Juste après la vague par le Corbac

Depuis le 18/02/2018 Sandrine Collette a pris encore une autre dimension. Elle est devenue Conteuse… Certains me diront qu’elle nous a toujours conté des histoires et je leur répondrai oui mais… mais jamais elle ne s’était encore attaquée à ce genre. Parce que depuis qu’elle a pécho le virus de la plume, Sandrine elle s’essaye à tous les genres et là elle peut se permettre de se coller au cul d’un Voltaire ou d’un Perrault. Un conte c’est quoi ? C’est le récit de faits qui pose un regard sur la réalité par le biais du merveilleux ou du fantastique et qui est destiné à distraire et instruire en amusant. Ok Sandrine le coté amusant elle l’a un peu perdu mais pour le reste elle est championne. Encore une fois elle sait respecter les codes du genre : ni unité de temps ni unité de lieu et puis il y a son Ogre ou plutôt ses monstres qui ne sortent pas de notre inconscient mais sont le reflet de ce que devient le genre humain. Juste après la Vague… La Vague de Sandrine Collette elle nous emporte, nous tourne et nous retourne, nous chahute et nous bouscule dans nos certitudes bien assises. Elle nous prend de plein fouet et nous fait chavirer, elle nous recouvre et nous emmène, elle nous ballade, nous fait perdre nos sens et finit, fatiguée, par nous jeter sur une quelconque grève lointaine… Et puis elle recommence parce que la Vague est douée de sa vie propre, de son rythme, d’un flux et reflux naturel sur lequel nous, pauvres hères, n’avons aucune influence, aucun pouvoir. Et ainsi se succèdent les pages comme autant de marées… Comme autant de mouvements… Au rythme de la vie de la lune et du soleil… Suivant le courant.

Le dernier roman de Sandrine est encore une fois empli de douloureuses vérités, de ces souffrantes certitudes qui font notre quotidien et que pourtant nous refusons d’affronter tant que nous pouvons nous les dissimuler. Le déchirement, la solitude, les choix, le deuil, la perte, l’amour, la peur de l’autre, la crainte de l’inconnu, l’amour, la différence, la foi, la force, la volonté…

Comme toujours chez Sandrine, derrière ces cruelles et naturelles horreurs il y a cette infime lueur d’espérance qui repose encore et toujours sur la fidélité en la cellule familiale, cet onirisme qui nous fait croire que l’Amour des Siens est et restera toujours plus fort que tout.

Et puis bien évidemment comme dans tous les contes, il y a les adjuvants et les méchants… Chez Sandrine encore une fois le Monstre, l’Ogre, la Créature n’est pas celle que l’on croit… Bien au contraire. De prime abord on le croit immense, envahissant, gigantesque et terrifiant…. Alors qu’il n’es qu’infinité, légion débordant de partout et se répandant sur toutes les rares surfaces encore disponibles… Oui le Monstre encore une fois n’est pas celui que l’on croit… Sandrine Collette nous a écrit un conte philosophique d’une noirceur incommensurable qui va nous plonger de nouveau dans des vagues de tristesse, nous laissant humide de l’écume des souffrances humaines, balayés par la méchanceté de l’individu. Mais sous la surface sombre, bien avant d’atteindre les Abysses elle nous montre qu’il existe la Force, l’Amour et la Volonté de ne jamais céder, de ne jamais perdre espoir… Merci M’dame.