Les rois du pétrole de Tore Renberg aux Presses de la Cité

Traduction: Terje Sinding

Tore Renberg est un auteur norvégien dont les romans « l’homme qui aimait Yngve » (Odin éditions) et « Pixley Mapogo » et « Charlotte Isabel Hansen » (mercure de France) ont été édités en France. Tore Renberg écrit aussi bien pour les adultes que pour les enfants et collabore également à l’élaboration de scénarios.

– Primo : c’est triste, ce qui t’arrive. Tu as fait une bêtise. Deuzio : tu n’es pas le seul, ça peut arriver à tout le monde. Tertio : tu cherches une solution. C’est déjà un point positif. Quatro : tu es fan de Motörhead. J’apprécie tes goûts musicaux. […] Cinquo : Tu penses que nous pouvons t’aider à trouver un million ?

« Fraîchement divorcé, avec deux filles à charge, Pål, la quarantaine, est un joueur endetté jusqu’au cou. Acculé par ses créanciers, il ne voit bientôt plus qu’une issue : faire appel à Rudi, de la bande à Jani. Et la solution ne se fait pas attendre. Une bonne vieille arnaque à l’assurance, qui dit mieux ? Pourtant, rien ne va se passer comme prévu ; car en matière d’escroquerie il est préférable de ne pas avoir recours à un gangster en pleine crise existentielle et, surtout, d’éviter les témoins. Manque de bol, les jeunes amoureux Daniel et Sandra ont aperçu le petit groupe comploter dans la forêt. En ces jours de septembre, de nombreux destins vont basculer à Stavanger, ville portuaire du sud-ouest de la Norvège… »

Appâté par une couverture kitsch très réussie et totalement décalée par rapport à mon imaginaire concernant la Norvège et par une quatrième de couverture qui donnait envie, j’ai foncé sur ce roman et je n’y ai pas trouvé exactement ce que j’espérais. Pourtant, l’auteur maîtrise bien son écrit surtout en début de roman où tout en nous présentant les différents personnages, il sait faire avancer l’intrigue.

Seulement voilà, son bouquin racontant les déboires d’un père et de ses deux filles sur un ton principalement comique tranche un peu  avec ce que j’ai l’habitude de lire.S’il y a bien des passages très bien vus,inspirés,d’une verve communicative, l’ensemble est quand même bien bavard dans les dialogues souvent crus et autour du cul et un peu long. L’action se déroule surtout en fin d’un roman qui fait la part belle aux portraits de jeunes désœuvrés et légèrement obsédés et d’adultes blasés et aigris sur une BO qui ravira tous les amateurs de Heavy Metal .

S’il se lit avec plaisir et plutôt que de le considérer comme une comédie, il faut plutôt voir « Les rois du pétrole » comme un tableau assez acide de la Norvège d’aujourd’hui assez loin du paradis scandinave souvent vanté par les médias.

Wollanup.

PS:En matière de musique norvégienne, je suis loin d’être un expert mais j’étais présent ce soir-là avec mon fils dont c’était le premier festival sous les seaux d’eau à écouter une zik qui passe sûrement nettement mieux en boîte, au sec  certainement aussi.

DES VOLEURS COMME NOUS d’Edward Anderson à la Manufacture des Livres .

Traduction: Emmanuèle de Lesseps.

Edward Anderson est l’auteur d’uniquement deux romans. Il remporte un prix du meilleur premier roman en 1935 pour « Hungry Men » racontant son expérience au milieu des hoboes et il publie « Thieves Like Us » en 1937. « des voleurs comme nous », vendu pour 500 dollars, a été adapté deux fois au cinéma par Nicholas Ray et par Robert Altman. La manufacture des Livres a eu le bon goût de rééditer cette petite perle qui se fond parfaitement dans son catalogue où existent déjà beaucoup de documents racontant des histoires de la pègre américaine.

