YERULDELGGER de IAN MANOOK, Le Livre de poche par Bruno D.

Yeruldelgger Khaltar Guichyguinnkhen, commissaire au nom improbable pour nous occidentaux est un sacré personnage. C’est aussi le héros créé de toute pièce par Ian Manook pour son premier polar. On est vite dans le vif du sujet avec trois chinois découpés au cutter dans une usine près d’Oulan-Battor. Puis dans la steppe quelque part, au milieu de nul part, on découvre le cadavre d’une fillette enterrée, agrippée à son tricycle rose.

Ce roman démarre à 100 à l’heure. Pour le décor, la Mongolie d’aujourd’hui, ses grandes étendues, ses traditions, mais aussi les mêmes dérives qui rongent notre société occidentale, le profit, l’argent, les magouilles, les protections, la corruption et bien évidemment le crime, partie visible de l’iceberg.

De Yerruldegger, on ne saura pas forcément grand chose si ce n’est qu’il a de grandes mains, une jolie carrure, que c’est un roc, et que son unique soucis est la justice. Bien éprouvé par la vie, notre commissaire est un teigneux aux méthodes quelquefois discutables. C’est ce qui le rend attachant et efficace. Les autres personnages comme Oyun ou Solongo, deux femmes, une flic et une légiste pour ne citer que ces deux là, épaulent  le policier et occupent le terrain lorsque celui ci est retenu ailleurs.

Entre culture et géopolitique Ian Manook se permet pour un premier roman de mettre noir sur blanc des choses qu’il n’aurait  pas pu mettre en scène si son polar se situait en France. C’est  ainsi qu’on voit surgir en pleine Mongolie un bar nazi détenu par un certain Adolphe dans lequel on sert des consommations en uniforme nazi…

Beaucoup de choses ont déjà été dites sur ce fameux Yeruldegger, je ne vais donc pas m’étaler. Tout ce que je peux vous dire c’est que ce bouquin est aussi bon que le nom du commissaire est difficilement prononçable.

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