SARA LA NOIRE, GIANI PIROZZI (RIVAGES /NOIR) par Bruno D.

Résultat de recherche d'images pour "SARA LA NOIRE, GIANNI PIROZZI"Guillermo, Hafzia, Djibril sont les trois personnages qui vont vous accompagner le temps de ces 198 pages de roman noir. L’un, flic aux origines gitanes est Guillermo, le second est une petite raclure pas encore majeure sortant de prison, et Hafzia, étudiante musulmane marocaine plutôt brillante battue par son homme qui l’a attirée en France.

Des individus qui n’ont aucune chance de se croiser et qui pourtant par le truchement des hasards et du souffle du destin vont se croiser pour le meilleur et pour le pire. Pour le pire surtout, parce que cette histoire noire et sordide ne laisse aucun répit à la vie et peu d’espérance. Tout au plus un peu d’amour volé et destructeur quand deux de ceux là vont se trouver !

L’histoire démarre en Camargue sept ans plus tôt, ou deux jeunes filles mineures issues d’une famille gitane sont tragiquement violentés. L’une est retrouvée morte, l’autre reste introuvable. Guillermo fait une promesse  à ses parents : retrouver la disparue et apporter une réponse à sa famille.

Dans ce paysage aride aux grandes et vastes étendues, écrasé par la chaleur, on prends tout le pouls de l’honneur gitan et celui du malheur qui s’abat sur la famille Sénégas.

De nos jours à Paris, Guillermo, usé, oscille entre dealer, proxénète et quelquefois flic. Sur le fil du rasoir, l’IGS l’a dans le viseur. Ce qui le fait tenir, la promesse faite sept ans plus tôt, et puis la belle Hafzia qu’il a sauvée des griffes de son mari, pour mieux la faire tomber dans la dope et la faire tapiner. Seul hic au tableau, il ne prévoyait pas de devenir accro à la belle marocaine. Il ne prévoyait pas non plus qu’un Djibril peu mature et manipulable à souhait allait vouloir venir jouer au caïd .

Dans un Paris ou la ville prend le pas sur l’homme, ou Barbès et d’autres quartiers viennent chatouiller de toute leur culture bigarrée nos yeux et notre nez, des tragédies vont se jouer. Paris, ses arrières cours cradingues, ses foyers de nuit pour sans logis, ses tox accros à la came, ses putes battant le pavé et œuvrant dans des clapiers en ruine qui autrefois portaient le nom d’immeubles, ce n’est pas un Paris libéré en filigrane, autre vedette de ce livre, mais un Paris crasseux, sombre et inquiétant .

Dans un tel décor, ça ne peut que tourner au drame, surtout lorsque les pathologies sont lourdes et que les individus sont habités par des haines profondes entretenues par les seules motivations du pouvoir et de l’argent  facile. Tellement classique,mais tellement vrai !

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