« Durant la Grande Dépression, deux braqueurs et un condamné pour meurtre s’échappent d’un pénitencier en Oklahoma. Ils se réfugient d’abord chez le cousin de l’un d’entre eux dont la fille, Keechie, ne laisse pas insensible Bowie, puis le gang s’établit dans le Texas voisin et écume les banques de la région selon une technique parfaitement au point. »

Avec une magnifique couverture reprenant  une photo de Walter Evans ayant servi à illustrer l’ouvrage « louons maintenant les grands hommes » de James Agee, ce roman est l’archétype du roman noir américain de gangsters. Si on comprend le terme Noir, on sait que l’issue ne sera pas rose pour tout le monde, ce genre d’histoires ne permettant  pas d’espérer des fins heureuses et simples et celui-ci ne fera pas exception.

T-Doub, Chicamaw, voleurs de banques chevronnés s’évadent d’un pénitencier de l’Oklahoma en compagnie de Bowie, meurtrier involontaire. L’évasion fait place à une cavale organisée qui a failli mal tourner au début à cause de la malchance connue avec les véhicules « empruntés ». Ensuite, pour vivre, ils vont refaire ce qu’ils savent déjà faire, c’est à dire, braquer des banques en initiant un Bowie qui apprend vite et qui, comme ses deux compagnons est attiré par l’appât du gain dans cette période dite de la « Grande dépression » où des millions d’Américains se retrouvent  dans la misère.

L’histoire serait très classique avec l’évasion, la cavale, les planques, l’organisation des casses et leur exécution, la fuite s’il n’y avait tout un discours d’Anderson, à plusieurs reprises, sur tous ces voleurs légitimes, bien nés, abusant de leurs droit et du Droit pour se comporter comme des fripouilles« Ces politiciens sont des voleurs comme nous, dit T-Doub. Seulement ils sont plus malins et utilisent leur langue au lieu d’un fringue » ainsi  que de nombreuses passages où chacun exprime ses désirs de vie meilleure qui ressemblent tant à des vœux bien ordinaires d’existence non pas dans le luxe mais tout simplement dans une normalité qu’ils ne connaissent pas et qu’ils envient.

Image tirée de la version de Robert Altman.

Sans les faire passer pour des Robins des Bois modernes, On sent une certaine empathie de l’auteur pour ces pauvres bougres, née certainement de son expérience auprès des hoboes pour l’écriture de son premier roman. C’est plutôt  touchant et devient même émouvant quand Bowie tombe amoureux. On est loin de Bonnie and Clyde car Keechie, elle, ne veut pas d’une existence de femme de gangster et s’applique à faire sortir Bowie de cet engrenage et de cette nouvelle vie qui semble, malgré lui, le fasciner. « Je vais te dire la vraie vérité Keechie. Je n’ai pas de regrets.Je ne regrette rien de ce que j’ai fait en ce monde. Avoir été un petit voyou qu’on a voulu envoyer à la chaise ne compte pas. Mais je ne regrette pas un de ces braquages de banque. Mon seul regret est de n’avoir pas récolté cent mille dollars au lieu de dix. Je ne suis qu’une brebis galeuse et y a pas à sortir de là. »

Magnifique histoire de braqueurs de banques, « Des voleurs comme nous » a aussi une dimension sociale  montrant la réalité de ces gens mal nés qui tentent de s’en sortir en volant l’argent que leur naissance ne leur permettrait jamais d’obtenir en menant une vie normale de citoyen honnête. Ils ont choisi la voie de la criminalité, ils ont conscience de ce qu’ils font pour arriver à leurs rêves somme toute très modestes, ils ont conscience aussi du danger de leurs choix et de leur espérance de vie limitée mais ils préfèrent cette vie-là à une mort lente dans l’ennui et la misère.

De la belle ouvrage intelligente, à ne pas rater.

Wollanup.

 

Mike Nicol en attendant la fin de la trilogie, au Seuil pour du Sang sur l’arc en ciel, moyen de chez moyen

Yes, moyen….

