LA PLUIE DE NEON, éditions Rivages /Noir, par BRUNO D

Avant de passer sur la chaise électrique, Johnny Massina attend Dave Robicheaux, Lieutenant de police de la Nouvelle Orléans  pour une ultime visite. Johnny apprend au policier qu’on veut lui faire la peau. Parole d’un condamné à mort ou véritable mise en garde ? C’est ce que Dave va chercher à découvrir.

Ce premier volet met en scène Dave Robicheaux, un flic incorruptible, tenace, perspicace aux méthodes quelquefois particulières.  Mystérieuse et ténébreuse, plombée par le soleil et les averses d’orage, la Louisiane des bayous et des maxi-torpilles (sandwiches crevettes, huîtres, salade et sauce piquante) est ici décrite parfaitement et sert de décor étouffant à cette enquête.

Le fil conducteur est autant la recherche des meurtriers d’une jeune femme noire retrouvé dans le bayou que l’exorcisation des vieux incubes qui hantent notre lieutenant. Ex alcoolo et ancien du Vietnam, ça fait beaucoup pour un brave type embarqué dans une spirale dévorante où chaque problème débouche sur un autre problème. Heureusement ,notre gaillard est solide, têtu, bourru et on n’a aucun mal à se prendre d’affection pour ce héros aux blessures multiples.

Véritable histoire à tiroirs, l’auteur nous emmène dans le sillage tourmenté de Dave Robicheaux et de l’Amérique traumatisée par l’ ex-guerre. Cette Amérique ou les «nègres» (cités plusieurs fois dans le roman) n’ont pas  la même place que les blancs et ou la culture cajun, délicieusement épicée, est pourtant bien présente.

Ne perdons pas de vue que ce roman est bien noir,  la violence , les visions cauchemardesques, les bouges et bars miteux, les règlements de comptes et faux semblants, les caïds et petites frappes, c’est ce que l’on trouve dans cette Louisiane que défend corps et âme Dave Robicheaux. La frontière entre le bien et le mal est très mince.

Entre réflexions philosophiques et vieux démons ,ce premier roman de James Lee Burke avec le personnage de Dave Robicheaux, qu’il reprendra plusieurs fois laisse augurer d’une jolie série, entre noirceur profonde et tranches de vie ; et ça c’est tout ce que j’aime dans le roman noir.

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