Brad COLEMAN : Ecrivain

de Requiem d’automne chez Kyklos édition

Interview Unwalkers.com

Quel rapport avec l’écriture entretenez-vous ? À la lecture de votre biographie, vous êtes pluridisciplinaire ?

Je me suis mis à écrire pour satisfaire mon imaginaire que je qualifierai de « cosmique ». Je crois, comme l’a souligné Einstein, que l’imagination est plus importante que la connaissance. Mais j’ajouterai que sans imaginaire, il n’y a pas de connaissance possible.

Au demeurant, je suis quelqu’un qui aime raconter des histoires et tenir mon auditoire en haleine ; l’écriture m’a permis d’élargir mon champ d’action pour les faire partager au plus grand nombre…

Avoir été joueur professionnel durant une bonne partie de ma vie m’a servi dans l’élaboration de mes intrigues ; disons que j’aime « redistribuer les cartes » tout au long de l’histoire, un peu comme si je faisais une partie de poker avec mon lecteur. Quant à la pratique quotidienne du piano à laquelle je m’astreins depuis des années, on pourrait presque la comparer au travail de l’écrivain qui remet sans cesse son ouvrage sur le métier… une fois que l’on parvient à la maitrise technique, on obtient une bien meilleure interprétation…

Votre écriture, je la définirai comme un croisement des policiers anglais à la Agatha Christie et des policiers français style Simenon, réactualisée de belle manière, en êtes-vous conscient ? Est-ce voulu pour le livre ?

« Requiem d’automne », s’il est avant tout un thriller fantastique, met en exergue « l’envers du décor », si je puis dire, dans lequel évolue le juge Dampierre : la justice et ses nombreuses, coûteuses, et parfois déplorables réformes. Égratigner au passage cet univers n’était possible que si l’histoire se déroulait dans notre pays. C’est d’ailleurs la seule histoire que j’ai écrite dont l’action se déroule en France dans un seul et même lieu ou presque. Car au fond, cette maison qu’habite le Juge, est vraiment l’héroïne du roman.

J’ai pas mal voyagé, j’ai vécu en Angleterre, et ma culture s’en est ressentie. Dans les années cinquante, j’ai découvert James Hadley Chase, devenu en France l’un des plus célèbres auteurs de la prestigieuse Série Noire, créé en son temps par Marcel Duhamel. Je pense que c’est à Chase que je dois ma vocation tardive d’auteur à suspense. Il y a en France de grands auteurs, mais peu d’entre eux maîtrisent le suspense ou le fantastique aussi bien que le font les anglo-saxons qui ne sont pas « bridés » par Descartes (au demeurant un génie). Mais pourquoi les anglo-saxons et particulièrement les anglais sont-ils meilleurs que nous dans le fantastique ? Eh bien, je suppose qu’il est plus facile d’imaginer un conte fantastique dans les brumes de la Cornouailles que sur les rivages ensoleillés de la Côte d’Azur !

A mon avis on ne peut pas écrire d’une façon identique une histoire se déroulant en France ou dans un pays anglo-saxon. Par exemple « Dreamland », mon prochain roman qui sortira en juin 2011 chez Kyklos, se situe en grande partie aux États-Unis. Il n’a pas la même dynamique, ni le même rythme. Une question de décors, de souffle, d’espace…

Difficile de croire que c’est votre premier livre ? Combien de retouches ?

C’est effectivement mon premier roman publié, mais je suis l’auteur de plusieurs romans et scénarios dont deux ont été achetés en vue d’adaptations au cinéma. « Requiem d’automne », à l’origine, était prévu pour une adaptation télévisuelle. Le projet ayant capoté, je me suis remis au travail et j’ai élaboré une nouvelle trame. Cela m’a demandé quatre mois de travail, environ, pour le « déscénariser », plus quelques semaines supplémentaires avec mes éditeurs qui n’avaient pas oublié Boileau et son Art poétique : « Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage, polissez-le encore et le repolissez ». Une collaboration étroite, très rassurante pour un auteur.

Comment avez vous rencontré les éditons KYKLOS ?

Leur voix dissonante est parvenue jusqu’à moi… un peu comme une voix venue d’ailleurs. C’est un ami qui a servi de « médium » mais je vous rassure, cet ami en question ne ressemblait en rien au juge Dampierre à la fin du roman…

Je suis pragmatique et cartésien, aucune croyance à part en l’humain, comment définissez-vous, votre approche du surnaturel ?

Vous avez apprécié semble-t-il ce « Requiem » : il me semble incroyable que vous soyez si pragmatique et cartésien que vous le dites ?! :-D

Plus sérieusement, à la suite de la lecture du : « Matin des Magiciens » de Pauwells et Bergier, (j’avais vingt ans), mon esprit s’est ouvert. Il y a eu une sorte de déclic. Depuis de nombreuses années je m’intéresse au paranormal et il s’est manifesté à moi lorsque je fréquentais à Londres certains milieux où se produisaient de célèbres médiums. Je fus le témoin de phénomènes extraordinaires.

La preuve de l’existence de ces phénomènes la plus convaincante reste encore leur manifestation. Que ce soit Camille Flammarion, l’illustre savant qui, au siècle dernier, étudia les phénomènes de hantise, ou l’italien Léo Talamonti et son Univers Interdit, la science elle-même, souvent de mauvaise foi, ne peut plus nier certaines manifestations paranormales dépassant notre entendement et laissant entrevoir un ailleurs que nous appelons l’Au-delà, mais qui est en réalité une composante intrinsèque de l’Univers ; un univers parallèle, en quelque sorte.

Vous rendez-vous compte des merveilleuses possibilités qui s’offrent ainsi à l’être humain…

Merci à vous, Monsieur, et à votre éditeur

By Holden

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