On retrouve l’Afrique du sud, ses problèmes récurrents , mais c’est loupé…

Personnages manquant de profondeur, du déjà vu, déjà lu, de la rediffusion voilà à quoi j’ai pensé.

Trame sans envergure, héros et méchants stéréotypés, rien je n’ai rien trouvé à ce livre….

Seul les passages flashbacks sont intéressants, le reste on lit mais sans grand bonheur.

Etonnant auteur qui fait très fort avec sa trilogie chez Ombres noirs et qui se vautre avec ce livre lamentablement….

Déception quand tu nous tiens.

On attend donc quand le voudra bien les éditions ombres noirs son dernier qui doit clore.

En attendant je vous le déconseille

http://www.encoredunoir.com/2015/04/du-sang-sur-l-arc-en-ciel-de-mike-nicol.html

Je vous mets l’avis de Yann qui pense exactement le contraire de moi, comme quoi…..

 

 

Le Cap, de nos jours. Fish Pescado, détective privé de son état, aime avant tout surfer, et passer du temps avec Vicki. Mais il faut bien gagner sa vie. Il accepte d’enquêter pour le compte de sa belle amie, brillante avocate le jour, féroce joueuse de poker la nuit. Cadeau empoisonné. Car cette affaire – un jeune homme tué accidentellement alors qu’il assistait à une course de dragsters – a des ramifications qui remontent aux sommets. de la police. Comprenez l’ex directeur national, qui a des vues sur Vicki, mais surtout de sales antécédents, liés aux sinistres hit squads et à toutes ces choses du passé que la nouvelle « nation arc-en-ciel » ne veut pas voir apparaître au grand jour. Au bout d’un moment, Fish et Vicky ont bien du mal à différencier les bons des méchants. Et à savoir qui veut leur peau. À coups de scènes fortes ou insolites – le vol des cornes d’un rhinocéros dans un musée – et de dialogues percutants, Mike Nicol dresse un tableau hyperréaliste et peu reluisant du Cap : magouilles, corruption, trafic de drogue. Voilà une plongée saisissante dans la confusion morale qui règne aujourd’hui au sein de la société post-apartheid, inspirée de faits avérés. Né en 1951, Mike Nicol vit au Cap. Journaliste, éditeur, auteur anglophone de romans non policiers traduits au Seuil dans les années 1990, il s’est tourné ensuite avec bonheur vers le polar dur. Killer Country, deuxième titre de sa trilogie « Revenge », a été publié en septembre par Ombres noires. De l’avis de tous, dont Deon Meyer, il est le digne dauphin de ce dernier sur un territoire en constante expansion : le polar sud-africain.

 

Prime time de Jay martel by JC

 

Je voudrais tout d’abord présenter mes excuses à l’auteur et à l’éditeur de ce livre. Je suis parfaitement conscient des difficultés à écrire et à éditer un roman, je sais tout le travail et l’investissement que cela représente… mais je vais devoir, par honnêteté, dire tout le mal que j’en ai pensé.

L’idée de base est originale : nous, terriens, sommes les acteurs malgré nous d’une émission de téléréalité diffusée dans la galaxie toute entière. L’univers se gausse de nos travers, de nos petites vies insignifiantes… Mais le programme perd de son intérêt (et de son audimat), si bien que les producteurs décident de détruire la terre pour clôturer la série en beauté !

Malheureusement, ce livre a plusieurs défauts. Le premier provient du fait que l’auteur, scénariste de métier, écrit un scenario plus qu’un livre, au sujet d’une histoire de scénario. Oui, il y a répétition, et c’est ce qui ressort du livre au premier abord : un livre écrit par l’auteur, au sujet de l’auteur, et surtout pour l’auteur. Le héros n’est d’ailleurs, me semble-t-il, d’après les descriptions et après avoir vu les images sur internet, que l’auteur lui-même. Narcissisme ?

