EPILOGUE MEURTRIER, PETROS MARKARIS (Seuil) par Bruno D.

Résultat de recherche d'images pour "EPILOGUE MEURTRIER, PETROS MARKARIS"Et si nous partions en Grèce avec Petros Markaris à la découverte de ce beau pays à l’histoire riche et baigné par le soleil, carte postale idyllique que tous nous avons en tête ? Sauf que l’auteur choisit de nous plonger au cœur de la vraie Grèce engluée dans la crise et rongée par toutes sortes de maux.

Katérina, la fille du commissaire Kostas Charitos, avocate défendant les migrants, se fait agresser par des individus type « blousons noirs ». Un citoyen allemand d’origine grecque est retrouvé pendu à son bureau. C’est le début d’un épilogue meurtrier ou les cadavres s’accumulent et ou les meurtres sont signés par « les grecs des années cinquante ».

Le commissaire fait face à deux enquêtes difficiles dans une Grèce en proie à ses démons. L’auteur utilise son personnage principal pour élucider les meurtres bien sûr, mais il l’utilise surtout pour montrer sans artifice et avec conviction la réalité de la situation au quotidien. Fine analyse d’une société abattue et mise à mal par les puissance de l’argent. Les ennemis sont nombreux et portent des noms aussi variés que les émigrés, l’Allemagne de Merkel, la corruption généralisée, véritable sport national, ou encore la très mafieuse « Aube dorée » qui trouve dans la crise un terreau très prolifique.

Noires histoires qui puisent leurs racines dans l’ADN même de la nation et qu’un étranger aura bien des difficultés à appréhender car il faut « respecter la procédure ». Petros Markaris nous fait partager avec philosophie et beaucoup d’humour une vision pleine de justesse et de bon sens. Une promenade dans les arcanes de la société hellénique ou les seuls moments de vrai réconfort sont les repas de famille concoctés par Adriani, la femme du commissaire. A ce moment là, vous comprendrez que la vie de famille et la cuisine de terroir faite avec peu de chose constituent le ciment de toute la culture et aident à garder la tête hors de l’eau.

Avec les magasins qui ferment et les rues d’Athènes qui se désertifient parce que plus personne n’a les moyens de rouler en voiture, l’auteur nous fait voyager, avec son scénario, dans une communauté démolie par des années d’irresponsabilité et une Europe intransigeante emmenée par l’Allemagne. 

Heureusement, des gens intègres résistent ou tentent de le faire avec abnégation, courage et sincérité. Sur fonds de polémiques et de politique, Pétros Markaris construit un polar classique, ou à chaque page, on sent la chaleur étouffante de la ville athénienne, le climat global très malsain, et les cordons de la bourse qu’il faut sans arrêt serrer. Tout ça est bien loin des eaux calmes et cristallines de la mer Egée et des richesses culturelles que chacun s’imagine découvrir en allant en Grèce ! 

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