jan 31

Il y a des livres qui sortent de l’ordinaire, et qui vous sortent donc du vôtre,

j’en ai lu un…..et j’ai eu la chance de pouvoir poser quelques  questions à l’auteur, on partage ?

1 Je vous laisse vous présenter, vos œuvres, ici on est dans la littérature générale, pas spécialiste de la SF, qui semble un monde à part en France, un carcan  par rapport aux Anglos saxons…..

 

Oui, c’est vrai qu’écrire de la SF n’est pas le meilleur moyen de passer à la télé ni d’écrire un best-seller ;-) Mais je suis tombé dedans tout petit, et je m’accroche. Dans la vie réelle (en semaine et en heures de jour), je suis ingénieur et je vis et travaille en région parisienne. Après les navires, j’ai passé quelques années dans la prospective et m’occupe en ce moment d’innovation. Le reste du temps (tout le temps en fait, pour ce qui est de l’hémisphère gauche du cerveau), je suis auteur et parfois traducteur, principalement en science-fiction et en fantastique. J’ai publié une dizaine de romans en science-fiction, un roman noir, et environ 70 textes courts, en SF aussi et principalement de fantastique. Pour tenter de briser le carcan que l’on vient d’évoquer, j’écris aussi en anglais, et j’ai publié quelques textes dans des revues et anthologies américaines et bientôt anglaises. Et bientôt – en 2012 si tout se déroule comme prévu… –, sera publié aux USA un roman de SF que j’ai traduit moi-même à partir de l’un de mes romans publiés, STYx (j’en reparle un peu plus loin).

 

2 Aux Usa, c’est la reconnaissance suprême non ?

 

Non, pas tant que ça. C’est un « petit éditeur qui monte » mais qui ne m’assurera jamais la gloire ni les Oscars (ça s’appelle Hugo Awards, en SF). Il m’a fait confiance en me publiant quelques textes courts, j’ai ensuite traduit l’un de ses romans en français (qui sort en 2012 si le planning est respecté) puis, de fil en aiguille, nous en sommes arrivés à cette offre de publication en retour. Ce n’était donc pas du tout un « envoi par le poste » anonyme de ma part, ce qui n’aurait jamais fonctionné, mais une suite logique (?) de nos bonnes relations.

 

3 c’est mon premier livre de vous, et assurément je vais plonger pour en lire d’autre, une vrai claque sur le thème éculé de l’alien. Comment développez-vous vos trames ? L’aspect réel semble important ? Non ?

 

Mes trames ? En réalité, j’improvise beaucoup sans schéma préétabli et, une fois que je me suis lancé (décision délicate, vu ce que dis juste après), j’espère, et m’arrange pour que l’inspiration tienne jusqu’au point final ; une méthode qui a parfois des ratés et m’a laissé en plan un ou deux manuscrits bien avancés, qui attendent encore leur fin. Cela dit, lorsque ça fonctionne, ça peut aller assez vite, et deux de mes romans ont été terminés en un mois environ, dans ces conditions de « risque maximal », et d’écriture sans filet de rattrapage.  La réalité est importante, en effet, notamment dans ce roman où je souhaitais une SF, un environnement et des personnages qui semblent crédibles et assez fouillés pour que l’on (s’) y croie. Il me semble, a contrario, que les histoires spatiales sont souvent celles où les auteurs se permettent le plus de fantaisies avec la réalité et la technologie. Ici, tout est faux et/ou inventé, mais je l’assume, et j’ai essayé de faire en sorte que ça sonne vrai ou tout au moins, vraisemblable à la lecture, donc assez ardu parfois car la réalité n’est jamais simple, encore moins dans un vaisseau spatial. Une certaine dose de science et de technologies étaient donc inévitables sur un sujet de cette nature.

 

4 oui mais vous ne tombez pas le piège « du trop », l’introduction par la « naissance » de Jorge, se développe entre métaphysique, et religieux presque ?

 

Une « re-naissance » en effet, et très progressive, car c’est forcément le cas (du moins peut-on l’imaginer ainsi) lorsqu’on a dormi aussi longtemps et qu’en plus on est éveillé avant l’heure convenue. C’est aussi quelque peu mystique, il est vrai, car cet éveil est « parasité » par celui des sens qui intervient assez vite (une histoire d’amour suspendue dans le temps, contrariée par l’arbitraire et par des barrières d’ordre technologique)

 

5 Vos auteur ou livres qui vous ont durablement marqués, et vous en êtes venu à écrire comment ?

 

Le facteur déclencheur à l’écriture de mon premier roman a été, en 1992, « Hypérion », de Dan Simmons, (avec ses suites) que je considère toujours comme un chef d’œuvre absolu de la littérature SF. Avant et depuis cette date, quantité d’auteurs et d’œuvres m’ont marqué aussi (Greg Egan, Paul McAuley, David Mitchell…), mais je reste avant tout redevable à ce gigantesque pavé dans la mare qu’est ce roman de Dan Simmons, une œuvre majeure qui m’a « botté le cul » et forcé à me dire : « Essaie, toi aussi. Tu ne peux rester passif après ce choc ; tu aimes la SF, alors va-z-y, jette toi à l’eau et fais quelque chose de ta plume. »

 

6 Dan Simmons, déchiqueté par la presse française après ces propos, j’ai lu Drood , je l’ai trouvé excellent, presque comme son avant dernier et vous ?

 

J’ai lu presque tous ses livres « classiques » mais pas encore les deux ou trois derniers. Donc ni Drood ni Terreur portant sur l’expédition en antarctique. Tous, quel que soit le genre, sont d’un très haut niveau, de la « vraie » littérature, intelligente et passionnante. L’échiquier du mal est un monument, voire un chef d’œuvre (malfaisant !), mais ne pas oublier non plus des romans a priori mineurs tel que Les larmes d’Icare, immensément humain, mais passé presque inaperçu vis-à-vis de romans plus imposants. Il est vrai que l’auteur a « défrayé la chronique » il y a un an ou deux ; il n’empêche que son talent d’auteur n’est pas en jeu. C’est un vaste débat, depuis Céline et avant encore sans doute, que celui de devoir, ou non, juger séparément l’auteur et ses opinions, et son œuvre artistique ou littéraire.

 

7 l’avenir à court terme où tout le monde crie à la désolation, vous, comment l’apercevez-vous ?

 

Euh, pas si optimiste que ça, j’avoue. Et mon pavé dans la mare à moi, mon cri de rage pour exprimer tout ce que je pense des magouilles de ceux qui tireront toujours les ficelles et les marrons du feu, avec ou sans crise mondiale, ça a été STYx (publié en 2007). STYx est sans doute mon meilleur roman, un peu plus accessible aussi qu’Aliénations qui, c’est vrai, ne prend pas de gants avec le niveau de langage scientifique. STYx est très noir, mille fois plus sombre, et sans grand espoir de rédemption. En revanche, le scénario et les situations font bien moins appel au langage et à un contexte technologique.

 

8 je vous rassure on le sent, le cri, même dans Aliénations

Dans STYx, c’est poussé à un paroxysme aux limites de l’horreur, alors que dans Aliénations, le message critique existe en effet mais il reste relativement soft et presque philosophique ; et il n’engendre ni violences ni révolte, ni situations ou tensions extrêmes liées directement à cette dimension manipulatoire ou machiavélique. Jorge se révolte en douceur, cherchant à contourner par la réflexion et l’astuce ses commanditaires terriens, plutôt qu’à les heurter de front. Tenter de le décoder comme un « thriller avant tout » serait une erreur et risque de décevoir, car les questionnements métaphysiques sur l’avenir de l’homme (ainsi que sur « l’homme du futur » ) font aussi partie du projet ; pour moi, ils en sont même le cœur.

 

9 vous écrivez quand comment, avec des clopes du whiskey en regardant les bisounours ?

 

J’écris partout, des bouts de papier plein les poches pour noter des idées au fil de l’eau, non, au fil de rails plutôt, car je suis un « usagé » régulier des transports en commun (RER, etc.) et pas assez geek (bien qu’auteur de SF !) pour y emporter une machine « intelligente » avec clavier et/ou enregistreur vocal. Pour le reste, j’écris en musique, et j’écoute beaucoup de musiques assez spéciales, je veux dire spatiales, très électroniques, ambient, expérimentales voire noise et bruitistes, de vrais bandes-sons sans paroles de films SF ou d’horreur.

