TU NE PERDS RIEN POUR ATTENDRE, JANIS OTSIEMI (Sang neuf, Plon) par Bruno D.

J’étais très heureux à l’avance de retrouver Janis Otsiemi et son nouvel opus sorti déjà en Mars 2017. J’avais eu le bonheur de lire et chroniquer trois de ses précédents ouvrages et chaque fois j’avais plongé au cœur de l’Afrique, celle du Gabon, avec son atmosphère bien particulière.

Dans Tu ne perds rien pour attendre, je m’attendais à ressentir à nouveau le doux parfum du Gabon et de Libreville, sa capitale, avec ses policiers corrompus, les magouilles en tout genre et un langage très imagé qui a fait le succès de cet écrivain. On le retrouve, certes, mais aseptisé et lissé, comme si on avait voulu le mettre à la sauce plus européenne.

Est ce le changement d’éditeur qui veut cela ? Toujours est il que je trouve la prose bien moins tranchante et gouailleuse que dans ces précédents écrits et c’est d’autant plus embêtant que le récit concocté par notre auteur est cette fois ci d’une banalité assez affligeante. Seule une once  un peu surnaturelle vient relever un peu l’histoire.

Un cold case datant de deux ans, la mort d’une jolie fille assassinée sauvagement,et nous voilà repartie à Libreville en compagnie de Jean Marc, policier ayant à cœur de bien faire son boulot. Bien sûr, rien n’a changé. Les hommes ont toujours des maîtresses aux quatre coins de la ville, les bières se décapsulent avec les dents dès le matin et la corruption gangrène toute les couches de la société. Quelques expressions bien locales, nécessitant une petite traduction sont toujours présentes et savoureuses, mais ils n’en demeure pas moins que c’est pour moi le moins bon et le moins abouti des Otsiemi que j’ai pu lire à ce jour.

Dommage parce que le style est plaisant tout au long de ces 228 pages, mais le punch et l’inventivité dont faisait part l’auteur jusqu’à présent pour décrypter et retranscrire la moelle de son pays, j’avoue encore chercher. Polar ultra classique et light pour le scénario, on est selon moi, assez loin du noir jouissif comme dans African Tabloid ou La bouche qui mange ne parle pas.

Janis Otsiemi avec ce livre a un peu perdu ses racines gabonaises comme Line Renaud a perdu son accent ch’ti à Las Vegas. C’est dommage !

Le meurtre sera enfin résolu après une enquête sérieuse mais très convenue. C’est sans grand enthousiasme de ma part, mais ça vous l’avez compris depuis longtemps que j’ai refermé ce roman. Les précédents, tous sortis chez Jigal, apportaient quelque chose de neuf et de particulier a l’univers du polar noir, celui là, sorti chez Plon, ne devrait pas laisser un souvenir impérissable au lecteur. C’est en tout cas l’avis de votre humble serviteur.

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