Ruptures de Cecil H. JOACHIM, chronique et entretien

L’auteur peut s’enorgueillir  d’avoir réussi pour un premier jet deux choses, nous surprendre par la qualité et l’originalité de ces textes, et commencer par le plus hard, le recueil de nouvelles.

Mêlant habilement, les codes du roman noir et de la vie, on peut qualifier ces nouvelles d’un côté de hitchcockien et de deux, la surprise finale est toujours de taille. On pourrait penser que l’auteur est un « mental disorder » ^^

Livre qui retrace les mœurs de notre société en déclin, ou de l’humain et de sa vie. Mais Joachim sait aussi faire resurgir le meilleur de nous-même. L’action se situe dans la région Viennoise, terre d’accueil de l’auteur qui  lui rend par sa description, toute sa beauté ainsi que sa laideur.

J’avoue avoir été entièrement surpris puis conquis par « Ruptures ». Mais il y a toujours un mais, il va falloir ciseler ou affiner l’écriture pour rendre plus fluide la lecture, bien que je pense que cela vienne du format ou de la mise en page, je reste dubitatif sur ce point…. Car ni la couverture qui est à chier, ni la mise en page ne rendent grâce à son talent…

Sur ce, on prend le mec par le colbac, et on le fait parler :

 

1 Bonjour auteur, alors qu’as-tu à dire pour ta défense, pourquoi n’en es-tu  pas venu aux mains mais à l’écriture  à  ton âge indigne ou digne ?

 

J’en suis venu aux mains avec l’écriture car c’était le seul moyen pour moi d’apaiser mes frustrations (intellectuelle et culturelle).  Tordre le cou des lettres de l’alphabet  m’a évité les passages à l’acte et m’a aidé à échapper à ma réalité.

2 Tu as choisi le format court, le plus dur, la nouvelle pourquoi ? La peur de t’engager sur le long terme ? Infidèle ?

Ce qui m’intéresse dans la nouvelle, c’est que l’écriture doit être diablement cadencée tout en étant suffisamment fluide. D’autre part, il faut encastrer une intrigue avec tout ce que cela comporte comme brutalité dans de courts  paragraphes, avec des phrases courtes elles aussi. Il faut également arriver à faire vivre les personnages en utilisant un nuancier émotionnel. Enfin, être vigilant qu’en aucun cas le lecteur ne puisse deviner la fin…  il faut une chute à couper le souffle. En ce qui me concerne, il m’est plus facile de maîtriser une narration d’une vingtaine de pages que trois cents. Pour l’instant  je ne me sens pas capable d’écrire un roman dû  certainement à un manque de méthodologie.

3 J’ai remarqué en lisant tes nouvelles, qu’on parle souvent de queue, les animaux sont omniprésents, je ne parle pas de l’alcool, ni de  l’angoisse et de la solitude ou de la folie de tes « héros »….. Pourquoi, la queue, et les animaux, on pourrait penser à la zoophilie. Explique-toi ?

La queue, cet emblème phallique, est supposée mettre en valeur les plus faibles, les laissés pour compte et les abandonnés au sein maternel. Excès et angoisses sont l’apanage de la vie, mais quand les choses se précipitent, les plus lucides ressentent bien le côté contestable et paradoxal, car ils ne sont plus maître des évènements.

Quant aux animaux, je les aime trop pour ne pas en avoir. Ils sont omniprésents dans notre quotidien… Il suffit de compter le nombre de merdes qui siègent fièrement sur nos trottoirs, le nombre de chiures de pigeons sur les statues pour leur donner une place de choix  dans mes nouvelles.

4 Bon, des promesses de politiciens, parle-moi de ton avenir livresque ?

Je n’ai aucun avenir livresque. J’écris et on verra après. Je suis trop angoissé pour aller me perdre sur une ligne jaune… L’écriture est une somme de doutes qu’on se le dise.

5 Un avis pertinent sur notre société décadente, optimiste (pas le bateau) ?

Notre société est à notre image et agit comme un miroir réfléchissant. Tout va très vite, trop vite… Tout s’efface aussi très vite. La pauvreté continue à se distiller et se propager sans complexe sous nos yeux, tandis que le discours du politique continue de se dérouler comme un pilote automatique et bégaie quand il s’agit de parler de solidarité, de fraternité… Le discours se recycle à l’infini puisque l’égalité n’est pas dans ses gênes… Pendant ce temps-là, le peuple  continue d’entonner avec passion la Marseillaise  dans les stades de football OUF!! L’honneur est sauf…

6 notre question habituelle,  qu’aimerais-tu partager avec nous, (cuisine, arts, ad lib) ?

J’aimerais partager avec vous l’art de boire le rhum vieux, la vie sexuelle des abeilles sauvages dans une coquille d’escargot vide, ou encore parler pilosité avec une femme à barbe.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *