Avant tout,je remercie, les éditions Fleuve noir, pour leur gentilesse
et surtout l’auteur, que j’avais rencontré, sur un salon, on se fait donc une inter en 2 fois avant la sortie de Gataca le 14/04/2011.
1 Shako le retour, avec un autre de vos personnages, une demande des lecteurs, une envie forte de l’auteur, ou est ce la fin des 2 personnages dont vous allez vous débarrassés à travers ce diptyque ?
Au départ, je n’avais pas prévu de faire revenir Franck Sharko et Lucie Henebelle. Au moment de l’écriture de « La chambre des morts », Lucie n’était qu’un personnage comme un autre, née au début du livre, et dont l’existence s’arrêtait à la dernière page. Idem avec Franck Sharko et « Train d’enfer pour ange rouge ». Ensuite, je me suis aperçu, lors de rencontres, que les lecteurs voulaient en savoir plus sur ces personnages. Quel était leur passé, leurs obsessions profondes ? Comment allaient-ils évoluer ? Je me suis dit « Pourquoi pas » et en ai fait des personnages revenant dans une histoire (pas encore vraiment « récurrents », mais presque !). Je les avais un peu abandonnés, depuis quelques années, gardant en tête qu’ils reviendraient. Avec le Syndrome E, il me fallait deux flics, car deux points de vue. Je voulais reprendre l’un de ces personnages, l’entraîner dans une troisième enquête (ils apparaissaient chacun dans deux livres). Alors, je me suis dit : pourquoi ne pas les réunir ? Cela satisferait, de plus, l’ensemble des lecteurs qui suivaient soit l’un, soit l’autre de ces personnages.
Par contre, je ne me « débarrasserai » pas de ces personnages, je compte au contraire les faire revenir dans d’autres aventures, car c’est un couple qui fonctionne bien.
2 On a du mal à le reconnaître Sharko au départ, votre volonté de l’affaiblir à l’extrême au profit de la jeune Lucie ?
Sharko n’était plus apparu dans une histoire depuis Deuils de miel, en 2005. Il a donc vieilli de cinq ans. En cinq ans, les gens changent, évoluent, surtout ce flic avec un si lourd passé. Sharko est tourmenté, il vit avec des fantômes, des souvenirs douloureux. Il a beau avoir de la carcasse, il ne peut pas résister indéfiniment. Donc oui, il est affaibli, mais c’est logique. Lucie sera là pour l’aider, le soutenir, lui redonner espoir. Dans Gataca, c’est l’inverse qui se produira. Et, pour en revenir à Sharko, disons que par rapport à son état dans Gataca, on peut dire qu’il est en pleine forme dans le Syndrome !
3 Combien de temps de préparation pour ce diptyque, c’est énorme la masse d’informations que vous avez du avalé et retranscrire ?
Les deux romans sortent à six mois d’écart, mais je prépare ce diptyque depuis janvier 2009, progressivement, car en effet, la quantité de doc est impressionnante. Les domaines à traiter sont complexes, divers et variés. Je pense ne jamais avoir lu autant de livres que pour la préparation de Gataca, car le roman aborde un domaine que je ne connaissais absolument pas : la biologie évolutive, qui essaie d’expliquer, grosso modo, le pourquoi et le comment de la Vie. C’est une discipline précise, qui exige de nombreuses interrogations et difficile à retranscrire dans un thriller. Comment parler de Darwin dans une enquête policière contemporaine ? Comment intégrer la sélection naturelle dans le travail des enquêteurs, sans que cela fasse « plaqué » en surcouche de l’histoire ? La vulgarisation scientifique est un exercice délicat, car il faut faire passer les messages scientifiques sans que cela ne se voit trop. L’un de mes buts principaux est que le lecteur, en plus de passer un bon moment de lecture, ressorte intellectuellement enrichi.
Voilou la suite, dans 1 semaine et demi, avant la sortie de son prochain livre





