhaits. Et pour le numérique, on a également une collection Bad Ass pour la romance dirigée par Stéphanie Giard. Ah, et on a des collections communes aux Indés de l’Imaginaire (Mnémos, Actusf et Les Moutons électriques) : Hélios et Naos.

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Votre regard sur le monde de l’édition qui selon moi depuis une paire d’années évolue, dans quel sens je n’en sais rien, et vous ?

J’en sais pas grand-chose non plus à vrai dire. C’est une question vaste. Je pourrais vous parler de la surproduction, de la crise en librairie, mais aussi des belles ventes en salon, du crowfunding, de l’auto-édition qui est en plein boum et dans laquelle on trouve de tout, même d’excellents auteurs. Je pourrais vous parler du numérique et de son évolution (plutôt positive dans notre cas), des nouvelles manières de communiquer (via les réseaux sociaux notamment), des tendances, des modes littéraires etc. L’édition c’est de sortir de bons livres. Après, c’est tout un tas de facteurs et de paramètres qui bougent et qui évoluent. A nous de nous adapter, d’essayer d’anticiper, de rebondir etc. C’est notamment pour toutes ces raisons que nous avons fondé avec nos camarades de Mnémos et des Moutons électriques le collectif des Indés de l’Imaginaire. Ensemble on essaie de trouver des réponses à ce monde en mouvement et de lancer des initiatives qui nous passionnent et qui nous offrent plus de visibilité. C’est une collaboration géniale et qui montre aussi que l’on n’est pas forcément concurrents entre éditeurs et que l’on peut travailler ensemble.

 

Comment choisissiez-vous vos sorties ? On côtoie Georges RR Martin, Dan Simmons, avec de parfaits inconnus ?

Le premier critère, c’est de sortir des textes qui nous plaisent franchement et qu’on a envie de défendre. Pour ça, on a une sorte de ligne édito, parfois un peu implicite voir inconsciente (même pour nous) et il faut que les manuscrits y correspondent. Ensuite, on essaie de composer notre programme de parutions entre des livres de jeunes auteurs qui faudra défendre à mort, des livres d’auteurs étrangers dont la notoriété devrait leur offrir un surplus de visibilité, et des livres de nos auteurs « maisons » (même s’ils sont parfois dans plusieurs maisons) et avec qui on a une collaboration sur le long terme parce qu’on les adore.

 

 

Comment vous est venue cette excellente idée de ressortir Fasciste de Thierry Marignac ?

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Thierry est un ami d’Eric Holstein qui assure la direction artistique de toutes nos couvertures. Il y a quelques années (la décennie précédente), on avait sortit un petit dyptique de Thierry avec deux nouvelles de SF bien déjantée : Maudit soit l’éternel suivi de Dieu n’a pas que ça à foutre. On ne s’est ensuite jamais vraiment perdus de vue. Avec nos camarades des Indés de l’imaginaire, on a décidé de lancer une collection polar de poche, Hélios noir. D’emblée, la réédition de ce monument qu’est Fasciste s’est imposée. Et Thierry a accepté volontiers…

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Que vous réservez nous comme prochaines parutions ?

On a un gros programme. En Septembre on vient de sortir Superposition de David Walton, un polar de science fiction quantique de David Walton. C’est une traduction inédite et un bouquin assez génial et plaisant à lire (ne prenez pas peur. Il y a de la physique quantique, mais c’est très accessible). En octobre, on lance notre nouvelle collection Bad Wolf de fantasy avec deux titres de Christophe Arleston (ce sera le premier roman de l’auteur de Trolls de Troy… Et il est aussi bon et drôle comme scénariste que comme romancier) et d’Audrey Alwett (avec un roman formidable d’humour et de réflexion). On a envie de fantasy maligne, qui nous sert de grandes aventures mais qui nous offre aussi un regard et une réflexion sur notre monde. Et puis en novembre, on aura un recueil de Sylvie Lainé, reprenant la plupart de ses nouvelles : Fidèle à ton pas balancé. Sylvie, c’est sans doute la meilleure noveliste de science fiction que l’on a en France, avec des textes tout en douceur, en finesse et en émotion. Cela fait dix ans que l’on publie ses recueils de nouvelles et on est très très fier de proposer cette sorte d’intégrale raisonnée. Et puis on aura également la traditionnelle anthologie des Utopiales avec des nouvelles d’Ann Leckie, Lev Grossman, Ugo Bellagamba, Estelle Faye ou Karim Berrouka. Ils sont treize à avoir décliné la thématique de cette année : machine. Et on y croise des licornes et des extra-terrestres.

