PORNARINA, RAPHAEL EYMERY (Denoël) par Bruno D.

Pour un premier bouquin Raphaël Eymery nous sert une histoire peu banale et plutôt déjantée. Entre génie ou complètement maboul ; j’avoue que j’hésite encore !

Pornarina, c’est une prostituée à la tête de cheval. Les rares à connaître son existence sont les « Pornarinologues » qui la pourchassent à travers l’Europe. Elle émascule ses victimes et serait coupable de bien des homicides.

Ce qui est sûr, c’est que l’auteur a du talent. Il élabore un scénario débordant de trouvailles ou il mêle à sa façon plein de styles et de genres différents. Les références (Di Rollo, Lecter, etc…), citations et allusions en tout genre sont nombreuses. Riche et foisonnant de vocabulaire spécialisé (j’ai sorti mon dico plus d’une fois), cette traque morbide voire jouissive est quelque chose de jamais vu.

La famille Addams, à coté de ça, c’est de la roupie de sansonnet. Entre un Sherlock Holmes de 150 ans (Bon, là j’ai pas tout compris) et une galerie de personnages incroyable, ce musée des horreurs donne l’impression de se dérouler à une autre époque . Pourtant c’est aujourd’hui que l’histoire se déroule !

Monstrueusement dérangeant ou rafraîchissant, ce livre explore des mondes allant de Poe à Thomas Harris en passant par l’univers d’Elisabeth Bathory. Si ce roman oscille toujours entre deux époques, deux siècles ; le nouveau et l’ancien monde, la cruauté, elle est toujours bien présente quelque soit la période.

Anthonie, jeune contorsionniste de 24 ans et fille adoptive du Dr Blazek (tératologue renommé traquant Pornarina) est le fil conducteur tout au long de cette histoire. Vengeance, affrontement sexiste et dérive mortelle en tout genre, le récit est l’occasion de balayer les pulsions  les plus sombres des tueurs en série et de l’espèce humaine. Qui est le plus cinglé ? Les tueurs ou ceux qui les traquent ?

Raphaël Aymery peut séduire avec ce premier opus à nul autre pareil. Du talent, il en a incontestablement et les éditions Denoël ont eu raison de le publier dans la prestigieuse collection Lunes d’encres. Attention cependant, la fin abrupte et des arguties inutiles égrenés au cours du roman me laisse sur ma faim et me fait hésiter au moment des récompenses entre les encouragements et l’avertissement. Il serait dommage de  se gâcher en ayant de telles possibilités.

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