Cassandra, Todd Robinson (Gallmeister)

Cassandra c’est un peu comme si on avait pris les frères Cohen, Tarantino et Dupontel ; qu’on les avait enfermés dans une pièce durant un week-end en leur disant de nous pondre un chouette truc.
Le résultat est là, chez Gallmeister avec Todd Robinson à la direction.
Un roman policier, un bouquin sombre et âpre, violent et sanglant. Un livre où t’as pas le temps de souffler, une histoire que t’as pas envie d’arrêter même pour aller pisser ou te servir une binouze. Alors oui il a un goût amer et te laisse la gorge sèche, oui t’as souvent les boules et un creux au ventre mais t’as pas envie de cesser. T’as envie que ça dure et que ça continue encore et encore (quelque chose vient de tomber sur les lames de mon plancher : m’en fous je ramasserai les morceaux plus tard ! )
Mais hormis une peinture vitriolée de ce qu’on peut oser faire pour préserver sa notoriété quand on est un personnage politique en route vers les hauts sphères du pouvoir, hormis une brève incursion dans l’univers de 8mm et des gangsters à l’ancienne il y a un parcours ( pas loin d’un 18 trous même !)
Avec beaucoup de verve et d’humour Todd Robinson nous emmène dans les pas d’une sacrée tripotée de gueules cassées et autres marginaux issus tout droit d’un orphelinat à la Charles Dickens qui, bravant la vie et ses contraintes, ses obligations et nécessités, ont su avancer et se forger, si ce n’est une âme droite, tout au moins une vie bien à eux, avec ses règles et leur morale.
Et on les aime, on s’y attache à ces mauvais garçons menés d’une main ferme par Junior et Boo… On aimerait même, si je peux réclamer, connaître ces années de solitude infantile, de douleurs forgeuses de caractère et tout le toutim qu’ils ont dû encaisser.
Ouep, Todd il sait nous faire rire et frémir, nous attendrir et nous faire bouillir, nous énerver et nous déranger.
De cette Cassandra qui nous fera pleurer on en retiendra un talent cinématographique de l’écriture, un plaisir à ressentir et partager des émotions si banales pour nous et pourtant si intenses pour ses » héraults ».
Un bon gros panard quoi !

One Comment on “Cassandra, Todd Robinson (Gallmeister)

  1. Le suivant (Un affaire d’hommes) est tout aussi bon. Et si on aime Bo et Junior, on ne peut qu’aimer Hap et Leonard de Joe R. Lansdale.

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