JAUNE SOUFRE, JACQUES BABLON (Jigal) par Bruno D.

Résultat de recherche d'images pour "jaune soufre bablon"Bleu, rouge, vert et jaune enfin pour terminer, Jacques Bablon nous fait passer par toutes les couleurs et tous les états dans ces romans courts et incisifs où les héros sont autant d’âmes paumés que des gens ordinaires soumis à la centrifugeuse de la vie.

Plusieurs histoires à priori sans rapport, se croisent dans ce scénario trépidant concocté par l’auteur. Rafa, Warren, Marisa ; ce sont eux les nouveaux héros cette fois ci. Enfin, héros, c’est vite dit ! Des êtres tourmentés, fracturés, à qui l’existence n’a pas fait de cadeau et qui tentent de survivre, voire d’oublier, malgré les aléas, parce qu’il faut bien se relever et respirer.

Une fois de plus Bablon pose un regard acerbe sur notre société délirante où ceux qui n’ont pas de travail ou ne sont pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche sont des laissés pour compte. Un monde brut d’individus à la dérive qui côtoient la vie moderne, broyeuse et faucheuse sans aucune distinction ou état d’âme, c’est la « Bablon attitude » ! Et pourtant, ici et là, des moments de poésie, comme quelques notes de Brahms ou des framboises sur le rebord d’une fenêtre viennent apporter une respiration touchante d’humanité.

S’aventurer dans l’univers de Jacques Bablon, c’est entrer de plein pied dans le roman noir avec une grosse connotation sociale. C’est ouvrir les yeux sur une certaine condition humaine et c’est surtout accepter de ne pas en sortir indemne. C’est du noir pernicieux et fétide sans aucune issue et lorsque qu’un événement inattendu se pointe on sait d’avance que ça va dégénérer et que le pire est à venir.

Phrases courtes et chapitres serrés, Jacques Bablon a son style. Chez lui ,c’est du direct, on va à l’essentiel, c’est violent et  dénué de morale. Impossible d’y échapper. Les flingues finissent toujours par réapparaître et ça finit toujours par empester.

Peu d’espoir, peu de lumière, un assassin depuis longtemps en liberté, des liens de famille inexistants ou bafoués, une volonté puissante de vengeance  et à partir du moment ou le sort s’acharne, les voyants passent au rouge, les mèches sont allumées et Jacques Bablon n’a plus qu’à jeter son l’huile sur le feu pour activer un brasier nourri par toutes les haines et relents putrides qu’entretient notre bonne société.

Une chorégraphie de premier plan, soutenue par un rythme pantelant et implacable,  l’auteur nous  offre un flamboyant tableau de la violence ordinaire, celle de tous ces gens qui se lèvent le matin pour aller gagner une misère et qui soudain pètent une durite parce qu’un jour le destin s’en mêle.

Pour terminer Monsieur Bablon, je vous laisse choisir la couleur de votre prochain roman, mais s’il vous plaît comme le dit une célèbre marque de biscuit, pourriez pas les faire un petit peu plus long, parce que c’est vachement bon et on aimerait que ça dure plus longtemps !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *