L’EFFET DOMINO, François Baranger (Bragelonne Thriller) par le corbac

Paris 1907…Un tueur…Un inspecteur. Voilà, la trame est posée. Rien de plus classique, me direz-vous; du lu et du relu, insisterez-vous ; rien de neuf, affirmerez-vous en enfonçant le clou… (C’était la minute poétique). Eh bien détrompez-vous, parce ce que le roman de François Baranger est totalement fou. Imaginez deux secondes que Zola et Balzac aient décidé d’écrire un thriller à 4 mains…ben voilà : L’Effet domino, c’est ça ! Ce roman est une oeuvre dense et touffue, bâtie sur une ville en pleine évolution, en pleine expansion. Hormis le travail sur les lieux – afin d’être parfaitement cohérent avec l’époque -, François Baranger a été plus loin. Pas un anachronisme de vocabulaire, une mise en scène d’un climat politique qui amène les prémisses de 14-18, une documentation sociale traitant aussi bien de la condition féminine que des problèmes d’hygiène et de santé, une vision d’une police à moustache qui doit s’adapter aux sciences, perdre ses passe-droits, se nettoyer de sa corruption, un discours à la fois révolutionnaire et ouvrier, une plongée dans les arcanes du pouvoir en place quand la droite et le catholicisme sont encore comme cul et chemise mais que le peuple voudrait, lui, échapper à tout cela… L’Effet Domino c’est ça.

Un reportage historique écrit par un naturaliste qui se serait acoquiné avec le roi de la description des milieux bourgeois. Mais c’est aussi un roman policier, avec son équipe, ses doutes et ses questionnements, ses secrets enfouis, sa perception de son monde qui n’est jamais en adéquation avec celle de sa hiérarchie. François Baranger nous trace les portraits d’individus si pleins de vie, si pleins de remords, si pleins d’énergie que l’on se demande comment ils n’ont pas implosé sous la pression de leur époque. Entre mysticisme et rationalisme, entre socialisme et psychiatrie, entre folie et réalité, L’Effet domino est une oeuvre littéraire à part entière, qui doit être lue avec patience et en souvenir de ces livres que nous fûmes tous obligés de lire au lycée. Une perle de noirceur ! 

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