mai 3

 

Résumé :

Après Mille femmes blanches et Marie Blanche, Jim Fergus s’inspire à nouveau de faits réels pour nous offrir le portrait d’une femme exceptionnelle, prise dans la tourmente des Années folles.
Paris, 1925. Gabrielle « Chrysis » Jungbluth, âgée de 18 ans, entre à l’atelier de peinture des élèves femmes de l’École des beaux-arts pour travailler sous la direction de Jacques Ferdinand Humbert, qui fut le professeur de Georges Braque. Exigeant, colérique, cet octogénaire, qui règne depuis un quart de siècle sur la seule école de peinture ouverte aux femmes, va vite réaliser que Chrysis n’est pas une élève ordinaire. Précoce, ardente et véritablement talentueuse, cet esprit libre et rebelle bouscule son milieu social et un monde de l’art où les hommes ont tous les privilèges. Elle va bientôt se perdre dans des plaisirs désinvoltes et devenir l’une des figures de la vie nocturne et émancipée du Montparnasse des Années folles. C’est là qu’elle va rencontrer Bogey Lambert, cow-boy américain sorti de la Légion étrangère, et vivre un amour fou.

Lié à l’oeuvre de Chrysis Jungbluth par une histoire personnelle qu’il nous conte en préambule, Jim Fergus a romancé ici plusieurs années de la vie de cette héroïne passionnée et passionnante, à une époque unique de l’histoire du XXe siècle, où tout semblait permis.

Mon avis :

 

Né d’un père américain et d’une mère française, Jim Fergus est très attaché à ses origines et avait déjà, dans Marie-Blanche, démontré toute sa connaissance et son attachement à la France. Mais il va bien au-delà avec Chrysis, puisqu’il nous entraine à sa suite dans le Paris de l’entre deux guerres, foisonnant de vie, d’espoir, de créativité et avide de libertés jusque là refusées aux femmes.

Son héroïne, la jeune et belle Gabrielle, est artiste peintre. Issue d’une famille aisée, fille unique choyée, elle intègre l’une des premières classes d’art réservées aux femmes à Paris. Si elle n’a pas le talent de ses comparses, elle démontre une naïveté, une sensibilité qui attire l’œil de ses professeurs et lui permet rapidement de se faire une place de choix parmi les artistes qui envahissent la capitale. Refusant les carcans du siècle, elle désire, tout comme ses collègues masculins, être reconnue et avoir accès aux mêmes opportunités ; rebelle, elle mène une vie de bohème revendiquée, fréquente des hommes, des femmes, cherche ses modèles dans des maisons closes et, plus que toute chose, souhaite connaitre les choses de l’amour. Elle devient alors Chrysis, du nom d’une héroïne de roman érotique alors en vogue.

 

En parallèle de son histoire, Jim Fergus nous présente Bogey, ou Bogart Lambert, jeune américain débarqué en France en 1916 pour intégrer la Légion étrangère et prêter main forte à l’armée française. Rapidement, il perd ses illusions mais gagne en maturité : sur son fidèle Crazy Horse, également débarqué des Etats-Unis, il assume le rôle de courrier, dans lequel il s’illustre. Avec son habit de cow-boy, il est rapidement identifié et son courage largement vanté. Mais il disparait en fin de conflit, et est déclaré mort. Pourtant, il a échappé miraculeusement à une explosion, et, grièvement blessé, est recueilli par les troupes écossaises. Il décide de ne prévenir que ses parents de sa résurrection et, après une carrière de quelques années de boxeur professionnel, il débarque à Paris.

 

Et parce que ce sont deux personnalités lumieuses, Bogey et Chrysis vont se rencontrer, se découvrir, s’aimer. Dans le Paris des années folles, ils s’offrent une vie d’amour et d’art, se donnant l’un à l’autre et à leur époque, illustrant la soif de liberté, d’espoir, d’amour d’une France ravagée par la Grande Guerre, traumatisée par ce que les hommes ont montré de plus noir et de plus cruel.

 

A la base de ce roman, la découverte par Jim Fergus et son épouse aujourd’hui décédée d’un tableau chez un antiquaire, tableau signé Chrysis Jungbluth. Remarquable par son énergie et son caractère libéré, il s’intitule Orgie et véhicule cette soif d’amour, de sensations et de liberté, cette légerté qui sous-tend tout le roman. Jim Fergus parvient à nouveau, et comme à chaque fois, à faire de ses personnages ces héros pourtant familiers que l’on retient, auquel on ne peut que souhaiter le meilleur. Reflets de deux sociétés, Bogey et Chrysis dépassent les sombres années de guerre pour cristalliser un renouveau salutaire et devenu presque légendaire de l’Europe et de ses relations au monde. L’écriture de Jim Fergus, toujours aussi fluide, donne au roman le dynamisme dont il a besoin pour illustrer ces deux amants, leur époque, leurs aspirations.

