La chance du perdant, Christophe Guillaumot (Editions Liana Levi) par le Corbac

Pascal le grand frère tu connais ? Mais si… Le mec gaulé comme un demi-poids plume, qui vient à ton secours quand t’arrives plus à gérer ton ado, le type qui te parle honneur, respect et tout un tas de valeur… Tu vois qui ?

Ben s’il veut vraiment faire de l’audience, faut lui présenter le KANAK. Ça c’est un mec, un vrai de vrai. Un géant qui te dispense son affection à coup de « gros chameau » et te remet à ta place avec de gentilles « baffes amicales » (mais qui te font faire trois tours dans ton slip sans toucher l’élastique).

C’est un gardien de la paix à Toulouse, expatrié de ses terres natales de Nouvelle-Calédonie qui, après une première affaire (cf Abattez les grands arbres… dire que j’ai loupé sa première enquête, moi aussi j’en mérite une bonne baffe amicale) se retrouve muté à la brigade des courses et jeux avec son chef Six.

Entre la nostalgie de son île, son amour perdu et sa Grand-Mama qui perd la tête et qu’il refuse de parquer dans un mouroir, il a fort à faire dans ce monde étrange des jeux de hasard.

Homme silencieux et plein de respect pour le genre humain, il va nous emmener dans un monde dont nous ne connaissons que la version officielle, celle de la FDJ et du Banco, celle du Pmu du dimanche matin et du Loto hebdo…

De casinos en arrière-salles illégales, de paris clandestins en matchs truqués il nous fait faire une ballade dans le monde merveilleux de l’addiction…

Addiction, qui comme celle d’un junkie, te rends fou et t’emmène loin… très loin… trop loin souvent.

Parce que chez gens-là monsieur, madame, si on ne paie pas… on joue… On joue à la Dame de Pique, on joue avec sa famille, on joue avec sa réputation et finalement avec sa vie.

Mais pour affronter cette obscure facette de l’individu, il n’est pas seul. Hormis son chef, il se constitue une charmante petite équipe constituée d’un jeune magicien et d’un retraité de la Fonction Publique (ex-prof de math amateur des statistiques et autres algorithmes).

Chacun à sa vie, ses travers et ses erreurs. Chacun gère comme il peut sa vie et ses doutes, ses peines de cœur et ses malheurs.

Une enquête riche et forte qui nous emmène dans le monde pouilleux des Centres de Tri de Déchets, dans les odeurs nauséabondes du profit et du gain à tout prix, qui nous montre que l’être humain en quête de gain et de richesse est capable d’exprimer sa vénalité veule sans aucun scrupule et sans respect.

Amour et déshonneur côtoient sans fioritures la fourberie et l’amitié, la bassesse et la tricherie…

Chacun, dans ces 332 pages, peut retrouver des sentiments déjà vécus, des interdits jamais partagés, des remords jamais oubliés.

On se noie tous dans quelques choses pour oublier… Mêmes dans l’amidon des pâtes.

Le Corbac va arrêter de se faire des Banco ou des Goal pour se lancer dans les compacteurs et les traversées de périph…

Ps : Mention spéciale à Bruno Lamarque qui m’a foutu ce livre entre les griffes en me disant : « Lis-ça, c’est bon »…Ben il avait raison.

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