avr 29

Quand on aime bien on veut en savoir plus sur l’auteur suite chronique « 3 jours à tuer » voilà l’auteur en entretien :

1 écrire votre métier ?

J’aimerais bien, mais 200 000 lecteurs me séparent encore de cette entreprise rentable. En attendant je gagne presque honnêtement ma vie en tant que réalisateur pour des sujets magazine à la télévision (Zone Interdite, Envoyé Spécial)

2 ce livre, exutoire de votre passé ou du présent ? Où une trame venant de la fin fond ?

Exutoire des émotions ressentis à la vision des films de David Lynch. En écrivant, j’avais des apparitions de « Bob » le meurtrier de Laura Palmer, dans la glace de mon salon. Je me laissais porter cette excitation malsaine et jubilatoire. Et puis, je dois être l’unique parisien, socialement intégré, à se repasser en boucle des vidéos internet de dépassements stratosphériques sur autoroute. Un mix de ces grosses cylindrées et de l’univers lynchéen a conduit à « Trois jours à tuer », roman que je ne m’explique pas mieux que cela. Mais j’ai aussi adoré ne rien comprendre à « Mulholand Drive » et le regarder ce soir encore.

3 les sécateurs c’est pour les roses fanés ou on peut sans servir sans distinction florales ?

Pour les roses fanées, préférez le scalpel. En revanche, rien de tel qu’un sécateur pour couper un doigt boudiné. Tout est une question de mesure.

4 cette démonstration de non manichéisme, une manière d’écrire ou de vivre ?

Le manichéisme supposerait de séparer l’univers en deux. Trop d’êtres parallèles nous habitent pour nous contenter d’un simple double. Mon héros, Maximillion Cooper, en est déjà certainement à sa 8eme vie. Pourtant, il est déjà mort.

5 Maximillion Cooper c’est un peu de nous, et pour vous ?

Maximillion Cooper a un grave souci d’identité, il ne saurait se définir. Pour compenser ce vide du moi primitif, il s’octroi la vie des autres. Il est un copier/coller de fragments de vies qu’il fuit aussitôt. Au final, il se crée ainsi une unité, son surmoi tiendrait presque la route. Comme nous tous, bien sûr.

6 l‘enfance évoqué dans ce livre, peut on parle du syndrome Peter pan dans votre livre ?

Oui, et il ne fait pas bon transposer des aspirations d’enfants, sans limites émotionnelles ni cadre social, dans un corps de trentenaire d’1 mètre 85 avec des mains de boucherons et une voiture de 1001 chevaux. Maximillion Cooper n’est plus à l’âge de l’irresponsabilité pénale, il mérite toutes les prisons du monde. Pourtant, il se vit toujours comme un garçonnet. Ne croisez pas trop son chemin.

7 bon, j’ai adoré ce livre, mais j’ai toujours pas tout saisi, l’ombre etait voulu, ou suis je doté d’un QI d’huître ?

Si vous avez adoré ce livre, vous n’avez pas un QI d’huître, parce que je l’aime bien aussi ce livre. L’ombre était plus que voulue, le roman est intégralement en ombre, disons même pour faire un bon mot que Maximillion Cooper ne vit qu’à travers l’ombre chinoise de son double. Vous pouvez éteindre la lumière.

8 le twist final est saisissant, pas vu venir, c’etait l’idée de base, ou tout s’est déroulé dans l’ordre ?

C’était bien l’idée de base, le nerf de la guerre, la raison d’écrire. Dans mes précédents romans, beaucoup moins noirs, je n’ai jamais pu m’empêcher d’évoquer la schizophrénie des personnages. Comme si avoir ses doubles était parfaitement naturel, même dans des romans contemporains, urbains, légers.

Je suis fasciné par les dédoublements de personnalités. Au point d’adorer un film très moyen comme « Dédale » avec Lambert Wilson et Sylvie Testud. Ou des nanars comme « Identity ».

9 avenirs livresques ?