Deuxième défaut : je comprends le besoin d’attirer le chaland, de créer le buzz, l’attention… Je comprends la nécessité du name-dropping, des références à tout-va. C’est sûrement notre société qui veut cela et le besoin de tirer un maximum de profits de tout ce qu’elle produit. Mais de là à vendre ce livre orné d’une bannière « HILARANT ! » !? Selon le très célèbre Michael Moore qui plus est ?! (si c’est vrai, j’ai connu Mr Moore mieux inspiré…). Je crois avoir souri deux ou trois fois en 150 pages. Hilarant ?! Please ! comme on dit au pays de messieurs Martel et Moore.

Troisième défaut : (et non des moindres…) une fois les personnages et l’intrigue posés, le peu d’amusement a laissé la place à l’ennui. Je n’ai finalement pas trouvé la force de tourner la 151ème page et d’aller au bout des 472 pages que représentent en réalité ce roman.

Voilà, encore toutes mes excuses à l’auteur, mais je n’ai pas pu. Trop lourd, pas d’intérêt, pas drôle… Des personnages peu intéressants, une intrigue qui tourne très rapidement au mauvais scénario de série B… Ceci n’est bien sûr qu’un avis personnel qui n’engage que moi. Peut-être ai-je eu tort de ne pas aller au bout et ai-je raté un grand moment de lecture, je laisse juges ceux qui tenteront l’expérience.

 

Le petit Royon (chroniqué quelques semaines plus tôt) est tellement plus drôle et plus agréable…

La rentrée, mais laquelle ?

celle ou il faut acheter des sapes, des cartables aux gosses, la rentrée des factures impôts et compagnie, la rentrée littéraire ?

La rentrée littéraire, on m’a fait part que j’avais fait un petit article sur la rentrée, petit…

Bah oui, petit, car j’ai beau scruté et avoir reçu des livres,  pas grand chose a retenu mon attention

Par contre en octobre je peux déjà vous parler du dernier  Nick Toshes, pour ceux qui connaissent, grand musicologue et formidable écrivain lire par exemple

Lorsqu’un déjanté comme Nick Tosches rencontre La Divine Comédie de Dante, cela donne un livre inqualifiable, détestable et génial, immoral et sublime, aussi puissant que le mariage de William Blake et James Ellroy.
Bienvenue en enfer.

« Un écrivain extraordinaire. » Hubert Selby, Jr.
« Tosches est le Norman Mailer de l’après-Elvis… Un Nom de la rose mâtiné de Sopranos qui serait joué par Dennis Hopper. » Village Voice
« Outrageusement ambitieux. » Publishers Weekly
« Un de ces rares écrivains qui peut à la fois séduire, choquer, exalter ou offusquer. » New York Times

voilà un livre que j’ai eu un grand plaisir à lire il y a plus de 10 ans, mais attention un livre assez difficile.

Sinon on m’a soufflé un prochain Lehane qui vient clore sa trilogie, un Martin Waytes chez rivages aussi qui m’a l’air ambitieux…

Sinon j’ai beau scruter, je ne vois pas grand choses d’autres, si ce n’est des livres sur l’Espagne franquiste, qui vont me gonfler.

Ah si Asphalte nous promets un excellent livre de Guillermo Saccomanno

voilà, moi je viens de finir la quête de Wynne après le joe r Lansdale, et là pareil c’est une bombe.

en parlant de bombe je suis entrain de lire le premier A Damasio….on en reparle prochainement

allez méfiez vous des imitations ^^

 

LÀ OÙ VONT LES MORTS de Liam McIlvanney chez Métailié Noir

La collection Métailié NOIR sort des polars qui sont toujours ancrés dans la réalité du pays qu’ils ont pour  théâtre et c’est très appréciable parce qu’ils permettent un enrichissement personnel sur des coins du globe éloignés et…proches qui nous sont complètement étrangers et comme ils n’éditent pas de polars ricains, Métailié noir c’est une garantie de nouveaux territoires de polar. Bien sûr, ils ne sont pas les seuls à le faire mais leur catalogue est plutôt de belle qualité…