 

10 en parlant de film, d’ailleurs, vous avez été approché par un cinéaste ou la télé, en France la sf visuelle, c’est rare non ?

 

Ma première éditrice m’avait dit en effet, dès mon premier roman, que j’avais une écriture « cinématographique » (sic). Mais ça n’a eu aucun effet sur l’univers du cinéma ou de la télé, surtout en SF, un genre où le passage à l’image est très rare, du moins en France. Et il est vrai en effet que j’essaie d’aider le lecteur à « voir » et visualiser ce que je décris, plutôt que de le laisser dans le flou. Avec une tendance inverse pour mes personnages que je décris rarement ou alors de façon succincte, afin de laisser le lecteur s’identifier (s’il le souhaite…), plutôt que d’imposer des descriptions physiques souvent inutiles au scénario.

 

11 je n’oublie pas l’aspect social, éthique, de votre livre, à travers les technologies et simplement une vision de la société ; vous croyez encore en l’humain ? Et en nos modèles de démocraties ?

 

On en revient un peu à la question 7, non ? Mais il est vrai qu’Aliénations lance lui aussi son cri d’alarme sur les risques que pourraient générer les bio-améliorations de l’être humain dans le futur, en cas de bug, dérapage, négligence, manipulation, malversation, etc. On voit ce qui s’est passé récemment avec le Médiator, les prothèses PIP et d’autres cas encore où négligence, manque de précautions et autres erreurs ou insuffisances mènent au drame. Alors que dire, dans le registre de l’informatique, là où les bugs et « défauts de jeunesse » sont et resteront inévitables… La politique et l’économie mondiale sont à ce point mêlés (et ce sont parfois les mêmes qui sont aux commandes) que le cocktail peut devenir explosif et mener à l’abomination, comme je l’ai montré dans STYx. A ce titre, au moins Aliénations laisse-t-il une note d’espoir finale… Zut, là j’en ai trop dit sur le roman, peut-être ?

 

12 oh non, les lecteurs seront tellement surpris par ce livre que je ne m’en fais pas, aujourd’hui c’est internet qui prend un coup : MegaUpload c’est fini, j’ai l’impression que c’est parti pour un internet étriqué » l’âge d’or est fini ?

 

Internet est-il ou a-t-il été un âge d’or ? La liberté absolue de tout poster et tout charger sans contrôle ni éthique est-elle vraiment signe d’un âge d’or ? Je ne parle pas seulement du pied de nez aux droits d’auteur par la copie gratuite à tout va, mais de pratiques plus crapuleuses et parfois nées avec le Net ou en tout cas, dopées par lui : pédophilie « masquée », arnaques en tout genre, espionnage, hacking, manipulations de l’image des personnes par vol ou par diffusion de masse d’informations fausses ou détournées, etc.

 

13 une question à me poser, ou une réflexion ?

 

Ah oui, bien sûr. Comment un type qui n’est pas aficionado, et qui ne lit pas (que) de (la) SF peut-il avoir flashé sur ce roman qui accumule tous les codes, pentes escarpées et pièges de lecture issues du genre SF radical,  tels que vaisseau spatial hyper-technologique, langage de geeks et d’astronautes, situations tarabiscotées nécessitant de relire ses cours de biologie, etc.

Plus sérieusement, j’apprécie que le même lecteur puisse, à travers ce scénario qui n’est pas si simple à digérer, je l’admets, des messages fondamentaux sur l’humanité et son devenir, les risques et les travers à éviter, etc.

 

14 pourquoi, parce que vous êtes talentueux, sans flagornerie, j’ai pris une claque terrible. Un thème éculé où beaucoup se sont plantés, la fin est géniale, vous ne mesurez pas votre talent ?

 

Je mesure avant tout que l’on vend énormément de livres et que, parmi ceux-ci, ceux qui se vendent et sortent de la pénombre (voire du néant absolu…) sont ceux supportés par des diffusions et campagnes de pub nationales à grande échelle (télé, affiches, chroniques dans les grands quotidiens, prix, etc.), et sont soutenus par un budget lui aussi national. Or pour avoir un prix, par exemple (équivalent SF des Oscars, dont je parlais plus haut), il faut être détecté puis lu par un nombre minimal = une « masse critique » de lecteurs ; sans quoi même les jurys de SF passeront à côté de l’objet sans le voir.

Mes deux derniers romans de SF (L’arène des géants, en 2008, puis Sphères, en 2009) illustraient et mettaient aussi en scène la thématique alien sur des modes inédits. Bonnes chroniques aussi, mais ils ont eu une vie plus brève encore que STYx, et pour à peu près les mêmes motifs ; diffusion réduite, puis bouche-à-oreille insuffisant pour les faire connaître en dehors de la sphère SF. D’où l’enchaînement fatidique habituel ; bien qu’ils soient diffusés, ils disparaissent des rayonnages des libraires au bout d’un à deux mois, ce qui laisse très peu de chances à une « rencontre fortuite » en librairie avec un lecteur curieux.

La fin « géniale » ? Je la pense ouverte, avant tout. Vu le scénario, tout retour à la case départ (la Terre) était exclu d’avance ; il fallait donc un autre enjeu et un message fort, après cette bifurcation inattendue d’un voyage qui, sinon, peut sembler avoir conduit à un échec.

 

En plus d’un poche réédité en juin, je devrais sortir en fin 2012 un autre roman de SF inédit, comportant le même type de réflexions sur l’alien et l’altérité, un roman où l’être humain a, encore une fois, raté le coche et le payera très cher. Le titre en est Le syndrome de Las Casas (cf. Bartolomeo de Las Casas, ce prêtre espagnol du XVème siècle qui a défendu à ses risques et périls la cause des Indiens d’Amérique). Ce roman-là, pas du tout spatial dans son décor, fera la part belle à l’éthologie, à l’ethnozoologie et à la découverte d’une planète et de ses espèces étranges et exotiques, dans un environnement inhospitalier, de type tropical (jungle humide, pour ne pas dire bourbeuse… et truffée de dangers).

 

 entretien realisé par courriel ce mois de janvier avec l’aide de Thomas un grand merci à tous…

jan 31

 

Résumé :

Henriette-Anne, fille du roi Charles 1er, décapité sur ordre des parlementaires, a fui l’Angleterre enfant avec sa mère, au moment de la guerre civile. Réfugiée au Louvre, la petite exilée se lie d’amitié avec un mystérieux garçon, Providence, qui devient son confident secret avant de disparaitre. Vingt ans plus tard, elle épouse Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV, avec lequel elle est en conflit permanent. Par bravade, Henriette-Anne met un point d’honneur à briller à la Cour où elle s’impose face à la reine et aux favorites, enhardie par le retour de Providence dans son existence. Mais bientôt, un vent d’effroi souffle sur Versailles : des cadavres mutilés marqués d’un chiffre à l’épaule sont retrouvés dans les jardins. Le roi s’efforce d’étouffer l’affaire, cependant les crimes continuent … La Reynie, lieutenant général de police, charge alors Malo de Rohan Montauban, son jeune commissaire, de confondre le coupable.

Entre complots politiques, mensonges et trahisons, Malo devra pour démasquer le meurtrier, affronter les fantômes du passé d’Henriette-Anne mais également les siens.

Après L’Héritier des pagans et Le Jeu de dupes, on retrouve le clan des Rohan Montauban au cœur d’une vengeance implacable menée contre Louis XIV.

 

Mon avis :

Pour les fans de romans d’époque, c’est superbe ! La Cour du Roi Soleil devient le superbe décor d’une intrigue intemporelle : la vengeance. Tous les personnages se débattent en proie à des démons qui les dépassent et sont prétextes à la découverte de différents aspects de la Capitale et de la Cour du Roi Soleil. De la Cour des Miracles en passant par les petits salons de Versailles, le clan de Rohan Montauban tente de se préserver alors que les obligations de chacun les obligent à se disperser à travers la France et à s’affronter.

Les descriptions sont flamboyantes, qu’il s’agisse des toilettes, des salons, des jardins, des rues, des personnages, des paysages, des fêtes royales, des cachots … Anne-Laure Morata ne s’est pas contentée d’écrire une histoire, elle l’a intégrée dans un écrin historique et esthétique qui à eux-seuls justifient la lecture de Meurtres à Versailles. Et puisqu’en plus l’intrigue est travaillée et nous tient en haleine tout au long du texte, nous livrant les solutions dans les ultimes pages, Meurtres à Versailles est un incontournable pour tous ceux qui aiment les romans historiques et les enquêtes à rebondissements.

Petit clin d’oeil également à la très belle couverture!

A noter que l’auteure sera le 10 mars prochain à Versailles…. Avis aux amateurs

jan 31

La Griffe du passé, Marcelo Figueras, Libretto-Phébus

 

Ce soir dimanche, je me vois contraint de déployer des trésors d’inventivité pour vous inciter à lire un roman, découvert par hasard chez un éditeur qui ne m’a jamais déçu. Par chance, je n’ai rien à faire, parce que six chaines de télévision ont été piratées par un des membres d’Anonymous, dont la silhouette en costume étriqué monopolise les écrans. Comme c’est vraiment effrayant, j’ai décidé d’ajourner ma séance de repassage.

Comment vous convaincre de lire un auteur argentin, à l’heure où, en plein réchauffement climatique, on nous inculque que le cercle arctique est le nouveau phare de la littérature noire, un peu comme jadis on affirmait que la Hollande était l’autre pays du fromage ?

L’auteur a un nom totalement bidon : Marcelo Figueras … pourquoi pas Gilberto Cadaquès? Quitte à faire dans la référence vacancière estivale, autant prendre pour nom un bled dont on dirait le sud !

Le titre français ne m’aide pas (en espagnol, ça s’appelle L’Espion du temps), pour ne rien dire du sous titre Une enquête de l’inspecteur Van Upp !

Je vous rassure tout de suite : le héros n’est pas un cousin lointain du commissaire Van Loc, alias le chinois de Marseille. C’est un flic mais il sort d’une décennie de troubles psychiatriques, lesquels lui ont fait perdre son boulot, le tenant, par chance, à l’écart de la féroce dictature des prétoriens qui ont terrorisé Trinidad.

Ne cherchez pas, c’est un pays fictif qui ressemble à une Argentine tropicale, épargnée par la pollution footballistique (mais si !) et la manie du tango.

La dictature a laissé la place à la démocratie et les prétoriens coulaient jusqu’alors des jours paisibles, à l’abri de l’amnistie qui a accompagné le changement de régime. Las, un importun massacre une par une les vieilles badernes et personne dans la police ne parvient à l’en empêcher. Le ministre a la curieuse idée de rappeler Van Upp et sa personnalité pour le moins troublée. L’enquête s’engage, tandis que les turpitudes des uns et des autres l’entravent et que les assassinats se poursuivent, jusqu’à une profusion de dénouements qui se succèdent et se contrecarrent.

Ce que j’ai toujours apprécié dans la littérature d’Amérique Latine, c’est son aspect foutraque. La Griffe du passé et Figueras n’échappent pas à la règle. Les amateurs de livres démonstratifs, voire déductifs, seront déroutés. Les férus de références pseudo-spirituelles penseront avoir trouvé leur nanan, avant que l’auteur ne leur révèle par une pirouette, le piège dans lequel ils ont tombés. Ceux, qui se souviennent que Shakespeare n’est pas le parolier d’une comédie musicale pour comité d’entreprise, se réjouiront des citations qui parsèment et éclairent les dialogues, entre Van Upp et son ami Carranza, médecin légiste et bien plus encore.

Si vous n’êtes pas encore convaincu, laissez moi vous achever avec une superbe phrase, parmi les centaines qui traversent ce roman : « Cependant, la Grande-Bretagne est une nation qui n’a jamais renoncé au prestige de l’alcool.(p.302) »

Et n’essayez pas de me faire croire que c’est un viking qui aurait pu écrire une telle prose.

FORTINO

jan 31

Brian Garfield en VO

 

 

L’éditeur américain « University of Chicago press » a réédité depuis 2008 l’intégralité des romans de Richard Stark, avec de plutôt jolies couvertures et des préfaces de John Banville, Dennis Lehane, Lawrence Block, Sarah Weinman et bien d’autres. Je suis tombé sur une interview de Brian Garfield, disponible sur leur blog, dans laquelle il parle de son amitié avec Donald Westlake et de leurs parties de poker entre écrivains de polars. On y apprend entre autre qu’ils avaient lu le manuscrit du premier roman de Robert Ludlum, mais l’avaient trouvé inpubliable… C’est l’agent de Donald Westlake qui a fini par leur dire qu’ils passaient à côté de quelque chose et s’est occupé de le faire publier.

