LA FILLE DANS LE BROUILLARD, Donato Carrisi, par BD.

La sortie d’un Donato Carrisi est toujours un événement depuis que celui ci nous avait scotché avec Le Chuchoteur. Le petit dernier, one shot, met en scène la star des commissaires de police, le Commandant Vogel. L’histoire commence 62 jours après la disparition d’Anna Lou, jeune fille de 16 ans qui habite un village paumé des Alpes : Avechot. En pleine période de Noël, il va falloir un Vogel au meilleur de sa forme pour élucider le mystère.

L’atmosphère est lourde au sein de cette bourgade qui vit en autarcie et ou une communauté d’église qui  ressemble à une secte semble dicter sa loi. Le village, mort à cette période de l’année, va se trouver propulsé sous les feux des projecteurs et les langues vont se délier.

Pour obtenir les moyens d’enquêter autant que se faire mousser, il faut remuer ciel et terre mais surtout attirer les journalistes de la presse audiovisuelle. Vogel va élaborer un plan machiavélique pour faire avancer l’enquête à son rythme et selon son bon vouloir .

Le pouvoir de la petite lucarne est au cœur de ce récit . La curiosité morbide et le voyeurisme entretenu par le dieu TV animent l’enquête. Commencé avec une simple disparition et beaucoup de questions,on se dit qu’il n’y a rien de bien nouveau dans ce roman. C’est sans compter sur l’auteur qui nous manipule, ne nous lâche pas et nous fait glisser  implacablement vers l’effroyable. Vogel tire les ficelles. Stella la journaliste vedette, Florès le psychiatre, Rebecca Meyer la jeune procureur, le lieutenant Borghi et le professeur Martini seront plus ou moins les pions que l’on pousse ou sacrifie comme aux échecs s’il le faut.

« Les gens ne cherchent pas la justice, ils veulent un coupable. Pour donner un nom à la peur, pour se sentir en sécurité » ,terrible phrase de la page 176 !

Et quand l’opinion publique est alertée par des médias assoiffés de sensationnel, alors Presse et Police deviennent deux machines à broyer capables de faire la pluie et le beau temps afin de donner au peuple un coupable et du scoop.

Avec ses retours en arrière ,Donato Carrisi excelle dans ce thriller au faux rythme qu’il gère avec vista pour mieux nous saisir à la fin. Sa conclusion surprendra plus d’un lecteur. Je n’ai rien vu venir et  l’écrivain nous laisse dans le brouillard jusqu’à ce que la fin nous cueille avec bonheur et talent.

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