Que ce roman atterrisse sur le bureau de David Lynch ou de Gaspard Noé, qu’ils veuillent en faire leur dernier film et que je devienne très riche.

Après, je rachète les éditions du Diable Vauvert et j’impose toutes mes vues à mon éditrice. Jusqu’à la décoration de son hall qui est trop axé à mon goût sur la tauromachie.

Les remerciements vont à  Anne et Julien ……et l’auteur bien sur

By Holden

avr 29

Comme les Comments ne sont pas lus,  je la met en exergue, Sainte coquille priez pour moi et par ce que cette réponse est constructive et intéressante :

Bonjour,

Je vois que vous vous permettez un jugement très « à l’emporte pièce » concernant le roman de Cyrille Richard, permettez-moi à mon tour une remarque : lorsque l’on a la prétention de donner son avis sur le travail des autres -et je ne sais pas si vous avez les capacités intellectuelles et la force de travail pour dépasser laborieusement l’écriture de quelques lignes- on a la décence de se relire et de se corriger avant d’arroser le monde d’une prose revancharde et bourrée de fautes.

Je ne vois pas l’intérêt de votre chronique, elle n’apporte aucun éclairage particulier, aucune piste de travail pour l’auteur, ne s’inscrit dans aucun courant de pensée ; bref, après quatre mois vous arrivez à pisser quelques lignes comme tout mauvais chroniqueur qui ne sait faire qu’une chose : tenter de justifier sa présence polluante par le biais d’un billet sans saveur ni la moindre qualité au niveau d’une critique construite. Vous n’êtes pas assez célèbre pour que vos états d’âme touchent les lecteurs, et votre critique n’est que cela, un vague avis personnel sans consistance.

Bien cordialement

Laurence Schwalm

Alors je dois de répondre……..soit

Oui aux fautes de français, oui à la précipitation et oui j’aurai dû me relire, je commence par un mea culpa par l’article, et là aussi.  Après je comprends votre colère, mais comme  je l’indique, je vous donne à vous et à l’auteur un droit de réponse. Alors mettre en doute mes capacités et ma force de travail pour arroser de ma prose revancharde, là je dis non, Madame pour la prose revancharde, quand à mes capacités et ma force de travail  je dis oui, je ne le suis pas …

Donc prose revancharde, pourquoi ? Quelle revanche ? Sur vous l’auteur ? Je ne vous connais pas,  une revanche sur la vie, sur ma vie qui s’établirait contre vous…, non, serai je alors un écrivain raté peut être,  un homme aigri qui aimerait faire du mal pour son ego ? Non plus ! ! ! , alors il va falloir m’expliquer, si il vous plait.

 De plus je ne descends pas ce livre, si vous regardez les liens, d’autres critiques d’autres sont plus durs.

Quand à ma présence polluante Madame, et quand je pisse comme tout mauvais chroniqueur qui tente de justifier sa dite présence et qui n’est pas célèbre pour que mes états d’âmes puissent toucher d’autres lecteurs et que ma critique est un avis personnel sans consistance, je vous dis oui encore Madame. Oui ma critique est avis personnel, un avis ce n’est pas perso ? Attendez mon QI d’huîtres

Par contre je comprend pas ce que font ici mes état d’âme, la célébrité c’est quoi ? Quand à l’avis il est bien souvent personnel, sans consistance, oui surement je laisserai les gens juger.

 Comme je ne  suis pas le seul chroniqueur de ce site,  alors je vais le faire tourner aux autres, et voire leur verdict.

bon et comme on va pas y passer la nuit, le post pftttttttttttttt dans 3 heures

avr 29

Mea culpa, d’abord cette chronique aurait du sortir depuis 4 mois, alors mes excuses aux éditeurs et à l’auteur

Livre reçu en PDF

J’ai tronqué la trame elle raconte le roman en entier :( ((((((

  

