CRIMES DE SEINE, Danielle Thiéry (Rivages noir) par Bruno D.

Mon premier contact avec l’univers policier de Danielle Thiéry remonte à Tabous son dernier roman et ma première rencontre à Polar Lens 2017. Une entrée en matière intéressante qui appelait d’autres lectures à n’en pas douter. Reparti du salon avec Crimes de Seine et Le jour de Gloire, ma Pal s’est également enrichie de Dérapages et d’Affaire Classée au cours de l’année 2017.

Je vais vous parler aujourd’hui de Crimes de Seine paru à l’origine en 2011 et réédité en 2013 dans la fameuse collection Rivages/noir pour notre plus grand plaisir.

Edwige Marion, commissaire divisionnaire à la brigade ferroviaire est retrouvée dans un état critique après avoir été blessée par balle à la tête.Transportée à la Salpétrière en urgence absolue, elle disparaît une fois arrivée là bas. C’est le point de départ de ce scénario angoissant et effarant que nous livre Danielle Thiéry dans un Paris qui se prépare à faire face à la crue du siècle.

Valentine Cara et Luc Abadie, ses deux plus fidèles collaborateurs, vont tout faire pour la retrouver accompagnés du très ambigu nouveau lieutenant de Marion, le commissaire Amaury Guerry des Croix du Marteroy.

Dans un Paris inondé, grignoté chaque heure par une Seine vorace gonflée par ses affluents et des jours de pluies discontinues, Madame Thiéry, en grande professionnelle qu’elle est, ne rate pas la description apocalyptique des événements et nous décrit les rouages complets de la gestion d’une catastrophe annoncée.

Les situations d’urgence ne manquent pas, évacuation des hôpitaux, sécurité publique, gestion de la crise par la préfecture de police, approvisionnement en eau potable et électricité, fonctionnement des diverses administrations, tout sonne juste et contribue à faire monter l’angoisse dopée par cette situation exceptionnelle. Les personnages sont fouillés et les rapports de hiérarchie, de rivalités de services, de jalousie et d’ego accompagnent nos protagonistes tout au long de cette histoire complexe et obscure. Certains trouveront peut être qu’elle en fait trop, j’ai pour ma part adoré cette envie de vérité sans fard collée au plus près de l’action. C’est documenté, précis, instructif et surtout très crédible.

L’enquête nous emmène du 36 Quai des Orfèvres au fin fond des galeries souterraines parcourant la plus belle ville du monde,salie par les eaux boueuses et crasseuses, amenant en même temps toutes sortes d’immondices. Paris, ses musées, ses avenues, ses richesses et ses dorures ne sont plus qu’une ombre pâlichonne.

La Seine et la romancière n’en finissent pas de nous surprendre ; et entre momies flottantes et nobliaux de fin de race, on assiste à une intrigue démoniaque aux multiples ramifications.  C’est parfaitement traité,surprenant, et la conclusion sous forme de rapports de police est d’une folle originalité.

Je rencontrerais bientôt Danielle Thiéry début février au Bloody Fleury 2018 et ce sera  un plaisir de la revoir maintenant que je connais un peu mieux Edwige Marion et sa fine équipe.

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