Le Diable en Personne (Peter Farris – Edition Gallmeister Néo Noir- Traduction Anatole Pons) par le Corbac

Il y a du Larry Brown chez Peter Farris (du moins dans celui-ci, je n’ai pas lu le précédent).
Certes le distinguo entre les protagonistes est assez manichéen au final mais Farris sait le ménager, l’apprivoiser et le tordre pour se l’approprier et faire naître son suspense.
Hé ben oui parce que la tension (et l’attention) ne se porte pas sur l’histoire (c’est-à-dire le 4ème de couverture) parce que celle-là on la connaît bien et on sait comment elle va finir.
Non, tout l’intérêt de ce roman réside dans le personnage de Leonard Moye : son histoire, ses valeurs, sa vie, ses prises de position… Tout y est pour nous tracer le portrait d’un homme torturé, ruminant des souvenirs sombres et portant sur les épaules toute une légende.
Les seconds couteaux (c’est-à-dire l’ensemble des personnages et intervenants autre que Léonard) ne servent qu’à le mettre lui en avant et à créer des situations, des rebondissements, de l’action et du mouvement.
Le récit est totalement centré sur cet individu ; le décor (la ville, la forêt, les routes…) n’est qu’un accessoire, une scène pour dérouler au final une jolie tragédie antique dans le respect de ses règles.
Mais… mais cet excellent travail d’écriture il m’a fallu deux à trois semaines pour le voir après sa lecture. (Et c’est très con parce que finalement la surprise est là, d’un coup : comme Le Verger de Marbre, Le Diable en Personne est un faux roman. Ils racontent tous les deux beaucoup plus que l’histoire ne l’écrit, avec talent certes mais aussi avec un récit convenu et connu.
Ma première réaction fut de me dire que je venais de lire le catalogue Néo Noir, un condensé de ce que j’ai lu depuis deux ans, comme si Peter Farris possédait l’intégralité des clés de Gallmeister, comme si il était capable en un roman de mixer un certain nombre des publications de Néo Noir depuis sa création et d’en devenir le représentant.
Un livre excellent, troublant dans son coté représentatif d’une collection que je lis régulièrement, mais surtout un roman humain plein de bons sentiments et qui laisse planer l’espoir d’un renouveau chez l’individu.

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