Cap sur l’Ecosse donc, allez, un peu de « celtitude » certainement, peut-être moins relou que chez les Irlandais. Alors, en me renseignant sur l’auteur, j’ai vu que c’était un « fils de », vous savez cette caste de privilégiés qui hantent les mondes artistiques (entre autres) et gravissent les marches beaucoup plus vite que les autres afin de montrer au monde ébahi leur talent, quand talent il y a  parce que ce n’est pas héréditaire le talent non plus. Bref, Liam (on va simplifier) est le fils de William que je n’ai pas l’honneur de connaître mais dont j’ai lu qu’il écrivait des bons polars avec comme héros l’inspecteur Laidlaw de Glasgow dans une trilogie rééditée récemment chez Rivages. Liam McIlvanney  est actuellement professeur en Nouvelle Zélande mais nul doute qu’il connait bien Glasgow pour nous en parler de la sorte. Ce roman est la suite de « les couleurs de la ville » mais, comme moi, on peut très bien lire celui-ci sans avoir lu le précédent. Par contre, cette lecture vous dévoilera quand même le coupable de la première histoire. Voilà vous savez et vous pouvez très bien faire votre choix de lire celui-ci et je serai bien incapable de vous aider concernant la valeur du premier.

« Après trois années dans la nature, le baroudeur Gerry Conway est de retour dans son bureau duGlasgow Tribune. Mais trois ans c’est très long dans la presse et les temps ont changé – les lecteurs sont de moins en moins nombreux, les budgets très serrés et l’éthique jadis rigoureuse du journal part à vau-l’eau. Avant, il était le reporter-vedette du journal mais à présent il est dans l’ombre de son ancien protégé, Martin Moir. Mais lorsque Moir est porté disparu au moment où une grosse affaire explose et qu’on découvre son cadavre dans une carrière inondée, l’enquête entraîne Conway au plus profond des bas-fonds de la ville. Bravant l’hostilité des gangsters, des politiciens ambitieux et des propriétaires de son propre journal, Conway s’aperçoit qu’il a encore suffisamment de ressources pour faire sortir un gros scoop. Mais tout le monde n’a pas envie d’entendre cette histoire alors que la ville se prépare à accueillir les Jeux du Commonwealth à la veille du référendum sur l’indépendance de l’Écosse. »

 

Il y avait un petit moment que je n’avais pas lu un polar qui ne soit pas une pyrotechnie de violence bien souvent gratuite avec de la meth à tous les étages. Avec McIlvanney, l’ambiance est lourde mais la violence reste le plus souvent tapie et il ne faut pas s’attendre à de multiples fusillades ou actes de violence. D’une part, on change de continent quand même et d’autre part, on n’est plus dans le même monde. Ici les marcels des paumés ricains sont remplacés par les costars des politiciens et des  chefs de gangs. Tout au long du roman, se verront les accointances, entre les deux versants soi-disant diamétralement opposés de la vie publique de Glasgow, ville la plus violente du Royaume Uni (devant Belfast).

Comme chez Thórarinsson , également chez Métailié, nous suivons le parcours d’un journaliste, son enquête et sa vie d’homme. Si on ne trouve pas chez  McIlvanney , la dose d’humour présente dans les romans de l’Islandais, par contre ses explications sur la vie politique, économique,sociale et ses acteurs sont beaucoup plus convaincantes et claires. Pour qui ne connait pas la cité écossaise, c’est passionnant. Sans nous assommer, McILvanney nous en fait découvrir un peu la géographie, l’histoire, les coutumes, les habitudes d’antan comme les nouveaux comportements. Dans le souci de ne pas lasser le lecteur, il n’a pas fait dans la surenchère concernant le nombre de personnages politiques et la situation explosive pour la ville à l’époque (2012) avec les jeux du Commonwealth et le référendum sur l’indépendance est très bien rendue,aisément compréhensible et complètement inédite en ce qui me concerne.

