Je serai le Dernier Homme, David Coulon (Edition Lajouanie) par Le Corbac

Je serai le dernier hommeAlors aujourd’hui c’est l’Epreuve de Force (Clint en 1978) : dire qu’on n’a pas aimé en restant objectif…

Oui d’emblée ça a le mérite d’être clair : je n’ai pas aimé le dernier David Coulon. C’est d’autant plus chiant à dire que j’avais aimé les deux précédents, et surtout son Village des Ténèbres (superbe hommage au cinéma d’horreur espagnol).

On ne peut pas dire que ce roman ne soit pas bon, bien au contraire David a fait, à mon sens, preuve d’innovation et de risque (à bon escient) dans le choix de son écriture. A la fois poétiques (sans être pompeux), à la fois introspectifs (sans être pesant et larmoyant) les mots de David servent parfaitement son récit et cernent encore mieux l’état d’esprit de son personnage.

Son personnage erre. Il erre dans les atermoiements d’un couple en pleine déliquescence, d’une situation professionnelle médiocre à souhait, d’une maîtresse qui lui sert à se vider de ses frustrations. Ses errances psychologico-sentimentalo-ouvrières se répètent inlassablement à chaque page, donnant probablement une justification à ses actes.

Le monde est méchant, la société est méchante et à part se rouler en boule dans un coin et pleurer sur son triste sort en attendant que les autres fassent quelque chose pour lui, notre héros n’en fout pas une ramée… A part se complaire dans un calimerisme de mauvais augure.

Et puis il y a l’histoire… Un mix entre Class 87, Orange Mécanique, le Proviseur et An American Nightmare que personnellement je trouve assez malsain et que je désapprouve ; on est pas loin de l’eugénisme intellectuel et du discours de notre ex-président qui voulait ficher les gamins dès la maternelle.

Peut-être n’ai-je pas compris l’ironie du discours sous-jacent, mais je n’ai nullement adhéré à cette solution éducationnelle qui consiste à savoir au premier regard qui vont être les mauvais canards et à se permettre sous je ne sais quelles pseudos compétences intellectuelles acquises lors d’un concours national (qui n’a franchement pas évolué et qui n’est qu’une retranscription mécanique de connaissances emmagasinées et non pas de compétences appliquées) le droit de les remettre dans le droit chemin.

Mais lequel ? Celui que ces braves et merveilleux enseignants ont décrétés comme étant la Voie de la Lumière et de la Réussite ? Quelle connaissance ? Quelle réussite ? N’a-t-on pas tous droit de faire nos propres choix, nos propres erreurs et le corps enseignant doit-il devenir une forme d’inquisition socialo-culturelle ?

On peut néanmoins féliciter David de ne pas avoir sombré dans le gore et les tripes à chaque page, ce qui aurait alourdi encore son roman.

Bref, un roman, hélas, bien écrit, mais dont le récit, fortement influencé par quelques opinions et parti pris sociaux, ne m’a pas entraîné vers une quelconque once d’enthousiasme.

Néanmoins, ceci ne reste que mon opinion et j’invite chacun à avoir sa propre lecture.

Sur ce le Corbac n’est pas prêt de retourner sur les bancs de l’Ecole !

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