La crypte du diable (Vents sales), Dominique Faget par Bruno D.

Après avoir été séduit par Celui qui ne meurt jamais et profitant enfin de sa venue dans le nord à l’occasion d’un salon, j’ai rencontré Dominique pour échanger avec elle et acquérir son deuxième roman : La Crypte du diable ou les Mystères de Burdigala (ancien nom de la cité bordelaise). Lu en deux jours, je dois bien avouer que c’est une fois encore fort réussi et qu’elle mériterait non seulement une exposition plus médiatique, mais aussi une plus large diffusion. Je vais vous dire ici pourquoi.

L’histoire se déroule sur deux époques :

Bordeaux ,1628, une plongée ultra réaliste et précise dans une époque trouble : on assiste à l’amour impossible entre une fille de la bourgeoisie et un jeune peintre italien exilé rêvant de grandeur sur fond d’épidémie de peste. Une peinture féroce de la vie de la cité et de ses coutumes, avec une église toute puissante ou l’on se retrouve vite accusé de sorcellerie. Chasse aux sorcières et tortures raffinées achèvent le panorama de cette « douce » époque ou « selon que vous serez puissant ou misérable », la vie n’a pas du tout la même saveur.

Bordeaux, de nos jours enfin, ou des cadavres marqués par des signes religieux sont repêchés dans les eaux tumultueuses de la Garonne. Matthieu et Camil, de la PJ bordelaise, sont chargés de résoudre l’enquête avant que la psychose s’installe . Ajoutez une jeune femme, Marie, énigmatique et troublante, logée dans la crypte d’une église par un curé, et vous aurez toutes les cartes en main pour votre ballade au cœur de la capitale d’aquitaine.

Avec une écriture fluide et parfaitement maîtrisée, on alterne les chapitres et les époques comme dans les Giacometti Ravenne, et chaque personnage selon son importance est plus ou moins détaillé.

Quelques scènes glaçantes de la meilleure veine comme dans les Thilliez et quelques clins d’oeil bien agréables viennent adoucir l’atmosphère quelquefois glauque et pesante. On retrouve ainsi un commissaire Jacques Saussey, marié à une fort jolie rouquine…

C’est joliment mené et Dominique Faget sait ménager ses effets et le suspense jusqu’au bout. Elle nous livre pratiquement deux récits aussi palpitants l’un que l’autre et c’est ce qui fait la grande réussite de ce scénario. Sombres relents pas très catholiques en 1628 et véritable course contre la montre dans le Bordeaux d’aujourd’hui, on apprend, on explore et on découvre pas mal de choses en compagnie du guide Dominique Faget.

Documenté et concis, l’auteur a du faire un important travail de recherche pour écrire son roman. Elle restitue fort bien les deux périodes et on sent Dominique soucieuse de ne pas commettre d’erreur dans ses retranscriptions.

Les deux romans de Dominique Faget sont plein d’intelligence et de finesse. Scénarios originaux et  fouillés,mais pas que… c’est pour toutes ces raisons qu’il serait vraiment dommage de passer à coté des romans de Dominique Faget. 

Alors, il sort quand le troisième ?

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