Des moments plus intimes aussi avec le chagrin et surtout l’incompréhension nés de la disparition de son ami et collègue Martin. Cette recherche de la vérité donne une couleur plus personnelle, plus intime au roman tout en nous montrant le monde de Gerry, sa famille reconstituée, ses interrogations de père éloigné, sa nouvelle compagne, ses problèmes au journal, le lent et irréversible déclin du quotidien, son amour du Celtic(Glasgow c’est aussi le Celtic contre les Rangers), les concours de cornemuse de son fils (masochisme de la part des parents ou perversité de l’enfant ?)…

En vert et blanc les sympathiques fans du Celtic et en bleu les joyeux lurons des Rangers.         Photo le Guardian.

 

Alors, bien sûr, vous lirez, je vous le souhaite, de bien meilleurs polars cette année mais celui-ci, sans être génial ni réellement surprenant en est un bon, bien écrit, bien documenté avec une histoire qui tient debout dans une ville de Glasgow, dangereuse héroïne du roman.

Wollanup.

Une version très écossaise du football à travers des morceaux de poésie extraits des derbies entre les deux clubs de glasgow.

 

 

 

 

 

 

Les dames blanches – Pierre Bordage (L’Atalante)

Jusqu’où l’espèce humaine serait-elle prête à aller pour prétendre se sortir d’un mauvais pas ? A quelles extrémités les gouvernants se résoudraient-ils pour tenter de garder une mainmise apparente sur un phénomène inexplicable ? Pierre Bordage nous ouvre dans Les Dames blanches les portes d’un monde moribond qui, pensant travailler à sa survie, accélère sa destruction et perd irrémédiablement son humanité. Poignant, épatant et bluffant… Mais surtout effrayant.

La journée a commencé comme toutes les autres pour Elodie, mais ce matin, elle ne prendra pas sa douche, ne déposera pas Léo, trois ans et quelques mois, chez sa nourrice, ne se rendra pas au travail. Elle est en effet la première personne au monde (après Léo, qui n’est plus là pour en parler) à avoir vu cette grosse sphère blanche qui s’est « déposée » pas très loin de chez elle ; une sphère qui a « absorbé » son petit garçon, lui-même première victime d’un incommensurable décompte d’enfants de moins de quatre ans aspirés par ces « dames blanches », telles qu’elles sont rapidement surnommées. Disséminées à travers le monde, elles semblent ne venir de nulle part mais colonisent la Terre avec une fréquence et une régularité qui effraie, d’autant que chaque nouvelle sphère engendre des disparitions d’enfants. Sans que personne ne sache ce qu’elles sont réellement, elles deviennent tout à la fois banales et redoutées, habituelles et effrayantes. De nombreuses méthodes pour les analyser puis les détruire sont testées par les autorités du monde entier, sans résultat. Elles continuent de s’implanter puis de grossir sans qu’il ne soit possible de les comprendre ou d’anticiper leurs « réactions ». Pourtant, en Inde, le gouvernement choisit de passer la ligne rouge et d’utiliser la seule certitude que le monde ait à leur propos : puisque les dames blanches absorbent les enfants de moins de quatre ans, pourquoi ne pas les envoyer délibérément vers ses sphères avec des moyens de communication, ou mieux des ceintures d’explosifs, pour les détruire de l’intérieur ? Des orphelins sont choisis, et l’expérience montre que les sphères réagissent (même si elles ne disparaissent pas). Rapidement, l’explosion de leur nombre à travers le monde tarit le premier « vivier » des gouvernements ; la loi Isaac est alors proposée aux citoyens : il s’agit, pour chaque famille, « d’offrir » l’un de ses enfants pour les envoyer, ceinturés de bombes, se sacrifier. Cette loi va-t-elle vraiment être votée ? Quelles en seront les conséquences sur les populations qui, des dizaines d’années après les premières apparitions mystérieuses, ne constatent aucune avancée pour la connaissance de ce fléau pour lequel elles sacrifient tant ?

