Deuxième livre traduit chez nous de l’Afrikaner Roger Smith, Mélanges de sang était une entrée dans le style digne d’un pitbull a un concours de Yorkshires.
Pour moi la première vraie signature de Robert Pepin lorsqu’il est passé du Seuil a Calmann- Levy. Une vraie découverte d’auteur, un vrai style a diffuser au plus grand nombre, un écrivain avec des histoires qui mérite de rivaliser avec les plus grands.
Alors au jeu des étiquettes, parce que l’on adore ça en France, il va falloir lui en coller une. Il existe le Thriller, le roman noir, le hardboiled, le roman à clé, moi je propose le polar Hardcore.
Parce que de la première ligne: « Le soir ou ils se firent braquer leur voiture, Roxy Palmer et son mari Joe avaient diné avec un cannibale africain et sa pute Ukrainienne. » au dernier paragraphe on baigne dans un chaos, on se fait secouer, on gravite avec des zombies qui ne savent pas encore qu’ils le sont.
Blondie va flinguer son gros salopard de mari influent pour aspirer a une vie meilleure, se venger et purger la haine qui gronde en elle Ce n’est pas prémédité, c’est arrivé comme ça, le moment ou tout bascule, ou pour la première fois elle va prendre sa vie en main, et la signer dans le sang. Elle est l’œil américain du livre sur cet enfer urbain, Le Cap coté ghetto, Roxie est une beauté qui a joué de ses charmes pour tirer son épingle du jeu de la vie. Une victime, une bourreau qui va entrainer tout une partie de la ville dans un maelstrom d’emmerdes et de tueries.
Les plaies vont se rouvrir, elle va drainer avec elle une ribambelle de cramés, Roxie est la mèche qui va se consumer jusqu’au gros boum final. Pas de héros chez Roger Smith, des psychopathes, des junkies, un ancien flic tourmenté, un flic pourri cocu qui patrouille avec son gosse et des gangsters qui font passer les gangs de Watts pour une escouade de scouts asthmatiques.
Et c’est la qu’il excelle, pas de concession; Ici, pas de social, du polar, des faces a faces, des répliques, de l’action et une situation qui n’a de cesse de partir en vrille et de se compliquer, pour notre plus grand plaisir, et celui de voir nos poils se hérisser.
Dans le Dernier Alibi, Déon Meyer parlait d’une scène Sud Africaine émergente, s’ils sont tous comme Roger Smith ça risque de me plaire.
Alors oui, Roger Smith ne doit pas bosser pour l’office du tourisme sud Africain, mais on s’en fout car rarement un rookie du polar ne m’a autant impressionné.
Je vais me jeter sur le prochain en anglais, Dust Devils qui me fait de l’œil et je verrais si la règle de trois est respectée. Il y a de grande chance quand je lis le pitch: Un type va partir en croisade vangeresque après le meurtre de sa famille, il va s’allier avec son pire ennemi, un ex-tueur de la CIA: Son père…
Yeaaaaaahhhh Read on’…
mai 11th, 2012 at 11:00
Je l’ai commandé et il devrait arriver début de semaine prochaine. Je l’attends avec impatience pour lire les 2 romans de Roger Smith l’un après l’autre.
mai 11th, 2012 at 21:59
De bien beaux moments de lecture en perspective, cet auteur gagne vraiment a etre connu, faut que son nom circule et qu’on fasse tourner.