Soldes d’été, 2 chros pour le prix d’une par Bruno D.

Nous vous avons habitués à nos focus sur des auteurs, à chroniquer à plusieurs un même bouquin, cette fois Bruno a décidé de vous parler du Cri de Nicolas Beuglet et de La patience du diable de Maxime Chattam en même temps. Pourquoi ? Vous le découvrirez en le lisant ! 


Résultat de recherche d'images pour "le cri Nicolas Beuglet"C’est drôle comme quelquefois en choisissant deux livres pour partir en vacances,on se retrouve avec deux bouquins traitant à 70% presque du même sujet : Le Cri de Nicolas Beuglet et La Patience du diable de Maxime Chattam ont en commun le traitement de la peur extrême et de la terreur. Ne dit on pas en effet « mourir de peur » ? Et pour tout vous dire ce n’est pas l’auteur le plus connu qui s’en tire le mieux ! Nicolas Beugnet gagne de très loin avec un magnifique thriller, précis, argumenté que vous n’aurez pas envie de lâcher une fois que vous aurez commencé à tourner les pages.

En Norvège, région d’Oslo, dans un hôpital psychiatrique, un patient interné depuis très longtemps est retrouvé mort, mort de peur littéralement au sens premier du terme. La secrète et efficace inspectrice Sarah Geringen dont la vie vient de basculer suite à une séparation brutale et forcément douloureuse, va se lancer à corps perdu dans une enquête qui devrait rapidement être bouclée puisque la cause de la mort en question est le suicide. Ko debout par sa vie qui s’effondre et ses nerfs très éprouvés, Sarah va néanmoins constater un certain nombre de zones d’ombres et soulever de nombreux points d’interrogation grâce à son grand sens de l’observation et son esprit de déduction plus affûté que jamais. L’adrénaline de l’enquête est un remède stimulant pour une enquêtrice au bord de la rupture !

Qui était donc ce patient n° 488, coupé du monde et que personne ne connaît autrement que par son numéro bien énigmatique. Ce roman de Nicolas Beuglet est une superbe réussite qui mérite vraiment le label de « thriller ». Une intrigue au cordeau avec des tiroirs multiples, un rythme soutenu, des rebondissements, des personnages charismatiques, un timing digne de la série « 24h Chrono », de multiples pays visités, et des morts qui s’accumulent, voilà un excellent roman qui a déjà fait le bonheur de nombreux lecteurs.

Sciences et religions en toile de fond, l’auteur développe des théories forts intéressantes oscillant entre réalités et fictions. Sans vouloir dévoiler la moindre information au sujet de cette formidable aventure, l’auteur reste juste et sobre et ne tombe pas dans la démesure inutile comme j’ai pu le constater sur le Chattam.

Palpitant et angoissant du début à la fin, ce scénario hollywoodien croise plusieurs thèmes maintes fois rencontrés dans d’autres livres, mais avec un angle d’attaque complètement différent. C’est instructif et on se laisse prendre au jeu que nous propose l’auteur. Les deux principaux personnages avec leurs blessures et choix cornéliens de vie n’ont aucun mal à attirer notre sympathie et notre respect. Facile de s’identifier à eux, même si on ne survivrait certainement pas longtemps à leur pérégrinations. A part cette indestructibilité de nos héros (bon, un peu comme au ciné finalement), qui est peu crédible, Nicolas Beuglet nous fait passer un excellent moment avec son scénario plutôt bien tourné. J’ai pour ma part refermé ce livre en étant conquis et avec la certitude que quelquefois entre deux auteurs maniant la terreur, c’est pas forcément le plus coté qui a rendu la meilleure copie !


Résultat de recherche d'images pour "la patience du diable chattam"Quoi de mieux en vacances qu’un Maxime Chattam pour se détendre et frissonner, oublier les soucis, et se plonger dans une lecture supposée captivante. C’est ce que je me suis dit en emportant  La Patience du Diable, suite de La Conjuration primitive qui m’avait emballée. Retrouver Ludivine Vancker, Segnon et toute l’équipe était tout désigné pour se faire plaisir.

Un go-fast réservant des surprises et des gens ordinaires découvert morts de terreur, l’auteur nous propose une histoire terrifiante, avec tout le talent qui le caractérise. Les ingrédients sont là, le timing, les personnages, les décors et un scénario très très mystérieux qui laisse planer un sentiment de malaise exacerbé. MAIS, j’ai trouvé cette fois ci qu’il en faisait bien trop ! Abracadabrantesque et peu crédible alors que je suis en général très bon public, Maxime Chattam charge le trait entre explosion de violence dans une atmosphère de fin du monde, considérations existentielles, et un surnaturel présent tout au long du roman et finalement peu convaincant. Trop c’est trop, d’autant plus que son propos se délite comme s’il avait voulu allonger la sauce ou remplir des pages coûte que coûte !

On retrouve quand même ce qui fait la force de l’auteur, un savoir faire indéniable pour faire monter le suspense et créer angoisses et rebondissements, mais l’ensemble manque pour moi clairement de fluidité, de netteté. 

Dans ce roman ou l’on parle beaucoup de diable, d’ésotérisme et de cinglés, le climat général est particulièrement lourd et suffocant. Maxime Chattam que j’adore pourtant après avoir lu sa brillante Trilogie du Mal ou encore La Conjuration primitive devrait méditer cette citation bien connue «le diable se cache dans les détails», parce que au fur et à mesure des 575 pages, j’ai eu l’impression qu’il perdait un peu de vue son fil conducteur et sa légendaire mécanique de précision qui a fait son immense succès.

C’est  un roman en demie teinte, une déception pour moi, d’autant plus ressentie que je l’ai lu juste derrière Le Cri de Nicolas Beuglet. Et là , il n’y a pas photo entre les deux, le Chattam souffre   d’une comparaison pas à son avantage ! Je sais que Maxime Chattam a ses fans et ses « Mordus », mais cette fois ci, j’ai le sentiment de quelque chose qui cloche, et j ‘en suis ressorti chagriné et pas convaincu, déçu oui !

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