Pierre Bordage nous livre un récit apocalyptique et étrangement familier dans lequel les hommes se livrent, au nom d’une cause qu’ils jugent « bonne », aux pires exactions. Si nous suivons les destins de personnages et de familles dans leur vie avant et après l’apparition des dames blanches, nous suivons surtout les égarements d’une humanité qui, ne sachant que faire pour tenter de toujours se croire supérieurement intelligente, perd ses valeurs et ce qui faisait sa beauté. Avec effroi, nous regardons ces hommes et ces femmes renoncer à leurs valeurs, à leurs proches, et se parer de certitudes tricotées de toutes pièces par des individus qui s’exemptent eux-mêmes des devoirs qu’ils imposent aux autres. Cela vous rappellera peut-être quelque chose, mais quoiqu’il en soit vous sortirez de cette lecture vaguement nauséeux, voire complètement dégoutés, et remercierez Pierre Bordage d’avoir eu le cran et le culot de nous balancer cette état de fait, et l’intelligence avec laquelle il nous permet de nous rendre compte de ce qui nous entoure. Les fanatismes de tout poils en sortiront quant à eux probablement un peu affaiblis … une goutte d’eau, mais une goutte d’eau bienvenue et salutaire. Merci Pierre.

Sweetie.

Superbe huis-clos avec George R R Martin chez Hélios

Le Volcryn

de George R. R. MARTIN

« J’ai senti cette chose dès mon arrivée à bord. Et cela empire. Cela me poursuit dans mes rêves. Il y a quelque chose de dangereux et d’étranger, Karoly, d’étranger ! »

 

Depuis des temps immémoriaux, les volcryns traversent la galaxie. Personne ne sait d’où ils viennent, où ils se rendent… ni même ce qu’ils sont vraiment.
Karoly d’Branin est bien décidé à être celui qui percera ce mystère. Entouré de scientifiques de talent, il embarque sur l’Armageddon. Mais bien vite les tensions s’accumulent. Quelle est cette menace sourde qui effraie tant leur télépathe ? Et pourquoi le commandant du vaisseau refuse d’apparaître autrement que par hologramme ?
Karoly est certain d’une chose : ses volcryns sont tout proches. Pas question de faire demi-tour. Quel qu’en soit le prix.
Mondialement connu pour sa série du Trône de Fer, George R. R. Martin a eu avant elle une riche carrière d’écrivain,
récompensée par de prestigieux prix (Hugo, Nebula, Locus…). Touchant à tous les genres avec le même brio, à
l’aise aussi bien sur la forme longue que plus courte, il signe avec Le Volcryn un huis clos spatial angoissant qui tient en haleine jusqu’à la dernière page.
Prix Analog 1980
Prix Locus 1981

 

Même les non adeptes de SF, peuvent s’y mettre, rien de reboutant dans ce superbe huis clos.

Roman court pour un écrivain de cette trempe, mais un tel écrivain majeur s’en sort brillement. Toute l’action se passe dans un vaisseau, ou vivent une dizaine de personnes choisis pour aller à la rencontre d’un peuple légendaire, pour enfin établir le contact. C’est la seule partie SF de la trame, le reste se passe entre dialogues et actions, narration des divers belligérants. Cet auteur n’a plus rien à prouver depuis longtemps, mais c’est avec délice que nous entrons dans ce texte datant de 1980. Roman angoissant, hypnotique avec une fin impossible à deviner…L’auteur ne nous perd pas en chemin et nous offre toutes les clefs, nous ne restons pas sur notre faim

Superbe

 

 

UN ENFANT DE DIEU de Cormac McCarthy chez Actes Sud et Points.