 

De quoi êtes-vous le plus fier pour votre travail dans Actusf ?

Sans doute d’avoir faire de notre passion un métier. L’imaginaire, je suis tombé dedans comme beaucoup de mes camarades lorsque nous étions ados. Désormais, c’est une boite avec des salariés, c’est cool. Et puis on bosse avec des auteurs qu’on admirait étant jeune. Ca aussi c’est un immense bonheur (et honneur).

 

Vous allez sortir un livre sur Lovecraft ? Pouvez-nous en dire plus ?

On a eu envie de faire une Monographie autour de Lovecraft parce que cela fait quelques années qu’il n’y en a pas eu et qu’il est devenu encore plus culte qu’il ne l’était cette dernière décennie. Le moindre bout de tentacule lui est désormais associé. Et puis il y a eu ces dernières années beaucoup de choses, de nouvelles traductions, des textes inédits, des adaptations en pagaille… Il est temps de faire le point et c’est notre envie avec cette monographie. Et comme c’est un projet complexe (et cher à faire), on s’est lancé dans une campagne de crowfunding. https://fr.ulule.com/monographie-hp-lovecraft/

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On se fréquente depuis pas mal de temps, avant je trainais avec Charlotte, maintenant vous, des questions à nous poser ?

Mais vous êtes qui vous d’abord ?  Non, plus sérieusement, qu’est-ce qui vous a amené à être bloggeur ? Pourquoi avez-vous eu envie de parler de vos lectures, au point de monter un blog ? D’où vient l’impulsion et qu’est-ce qui vous fait continuer ? A vous de vous mettre à table !

La réponse en image ci-dessous !!!

Merci à vous et longue vie

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Entretien avec Agullo par Monica…

L’échange qui suit a eu lieu peu de temps avant la parution des premières publications Agullo, au mois de mai : Le Fleuve des Brumes et Spada. Pour différentes raisons je n’ai pas pu le retranscrire avant et je me dis maintenant que c’est tant mieux : le discours de Nadège Agullo est salutaire en cette période où l’on croirait que les portes se ferment les unes après les autres.

Formée à deux écoles à travers son parcours professionnel (française et anglo-saxonne), Nadège Agullo pose un regard novateur sur l’édition française. Accompagnée par Estelle Flory, Sébastien Wespiser et Sean Habig, ils forment une équipe qui détonne, mue par la passion, par des convictions communes et une ouverture au monde qui transcende tous les limites que les métiers de l’édition pourraient, parfois, imposer.

 

Quelles sont les frontières qu’ Agullo entend abolir ?

 

J’avais déjà eu ces réflexions, comment positionner l’entreprise par rapport à nos goûts, etc., et là, faire ça une deuxième fois, c’était quand même dur…

Du coup, « abolir les frontières » on s’était dit que c’était un concept intéressant, outre le fait que ça fasse penser un peu à une ONG humanitaire (sourire), on trouvait ça intéressant parce que pour nous il y avait cette idée de découverte, de curiosité, de savoir comment ça se passe chez l’Autre. « L’Autre » ça peut être l’autre au bout du monde ou l’autre, ton voisin de pallier. C’est juste rentrer un peu dans la vie des gens et donc évidemment, outre les frontières géographiques – parce qu’on a quand même cette expertise d’aller chercher dans des territoires un peu moins connus, l’Europe de l’Est, notamment, l’année prochaine nous aurons aussi un titre qui vient du Bangladesh, outre ça, c’est aussi abolir les frontières politiques, une chose qui tient vraiment à cœur à Sébastien.

On pense aux frontières sociales et puis dans le concept de notre maison il fallait intégrer la notion d’abolition des barrières entre les genres, on a pas mal de titres qui mixent les genres, mais aussi entre les arts. On utilise un procédé photographique donc artistique pour nos couvertures et on se disait pourquoi pas, à un moment donné, essayer d’inclure aussi de la musique… on verra.

La typo du livres aussi c’est une typo qui est normalement utilisé dans le sous-titrage des vieux films américains. Il a donc tout ce mélange d’arts, etc, qui parle d’abolition de frontières à ce niveau là aussi.