On y apprend également que Donald Westlake a écrit un livre « Under an english heaven » qui raconte l’histoire vraie de l’invasion de l’île carribéenne d’Anguilla en 1967 par des troupes britanniques, étonnant de voir le créateur de Dortmunder et Parker s’intéresser à un épisode plus qu’obscur de l’histoire coloniale de la Grande Bretagne…

Voilà le lien :

 

http://pressblog.uchicago.edu/2011/04/04/post_78.html

 merci tannhauser, et bienvenue chez les fous

jan 30

 

Résumé :

Julian Donahue a toujours aimé la musique. Il est pourtant aujourd’hui à cet âge où l’on commence à ne plus connaître le nom des nouveaux groupes, où l’on se sent vieux, très vieux même, dans une boîte de nuit, où l’on réalise que la jeune fille que l’on dévisage n’était pas encore née lorsque nos albums préférés sont sortis. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un véritable coup de cœur pour une chanteuse irlandaise, Cait O’Dwyer, entendue par hasard un soir dans un petit club de Brooklyn. Une relation virtuelle étrange se noue alors, nourrie d’e-mails et de SMS. Cait, dont la carrière est en train de décoller, est vite séduite par cet étrange inconnu qui semble la comprendre mieux que personne mais qui refuse obstinément de la rencontrer. Après des débuts enthousiastes, cette liaison pas comme les autres ne va cependant pas tarder à se transformer en jeu dangereux.

Sur une « bande-son » où se croisent The Smiths, Billie Holliday ou encore les Rolling Stones, Arthur Phillips nous offre un roman de l’amour courtois, à l’âge des identités virtuelles. Salué par une critique unanime, il trouve ici, entre comédie, suspense et tragédie, un rythme parfait, d’une rare élégance.

 

Mon avis :

attention publicité mensongère :  rien n’est simple dans ce roman, autant se le dire!

Alors que Julian a vécu tour à tour le drame de la perte d’un enfant et une séparation, il tente, au fil de son Ipod, de mettre sur les grands événements de sa vie des « bande-son » et à travers elles de  se reconstruire. Lorsque la jeune Cait O’Dwyer, star montante de la musique, arrive dans sa vie, elle personnifie sa volonté de changer de vie,  de prendre un nouveau départ. Ancrés dans leur génération respective, ils échangent, chacun apportant à l’autre de précieux conseils, musicaux et autres. Sauf que voilà, Julian ne parvient peu à peu plus à ôter cette jeune femme de son esprit et conditionne tous les aspects de sa vie aux agissements de la chanteuse.

A quel moment passe-t-on de l’admiration à l’obsession ?

 

Une simple mélodie  est selon moi le récit de la naissance et de la croissance d’une relation qui de page en page devient malsaine, envahissante. Alors que sa vocation initiale était de favoriser des échanges et d’aider les protagonistes à amorcer un nouveau départ, la relation se transforme en dépendance maladive. Cependant, cette évolution sa fait tout en musique, ce qui lui donne des allures de contes de fée. Je ne suis malheureusement pas une initiée des artistes de références de l’ouvrage, ce qui je pense m’empêche quelque peu de percevoir toute la profondeur de l’intrigue.

 

Pourtant, encore une fois (après Angelica et L’Egyptologue), Arthur Phillips nous expose son écriture dans toute sa splendeur : comme dans la musique de Cait, les silences générés par la ponction, par la composition du texte, par le passage d’un chapitre à l’autre, sont essentiels et souligne le génie de l’auteur. Le rythme est entrainant, dynamique, ponctué de ce qu’il faut de suspens, de doute, de virtuosité… A l’orée de la perfection, même pour une oreille aussi peu initiée que la mienne.

Et éventuellement  l’occasion de découvrir des artistes oubliés ou méconnus.

jan 30

Quand c’est scotto, ou son héros parle comme cela, bah faut faire gaffe, planquez vos gosses, et planquez vous

Cela vous dit une petite virée dans la tête et la vie d’un mec qui prend du plaisir ?

Faut passer les 20 premières pages, sur la masturbation et après ca roule bien,

Là c’est le premier, je vais attaquer l’autre, et le troisième va sortir d’ici peu

Toujours chez la baleine, merci Jean françois Platet

liberté totale de ton, mais manque un peu de…., d’un petit truc pour que cela décolle vraiment, parce que cela marche, sans problème, il suffirai d’un poil de.. Pour que cela décolle

J’aurai pu faire un jeu de mot foireux sur décolle, la colle et masturbation, mais je me suis retenue….

