MAJESTIC MURDER d’Armelle Carbonnel par Bruno D.

Impatient j’étais de découvrir le Majestic Murder de la belle Armelle, tellement son Criminal Loft avait été une excellente surprise. J’avais bien sûr dans le creux de l’oreille pour l’avoir croisé à Noeux et à Lens, sa petite mise en garde prévenant que c’était très très différent.

Une écorchée vive, junkie accro à la coke, qui rêve de brûler les planches. Un squat à fuir, un homme secret et tourmenté. Et une audition étrange menée par une troupe étrange dans un théâtre abandonné… Le Majestic. Voilà  le décor choisi par Armelle pour son deuxième forfait livresque.

Ce livre est un monument d’écriture et de huis clos malsain. Les acteurs que l’on découvre au détour d’un squat sont Lillian, Seamus et Fanny ,puis assez vite , Allan, Clarck ,

Sarah, Maddy, Noname, Ron, et La Tentatrice. Il est bâti comme une pièce de théâtre et les chapitres sont remplacés par des scènes . Il faut reconnaître à l’auteur un grand talent pour la mise en scène (normal ici pour du théâtre) et les 100 premières pages sont un trompe l’œil de folie. Elle nous ballade au gré de sa plume. On ne sait pas ou on va, elle si ! Entre le rouge et le noir sordide de ce Majestic, sorte de vaisseau d’un ancien temps que la poussière habite d’une couche épaisse, on oscille entre le délirium du Rocky Horror Picture Show et le classique de William Sheakespeare. Lillian se métamorphose en Peg Entwistle, une actrice qui s’est suicidé en 1932 et le voile opaque du mystère commence à se lever au milieu du bouquin.

Cette pièce interprétée par la Compagnie des Fous (c’est son nom) réservera bien des surprises et au moment des trois coups frappés par le brigadier, le rideau se lèvera sur une salle avide de spectacle. Le Majestic va vous emmener au cœur d’une histoire géniale pleine de rebondissements ou les acteurs ne sont peut être pas du tout ceux qu’ils prétendent être. Je ne peux en dire plus au risque de spoiler cette merveilleuse et démente intrigue mise en place par l’auteur.

Deux petits bémols cependant à ce Majestic Murder, l’auteure a tellement voulu brouiller les pistes et semer le lecteur que les 100 premières pages sont quelquefois perturbantes et pas mal de lecteurs pourraient  se perdre et abandonner en route.

Armelle a une superbe écriture, mais ici sur la première moitié du roman  j’ai du relire des phrases en ayant peur de passer à coté de quelque chose et en me demandant ce qu’elle avait voulu dire.

La Nécromancière, comme elle aime se définir, séduit avec ce deuxième roman, à des années lumières du premier. Elle prends beaucoup de risques en égarant longtemps son lecteur avant de lui offrir en tomber de rideau une conclusion de malade, inattendue après nous avoir retourné le cerveau, avec ses faux semblants et ses évidences… qui n’en sont pas ! Le chef d’oeuvre n’est pas loin et Armelle Carbonnel repousse bien loin les limites du genre. Bravo pour ce livre très différent et unique. Mon dieu , qu’est ce que tu vas nous faire au troisième ?

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