Pyromane de Wojciech Chmielarz

Depuis un an les éditions Agullo nous ont habitués à leur flair imbattable et pourtant je suis à chaque fois épatée par les excellentes pépites qu’ils dénichent Ailleurs.

Cette fois-ci il s’agit d’un polar polonais, Pyromane de Wojciech Chmielarz, première enquête de l’inspecteur Mortka dit le Kub qui, dans la galaxie Agullo, risque de faire concurrence au commissaire Soneri (Le Fleuve des Brumes, La Pension de la villa Saffi de Valerio Varesi)

 

En ce qui me concerne Jakub Mortka a trouvé une groopie ! Ronchon, têtu, droit dans ses bottes, dans une Pologne où la corruption, la précarité, la misogynie et la violence conjugale (big up à l’auteur pour un gros focus sur ce dernier fléau) font toujours partie du paysage, il ne lâche jamais le morceau.

 

Le Kub est divorcé, partage la garde de ses deux garçons avec son ex-femme et oublie systématiquement de verser la pension. Le Kub est mordu par son boulot et même si cette enquête, celle dite « du pyromane » le trouve plutôt sceptique quant au qualificatif « criminel » du premier incendie, il continue à creuser, parfois à contrario des consignes reçus.

 

Il vit en collocation avec un couple d’étudiants assez fêtards et casse-couilles. Son salaire ne lui permet  pas de louer un logement individuel.

La femme de son coéquipier essaie, en vain, de cacher des bleus qui fleurissent par inadvertance sur son corps. A qui faire confiance ?

Autour de lui une société qui, malgré les bonnes notes, continue sa « transition ». Les automatismes, les habitudes encrés durant les longues années qui ont précédé la libération du « grand frère soviet » combinés à la violence des changements que la jeune démocratie a apportés ont des conséquences lourdes.

 

Ce regard omniscient qui va bien au-delà de la simple enquête policière, qui en profite pour s’arrêter en plan large sur certaines caractéristiques de la société dans laquelle le héros évolue, nous le connaissons : Henning Mankell le faisait très bien. C’est à lui que Chmielarz me fait penser.

« -Tu travailles ? Demanda-t-il après un temps.

 -Non. J’ai travaillé quelques heures et maintenant je bouquine.

 -Quoi ?

 -Mankell. Tu connais ?

Il essaya de se rappeler s’il s’agissait d’un titre ou d’un nom, mais rien ne lui vint à l’esprit. Ça n’avait pas dû faire partie des lectures scolaires à son époque.

 -Henning Mankell.  »Les Morts de la Saint-Jean ». Un polar suédois. Tu lis des polars ? »

 

Bref, courez chez votre libraire et demandez-lui Pyromane. Vraiment.

C’est intelligent, prenant, réaliste, efficace.

Et je veux voir la suite, vite !

 

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