My Absolute Darling (Gabriel Tallent – Traduction Laura Derajinski – Éditions Gallmeister)

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-Et ?

-Bien. Je vais aller me promener pour l ingérer le diriger et en causer. Je ne sais pas. Je le trouve esthétiquement très beau. L’écriture est excessivement poétique même dans ce qu’elle a de violent. Le récit est poignant et intelligemment conçu dans l’utilisation du raisonnement intérieur de Turtle pour que l’attraction se fasse. C’est une cohabitation étrange ce double récit et le jeu des points de vue, du positionnement du regard. Là où c’est intéressant dans cette même démarche c’est que l’ensemble du récit est perçu quoiqu’il arrive par la même personne. La dualité de Turtlle et la lutte avec son endoctrinement, sa rébellion malgré  tout le bienfait de son « éducation » (parce que quelque part c’est une éloge à la Nature, ses bienfaits,  l’osmose qu’il peut y avoir entre elle et nous.) donnent deux tons dans l’écriture.

Il peut paraître long parce que excessivement détaillé mais encore une fois c’est le regard de Turttle, son rythme et sa vision précise et nette des éléments factuels. Elle a été élevée dans la « paranoïa « , pour pouvoir parer à toutes les éventualités en cas d’agression ou de catastrophe.

Tallent décris très bien cette vie survivaliste mais sans vraiment en donner d’explications ou de justifications…ce sont des vagues sous – entendus, des allusions. Il nous fait plus un récit à la « Vis ma vie de… »

-😵

-Quoi?

-Rien, ça l’air bien même si tu oscilles entre divers sentiments.

-Attends parce que c’est pas tout.

-Bonne promenade.

C’est un bouquin qui suinte la violence et la sérénité. La nature et l’éducation de Turttle, même si elles la rendent asociale,  sont ses moments propres, des bulles de sérénité dans lesquelles elle existe,  elle vit. Après il y a ce qu’elle subit, la vie qu’elle a avec Martin (rarement nommé Papa), toute l’ambiguïté de leur relation fusionnelle,  la complexité des sentiments et des émotions de cette adolescente qui vit au milieu de la forêt avec son père et dont la principale activité consiste pour elle a démonter et nettoyer ses armes. Cette prise de conscience qu’elle a de sa situation est celle qu’on a tous à l’adolescence.  Décrire cette période est ici inscrit dans une situation critique et malsaine. Mais il n’en reste pas moins que Gabriel Tallent nous dessine d’une manière tendue, à vif les interrogations de cet âge. Le sujet reste quand même excessivement violent et dur. C’est un très très bon livre. Ben je crois que je viens de faire mon billet.

-On dirait, non ?

(Extrait d’un échange entre Le Corbac et Bruno)

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