 Paris, été 2008. Une patrouille de police découvre un cadavre mutilé dans un immeuble désaffecté du XVIII ème arrondissement. Le Capitaine Liener et sa Brigade des Affaires Étranges prennent en charge l’investigation et mènent une enquête aux frontières occultes et criminelles. Un ennemi puissant, invisible, presque intouchable, manœuvre dans l’obscurité et les secrets. Les talents guerriers, scientifiques et mystiques des trois lieutenants de la Brigade suffiront-ils à résoudre tous les mystères, à vaincre tous les périls ? À moins que les démons de Liam Liener ne les précipitent dans une ombre

des liens des chroniques :

http://www.livresque-du-noir.fr/2011/01/resurrection-par-cyrille-richard/

http://laculturesepartage.over-blog.com/article-resurrection-de-cyrille-richard-67215078.html

http://www.feedbooks.com/item/42672/r%C3%A9surrection

 
elles sont toutes bonnes, alors la mienne ?
 
On y était presque, jolie galerie de personnages tres fouillée,  du sexe inhabituelle, une bonne intrigue, tout etait reuni pour faire de ce premier livre, un bon bon roman.
Mais voilà, l’intrigue se mord la queue, tourne en rond et devient banal, comme un thriller.
Suis je trop exigeant, oui chef, mais bon le niveau de l’ecriture française est montée d’un emorme cran, alors, voilà.
Je reste à la disposition de l’auteur pour une inter et pour le reste et de son éditrice.
 
By holden
 
avr 28

avant son prochain » la nuit la plus longue » en Mai chez Rivages un de ses meilleurs écrit après Katrina, l’ouragan pas la tsarine….

une présentation de Sir Robichaux

Par the Undead
Il y a une dizaine d’années, la supériorité du cinéma sur les séries télé ne faisait aucun doute. C’est sur grand écran que s’étalait la crème des comédiens, sur des scénarii de qualité mis en scène par les meilleurs réalisateurs.
Et puis, ces dernières années, la tendance s’est inversée. J’ai remarqué que je prenais plus de plaisir avec des héros récurrents, qui s’étaient déjà imposés à mon imaginaire.
C’est finalement pareil en littérature, où je n’apprécie rien tant que me refondre dans un univers dans lequel je me sens bien.

Comme bon nombre de grands écrivains, James Lee Burke est un poète. Certes pas l’un de ces romantiques exhibitionnistes que Desproges a si bien décrit dans l’une de ses réquisitoires, mais lorsque l’auteur évoque la Louisiane d’antan, où les Cajuns communiaient autour de marmites de gros riz brun sur fond de pacaniers en fleurs, on se prend à rêver d’être partie prenante de ces temps d’insouciance, une accorte demoiselle, resplendissante dans sa robe de coton, à son bras et le soleil couchant sur la grande salée pour tout horizon.
Mais la Louisiane partiale que se remémore Dave Robicheaux, flic intermittent et ancien poivrot à temps plein, a bien changé, bradée par une poignée de notables dont le cynisme a fini par avoir raison de l’innocence.

Accompagné d’une galerie de personnages attachants parmi lesquels le fidèle Cletus Purcel, le héros, chevalier à la droiture d’une autre époque, dispensera jusqu’à ses dernières forces pour que triomphe la justice.

The undead

avr 28

 By holden

Onze ans nous séparent de notre dernière rencontre avec Patrick et Angela, comme pour nous, la vie les a fait avancer.  Les revoir les retrouver fait chaud au coeur, même si c’est juste pour 384 pages…..
Tout était pourtant là pour que ce roman soit merdique, une suite improbable à Babys Gones, l’auteur n’avais pas repris ses personnages depuis 1999 et avait écrit le fabuleux pays à l’aube, alors,  alors ?
Que pensez de ce retour, du commerce ? , un pied de nez ? L’auteur voulait en finir avec ces personnages ?