On sort de ce roman étourdi par tant d’authenticité, de joie de vivre, et une solide foi en l’homme et en l’amour (sous toutes ses formes) chevillée au corps

 

Si je n’étais pas déjà une admiratrice transie de Jim Fergus, nul doute que je le deviendrais avec Chrysis

avr 20

Résumé :

À la mort de sa mère, Brett Bohlinger pense qu’elle va hériter de l’empire de cosmétique familial.
Mais, à sa grande surprise, elle ne reçoit qu’un vieux papier jauni et chiffonné : la liste des choses qu’elle voulait vivre, rédigée lorsqu’elle avait 14 ans. Pour toucher sa part d’héritage, elle aura un an pour réaliser tous les objectifs de cette life list… Mais la Brett d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la jeune fille de l’époque, et ses rêves d’adultes sont bien différents.

Enseigner ? Elle n’a aucune envie d’abandonner son salaire confortable pour batailler avec des enfants rebelles. Un bébé ? Cela fait longtemps qu’elle y a renoncé, et de toute façon Andrew, son petit ami avocat, n’en veut pas. Entamer une vraie relation avec un père trop distant ? Les circonstances ne s’y prêtent guère. Tomber amoureuse ? C’est déjà fait, grâce à Andrew, à moins que…

 

Mon avis :

Mesdames, mesdemoiselles et peut-être messieurs, je vous présente mon coup de cœur 2013 : Demain est un autre jour est le roman qui va vous faire faire la paix avec vous-même et votre vie, qui va vous aider à faire le point sur ce que vous voulez vraiment, et vus montrer que dans l’adversité, il y a toujours une personne et un objectif auquel se raccrocher pour ne pas perdre pied.

Brett est une jeune trentenaire qui se dit heureuse : elle a un très bon poste, est l’héritière de la très prospère entreprise familiale, vit avec un homme qui réussit depuis des années… Bref, que demander de plus. Mais le bonheur se réduit-il à cela ? Lorsque sa mère meurt d’une maladie en seulement quelques mois, celle-ci, par testament et lettres interposées, la force à regarder les choses telles qu’elle les voyait jeune fille, avant d’intégrer les idéaux d’autres qu’elle. Lori Nelson Spielman en profite pour soulever une épineuse question : suffit-il d’avoir ce que les autres envient pour être heureux ?

Déstabilisée – mais ne l’est-on pas toujours lorsque l’on voit ses certitudes ébranlées -, Brett va devoir trouver de nouveaux repères, abandonner une vie qui ne lui ressemble pas et la reconstruire pierre par pierre à sa façon. Amour, maternité, réussite professionnelle, traditions, amitié, solidarité, Brett va tout réapprendre et gagner en humanité – même si pour cela elle va beaucoup pleurer et beaucoup perdre. Mais ne faut-il pas parfois perdre un peu pour gagner immensément plus ?

Dans un roman qui sans aucun doute transmet optimisme et bonne humeur, Lori Nelson Spielman nous donne à voir le bonheur comme une route sinueuse et semée d’embûches, mais qui, pas à pas, permet de se réapproprier ce que l’on est et ce que l’on veut, au-delà des schémas préétablis par la société.

Un roman à découvrir à tout prix, à offrir autour de vous, et une auteure que l’on remercie encore et encore : le cherche midi nous offre une pépite, c’est certain !

(Et merci merci merci Solène !)

avr 12

Martyrs par Peru

Olivier Peru, que nous avions déà mis à l’honneur pour son premier roman Druide (Eclipse), revient avec une nouvelle série de Fantasy Epique, Martyrs. Dans ce Livre 1, il nous emmène dans l’univers sans pitié des Arsekers, peuple en passe de disparaître à force de persécution. Dotés de pouvoirs plus ou moins développés et d’une histoire complexe, ils ont depuis un siècle été exterminés : le peuple aux yeux d’or est décimé, mais ses survivants continuent d’inspirer, à juste titre, la plus grande terreur.

