CE QUE CACHAIT ARCHIE FERBER, CASEY B.DOLAN (Denoël) par Bruno D.

Voilà un joli titre énigmatique et accrocheur posé sur une bien belle couverture, signature habituelle des éditions Denoël. Experte en psychiatrie, le Docteur Félicity Sloane dirige L’ATEC à Boston, un centre créé par le gouvernement US, chargé d’évaluer la capacité des individus à commettre un crime.

Archie Ferber, son patient, est un riche entrepreneur texan qui possède une chaîne de restaurants et qui est suspect dans une affaire de meurtre en Afrique du Sud. Lui et son compagnon Matthew souhaitent un enfant à tout prix et après bien des péripéties se tournent vers le continent africain d’où Matthew est originaire.

C’est tout d’abord une mise en lumière des difficultés pour les couples homosexuels désirant avoir un enfant. C’est un véritable parcours du combattant. L’adoption, la GPA ou la dure réalité des mères porteuses sont ici traités avec aménité. Pratiquement impossible même quand les moyens financiers et l’énergie dépensée ne sont pas un problème.

C’est ensuite une plongée dans la société d’Afrique du Sud et dans celle de la puritaine et peu tolérante Amérique .

Psychologie et manipulation sont au cœur de cette histoire articulée autour de deux parties. Une première partie de 260 pages présente les personnages et explore leur histoire. Angoissant et finement construit, j’ai cependant trouvé cette partie bien trop longue, particulièrement les débats au tribunal qui m’ont très souvent lassés. Par contre les rencontres ou dialogues en tête à tête entre Archie et Félicity sont troublants à souhait. Une ambiance Silence des agneaux que l’on retrouve plusieurs fois et dès le début des rencontres entre Archie et Félicity. «Vous avez des cernes noirs sous les yeux… Est ce que vous dormez suffisamment ?» peut-on lire p 188. On sent parfaitement dans cette première partie le jeu du chat et de la souris qui s’instaure entre nos deux protagonistes.

Je dois cependant reconnaître à l’auteur une grande habileté pour donner à cette espèce de huis clos une respiration suffocante et un faux rythme mettant les nerfs de tous à rude épreuve, avec des scènes dialoguées,des pièces à convictions, des entretiens et des retours en arrière pour explorer la vie de Archie et Matthew.

Après 260 pages, on entre dans la deuxième partie du roman et le rythme s’accélère. Félicity poussée par ses convictions et l’envie de conclure cette affaire qui l’obsède traque la vérité quitte à mettre sa carrière et sa personne en danger. Climat anxiogène parfaitement entretenu par l’auteur, on se retrouve surpris à ne plus vouloir lâcher le bouquin.

Dérangeant parce qu’on a l’impression de pénétrer dans les pensées profondes de ses personnages principaux, Casey B Dolan réussit à nous intéresser, nous intriguer et à nous mener jusqu’au bout de son obsession et à comprendre Ce que cachait Archie Ferber. Au vu de la fin imaginée par notre  romancière, je ne serais pas surpris qu’une suite soit déjà dans les tuyaux.

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