NE PRONONCEZ JAMAIS LEURS NOMS, Jacques Saussey par Bruno D.

Paru en Janvier 2017, le dernier Jacques Saussey est dans la continuité de La pieuvre ou on avait laissé le capitaine Daniel Magne et Lisa Heslin en plein doute sur leurs vies respectives. Magne s’est éloigné à Hendaye et Lisa en Suisse dans le chalet hérité de son père. L’histoire commence tambour battant comme d’habitude, avec un train chargé de voyageurs qui quitte le pays basque pour rejoindre Paris, avant que l’horreur vienne bouleverser la vie de tous dans un grand éclair blanc.

Attention le dernier Saussey est une bombe et je le revendique sans mauvais jeux de mots. On sent dans ce nouvel opus toute la révolte et l’indignation d’un homme qui a été touché de plein fouet, comme nous tous, par l’attentat de Charlie Hebdo. Ne prononcez jamais leurs noms est une plaidoirie pour réaffirmer qu’il faut se souvenir des victimes et ne plus parler de ces salauds répandant la mort.

Jamais l’auteur n’a écrit de façon aussi noire, réaliste et maléfique. Sa plume nous scotche à travers des chapitres courts, rythmés et dévastateurs. La rage au cœur des lignes se retrouve sur chaque page.  Quel est donc cet individu, le monstre responsable de ce carnage ? Le Capitaine Magne est par hasard le premier sur place et… tout va aller très vite.

Dans ce roman, Jacques Saussey  nous raconte la genèse du cinglé qui va défier les forces de l’ordre.  Le Capitaine Magne et le Lieutenant Heslin vont souffrir comme jamais et nous avec dans cette histoire à la noirceur exacerbée. Du boulevard Saint Michel en passant par Lockerbie et bien d’autres, l’auteur nous rappelle qu’au nom d’idéaux discutables, la liste des victimes est de plus en plus longue.

Haletant, époustouflant, hallucinant, captivant, cauchemardesque, brutal, mais aussi documenté et très instructif, ce livre vous retournera les tripes et vous fera explorer le coté obscur de certaines âmes humaines. Heureusement, l’amour reste le plus puissant des leviers à opposer face à cette barbarie des temps modernes.

Le pays basque riche de sa culture, de sa nature sauvage et magnifique, mais aussi  de son passé d’attentats avec l ‘ETA,  sert d’écrin à ce roman magistral ou les certitudes sont ébranlées,et ou la vie s’accroche jusqu’à son moindre souffle.

Voilà un auteur qui navigue en père peinard sur la grande mare du Polar et vient grossir les rangs des meilleurs comme Thilliez, Chattam, Bussi pour les hommes ou Favan ,Giebel et Piacentini pour les dames.

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