DEFAILLANCES, B.A .PARIS (Hugo Thriller) par Bruno D.

J’ai souvent un peu de mal avec les thrillers psychologiques, parce j’y suis certainement moins sensible et parce que c’est un art très difficile. Vous savez un peu comme au cinéma, les vieux films d’horreurs, avec les portes qui claquent, les planchers qui grincent, la caméra qui tremble, très peu pour moi. Avec Défaillances de B.A.Paris, on est très loin de ces scénarios sans saveur usant d’artifice car la romancière talentueuse possède et maîtrise tous les codes du thriller psychologique, et son petit dernier sera sans nul doute un des best sellers de 2018. 

Difficile de parler de ce titre tout en essayant de ne pas spoiler, je m’en voudrais vraiment. Cassandra est mariée avec Matthew depuis peu et leur bonheur semble sans limite. Fin de l’année scolaire le soir, elle quitte ses collègues et décide de rentrer par la route de la forêt de Blackwater Lane, un raccourci sombre et dangereux où le téléphone portable ne passe pas, mais qui lui fera gagner un quart d’heure.Tout va bien jusqu’à ce qu’elle rencontre ; semble-t-il en panne, une voiture garée sur le bas coté avec une femme à l’intérieur. Elle s’arrête, puis prenant conscience de l’isolement et de la dangerosité de la situation, elle reprend la route et rentre chez elle retrouver son homme migraineux qui s’est couché dans la chambre d’ami.

Le lendemain matin, le choc, toute la presse annonce qu’une femme a été retrouvée morte dans sa voiture dans la forêt.

Et c’est là que la mécanique imaginée par B.A Paris commence à se mettre en place. C’est précis et subtil, pesé, calibré telle une perfusion lente qui distille goutte à goutte et insidieusement une espèce de doute et de poison lent au sein de l’esprit de Cassandra : la culpabilité.

On se laisse facilement emporter dans ce récit construit de façon chirurgicale et vous n’aurez aucun mal à en devenir prisonnier. C’est angoissant, prenant et étouffant à souhait comme dans un film d’Hitchcock. Addictif,vous dis-je !

Les personnages sont tous bien étudiés et donnent consistance et saveur à la trame du roman.

Ce sont 400 pages de bonheur pour l’amateur de thriller que je suis et je dirais sans chercher la petite bête que tout tombe juste. On pourrait avoir peur à un moment et se demander si le final ne va pas être tiré par les cheveux. Il n’en est rien parce que l’auteure a su ici et là avec classe et habileté tisser une histoire assez effroyable et parfaitement étayée dans sa conclusion.

Celle ci, après un dernier rebondissement vous laissera avec le sentiment que vous vous êtes bien fait avoir et que B.A.Paris nous a bien promené pour notre plus grand plaisir.

Avec La JournalisteItinéraire d’une mort annoncée et maintenant Défaillances, Hugo Thriller a décidément un bien joli catalogue pour les amateurs de frissons et d’angoisses. Vous l’avez compris, votre serviteur a adoré et je recommande sans aucune modération !

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