Pyromane (Wojciech Chmielarz – Agullo Noir – Traduction Erik Veaux)

A y est Agullo a encore mis le feu. Pyromane est un excellent roman policier tout ce qu’il y a de plus classique pourtant mais tellement bien construit.

Un commissariat et deux flics, des maisons qui brûlent, un hiver polonais bien rude et une enquête qui pourrait tourner à la Berezina pour le Kub. Le Kub, sacré flic qui rappelle un peu ses confrères du Nord de l’Europe ( divorcé, des enfants etc etc) sauf que lui il picole pas comme un trou et se lamente pas tout me temps dans un état semi-dépressif. Le Kub, un bon flic à l’ancienne : droit et honnête, un type comme les autres qui a foi en son métier. Le Kub qui vit en colocation avec des étudiants, qui a tout laissé à son ex-femme, qui s’occupe de ses enfants comme il peut, qui mène ses enquêtes avec passion. Le Kub nous fait visiter une Pologne qui comme chez nous se trouve gangrénée par des truands opportunistes, une Pologne qui semble encore arrêtée à la fin des années 80 et qui a du mal à avancer, à évoluer.

L’intrigue de Wojciech Chmielarz est magistralement bien construite. Il s’est fait le temps de 410 pages ébéniste pour construire un buffet massif à multiples tiroirs et fonds cachés. Tout y est ouvragé, fait de trompe l’œil et de faux semblants. Les moulures dissimulent des dorures qui reposent sur un fond tronqué. Les pages brûlent les doigts tellement on veut avancer et comprendre cette intrigue qui s’étale comme un gros nuage de fumée. D’une affaire à une autre les braises se rallument parfois soudainement, parfois sournoisement pour nous enfumer dans les méandres d’une intrigue sournoise.

Pyromane est un véritable feu de joie pour les amateurs d’intrigues fouillées. C’est un énorme coup de coeur et Le Corbac reprendrait avec plaisir une tasse de Kub.

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