A suivre donc, et surement avec l’auteur, ici.

 

Qui, je me le demande, aurait entendu parler de ce petit Jérémie sans moi, si je ne lui avais pas fracassé le crâne avec une pierre avant de le jeter à la rivière ?  »
Une formidable promenade en Provence, via Marseille, Cassis ou La Ciotat, jusqu’en Luberon, sur les traces de Peter Mayle. Une descente en profondeur dans la candeur autochtone d’une région et de ses habitants, du plus illustre aux plus petits, qui sont si gentils.

 

jan 30

Court roman épistolaire écrit à deux mains (on va partir du principe que les auteurs ne sont pas ambidextres), Meurtre aux poissons rouges, c’est la rencontre de l’impulsive et obstinée Grazia Negro, héroïne de Lucarelli, avec le commissaire Montalbano, personnage récurrent de Camilleri.

Ne pouvant se résoudre à laisser tomber une enquête de meurtre malgré les ordres de sa hierarchie, la belle Grazia sollicite l’aide de Montalbano, dont elle connaît de réputation d’investigateur doué. De missives en missives, les deux acharnés progressent, jusqu’à parvenir aux raisons du manque d’acharnement de leurs supérieurs à retrouver les coupables…

L’éditeur, Daniele di Gennaro, révèle à la fin du livre la genèse et le déroulement de ce petit jeu de pistes élaboré par deux des grands noms du polar italien : en gros, chacun leur tour, les duettistes se défiaient, à charge pour l’autre de se sortir de la panade dans laquelle son compère l’avait sciemment placé.

Si l’intrigue qui ressort de ce duel ne se révèle pas si compliquée, on sent le plaisir que les deux bretteurs ont eu à jouter, nous livrant un roman frais et agréable qui se lit très vite.

jan 30

Avec Shanghai connexion, dernier pan du triptyque consacré à l’Europe mais qui se lit indépendamment des deux autres, Romain Slocombe nous embarque sur deux histoires.

La première, à travers les témoignages croisés de victimes de la seconde guerre mondiale (un juif d’Europe de l’est fuyant les exactions de l’envahisseur, une Française patriote et l’ancêtre du héros, qui a couvert les événements depuis le Japon, puis Shanghai), nous fait voyager du Japon à l’Allemagne en passant par Lyon, dont la résistance active a payé un lourd tribut à l’occupant. Richement documentée, haletante, elle m’a passionné de bout en bout. Hélas, en contrepoint à ces éprouvants récits, l’auteur a placé le frivole Gilbert Woodbrooke, son héros récurrent, dans une situation où, obligé de quitter le Royaume-Uni de toute urgence, il se retrouve convié à un festival du trash dans la cité des gones. Là-bas, les péripéties, de l’empoisonnement de Jean-Pierre Dionnet, membre éminent du jury, à l’ablation fortuite d’une vésicule, ne manqueront pas. Et honnêtement, à l’exception de deux ou trois fois (notamment dans le rapport à l’art qu’entretiennent certains collectionneurs) où je me suis surpris à sourire, j’ai quand même passé l’essentiel de mon temps à m’ennuyer. Et pour couronner le tout, survient cette fin, aussi inattendue que décevante.

Vous aurez compris à quel point mes impressions, au sortir de la découverte de cet auteur qu’on m’avait tant conseillé, sont mitigées.

D’un côté, il a fallu se farcir les tribulations du héros Gilbert Woodbrooke et ça m’a quand même paru très long. Mais il y a aussi l’autre partie, avec ces remarquables évocations de la seconde guerre narrées à la première personne selon trois points de vue différents, et que j’ai dévorées. D’ailleurs, rien que pour ces témoignages vraiment poignants tellement ils sonnent authentiques, le livre vaut le détour.

jan 28

https://www.facebook.com/pages/Unwalkers/343609248986233
pfffttttttttttttttt
avec les femmes, tu bosses le samedi

jan 28

j’espère que tous ceux qui ont facebook sont fan de notre page, sinon je me fâche tout rouge!

« Previous Entries