La baleine de Dublin, Ray Bradbury (Denoël) par Bruno D.

Résultat de recherche d'images pour "LA BALEINE DE DUBLIN LE FANTOME D'HOLLYWOOD LA SOLITUDE EST UN CERCUEIL DE VERRE de RAY BRADBURY"Ah… Ray Bradbury, il suffit d’évoquer son nom pour qu’immédiatement surgissent des souvenirs ou des titres de romans que tout amateur de littérature a dû croiser un jour sur sa route. Avec la Baleine de Dublin, l’auteur clôt de fort belle manière sa trilogie autobiographique imaginaire commencée avec La Solitude est un cercueil de verre et Le Fantôme d’Hollywood.

Écrivain très prolifique et après avoir essayé de mélanger les genres dans ses deux précédents opus, il change ici de registre et endosse un rôle bien différent. L’action se passe en 1953 et Ray Bradbury est appelé dans les environs de Dublin Irlande par John Huston, le célèbre metteur en scène pour écrire le scénario de Moby Dick.

Regard sur une ville et une époque en pleine mutation dans le premier volet, radiographie du fonctionnement des grands studios de cinéma et du microcosme hollywoodien dans le second, un hommage  au roman noir dans le premier et une fine satire du monde du cinéma, l’auteur  choisit cette fois ci de partir sur d’autres chemins en nous faisant embarquer pour l’Irlande.

Le jeune américain alors âgé d’à peine 32 ans débarque dans ce pays avec plein d’optimisme et sa  machine à écrire. Dès le départ, on renoue avec le merveilleux talent de conteur de Ray qui nous fait une description très pittoresque de son arrivée dans ce beau pays et de ses premiers contacts avec les autochtones. On plonge de suite dans ce climat humide avec des pavés et routes ruisselantes. L’ humidité agressive pénètre par tous les pores de notre peau. Le brouillard n’est pas une légende et quelques scènes hilarantes entre pub et conditions de circulation viendront vous faire sourire.

Entre contemplatif et auto satisfaction tournant autour du nombril, la prose de l’auteur nous fait rencontrer une galerie de personnages iconoclastes et vous découvrirez une fine satire sociale de l’Irlande et un John Huston bosseur mais particulièrement agité, voire têtu, souvent drôle et à priori indomptable, surtout lorsqu’il s’agit de chevaux.

Pour ma part je retiendrais surtout que cet épisode, tout en terminant cette riche trilogie donnera de l’épaisseur à un jeune écrivain qui au contact d’un grand metteur en scène et d’un pays décrit comme fou et déjanté, deviendra Ray Bradbury, romancier de classe mondiale.

Entre la poésie de ce dernier roman et thèmes différents des deux livres précédents, Ray Bradbury nous laisse l’empreinte indéniable d’un talent qui allait éclabousser le monde littéraire.

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