Folio SF Gallimard, entretien avec Pascal Godbillon

Catherine Hélie Editions Gallimard pour la photo

Sinon chez nous les questions sont de tann, les fautes de moi, les costumes de donald cardway les decors de roger hart ……

sinon un grand merci à anne gaelle fontaine et au sieur Godbillon pour sa gentillesse, son temps, et son travail

Let’s play

 

Comment en êtes-vous arrivé à diriger cette collection? Vous étiez un lecteur de SF à la base?

Enfant, je lisais de la SF sans le savoir : les livres pour la jeunesse de Christian Léourier, plein de Jules Verne, Le meilleur des mondes de Huxley que j’ai dû lire une bonne dizaine de fois, Les seigneurs de la guerre de Gérard Klein et bien d’autres sans doute… Mais le mot science-fiction ne devait apparaître nulle part sur ces livres, donc je n’avais pas conscience de lire un genre particulier. Ce n’est que vers mes 14-15 ans que ma mère m’a offert Dune de Frank Herbert. Là, c’était clairement marqué science-fiction dessus. J’ai donc fait ce que toute personne normalement constituée fait dans ce genre de cas : je lui ai lancé le livre à la tête en lui disant qu’il n’était pas question que je lise ce genre de littérature pour attardés. Eh oui. Mais ma mère est futée (en plus d’être TRES patiente) : d’abord, elle a évité le livre qui volait vers elle, puis elle m’a dit qu’il n’était pas question qu’elle l’échange et que je n’aurais rien d’autre. J’ai donc lu Dune, contraint et forcé. Ouais, tu parles… A peine fini, il me fallait les suites et puis tous les autres livres de Frank Herbert et puis… Bref, la machine était lancée, je ne lisais quasiment plus que de la SF.

Ensuite, je me suis mis à fréquenter les conventions de SF, les gens du milieu, à faire des petites choses bénévolement à droite et à gauche. J’ai commencé des études de lettres afin de faire, au final, un DESS d’édition mais je ne suis jamais allé jusque-là : je me suis retrouvé à vendre des livres dans une grande enseigne spécialisée, de manière provisoire d’abord, et puis, comme ça me plaisait, j’y suis resté, en tirant un trait sur mon envie d’être éditeur. Les années ont passé et, alors que j’étais désormais au siège de cette enseigne, en charge de l’approvisionnement de tous les magasins pour la SF et le roman policier, le poste de responsable de la collection Folio SF s’est libéré. J’ai postulé et les éditions Gallimard m’ont fait confiance, ce qui n’était pas évident car, même si je connaissais le genre, les éditeurs et éditrices, le marché… eh bien, je n’avais jamais travaillé dans l’édition. C’était donc un pari pour eux, mais pari réussi, je crois, puisque ça fait maintenant six ans que je pilote la collection.

 

Vous aviez publié il y a quelques temps maintenant « Dans la dèche au royaume enchanté » de Cory Doctorow en folio sf, c’était une parution inédite, peut-on espérer d’autres livres de cet auteur même si « Little brother » a été publié chez un concurrent?

Pour ce qui est des inédits, c’est très particulier. Une collection de poche, comme Folio SF, a essentiellement vocation à faire de la reprise d’ouvrages parus initialement en grand format. Pourtant, ponctuellement, des inédits ont vu le jour dans la collection. Mais cela ne se fait pas sans difficultés ! Tout d’abord, un inédit en poche sera vendu au prix d’un poche. Ca peut paraître anodin mais, dans le cas d’une traduction de l’anglais, cela a un impact très important : plus le livre sera volumineux, plus la traduction coûtera cher. Plus la traduction coûtera, plus il faudra vendre le livre cher (ou espérer en vendre énormément…) et dépasser le prix de vente d’un poche. D’où le besoin de traduire des livres plutôt courts.

C’était le cas de Dans la dèche au Royaume Enchanté de Cory Doctorow, que j’avais beaucoup aimé. Malheureusement, ses livres suivants sont un peu plus volumineux et, même si le premier s’est bien vendu, je n’aurais pas pu lancer la traduction des autres sans perdre d’argent. Donc, pas d’autre livre de Cory Doctorow en Folio SF, non. Mais j’espère bien qu’un éditeur grand format prendra le relais.

 

Vous avez beaucoup réédité d’anciens titres de la défunte collection « Présence du Futur », est-ce qu’il y en a encore en projet, ou vous pensez avoir réédité les titres de fond les plus importants?

Il y aura sans doute encore des reprises de la collection Présence du futur, mais ce sera de plus en plus rare, je pense. Les principaux titres ont été repris, à présent. Mais il y a encore des titres importants qui pourraient être réédités. Cela dépendra des opportunités. Dès avril, par exemple, Folio SF sort La guerre olympique de Pierre Pelot. Et j’en suis vraiment très content tant, à mon avis, Pierre Pelot est un auteur important du genre. C’est quand même incroyable qu’il ne soit pas du tout au catalogue de la collection. Année olympique oblige, c’est donc l’occasion de remettre en avant un de ses très bons romans.

 

Comment se décide une parution en folio sf, j’imagine qu’il y a des contrats avec les éditeurs du groupe Gallimard ou des diffuseurs comme le CDE, mais est-ce qu’il y a la place pour des coups de cœur du directeur de la collection?

