NID DE VIPÈRES, ANDREA CAMILLERI (FLEUVE/NOIR) par Bruno D.

Résultat de recherche d'images pour "NID DE VIPÈRES, ANDREA CAMILLERI"On ne présente plus Andréa Camilleri, cet italien de 92 ans qui popularise à travers ses romans le commissaire Montalbano. Se déroulant dans la province imaginaire de Vigata en Sicile, c’est toujours un plaisir non dissimulé que de retrouver Salvio Montalbano dans ses aventures alambiquées mises en scène par un écrivain très prolifique.

Adaptées à la télévision avec une trentaine d’épisodes, on ne peut s’empêcher de penser à Luca Zingaretti qui prête ses traits au fameux commissaire.

Avec Nid de vipère, on n’échappe pas à la règle et à ces images déjà vues. En effet, cet épisode a déjà été tourné et diffusé sur France 3 il y a un an. Retrouver la fine équipe, Mimi Augello, Fazio, l’inénarrable Catarella, le fantasque légiste, le Docteur Pasquano et la très belle Livia, la fiancée de Salvio est d’autant plus facile qu’on a l’impression de déjà les connaître pour les avoir vus sur le petit écran.

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Une mention toute particulière au traducteur Serge Quadruppani, parce que traduire un Camilleri et rendre cette atmosphère très particulière est une gageure dont il se tire avec brio. Un scénario de Montalbano, c’est quelque chose de particulier. On n’est pas en Italie, on est en Sicile, et ça fait toute la différence ! Nonchalance et art de vivre à la sicilienne, Salvio Montalbano est avant tout un épicurien pour qui la bouffe est primordiale. Le temps du repas est aussi sacré que la religion ; les bons ingrédients, la bonne cuisson, le bon assaisonnement est obligatoire, car il faut bien vous dire que le Commissaire Montalbano est une institution, un personnage charismatique, et un fin enquêteur que rien ne détourne de son objectif premier, mais seulement une fois que le ventre est plein. Têtu et quelquefois déroutant (demander donc à sa copine Livia), il parvient toujours à ses fins lorsqu’il a mangé à sa faim, en prenant surtout son temps et en empruntant quelquefois des chemins très détournés.

Le quart d’heure sicilien (ceux qui sont déjà allés en Sicile comprendront) n’est pas une légende et dans cette histoire d’usurier, de meurtre, et de maîtresses cachées, Salvio et sa bande auront bien du grain à moudre. Pour une fois, on ne parte pas trop des Sinagra , mafia locale  et pourtant, la haine, l’amour , le bien, le mal ont des visages bien différents.

Liens complexes de la famille au cœur de ce roman, Andréa Camilleri nous prouve qu’il n’ a rien perdu de sa verve, de son écriture et nous livre une fois de plus une vision de la condition humaine sans beaucoup d’illusion. Son style semble léger comme d’habitude, mais sa façon de décrire presque en souriant, les travers des êtres humains en fait un acteur incontournable du roman noir italien.

Vous l’avez compris, je suis fan des aventures de Montalbano, ne serait ce que pour cette façon bien particulière de nous faire pénétrer cette culture sicilienne ou il fait malgré tout bon vivre, dans une certaine nonchalance et malgré des individus répugnants.

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