LA TRAQUE, RODERICK THORP par Bruno D.

Les éditions Sonatine aiment bien aller chercher des auteurs étrangers non connus au départ en France et les faire découvrir. Avec une certaine réussite, il faut bien le dire, RJ Ellory publié chez eux depuis 2008 avec Seul le Silence en est certainement le meilleur exemple. Robert Goddard édité chez eux également confirme pour moi la propension des Editions Sonatine à exceller dans cette recherche. Je me suis dit que La Traque de Roderick Thorp allait rentrer dans cette catégorie avec sa 4ème de couverture fort alléchante et la couverture,sobre et torve toute de noir et blanc.

Il s’agit d’une traque sur 10 ans entre un policier, Phil Boudreau policier au mœurs à Seattle et un suspect, Garrett Richard Lockman ; « un chef d’oeuvre, publié en 1997 aux Etats-Unis et inexplicablement inédit en France à ce jour», je cite. Inspiré de faits bien réels des années 80, on y trouve Phil Boudreau, flic frenchy/new-yorkais, atypique, avec son fonctionnement  solitaire, toujours méfiant. Il va mener l’enquête persuadé d’avoir raison dès le départ. Se méfier de ses collègues, de ses contacts et petites frappes en tout genre, c’est sa signature.

Tout ça, c’est beau,c’est bien ,c’est alléchant sauf que ça ne fonctionne pas, pas sur moi en tout cas. Au bout de 100 pages, je m’ennuyais, 150 pages toujours pareil et à la page 227 guère mieux. Abandonner en route est une question que je me suis posée maintes fois tout au long des 610 pages de cette traque. Lu sans passion, je me suis accroché parce que je me suis dit qu’un auteur ça se respecte, que le monsieur avait quand même écrit le livre qui a servi de base à Die Hard, le film avec Bruce Willis et tout ça… pour ne pas changer mon impression jusqu’à la fin.

Bien sûr, les cadavres s’amoncellent et la police patauge. Bien sûr, on suit le tueur et son esprit particulièrement manipulateur et tordu. Bien sûr on a de jolies descriptions de Seattle et de ses quartiers. La guerre des polices entre les différentes institutions, FBI, etc. est également bien présente et on suit avec sympathie l’évolution de la vie privée de Phil Boudreau et de son fils. Ce ne sont pas toutes ces pauvres filles trucidées, gaupes sans consistance de la lie humaine et point de départ de cette histoire qui donnent un sens à cette quête. A travers ce récit, le romancier rend d’une certaine façon hommage au tueur de la Green river qui a fait près de cinquante victimes. Mais là où RJ Ellory dans Les Assassins réussit son exploration (il revisite l’histoire des plus fameux tueur en série des states), là ou Claire Favan dans Le tueur Intime nous décortique le mécanisme qui fait que Will devient ce tueur, Roderick Thorp ne m’a que très peu captivé et finit par me lasser.

Le monstre tueur ne fait pas peur, c’est sans doute voulu, et de nombreux verbiages viennent  sans arrêt allonger la sauce et polluer le récit. Même la fin surprenante ne parvient pas selon moi à justifier la lecture de ce bouquin. Je comprendrais fort bien que l’on abandonne en cours de route, il y a tellement de bons livres à lire. Dernière remarque, je me méfierais dorénavant encore plus des 4ème de couvertures dithyrambiques publiées par les éditeurs !

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