Eh bien, en fait, tous les livres que je reprends sont des coups de cœur ! Si je n’aime pas un livre, je ne le reprends pas. Ca n’aurait pas de sens. Donc, concrètement, je lis un livre, s’il me plaît je vais négocier sa reprise avec l’éditeur qui l’a publié.

Pour ce qui est de Denoël (le seul éditeur du groupe Gallimard à éditer de la SF), c’est plus simple que ça : Gilles Dumay, le directeur de la collection Lunes d’encre, a des goûts que je partage quasi systématiquement. Ça aide !

 

Des petites infos sur ce que vous nous préparez dans les prochains mois, ou a plus long terme? D’autres parutions inédites peut être ?

Pour 2012, le seul inédit sera Du sel sous les paupières de Thomas Day. Il y aura au moins un inédit en 2013, mais il est encore trop tôt pour en parler ! Pour ce qui est des reprises, il y a plein de belles choses. Axis, la suite de Spin, de Robert Charles Wilson vient de paraître. En mai, nous rééditons l’intégrale de Kane, initialement parue chez Denoël, de la fantasy héroïque très musclée ! En juin, il y aura Le Succeseur de pierre de Jean-Michel Truong, qui a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2000. Puis, au deuxième semestre la reprise de Vélum et Encre de Hal Duncan, deux très grands livres qui n’en forment qu’un ; l’entrée au catalogue de Clifford D. Simak (autre très grand auteur anormalement absent du catalogue jusqu’ici) avec Voisins d’ailleurs ; la parution de Roi du Matin, Reine du Jour de Ian McDonald (Prix Philip K. Dick, prix Imaginales et Grand Prix de l’Imaginaire, rien que ça !) et l’on finira l’année avec Ces choses que nous n’avons pas vues venir de Steven Amsterdam, un roman paru chez Albin Michel, plutôt en littérature dite générale, donc, et que beaucoup de lecteurs de SF n’ont peut-être pas remarqué, à tort.

On peut en savoir un peu plus sur le livre de Thomas Day ?

J’aime beaucoup ce qu’écrit Thomas Day, et ce depuis longtemps, avant même de m’occuper de la collection Folio SF. Aussi, lorsqu’il m’envoie un manuscrit, je me précipite dessus, sans crainte d’être déçu. Pour ce roman, si je n’ai, évidemment, pas été déçu, j’ai été surpris. On est vraiment sur un registre inhabituel, pour l’auteur, même si ça reste un roman de Thomas Day !

C’est donc un roman qui mélange les genres avec brio : uchronie, steampunkfantasy… impossible de trancher ! De même, on va de Saint-Malo à l’Irlande en passant par Guernesey et l’on croise nombre de personnages ayant… plus ou moins existé ! C’est aussi, pour Thomas Day, l’occasion de se frotter aux grands mythes du vingtième siècle et à la mythologie celtique. Bref, vous l’aurez compris, j’ai vraiment été emballé par ce roman. Ceux que ça intéresse peuvent découvrir un extrait du roman ici :

 http://www.folio-lesite.fr/Folio/actualite.action?idActu=926

 

Si vous deviez citer un top 3 des auteurs emblématiques de la collection folio sf?

Trois ! Trois seulement !!! Cette question est tout simplement atroce ! Comment pourrais-je n’en choisir que trois ?

Bon, j’ai le droit de ruser un peu ? Oui, hein ?

Top 3 des auteurs « classiques » : Asimov, Bradbury, Zelazny

Top 3 des auteurs « modernes » : McDonald, Priest, Wilson

Top 3 des auteurs « francophones » : Beauverger, Damasio, Jaworski

Et c’est vraiment un déchirement car comment ne pas citer Ballard, Brussolo, Heinlein, Matheson, Moorcock, Vance, Varley… Et tous les autres !

 

Votre avis sur le livre numérique?

Je pense que c’est une évolution très intéressante pour les lecteurs (et donc pour les auteurs et les éditeurs). On n’en est qu’au début, mais je pense vraiment qu’il va se développer de plus en plus. Alors, bien sûr, il y a beaucoup de questions à régler, d’inconnues, de peurs (c’est normal, qui dit inconnu dit peur)… Mais je suis très enthousiaste devant les défis qui nous attendent grâce à ce nouveau support.

 

Le dernier livre qui vous a époustouflé, polar ou sf ?

En SF, j’ai beaucoup aimé La fille automate de Paolo Bacigalupi, paru Au Diable Vauvert.

Quels sont vos auteurs préférés? En sf ou autres….. ?

En SF, en premier lieu… Frank Herbert (voir ci-dessus !). Puis, outres tous les auteurs de mes Top 3 et sans ordre particulier : Aldiss, Farmer, Di Rollo, Baxter, Egan, Day. J’en oublie plein…

Hors SF : Faulkner, Pynchon, Bruen, Camus, O’Riordan, Prévert… Là aussi, je ne sais plus…

 

Merci à vous M. godbillon, et  tous et toutes et sinon il y a le poseur de questions qui insiste pour que j’ecrive :

dans toutes les bonnes librairies il y a en ce moment une opération folio sf : 2 folio sf achetés, des marque-pages sf / holographiques offerts

 

hum !!! ca va pour cette fois tann le hauser !!!

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