Têtes Brulées (Karin Salvalaggio – Bragelonne Thriller – Traduction Marie Ploux) par le corbac

Comme quoi il ne faut jamais s’arrêter à une première impression.
Il y a quelques mois j’ai lu Poussières d’Os (même auteur, même maison) la première enquête de Macy Greeley et je n’avais pas été des plus enthousiaste. Alors quand Têtes Brulées a atterri entre mes petites pattes j’ai quand même hésité et puis je me suis dit que si je n’essayais pas je ne saurai pas.
Et j’ai bien fait !
Ça c’est de l’enquête ! Une intrigue bien troussée, un fil conducteur bien déroulé, une intrigue soignée aux petits oignons…Nickel dans le fond.
Karin Salvalaggio multiplie les intrigues sans que cela devienne un bouillon indigeste et insipide. Chaque histoire, chaque piste à sa saveur, son odeur comme si elle nous préparait son ragout en tête à tête. Une pincée de ceci, une goutte de cela… On fait revenir les ingrédients de bases à feu vif et puis on rajoute progressivement d’autres éléments, d’autres faits, d’autres personnages afin d’épaissir la sauce, de donner de la consistance au futur plat. La viande mijote ainsi pendant 400 pages pour donner naissance à un plat aux saveurs multiples.
Et dans les ingrédients on y trouve : les trauma des anciens soldats revenus d’Afghanistan, les relations père/enfants, les relations extra-conjugales dans le boulot, la maternité, les ravages de la drogue chez les jeuns dans les petits bleds… Il s’en passe des trucs chez Karin mais elle te les raconte sans lourdeur, sans apitoiement juste histoire que tu saches et que tu comprennes.
Voilà M’dame Salvalaggio elle nous construit un roman qui, hormis le cliffhanger avec Ray ( pas forcément nécessaire et quand même un poil tiré par le chignon), cohérent et vachement moins brouillon. Elle arrive avec sérieux à nous mener en bateau au travers de toutes ces flammes.
Un Twin-Peaks sans mysticisme, une once de Brother de Jim Sheridan sans aucune eau de rose et une intrigue touffue comme dans les polars des frères Cohen voilà la recette du succès de Têtes Brulées… et puis il y a ces quelques questions qui restent sans réponse et qui nous frustrent mais que l’on accepte avec bon coeur pour suivre les règles.

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