JIGAL et JOB

© Les Pictos

J.O.B. – Jacques Olivier BOSCO (Ce billet n’est pas de la soupe même si l’on y cause de biscotte.) 

Le Corbac

Jacques-Olivier Bosco… que je l’aime… que je l’adule et adore (Ceci étant dit et posé vous savez que les mots qui vont suivre n’auront strictement rien d’objectif). Un homme dont j’aimerai avoir la coupe de chev… pardon je m’emballe…

Donc Jacques-Olivier Bosco (dit JOB) fut une de mes plus jolies découvertes de ces deux dernières années dans le panorama du roman noir francophone, et étranger (Ben oui je dis que Job il écrit tout aussi bien voire mieux que certains auteurs internationaux et que même si tu me dis que c’est peut-être la faute du traducteur je te dirai qu’avec Job ben il ferait quoi qu’il arrive le boulot nickel chrome et rubis sur l’ongle sans rechigner parce que sinon… ben pan…).

Pourtant il m’a fallu attendre l’été 2016 pour me plonger dans son œuvre (ben ouais avant je n’avais pas eu le temps !). Et là d’emblée je prends uppercut et crochet (ou inversement je sais plus) qui me foute la tête de traviole et le cerveau tout chamboulé : je vous parle du Cramé et de Aimer et Laisser Mourir.

Quand dés le départ tu te tapes deux mecs comme ça (Le Cramé et le Maudit) t’es content de t’en être tiré vivant. Parce que ouah… tu la sens la culture du Job, tu la vois son appropriation de ce qu’il aime, de ce qui le fait vibrer comme un avion au décollage. Parce que les mots ils fusent, les scènes s’enchaînent, souvent comme les balles dans le chargeur, pour venir te percuter.

Alors quand t’as lu ces deux là tu te dis que ouais ok c’est pas mal, ça déménage bien et que les gars sont quand même sévèrement burné et pas tout seul dans leur tête… alors t’attends un peu et puis tu t’enfiles le reste de la fournée…

Loupo qui est d’un nihilisme puissant et dont l’écriture si hachement travaillée te découpe l’âme comme une bûche.

Tu retrouves Lucas et tu réalises que le Job sa thématique il la tient et qu’il la lâche pas et quand tu finis par rencontrer Le Noir et ses 5 anges tu comprends.

Il est pas d’origine sicilienne pour rien le gaillard et du haut de ses 1m10 (les bras levés et debout sur un tabouret) il y a deux choses qui ne méritent aucun pardon : la Famille et l’Honneur.

Ben ce sont les valeurs que Job véhiculent dans ses 5 romans jigaliens, il les explore, les explique, les justifie et parfois même les excuses au nom de ces deux valeurs authentiques que sont la famille et l’honneur.

Oui ses personnages sont des maudits au noir comportement cramé comme des loups affamés mais ce sont avant tout des êtres humains qui restent attachés à ces valeurs qui font de nous des êtres bons. Oui leurs armes et arguments sont souvent mortels et violents mais comment permettre de laisser toucher à ce qu’il y a de plus sacrés sans répondre ? Qui laisserait détruire son amour, sa famille, son avenir, sa vie, son honneur sans vouloir un jour ou l’autre demander réparation et faire payer cette douleur ?

Vous voulez connaître Job ? Suivez le guide, il va vous parler de lui.


Quand les anges tombent, 2014

Pourquoi as-tu décidé d’envoyer ton manuscrit chez Jigal la première fois ?

Cela faisait presque dix ans que j’envoyais des manuscrits en espèrant être publié, j’essayais de donner le maximum de chance à l’ouvrage que je pensais être indispensable au monde du polar, j’essuyais les (nombreux) refus, je me remettais en question, j’attaquais une autre histoire dans un autre style avec encore plus de hargne, et je recommençais a essayer de donner sa chance à ce nouvel opus ! Et la mort se lèvera était mon troisième espoir, et j’y croyais beaucoup. Je l’ai d’abord envoyé à une dizaine de très grosses maisons d’éditions (14€ d’impression plus 9€ de port, les apprentis auteurs savent de quoi je parle), puis, au bout de deux ou trois mois, j’ai fait passer une deuxième rafale chez Jigal, La Manufacture, Le Diable vauvert, L’écailler (à l’époque), Baleines, L’Archipel, etc… Pour moi, Jigal est un éditeur de polar comme les autres, je le voyais sur les tables des librairies et aussi dans les salons, et puis j’avais été marqué comme tout le monde par la vague «Marseillaise», Izzo, Carrèse et Del Pappas (entre autres), ce fut donc un énorme bonheur de recevoir une réponse de sa part une quinzaine de jours après mon envoi. 

Comment perçois-tu la ligne éditoriale de Jigal polar ?