En finissant les derniers pages de ce roman je peux juste vous assurer et certifier que c’est encore une réussite de l’auteur, une grande réussite.
Les répliques cyniques, les descriptions de Boston, le regard sur l’Amérique contemporaines, les ravages de l’économie, et sons sens de l’intrigue panaché par son écriture hors classe tout est là, du grand Lehane encore et oui encore.
Buba est de retour aussi, seul clocher n’est plus là…et il y a de nouveaux arrivant ! ! ! ! Mais chut, je vous laisserai découvrir tout cela le 5 mai.

Puis nous étayerons notre chronique, patience le livre est bientôt disponible.

Traduit de l’Anglais (Etats-Unis) par Isabelle Maillet

Genre : Policier
Collection : Rivages/Thriller
Grand format | 384 pages. | Paru le : 04-05-2011 | Prix : 20.00 €

Editions : Rivages

Patrick Kenzie et Angela Gennaro ne sont plus détectives privés. Patrick travaille pour une grosse société de surveillance qui refuse de l’embaucher définitivement car il n’est pas assez « lisse » pour son patron. Il est toujours consumé par la colère face aux injustices et c’est peut-être cela – ainsi que la culpabilité – qui le pousse à accéder à la demande de Beatrice, la tante d’Amanda McCready. Douze ans plus tôt, Angie et lui avaient enquêté sur la disparition de la petite Amanda, mais le fait d’avoir retrouvé l’enfant s’était soldé par un fiasco humain. Selon Beatrice, Amanda, aujourd’hui âgée de 16 ans, a de nouveau disparu et elle est peut-être en danger…

Comme Gone, Baby, Gone, Moonlight Mile est un roman totalement contemporain qui dépeint une Amérique en proie à une grave crise morale et sociale. L’auteur de Mystic River et de Shutter Island n’a rien perdu de son art de la métaphore, des dialogues incisifs et des scènes choc. L’art de faire palpiter la vie à chaque page.

« Lehane mérite de figurer dans la liste des romanciers américains les plus intéressants et les plus accomplis, tous genres confondus. » (Washington Post Book World)

« Mr Lehane nous donne une démonstration spectaculaire de l’art d’emmener le lecteur exactement là où il le veut. » (New York Times)

avr 27

Cette histoire de gens qui vivent ‘chez vous’, affabulation  pour la trame ou constat avère ?

Un écrivain est un peu comme une éponge: il aspire ce qui se passe à sa portée et le régurgite par la suite. Comme pour toute fiction, il faut une base ancrée dans le réel sinon ce n’est pas crédible. Un personnage totalement fictif, une situation complètement inventée ont toutes les chances de ne pas “faire vrai” dans un bouquin, aussi bien écrit soit-il. C’est un peu comme pour le mensonge, dont on sait qu’il n’est jamais aussi bon que s’il est à moitié vrai. Alors pour cette histoire de “squatteurs sociaux”, en fait je suis parti d’un fait divers authentique qui m’avait marqué en son temps, à savoir un clandestin qui vivait chez quelqu’un pendant son absence et qui se tenait planqué dans un placard le reste du temps. C’était à Tokyo si ma mémoire est bonne, et l’article disait que le phénomène avait tendance à prendre de l’importance eu égard à la pénurie de logements. Le reste, l’intrigue, les personnages, comme chez la plupart des écrivains se sont mis à vivre par eux-mêmes. On leur insuffle la vie, certes, mais ensuite ils ont leur propre existence. C’est en les écoutant et en les laissant nous guider que le roman se construit vraiment.

Votre parcours livresque , le futur en somme ?

Mon futur dépend en partie de mon éditeur actuel, Coups de tête, chez qui j’ai trouvé une équipe soudée et dynamique, motivée et efficace, avec des titres et des auteurs qui offrent une véritable unité malgré les différences de style. Dans les idées, le langage, la vision du monde, j’ai vraiment l’impression d’avoir rejoint une “écurie”, une “team”, et c’est devenu si rare aujourd’hui que j’espère bien poursuivre chez eux. Le manuscrit de mon prochain roman est d’ailleurs entre leurs mains et la décision de le publier ou non ne devrait pas trop tarder. Il se nomme Nigrida et c’est une histoire qui reprend en partie certains thèmes et même certains personnages d’Otchi Tchornya. Pour autant l’histoire n’a rien à voir, puisqu’il s’agit d’une mystérieuse énigme à décrypter qui mène à une course au trésor se déroulant à Madagascar. Il y a quand même des pirates, des anarchistes et d’autres mystères que je ne peux pas dévoiler.

Et puis pour le travail en cours, je suis en période préparatoire d’un roman qui se passera dans l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon, que je ne connaissais pas il y a peu mais qui m’a fait l’honneur de m’inviter pour y recevoir le prix littéraire de l’année 2011. Le lieu est tellement propice à l’isolement – toujours mon idée de retrait du monde – que les personnages que j’avais déjà en tête au moment de ma visite ont décidé d’y élire domicile. Alors je les laisse faire et je les écoute, on verra bien où ils me mèneront…

Vous avez aimé l’inter, moi j’ai adoré, et découvert « un personnage », un humain, je vous remercie Monsieur, ainsi que Sarah de « coup de tête éditions, » un grand grand merci

by holden

avr 27

La mort est très bien décrite philosophiquement parlant, le reste aussi, des années de réflexion ?
Ce ne sont pas tant des réflexions longuement mûries que des pensées qui m’habitent, et ce depuis longtemps pour certaines. J’ai dit que je ne croyais pas que les hommes voulaient vraiment être libres, donc ça pose la question du changement: est-il vraiment possible de changer les choses dans un monde qui se satisfait somme toute assez bien de sa mauvaise condition? Non bien sûr. Partant de là, pour celui qui se sent oppressé ne reste qu’à foutre le camp. Les deux frères du roman le font chacun à leur manière: l’un se suicide et l’autre se retire de la civilisation. On n’a pas choisi le monde dans lequel on vit, mais on est toujours libre de le quitter. Par le refus, la révolte, l’insoumission, la fuite, c’est à chacun de voir.

Vous auriez pu faire 2 livres, un roman d’aventures, et un sociétales, vous vouliez un roman totale ?
Mon éditeur m’a fait faire pas mal de coupes sombres dans les passages digressifs où je fustige le monde moderne et ses travers, arguant du fait qu’il ne fallait pas rompre la dynamique de l’intrigue, qu’on voulait surtout savoir ce qui allait se passer plutôt que de se perdre dans les méandres des pensées de l’auteur. J’ai accepté parce qu’il avait en partie raison, de méchantes lourdeurs plombaient le récit. Ceci dit je me suis battu pour en laisser le plus possible parce que je pense que les personnages et l’intrigue ne peuvent pas prendre pleinement corps si on n’entre pas un minimum dans les détails. Tu ne peux pas faire se suicider un gars sans expliquer le cheminement qui l’a conduit à une telle extrémité, ça ne tient pas la route. Et le lecteur, s’il a encore quelque chose entre les deux oreilles, est tout à fait capable de le comprendre. Quant à la question du roman d’aventure, je crois que c’est simplement la vie, qui est une succession d’aventures, et parfois plus réelles que la fiction. L’intrigue, l’histoire, ce n’est rien d’autre que le reflet de l’existence, peuplée de rencontres, de rebondissements, de prises de conscience, de décisions parfois difficiles à prendre. Alors je ne sais pas si c’est un roman “total”, comme tu dis, mais c’est un roman sur la vie.

avr 27

Présentation de votre parcours d’écrivain ?
J’ai publié mon premier bouquin, des poèmes, à l’âge de dix-sept ans. Comme souvent, c’est une rencontre qui m’a mis le pied à l’étrier. C’était un prof de français, poète à ses heures, complètement imbibé de Breton et des surréalistes. En classe, on pratiquait des jeux sur le langage, comme les «cadavres exquis», il nous initiait à l’écriture automatique. Ce prof a constaté que j’avais de la facilité et c’est lui qui m’a poussé à me lancer. Ça m’a motivé et j’ai tout de suite embrayé; j’ai écrit des dizaines de poèmes, évidemment de tendance surréaliste. Lui il me conseillait, m’orientait, et à force de peaufiner et retravailler mes textes j’ai envoyé mon premier recueil à un éditeur. Il a été séduit et trois jours plus tard on signait un contrat. Ensuite il m’a trouvé des bourses du service de la culture pour les deux prochains bouquins, et c’est comme ça que j’ai commencé.
Après ces premiers pas j’ai toujours continué d’écrire, de publier, seul ou en compagnie d’autres auteurs, dans des revues, des ouvrages thématiques. Et puis je suis devenu journaliste, parce qu’il fallait bien bouffer, et j’ai levé le pied, par manque de temps et de disposition d’esprit. À ce propos, on me demande souvent, surtout les jeunes, si le journalisme aide à l’écriture. Je dis toujours que non, pour moi c’est même l’inverse. D’abord parce que quand tu t’es farci des heures de turbin à écrire pour ton canard, t’as vraiment plus envie de reprendre la plume en rentrant chez toi. Et puis l’écriture journalistique est aux antipodes de la littérature. C’est un exercice qui demande la maîtrise de l’écrit, d’accord, mais comme un simple outil. L’imagination doit être bridée – tu dois t’en tenir aux faits – et il est capital que le style soit rapide, factuel, dénué des fioritures qui habillent justement la création littéraire. En général, lorsqu’un journaliste se mêle d’écrire un roman c’est rarement bon, à moins bien sûr qu’il ne soit écrivain par ailleurs. Mais commencer par devenir journaliste en pensant que ça formera au métier d’écrivain est une erreur, souvent fatale.
Parce que Hormis le talent de départ ou la facilité d’écriture, écrire est un vrai métier. Et comme tel, il s’apprend, se développe, se perfectionne. Bien écrire consiste évidemment à maîtriser les bases fondamentales de l’outil, comme le vocabulaire, la grammaire, le style, etc. mais ensuite l’expérience personnelle, le savoir et la réflexion entrent en ligne de compte. C’est à mesure du vécu que l’on apprend son métier d’écrivain. Plus le temps passe et plus on s’enrichit, ce qui est nécessaire pour bien “habiller” un bouquin; poser une intrigue est une chose, mais vient un moment où il faut remplir les “blancs”. C’est-à-dire mettre des dialogues dans la bouche des personnages, leur donner du relief psychologique, leur prêter des pensées, poser une trame qui soit crédible. Plus tu as de vécu et plus ça aide. Écrire un livre demande du volume, et ce n’est pas si facile qu’il y paraît. Ça demande de l’entraînement, de la confiance et une histoire suffisamment riche.
Pour en revenir à mon parcours perso, c’est depuis que je me suis installé dans une île des Caraïbes, au calme, que je me suis remis sérieusement à écrire. J’ai pu me plonger dans des essais historiques et des romans qui m’auraient demandé trop d’investissement au cœur du stress de la civilisation.

Les digressions certains leur donne un coté populiste je suppute,mois je ressens plutôt un coté anarchique, façon pirate, je suis dedans ou ailleurs ?
Je pense que tu es les deux pieds dedans. J’ai horreur des étiquettes et je ne serai jamais le porte-drapeau de quoi que ce soit, mais force m’est de constater que seuls les anarchistes ont compris quelque chose à ce monde de dingues. Ce sont les seuls qui identifient le vrai problème, à savoir le pouvoir. Quand tu relis Thoreau, Proudhon, Kropotkine, Bakounine, ou plus près de nous Hakim Bey, Bob Black ou Noam Chomsky, tu es obligé de reconnaître que la seule solution pour changer les choses c’est de se débarrasser une fois pour toutes de l’autorité imposée. Les États, les politiques, qu’ils soient de gauche, de droite ou du centre, ne sont là que pour gagner, exercer et garder le pouvoir. Faire travailler les masses au profit d’une clique élitiste a toujours été leur crédo, tant chez les capitalistes que chez les communistes. Mais l’anarchisme, contrairement aux idées reçues – qui ont la vie dure parce que ça aide à foutre la trouille aux gens –, ce n’est pas le rejet de l’ordre ou de l’autorité, mais seulement de ce qui est imposé. On peut parfaitement vivre dans une société faite de micro-entités autonomes et égalitaires. Dans une structure fédéraliste, avec des élus révocables, aux mandats courts, ça marche très bien. C’était d’ailleurs comme ça durant le Moyen Âge, ou même il n’y a pas si longtemps dans les coins reculés de nos campagnes. Bien souvent, les premiers signes de l’autorité (tribunal, mairie, gendarmes) se trouvaient à des kilomètres des petits bleds, et pourtant les gens ne passaient pas leur temps à se trucider sous prétexte qu’il n’y avait pas la présence de l’État pour les protéger.
Et puis il y a eu dans l’histoire des moments privilégiés où les hommes se sont organisés en communautés libres. Des révoltés, des rebelles, des parias, qui vécurent en marge des États parce que les circonstances le permettaient. Ce fut le cas des pirates, comme tu dis, et puis des Cosaques, auxquels j’ai consacré deux bouquins pour explorer le sujet. C’est le concept que Lamborn-Wilson appelle la TAZ, ou Zone Autonome Temporaire.
Je crois à la libre association des hommes, mais elle est malheureusement toujours vouée à disparaître, soit anihilée soit récupérée, parce que les tenants du pouvoir veillent au grain et que les gens se laissent faire. Depuis les millénaires que la civilisation existe, si les hommes avaient vraiment voulu vivre liibres il y a longtemps que ce serait fait! En fait chacun prétend aspirer à la liberté, mais au final tout le monde continue de voter pour des salopards comme Bush, Chavez ou Sarko. Et pourquoi ça? La Belgique nous montre qu’on peut très bien vivre sans gouvernement depuis bientôt un an. La Tunisie nous a prouvé qu’on pouvait renverser une vraie dictature en quelques semaines seulement. La flicaille, les politiques, il suffit d’une chiquenaude pour qu’ils s’effacent devant la masse. Alors pourquoi ne le fait-on pas? Par paresse, par laxisme; c’est tellement plus confortable de se laisser guider, même par des salauds, que de se prendre en mains et de se responsabiliser… Mais comme les gens ne peuvent pas accepter cette réalité en face, ils continuent d’affirmer qu’ils désirent la liberté. Mais si tu la leur donnais ils seraient bien emmerdés et ils se refabriqueraient illico des prisons. C’est ce que j’appelle la servitude volontaire. J’y travaille en ce moment même pour un de mes prochains romans.

On se sent moins bête et plus humain à la fin du livre, fait exprès ?
Ravi de te l’entendre dire! Ben non, pas fait exprès – je ne suis ni prof ni gourou – mais tant mieux si ça marche. Quand t’écris un livre, c’est pour parler des choses qui comptent à tes yeux. Pour moi c’est la vie, les gens, les idées. Je ne cherche pas à transmettre du savoir ou du bonheur, seulement à triturer des pensées, à faire vivre des personnages, et si par ce biais il peut y avoir une communion avec le lecteur alors le but est atteint. Un jour, quand j’étais au lycée, un copain Rwandais qui avait acheté mon premier recueil de poésie, m’a dit que pendant ses vacances au pays il avait lu mes poèmes à haute voix au bord d’un oasis, avec le soleil qui se couchait devant lui et des gazelles qui gambadaient tout autour… Cette image m’est toujours restée en mémoire et je me dis depuis que si de temps en temps mes bouquins peuvent servir à ça, alors c’est tout ce qui compte.

avr 27

Arabian thriller de Barouk Salamé de « The undead »

