LES ECORCHES VIFS, Olivier Vanderbecq (Fleur Sauvage) par Bruno D.

Difficile, très difficile aujourd’hui la tâche qui m’incombe, celle de chroniquer l’oeuvre d’un ami, d’un pote, écorché de la vie aux multiples visages, ex futur libraire à nul autre pareil, un volatile aux plumes noires qu’on aurait pu croire abattu en plein vol et qui pourtant, revient avec force en tenant dans son bec un ouvrage, son premier, au titre évocateur Les écorchés vifs.

J’ai acheté son livre, d’abord parce que j’en avais envie, comme un lecteur lambda si je puis dire et aussi afin de conserver ma liberté de penser et de critiquer au sens noble du terme.

Alors de quoi s’agit il ? Un type de la quarantaine, une espèce de transporteur style Jason Statham se fait piquer sa bagnole, une adolescente paumée et brinquebalée par un père tuyau de poêle, un flic fraîchement débarqué à Lille qui veut juste faire son job et des gitans omniprésents. Avec cette galerie de personnages pittoresques et fouillés, animés par des motivations bien légitimes de fric, d’honneur et de survie, l’auteur n’a plus qu’à sortir sa boite d’allumettes  pour mettre le feu au poudre et allumer un grand brasier !

Olivier Vanderbecq nourrit par une large culture musicale (de Noir Désir à Supertramp, en passant par Joe Dassin et Images) et le cinéma d’un Tarantino, d’un Eastwood ou des frères Cohen nous livre une épopée absolument jouissive et permissive. Ce quadra, abreuvé à la société de consommation atrophiant les neurones autant que les estomacs nous emmène dans un road trip haletant traversant la France et nos consciences de Lille à la Savoie.

Son bouquin, c’est un film. Autant autobiographique peut être, tel une catharsis de son âme inquiète et tourmentée ; mais c’est aussi une fiction sur grand écran qui trouve son fondement dans une réalité certaine. Les banquiers, les noyés de la Deule et les prénoms choisis des acteurs, je vous le dis : tout sauf du hasard. Il s’imprègne de sa vie, de ce qu’il a vécu, de son entourage pour nous servir bien astiqué, sur un plateau, une argenterie de premier choix.

Des scènes d’action dopée à la testostérone et aux gros calibres parsèment ce scénario ou l’on sent la peur vous tenailler et les balles siffler autour de vous. Aux Tontons Flingueurs jusqu’à Pulp Fiction, l’auteur a été élevé, ça se sent et c’est pour notre plus grand bonheur.

Rédemption, amour du prochain, stupidité de notre mercantile société, villes et quartiers tenues par les bandes, vision extérieure que nous avons des autres dès qu’ils sont différents, la famille qu’elle soit manquante ou présente comme socle et base de vie, c’est un peu tout ça que vous trouverez ici et là soumis à votre sagacité par l’auteur.

Ce roman bien sûr a quelques défauts, ceux d’un premier roman, à savoir quelques imprécisions dans la narration et son déroulement. Mais il y a tout ce que j’attends dans une lecture, du rythme, des trouvailles, des personnages consistants, des décors ou l’on se situe sans problème, de la gouaille et un style. Il y a de plus une superbe couverture, création de Bertrand Binois, le graphiste talentueux de Fleur sauvage et une magnifique préface de Jacques Olivier Bosco. 

Un plaisir de tous les instants livré par un auteur écorché vif et inspiré qui a mis ses tripes et ses croyances sur papier. Libraire et chroniqueur de talent, Olivier m’a emmené à 100 à l’heure dans son histoire (à peine 2 jours de lecture) et je peux affirmer sans complaisance aucune qu’il a réussi son pari:Il est aussi devenu écrivain. Alors vite… LA SUITE !

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