LITTLE BIRD, CRAIG JOHNSON, GALLMEISTER par Bruno D.

Ayant besoin d’air et de liberté, je me suis dis que partir explorer les grandes étendues du Wyoming en compagnie de Walt Longmire le shérif était une bonne idée. Craig Johnson et son célèbre personnage, à nous deux !

La cinquantaine passée, 120 kg bien tassés, Walt Longmire, shérif du comté d’Absaroka comptait bien glisser tranquillement vers la retraite après 24 ans de bons et loyaux services, jusqu’à ce qu’on retrouve le cadavre de Cody Pritchard près de la réserve cheyenne. Ce dernier était l’un des quatre adolescents condamnés avec sursis pour le viol d’une jeune indienne deux ans auparavant. 

Ce premier roman d’une longue série de douze met en scène la première aventure du Shérif qui porte sur ses larges épaules toute la misère du monde depuis que sa femme est décédée. L’auteur prend le temps de nous poser le décor somptueux dans lequel nos protagonistes vont évoluer. On est dans un temps lent, très lent, le paysage prend le pas sur l’histoire et on visionne à coup de cinémascope les grands espaces du Wyoming. C’est immense et la nature sublimée est mise à l’honneur par un écrivain qui connaît son affaire. La force de la nature et la froideur de l’hiver qui s’avance est omniprésente. Il ne reste plus ensuite qu’à introduire petit à petit les acteurs, tous pittoresques pour une belle escapade.

On est en pleine Amérique amérindienne, et le mélange des deux cultures donne lieu à quelques réflexions particulièrement intéressantes. C’est subtil et plein de bon sens. Henry Standing Bear symbolise à lui seul la très grande sagesse du peuple Cheyenne et ses croyances. Des dialogues savoureux entre Walt et son pote Henry ou le vieux Shérif retraité font partie du paysages et font mouche bien souvent. Nourritures de cow boy et bières décapsulées sans limite font que le lecteur est complètement immergé dans cet univers à nul autre pareil.

Et à part ça me direz vous ? J’ai appris en lisant ce livre que l’on était dans du « Nature Writing », ce que j’avoue, votre humble serviteur ne connaissais pas. Je ne sais pas si c’est ça, mais je dois quand même vous dire que je me suis ennuyé ferme par moment devant cette nonchalance et le peu d’action à me mettre sous la dent. Il faut arriver à la page 290 pour qu’enfin on passe à la vitesse supérieure et qu’on aille finalement de surprise en surprise vers le dénouement final fort réussi.

En résumé, si Craig Johnson démontre des qualités certaines dans cette mise en route progressive du shérif Longmire, j’ai bien faillit me perdre en cours de voyage dans les montagnes des Big Horns à cause d’une inaction latente. Si vous aimez les paysages grandioses, les mélanges de culture, les vols d’oies sauvages et la nature qui respire, ce roman est fait pour vous. Si vous aimez être pris à la gorge dans un scénario palpitant, vous aurez sans doute, comme moi, un peu de mal.

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