 

Nous vendons nos titres fantastiques dans le rayon littérature générale, c’est aussi une façon d’abolir les frontières dans les genres littéraires. Même si, bien sûr, les libraires sont tout à fait libres de s’emparer de nos titres comme ils veulent. On préfère se positionner sans trop de « positionnement » pour justement ne pas trop s’enfermer et toucher le plus de lecteurs possibles…

 

En parlant de libraires, quels sont les premiers retours sur les titres à venir la semaine prochaine ?

 

 

Les retours sont partagés, ce qui est normal, on sort trois titres d’un coup ! Le Fleuve des Brumes, un roman parmesan, donc de la région de Parme et le politic-fiction, Spada sont tous les deux dans la collection Agullo Noir. Spada aurait presque pu être vendu en litté générale.

Refuge 3/9, le troisième, il faut le lire, il est difficile d’en parler : il est hyper riche, il s’apparente au thriller folklorique, un peu métaphysique, road-trip folklorique, très très noir : un mélange de thriller, de folklore russe, de fantastique…

 

Dans le Fleuve des brumes, il y a un côté très Simenon, l’auteur crée des atmosphères, vraiment on s’y sent et ce qui est intéressant c’est que ça se passe dans une région d’Italie à l’automne/ hiver, il pleut tout le temps, il y a toujours du brouillard, ça casse un peu les clichées d’une Italie toujours ensoleillée, du sud, où tout le monde parle fort… là c’est le contraire. Alors il y a cette barge qui dérive sur le Pô et au cercle nautique des bateliers où t’as des hommes qui y travaillent depuis 50 ans, ils ont tous 80 ans, ils se disent, tiens c’est bizarre, Tonin, qu’est-ce qu’il lui arrive pour dériver comme ça, ça fait cinquante ans qu’il navigue, il a de l’expérience… Et là il passe un pont, deux ponts et la péniche s’échoue. On se rend compte qu’elle est déserte. Ça c’est juste le début. Le fleuve est en crue, on se demande s’il ne faut pas évacuer les gens qui vivent au bord du Pô à cause des inondations… sur trente pages on s’y voit ! La nuit, la pluie, l’humidité… et l’histoire parallèle, le commissaire Soneri, le héros du livre et qui est le héros récurrent de la dizaine de romans que Varesi a écrit avec ce commissaire-là, est appelé dans un hôpital où un vieux bonhomme est retrouvé défenestré. On pense à un suicide et on apprend que cet homme passait sa vie dans cet hôpital, sans être malade, il venait rendre visite aux patients et il y passait toutes ses journées. Soneri trouve ça bizarre mais lorsqu’il apprend qu’il y a un autre gars de 80 ans qui a disparu de sa péniche il se rend compte qu’ils étaient frères et que tous les deux avaient officié dans les milices fascistes à la fin de la guerre sur les bords du Pô. Donc c’est ces histoires de milices fascistes dans le milieu des bateliers dont la plupart étaient des partisans communistes… Nous on a beaucoup aimé, en plus c’est un polar qui se passe à la campagne, on connaît le « nature writing », c’est un peu ça aussi dans ce livre là et puis le fleuve est un vrai personnage du roman.

 

Les libraires ont bien accroché, il se lit super bien, c’est riche et Varesi est super fort pour créer cette atmosphère si particulière, ce côté Simenon… On a déjà signé le prochain, il s’appelle La Logeuse et il sortira en mars 2017.

 

Alors Spada ?

 

Spada c’est un politic-fiction qui doit être lu, c’est plus compliqué d’en parler. Il y a eu une critique de libraire qui disait, par exemple, « jamais je ne serais allé de moi-même vers ce genre de livre : un politic-fiction où des Roms sont assassinés et avec une intrigue traitée par le biais de la politique… » Et en fait il est bien entré dans le livre, il a trouvé que c’était intelligent et intéressant. Quand je l’ai lu, moi, j’ai trouvé que c’était plus le côté fictionnel qui l’importait, les rapports humains et jusqu’où les hommes sont prêts à aller par pouvoir, etc

Ça se passe à Bucarest, des Roms qui ont un casier judiciaire sont assassinés par un genre de serial-killer qu’on surnomme Spada (le Poignard en roumain) et évidemment, comme les Roms sont une minorité ethnique qui n’est pas forcément bien intégrée à la population roumaine, très vite ça devient plus ou moins un problème politique. Assez rapidement il y a le représentant parlementaire de la communauté rom qui monte au créneau, qui affirme qui si ça avaient été des Hongrois de Roumanie ou des Roumains on aurait déjà retrouvé le coupable, là, ce sont des roms donc il n’y a pas d’efforts de la part des autorités.