Cormac McCarthy a atteint la reconnaissance en France grâce au film des frères Coen « No country for old men » adapté d’un de ses romans et par un prix Pulitzer obtenu pour « La route » ainsi que l’adaptation cinématographique qui en a été faite avec un certain succès public. « Un enfant de Dieu » a fait aussi l’objet d’un film ricain en 2014 encore inédit chez nous par un James Franco qui a également adapté dans la même année deux romans de Faulkner. .. On ne présente plus McCarthy et la noirceur qui caractérise l’écrivain tant ses  écrits peignent le pire de l’humanité avec violence et sans espoir ni compromis.

UN ENFANT DE DIEU est une de ses premiers livres daté de 1973 racontant l’histoire de Lester Ballard, jeune orphelin abandonné à son destin et devenant une créature de la forêt et un tueur nécrophile.

Comme toujours chez McCarthy, c’est superbement écrit et décrit et comme toujours chez lui, c’est dur, impitoyable. Il n’y a pas d’éclaircie même pas un semblant comme à la toute dernière page de « la route » et c’est ce qui me gêne chez cet auteur et particulièrement dans ce livre qui malgré la qualité de l’histoire, malgré la beauté des descriptions et des dialogues fait du lecteur une sorte de voyeur de la barbarie humaine et ce n’est quand même pas la première fois que cela nous est présenté en littérature.

Faut-il y voir comme certains l’écrivent, sachant que le roman parle d’une histoire vraie, d’une dénonciation de la société américaine en particulier et de la société occidentale par extension et assimilation ? Pour ma part, je n’ai ressenti aucune responsabilité, ni  envie de réfléchir à la part de responsabilité que la société pouvait avoir. Tous les gamins qui connaissent des horreurs dans leur enfance ne finissent pas en monstres.

J’ai juste lu l’histoire d’un monstre racontée par Cormac McCarthy et je quitte cette histoire avec une pointe de déception.

Wollanup.

Le trésor caché depuis 1977 ou la chronique de la merveille…Ferguson

Combien de trésor sont encore à dénicher ?

L’année dernière c’est  les éditions de M. Toussaint Louverture qui nous avait offert :

http://www.unwalkers.com/litterature-idea-de-ken-kesey-le-poids-lourd-de-la-rentree-qui-ecrase-tout-mais-tout/

 

Je parle bien de trésor, de livre puissant indicible. Il est évident que nous avons eu une année riche : DOA, Meyer, d’autres, mais celui-ci est n’est pas comparable, une telle intensité, une écriture, une histoire, un roman qu’on peut cataloguer comme un classique hors âge. Les autres vieilliront ils aussi bien ?  Je reste dubitatif  ….

De nouveau je suis encore un peu déçu par l’obligation d’étiqueter ce livre. On parle de nature writing, la mode peut-être, il faut vendre ?   Mais je pense que ce roman est juste (on vient de la dire) un grand roman qui englobe beaucoup de thèmes et ne peut se résumer  à cette seule catégorie.

Il vous faudra un peu de courage pour passer les premiers pages, car le début est un peu confus, mais de suite vous êtes envoutés par cette écriture qui vous emmène loin. Nous allons faire connaissance du Doc de Henry  et de leur fuite, ou plutôt d’ obligation de partir à la recherche d’un frère Duff. S’il y a beaucoup de réflexions, des états d’âme, il y a aussi beaucoup d’actions. Il faudra attendre la fin pour découvrir tous les secrets de cette merveilleuse  trame. Un incroyable final pour un roman époustouflant ou si les larmes vous viennent, laissez couler…..

L’auteur nous met face à face à travers l’histoire et les doutes de ces personnages, à nos propres démons, sans manichéisme, comme une vigie regardant la terre et la vie des humains

Il sera question, d’une part d’écologie, de bon sens, du poids de nos choix, d’indiens face au progrès, de fusion entre nature et hommes. et encore et encore.

Roman magistral qu’il ne faut pas louper écrasant sauvagement ce qu’on a pu lire avant. tout va sembler fade un bon moment après cela…..tiens je vais peut être me mettre au macramé et lire un Levy ou un Musso….ou un Pankol, histoire de….

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