Samuel W. Gailey, une question de temps, Gallmeister

En espérant sincèrement que 2018 ne ressemblera pas à ce livre, tellement noir….

Après un deep winter très original et bien mené on attendait l’auteur avec impatience, et c’est avec brio qu’il revient, et aussi avec d’autres choses ^^

Dès le premier chapitre le ton est donné, bienvenue dans la noirceur épaisse, épaisse comme un crachat de diesel. Une introduction pareille cela faisait un bail que je n’en  avais point lu. Une intro qui vous met le cœur au bord des lèvres, et qui vous donne une furieuse envie de continuer.

La suite est du même acabit, très noir et surprenante, notre héroïne Alice, réussit le tour de force à nous emmener loin, si loin que notre petite vie parait si bonne à coté et heureusement  fade.

L’auteur maitrise parfaitement l’histoire il n’y a aucun repos, pas une once d’aire d’autoroute dans cette fuite  abyssale. Hum j’adore ce mot…

Samuel  W Gailey est doué, c’est certain, il excelle dans la description de ses personnages, et les fait vivre très longtemps. Ce sont toujours des personnages non manichéens, forts, qu’on ne peut ni aimer ni détester, mais qui vous marquent comme on le faisait aux bétails. Dans ce livre les «  méchants » sont ordinaires, ce ne sont pas des super méchants, l’homme enfant et Phillip ne sont que des simples bandits ou des hommes d’affaires, et très courtois.

Alternant aléatoirement les flash back de la vie d’Alice nous plongeons dans un fait divers accessoirement assez banal, mais tellement bien conté. Imaginez donc une fille nommé Alice a fui sa maison, suite à (spolier) . Du coup nous la retrouvons, plus tard, un peu à la rue, se réveillant avec un sacré mal de tronche. On notera d’ailleurs l’excellente description de 1 à 5 de la gueule de bois, bref

ALICE SANS MERVEILLE personnage cynique et sarcastique, (qui nous fera rire parfois)se retrouve malgré elle avec un paquet de pognon venant de la came, et doit fuir des vilains pas bo comme dit ma fille. D ailleurs le réveil d’Alice (sans lapin) et sa rencontre et ce qui s’en suit est aussi bon que l’intro, tarentinesque à souhait…

C’est un peu du déjà vu, mais avec l’auteur cela prend tout une autre direction, la classe est là. Nous voila donc parti pour une course poursuite à travers certains états, avec des rencontres tout au long de la trame qui ne vous laisseront pas de marbre. Que ce soit bublle girl, le camionneur, le vioque qui conduit à 60 km, le connard du train, et moult,  toute une palette de personnages bien campés. Il y a beaucoup d’actions, de surprises, c’est un roman noir parfait, mais vraiment noir, « noir c’est noir » comme disait jean d’Ormesson à moins que ce soit l’autre, je divague

Au delà du récit c’est une bien sombre Amérique que nous livre l’auteur. Abordant avec finesse les disparitions des ados, leur mal être, tous ces sentiments de culpabilité, de fuite en avant, ces drames. Nous allons côtoyer le sombre, les addictions, la lie de la lie etc. Par ailleurs vous me trouverez à coté d’un liquor shop, quémandant^^…..ma foi…

Le seul rayon de soleil, viendra du personnage d’Elton, homme si différent…, un brin d’humanité ne nuit pas !

Il n’y aura pas de happy end, nous ne sommes pas chez Walt Disney. L’auteur en profite pour tirer à boulet rouge sur cette société à plusieurs vitesses, Il a l‘art et la manière d’aborder des sujets sensibles  à l’ombre d’une phrase, d’une description, pour nous faire réfléchir, du moins je l’espère.

En conclusion comme on m’a appris à l’école, à la fac, au job etc., le petit gallmeister réussit sa rentrée de 2018, et aura donc une très bonne note à la fin du trimestre et ne redoublera pas.

Merci d’avoir lâché les rednecks^^

Depuis le tragique accident qui a brutalement mis fin à son enfance, Alice, vingt-et-un an, erre de ville en ville, de bar en bar, noyant sa culpabilité dans l’alcool, armée d’un casier judiciaire avec mention et d’une échelle de un à cinq pour qualifier ses gueules de bois quotidiennes. Un matin des plus banals, elle émerge d’un sommeil comateux et cherche déjà à se remplir un verre… lorsqu’elle découvre un type mort allongé à côté d’elle et un sac rempli de drogue et d’argent à ses pieds. À quelque chose malheur est bon : Alice s’enfuit avec le magot. Mais le légitime propriétaire du butin, peu enclin au partage, ne tarde pas à se lancer à ses trousses. Entre la jeune fille et le truand, une course poursuite s’engage sur les routes des États-Unis, et tout n’est alors plus qu’une question de temps.

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