A partir de ce moment là on voit vraiment ce qui se passe dans les coulisses politiques entre l’opposition, le président de la république qui est complètement dépassé, l’influence de l’ Europe… L’auteur, Bogdan Teodorescu, est consultant politique et il a conseillé notamment les deux derniers candidats à l’élection présidentielle.

C’est un roman assez atypique finalement : c’est vrai qu’il y a des meurtres mais il n’y a pas d’enquête policière, ça se différencie du polar. Les meurtres sont le prétexte pour dire autre chose. Quand nous avions publié Zygmunt Myloszewski chez Mirobole c’était ça aussi, le meurtre au début était un prétexte pour parler de la Pologne, un point de départ qui permet de déterrer des choses du passé et de comprendre les sociétés actuelles.

 

 

Comment vous faites pour découvrir les perles rares dans la littérature contemporaine internationale ?

 

Ça va faire 20 ans que je vais au Salon du Livre à Francfort, la question d’en rater un seul ne se pose même pas, même enceinte j’y suis quand même allée ! Et là tous les pays du monde sont représentés, c’est presque un énorme supermarché des droits où tu peux rencontrer des agents et des éditeurs de tous les pays ; dans mon autre vie j’ai aussi beaucoup voyagé, j’ai visité entre vingt et trente capitales européennes ; donc j’avais établi des contacts en Russie, en Pologne, en Roumanie, un peu partout en Europe.

On a aussi la chance d’être en contact avec des agents et des éditeurs à l’étranger et même des Centres Nationaux du Livre ; ça dépend toujours de l’humain derrière, de sa passion, de l’envie qu’il met au service de son travail. Généralement les gens qui sont attachés à la vente d’un titre à l’étranger savent qu’il faut présenter un texte traduit, un synopsis, une accroche en anglais. Parfois on a la chance que le livre ait déjà été traduit, on peut donc le lire en anglais. Zygmunt Miloszewski c’était ça, on a pu le lire en anglais, tout comme Anna Starobinets. Si déjà on a un synopsis qui nous plaît, on va dire dix pages traduites en anglais avec un style qui nous plaît on va passer ce texte à un lecteur de la langue originale et là on va lui demander une fiche de lecture. Il y a aussi des Centres Nationaux du Livre qui vont soutenir certains auteurs plus particulièrement et du coup ça veut dire aussi qu’on peut avoir des aides pour la traduction.

Après c’est une question de feeling !

Vladimir Lortchenkov avait été traduit en douze langues : il y a aussi des indicateurs qui nous mettent sur de bonnes pistes. Internet est un outil excellent : des articles sur la littérature contemporaine polonaise, hongroise, tchétchène que sais-je, des noms d’auteurs qui circulent et qui interpellent, puis on approfondit la recherche : a-t-il déjà été publié en France, on remonte le fil, qui détient les droits… etc…

Le titre qui m’intrigue : L’installation de la peur, kesako ?

 

Rui Zink a déjà eu un titre publié chez Métaillé en 2013 : Le destin du touriste. C’est un auteur que j’ai découvert par le centre national du livre portugais il y a 2 ou 3 ans à Francfort et ce qui m’a plu au premier abord, ça a été le titre ! Entre le mot « installation », très matériel et le concept abstrait de la peur, l’association des deux c’est super !

C’est l’histoire d’une femme qui vit dans un appartement avec son gamin et là il y a la sonnerie qui sonne de manière insistante et quand elle se décide à aller ouvrir il y a deux mecs qui lui disent « Bonjour Madame, nous sommes des agents du gouvernement, comme vous le savez la peur doit être installée dans chaque foyer sous un délai de 120 jours »

Ils entrent dans l’appartement et pendant les heures qui suivent ils vont installer la peur. C’est assez violent mais c’est une violence psychologique ; leurs méthode c’est de parler de toutes les peurs inhérentes à notre société contemporaine, la maladie, les étrangers, la pauvreté, le terrorisme, la guerre, etc… toutes ces grandes peurs universelles. C’est un véritable huis clos qui m’a fait penser à Huit Clos de Sartre ou au film Funny Games. Ça ne dérive jamais dans la violence physique, il faut le savoir, mais il y a un twist dans ce livre (sourire). Je l’avait découvert en 2014 et après tout ce qui s’est passé à Paris je me suis dit ce mec est un peu visionnaire quand même !

 

 

Comment te sens-tu à une semaine du lancement des premiers titres Agullo ?

 

J’ai eu un peu de pression : quand on s’est lancé avec Mirobole personne ne nous attendait, on a fait notre place petit à petit, là du coup on a plus de pression, mais je trouve que c’est sain d’avoir un peu le trac ! Pour le moment ça va, nous avons de bons retours de libraires, de la presse. Les gens sont super bienveillants avec nous, ça fait extrêmement plaisir, évidemment !

 

Tu es très bien entourée, quelques mots sur l’équipe ?

 

Sébastien Wespiser qui a plusieurs vies à son actif (libraire, manager de groupe de rock, attaché parlementaire etc. …) s’occupe des relations libraires, il est aussi le directeur commercial.

Estelle Flory, qui suit le travail avec le traducteur et le correcteur et qui m’aide aussi à trouver les titres, très bonne lectrice qui m’aide énormément.

Sean Habig travaille en tant que brand architect, il est à l’origine de la création de l’identité visuelle de certaines grandes marques. C’est à lui que nous devons le concept graphique de Mirobole et qui aujourd’hui participe à l’entreprise Agullo. Il est aussi cofondateur d’un bureau de design à Paris qui commence à gagner des prix et il commence à se faire connaître aussi dans le milieu de l’édition.

Tout le monde est motivé et enthousiaste, c’est l’essentiel !

Et la motivation tout comme l’enthousiasme paient ! Depuis notre entretien les éditions Agullo ont publié non seulement L’installation de la peur, comme prévu, mais aussi l’hilarant La Destinée, la Mort et moi, comment j’ai conjuré le sort de S.G. Brown (que vous pourrez, par ailleurs, rencontrer en ce mois d’octobre si vous êtes à Paris, Nantes ou Bordeaux).

Le 6 octobre verra le jour le nouveau Vladimir Lortchenkov, Le dernier amour du lieutenant Petrescu, joyeux imbroglio diplomatique où la Moldavie serait en passe de devenir une future république islamiste.

Les retours continuent à être positifs. En moins d’un an Agullo s’est imposé dans le paysage éditorial français en tant que maison qui en a sous le pied.

Tout ce qui nous reste à dire c’est… vivement le « prochain Agullo » !

 

 

Guérilla de Laurent Obertone, Editions Ring

Mais j’ai ri, j’ai ri, dans ce livre nous avons tous les pastiches possibles inimaginables de la Phrance obsolète. Par contre ne me faites pas peur, ce livre est-il actuel ou bien c’est une projection, parce que là, c’est moins marrant….

Ecrit dans un style journalistique, chapitres courts, phrase courtes, c’est un modèle de fluidité je l‘ai lu en 3 h, top chrono.

3 h, et donc trois jours pour voir un pays tombé dans l’apocalypse. Forçant un peu sur les traits l’auteur nous donne une vision dantesque d’une guérilla. Après un début très prenant, et sanglant, l’auteur prend différentes personnes du citoyen lambda au président, grande envergure. Et pan c’est parti pour l‘anéantissement de notre démocratie en trois jours.

Je ne sais pas ce qu’a voulu exprimer l’auteur, mais je l’ai lu comme un pastiche, seul un des personnages « le colonel » trouvera grâce à mes yeux. Le reste ce ne sont que des bobos, des affairistes, des politiciens, des générations perdus, des casse couille notoire, en ce qui me concerne.

Si c’est cela la France d’aujourd’hui, y a de quoi se marrer, voir se pisser dessus…

Fin excellente par contre.

Si certains n’ayant pas un Qi assez fort ou le sens de l’humour, ils trouveront ce livre trop….

Je reste sur ma position j’ai adoré, et beaucoup ri, cela vient-il de mon vécu, de ma vie, de ce que je pense ou je vois, je n’en sais rien.