Un bouquin qui commence par une interview dans Paris-match et se termine dans un baiser… De quoi effrayer a priori, non ?
Heureusement, entre les deux, l’auteur fait jaillir un puits d’érudition sur le protéiforme islam avec, en trame de fond, une double (voire triple) enquête menée par les duettistes amoureux : Serge Sarfaty, commissaire à la retraite, et son impétueuse compagne l’ex-colonel du renseignement pakistanais Benazir Gurasi.
Leur traque de Michael DeMaistre, fanatique bien décidé à venger les attentats du 11 septembre en s’attaquant à la Mecque, va les mener de Paris à Riyad en passant par Venise à la grâce d’une intrigue que l’auteur mène tambour battant.

Sans plus en dévoiler sur Arabian thriller, j’en ai plus appris sur le Moyen-orient et les nombreuses façons d’appréhender l’islam qu’en une trentaine d’années de journaux télé et de vie en banlieue.
Mieux encore, tout en rétablissant de courageuses vérités sur les fondements erronés des fanatiques, Barouk Salamé m’a, le temps de ce livre, poussé à me renseigner sur la kaaba, les différences entre chiites et sunnites… Seule anicroche à cet idyllique tableau, détail qui ternit à peine l’impression d’ensemble, je n’ai pas du tout accroché aux personnages.
Mais, après tout, qu’importent les bémols liés à un ressenti : dans les faits, Arabian thriller est sans conteste un sacré bon bouquin.

chroniqué par :
The undead

avr 26

Une fiancée à jamais, deux rivaux à mort, trois jours à tuer.
Entrez dans la peau d’un Ultimate Raceur lancé à 320 km/heure
à la poursuite de lui-même…

Maximillion Cooper, l’ego aussi gonflé que le moteur de sa Bugatti, n’a aucun doute : cette année il va s’offrir l’Ultimate Race.
L’Ultimate Race : 3000 kilomètres de bitume entre Paris et Marrakech, les pilotes les plus rapides, les bolides les plus affûtés, trois jours d’adrénaline. Et pour Maximillion, trois jours de rédemption, à la recherche de sa part d’humanité, à la vitesse d’un corps en chute libre.
Deux obstacles semblent pouvoir le séparer de la victoire : Kurk, le géant inuit au volant de sa Corvette, et un mystérieux garçonnet, Grégory, qui hante les couloirs de sa mémoire.
Alors que les étapes défilent, se dévoile dans l’angle mort de Maximillion, une enfance de tyran, puis une adolescence faite d’humiliations infligées par son rival et ancienne victime. Entre Maximillion et Grégory, il y a Zoé, point d’effondrement gravitationnel des deux hommes. Les rivaux enroulent leurs identités dans une fuite vertigineuse vers cette éternelle fiancée. Les univers se télescopent, les époques se superposent et Maximillion plonge Grégory dans ses souvenirs, pour une lutte à mort.
À l’issue de ces 3000 kilomètres de course dans le dédale de sa personnalité en bribes, qui prendra le dessus, l’amoureux éperdu ou le double psychopathe né d’une usurpation ?

Attention, Louis Lanher change de registre, pour raconter comme on filme le poids des rêves, la cruauté de l’enfance et les dérèglements de la pensée, dans un thriller psychologique rapide et halluciné, construit comme une machine.

Pas près de l’oublier le Cooper au même titre que Gary. Un livre dérangeant, le coté lynch peut être, les digressions de l’auteur courtes mais puissantes sur notre monde…..le coté froid glacial et tranchant des enfants…… hum hum, sais pas…..

mais je sais que c’est un voyage à faire. comme toujours les éditions du daible proposent du hors cadre.

La plume est fluide  et les chapitres sont courts comme pour un thriller, mais ce c’est pas un thriller c’est autret chose, en tous les cas effets  garantis de surprise jusqu au dernier chapitre.

Verdict :  A lire, pas à la plage, mais à  lire d’urgence….pour changer du cadre, car il faut changer, sinon retournez brouter…..hum ……

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