Terminé, les «polars du Sud», depuis une dizaine d’année Jigal, ce sont des polars cultes (dépêchez vous de commander l’admirable La prière du Maure d’Adlène Méddi, Train bleu, train noir de Gourian, ou bien La vie est un sale boulot d’Otsiémi, et je ne vous parle pas du Cramé), mais surtout, c’est une pépinière de talents francophones qui se réactualise chaque année. C’est le seul éditeur à sortir neuf nouveautés en langue française chaque année.

Pour les auteurs de polars (qui écrivent en français) c’est une chance énorme. Car chaque année Jimmy Gallier se débrouille pour dénicher au moins un tout nouvel auteur. Bon aujourd’hui, il y en a qui sont un peu connu grace à FB ou bien parce qu’ils sont passés par d’autres maisons d’édition, mais s’il y a une chose qui caractérise la ligne éditoriale de JG, c’est l’écriture, le style. Chez Jigal vous trouverez du roman noir français dans la plus pure tradition sociale et stylistique, mais aussi du polar d’évasion – souvent aussi grâce à une plume caractéristique, une langue qui emporte, amuse, séduit, surprend ; le plaisir de la lecture par le ressenti des phrases – c’est un énorme plus, car un texte qui pourrait passer pour «non commercial» ou bien « hors des clous» s’il a une âme, une écriture, et surtout, Jimmy est strict là-dessus, une «Histoire», et bien, il aura ses chances chez Jigal !Alors, les apprentis auteurs qui rêvent (parce que c’est une maison de référence) d’aller chez Jigal Polar, vous savez ce qu’il vous reste à faire, et attention, une autre règle, pas plus de 400 000 signes grand maximum, c’est du polar !

Qu’est-ce que Jigal t’a apporté ?

Tout ! Bah c’est clair, pour un auteur, l’édition apporte la reconnaissance, auprès des siens, de son entourage, et surtout, par rapport à son (long, frustrant, minutieux, hargneux) travail. De se retrouver dans la même maison que Méddi ou Georget, l’année ou il a eu trois ou quatre prix d’affilés, cela fait quelque chose. Ensuite, maison indépendante, oui, mais qui fait tout pour que ses livres se vendent et soient connus (et là-dedans, il y a le votre). Ils en envoient donc plus de deux cents à tous les journaux, télé, radios, blogs, pages de lecteurs, sites et passionnés qui parlent et chroniquent des polars, mais aussi font tout pour que les livres soient inscrits dans les concours et que les auteurs soient invités dans les salons afin d’avoir de la visibilité et du contact auprès des lecteurs et, encore, passionnés. De mon côté, Le Cramé (mon deuxième ouvrage chez Jigal) a été plébiscité dans le magasine Lire, ainsi que dans Télématin, j’ai aussi pu participer et gagner le Prix Blues et Polarpour Loupo, et ainsi être remarqué dans le monde du polar. Ce qui fait que, par la suite, j’ai été directement contacté par d’autres éditeurs, mais avant, j’avais déjà sorti 5 livres chez Jigal. Patience et fidélité sont une des règles de ce milieu. Et aussi pragmatisme, comme l’est Jimmy Gallier, il m’a déjà refusé un texte, et il pourrait en accepter un si celui-ci convient à sa ligne éditoriale, sans regarder si je suis déjà dans telle ou telle autre maison d’édition. Comme je l’ai dit, ce sont les textes et les livres qui priment, pas les auteurs, donc, deuxième conseil aux apprentis auteurs, pensez d’abord au devenir de vos textes, avant de penser à vous. 

Qu’est-ce qu’il y a au programme pour toi dans les prochains mois ?

En février 2018 sortira mon deuxième livre chez La Bête Noire, là aussi, une collection extraordinaire : à la vitalité et au punch incroyable, cela sera une nouvelle aventure de mon personnage Lise Larteguy découverte dans Brutale. Il ne s’agit pas vraiment d’une suite, un peu comme les histoire de Supers héros, on y retrouve un univers lié au personnage principal mais projeté dans une aventure totalement différente et nouvelle. Je fais tout pour ne pas me répéter dans mes livres et surtout, pour ceux qui commencent à connaître ma patte, au-delà d’emmener et de secouer le lecteur, de le «surprendre !» à la fois par l’émotion, et le rythme. En plus, cette fois, j’ai essayé d’avoir une super intrigue avec des «rebondissements», une enquête criminelle où l’on découvre (et devine ?) le coupable qu’à la fin ! J’en peux plus de stress, j’ai trop peur de décevoir, ou de ne pas être à la hauteur, je sais déjà que je vais me taper une dépression de malade après sa sortie ! Je plaisante ( quoique), heureusement, pour moi, l’écriture c’est avant tout du plaisir et de la passion, je continue de la pratiquer, de raconter des histoires, d’imaginer des scènes, des situations, des dialogues, des personnages, faire toujours mieux par rapport à ma propre exigence d’écriture, que mes relectures soient prenantes, et même, surprenantes ! Y’a pas, j’adore les défis, et bien sur, raconter des histoires.


Au programme : 

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