A vous les studios,

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La guerre civile était inévitable.
Vivez l’Apocalypse des trois derniers jours de la France.

Dans une France proche et obscure, une descente de police dans une cité sensible tourne au drame : un policier pris dans un guet-apens perd son sang-froid et tire aveuglément.
La cité s’embrase et tout le pays vacille. De villes en villes, le feu se propage et la République explose.

Forces de l’ordre, voyous, terroristes, responsables, journalistes, citoyens, tous sont submergés par le raz-de-marée du chaos.

Dusk de Sébastien Bouchery, Fleur Sauvage

 

Nebraska, 19ème siècle. De redoutables limiers partent affronter l’hiver glacial pour neutraliser l’assassin d’une fillette. Mais ils devront, tour à tour, affronter leurs passés tumultueux, ainsi qu’un second prédateur. Un tueur en série qui laisse, dans son sillage, un nombre inquiétant de cadavres…

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Très bonne entrée en matière par cet auteur, pas besoin d’être ricain pour se faire un superbe western sur fond de thriller. Western se déclinant entre fin des héros de l’ouest et l’arrivée d’un nouveau monde.  Une équipe de 7 personne se lance aux trousses d’un tueur de jeunes filles. Là c’est le début, équipe composée de vieux briscard de l’ouest à la réputation déclinante comme leur santé, 3 sheriff, une dame, et un écrivain. La partie sera rude, entrecoupé de digressions, somme Ron, ainsi que le shérif qui médite. Chacun au long du voyage aura à se regarder dans le miroir.

C’est très bien écrit, un bon western polardesque avec son lot d’imprévu et de fils de pute, fils de pute, oui un politicien, quoi….

Beaucoup de rires aussi, grâce aux dialogues qui n’ont rien à envier à certaines répliques de cinéma, la blague sur la distillerie Jack Daniel est excellente aussi. Par contre a-t-il délibérément appel un de ses héros Ron Ashton comme le gratteux des Stooges ou bien ?

L’auteur connait son sujet (il nous le confie), mais ce n’est pas qu’un western, la trame est avant tout policière dans un monde sauvage qui a disparu. Et si vous pensez une seule fois que tout va se dérouler comme vous l’imaginez, vous vous mettez bien le doigt là où je pense !!!

Une belle réussite en la matière du 100% français, un peu de chauvinisme ne nuit pas,

 

 

Impact de Ben H. Winters aux Éditions Super 8

 

 » Oui, cela va arriver. J’ai raison et Nico a tort. Nul ensemble de faits n’a jamais été aussi rigoureusement démontré, nulle série de données aussi soigneusement analysée et revérifiée par autant de milliers de professeurs, de savants et d’élus. Tous souhaitant désespérément que ce soit faux, tous constatent cependant que c’était vrai. « 

Impact clos la trilogie “Dernier meurtre avant la fin du monde”. Nous retrouvons Hank Palace qui est toujours à la recherche de Nico sa sœur, avec une détermination quasi obsessionnelle. Cette disparition semble liée à un groupe pseudo-survivaliste qui s’entends à sauver le monde. C’est à bicyclette qu’il poursuivra sa quête toujours accompagné d’Houdini et de son ami Cortez.

Sa route lui réservera quelques surprises et parfois des rencontres plutôt insolites comme cette communauté amish qui pourrait bien remettre en question pas mal de chose.

J’avoue que ce dernier opus me laisse un peu sur ma faim, son final me laisse dubitative ,je l’aurais aimé plus explosif …

Par contre vivre les derniers jours de Hank et de l’humanité soulève toujours autant de questions. Et j’étais admirative de l’obstination de Hank qui ne partira pas sans revoir sa sœur quoi qu’il lui en coute. Une tragédie apocalyptique sans concession, sans espoir, sous une plume addictive qui fait durer le suspens et ne nous laissera pas terminer sans tout nous révéler avant l’impact.

Une bonne trilogie même si pour ma part le premier tome restera mon préféré des trois et si cette saga vous a plu  je ne peux que vous inciter à lire Silo de Hugh Howey, autre série en trois volumes dans le même registre post-apocalyptique .

 

Ben H. Winters est l’auteur de 8 romans, il vit actuellement à Indianapolis.

 

Merci aux Éditions super 8 pour cette chouette trilogie unique en son genre.