Par le Vent Pleuré, Ron Rash (Seuil), traduction Isabelle Reinharez par le Corbac

Ça faisait des plombes que je n’avais pas lu un livre si émouvant !

Y a pas à dire Ron il sait te chambouler le cœur et faire fonctionner tes glandes lacrymales.

J’ai adoré ce petit (200 pages) roman on ne peut plus intimiste : émotion, sensation, révélation et nous, au milieu, simple pion que Ron Rash se plait à promener.

Et la ballade dans laquelle il nous entraîne vaut une, deux, trois voire six canettes et une bonne boutanche de rouge, histoire de se remettre de cet afflux de sentiments qui nous tombe dessus à chaque page, voire à chaque ligne.

Eté 69, Summer of Love… Eté de toutes les découvertes pour Eugène… Eté qui fera de lui l’homme que l’on va suivre 46 ans plus tard dans sa déchéance ancrée. Celui de la découverte de l’amour et du sexe, de l’alcool surtout. Celui du vol et des premières rébellions…Celui qui l’a tué….

Oubliez les sentiers boueux et les bouseux qui trafiquent dans les bois, oubliez les gros balèzes qui défouraillent à tout va et Welcome dans l’âme humaine.

Par le Vent pleuré est un  atroce roman d’apprentissage, le récit d’une pitoyable déchéance parce que cet été est pour Eugène celui qui va marquer sa vie à tout jamais et lui faire toucher le fond du cul de la bouteille, c’est celui qui va conditionner tous ses échecs, toutes ses luttes perdues d’avance.

Par le biais d’une seule et unique rencontre, au fil des baignades et des canettes bues, des médocs volés et d’une amourette estivale, Ron Rash nous raconte la vie de deux frères orphelins de père et dont la vie est dirigée par l’omnipotent et omniprésent Grand-Père, grand chaman devant l’éternel d’une petite bourgade des Appalaches.

On y trouve pêle-mêle : la réussite sociale, les bonnes mœurs catholiques, le pouvoir de la renommée et le poids de l’argent, l’influence du patriarche sur sa ou ses descendances, l’échec, l’alcoolisme et plein d’autres travers humains.

Je ne suis pas le Vent et je n’ai pas pleuré… juste eu les yeux humides devant cette peinture réaliste de l’adolescence. J’ai vibré au mouvement de l’eau quand l’hameçon la pénètre, j’ai transpiré sous le soleil après mon pack de bières, j’ai été séduit par un maillot de bain vert, j’ai été fier d’être le meilleur de la Fratrie mais au final quand je me retourne après 46 ans et que je regarde ma vie je réalise que c’est un échec et que je vais un jour crever dans ma fange.

Merci Mister Rash pour cette leçon de vie !

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