Irmine et Helbrand sont deux frères, Arsekers et assassins. Malgré leur jeunesse, ils côtoient la mort depuis leur enfance et en ont fait leur métier. Ils y excellent d’ailleurs. Orphelins, ils se sont jurés de ne jamais chercher vengeance, de se protéger mutuellement et de rester indépendants. Mais l’avenir leur réserve bien des surprises, et les voilà engagés pour protéger la Dame des Ronces, prisonnière de son château et d’un héritage funeste. Au-delà de la perte de leur indépendance, c’est d’apprendre qu’un Arseker borgne avait prévu des années auparavant leurs aventures qui les trouble : cet inconnu semble avoir prévu leurs raisonnements il y a 7 ans de cela et avoir placé sur leur route, avant même qu’ils ne choisissent de l’emprunter, des pions pour les guider. Mais le royaume de Palerkan bruisse également de rebellions larvées et sanglantes, et la Cour est en proie aux plus féroces trahisons. Les deux assassins, pris dans un tourbillon de batailles, de complot et d’attachement sont contraints de prendre partie, de sacrifier leur indépendance, et de s’ouvrir au monde.

Irmine et Helbrand vont donc devoir affronter d’impensables adversaires et se fier à d’improbables alliés, tout en découvrant la perfidie des hommes, leur cupidité, mais également la pureté de l’amour.

Olivier Peru nous dessine dans Martyrs un univers chevaleresque à couper le souffle, qui reprend les codes du genre en les adaptant à la Fantasy : amour courtois, sens de l’honneur, suzeraineté, sens des valeurs, prouesses guerrières, trahisons, manipulations et autres secrets d’alcôve. Son écriture est toujours aussi fluide et, tout comme dans Druide, met en images un univers fantastique : les descriptions des paysages et des individus sont précises, fines, esthétiques, tout en laissant ce petit espace propice à l’imagination du lecteur. Et l’environnement ainsi créé est mis de remarquable façon au service de l’intrigue, qui se déplace d’Alerssen aux îles rebelles, des chemins de rondes aux souterrains, des méandres des rues aux couloirs des palais. Le lecteur est transporté et a rapidement en tête une carte des événements, grâce à laquelle il peut recouper les informations, ou se laisser mener.

Martyrs ne souffre d’aucun temps mort et profite du rythme soutenu et régulier qui caractérise l’écriture d’Olivier Peru. C’est donc un roman de fantasy épique abouti qu’il nous offre, relevant ainsi le défi lancé à la fin de la lecture Druide, déjà de grande qualité : faire mieux, en dépit du meilleur ! Nous sommes donc, à nouveau, fans inconditionnels!

Conseil de Caco : Jetez-vous sur ce titre!

avr 5

Le Cycle d'Oz

Résumé :

Le Magicien d’Oz raconte l’histoire de Dorothy, une petite fille qui vit au Kansas chez son oncle et sa tante. Emportée par un cyclone avec son chien Toto, elle se retrouve dans un étrange pays où, avec l’aide de compagnons un peu bizarres – un épouvantail, un homme en fer-blanc et un lion froussard –, elle va affronter non seulement une sorcière particulièrement cruelle, mais aussi des tigres, des singes volants, des loups affamés, une araignée géante…
Le Merveilleux Pays d’Oz est la suite du Magicien d’Oz. Le lecteur y fait la rencontre de Tip, un jeune garçon contraint de servir la sorcière Mombi et qui finit par s’échapper avec Jack, un drôle de bonhomme en bois à tête de citrouille. Ensemble, ils vont s’aventurer dans une contrée merveilleuse et affronter de nombreuses épreuves.

Tout le monde connaît Le Magicien d’Oz, d’abord par le roman de L. Frank Baum paru en 1900, puis par le film de Victor Fleming (1939). En revanche, on sait moins que Baum donna une suite aux aventures de Dorothy et de ses compagnons – et quelle suite ! Plus de dix volumes parus entre 1900 et 1919, dont nous commençons la publication inédite et intégrale, illustrée par Stéphane Levallois.

Mon avis :

Bienvenue dans l’univers magique et coloré du pays d’Oz. Enfants, nous avons tous eu l’occasion d’entendre raconter les aventures de Dorothy, cette petite fille emportée par un cyclone dans un monde de magie dans lequel les épouvantails sont vivants, les bûcherons en fer blanc se croisent sur le bord des routes ou encore les lions sont peureux. A la suite de la petite fille, qui vaillamment accompagnée de son petit chien et chaussée de souliers d’argent, cherche résolument à rencontrer le Magicien d’Oz pour retourner au Kansas, toute une petite compagnie parcourt le pays d’Oz. Face aux méchantes abeilles tueuses, en collaboration avec les singes volants, aux prises avec des magiciennes pour certaines méchantes, pour d’autres gracieuses, avec l’aide de la reine des Mulots, puis face à une armée de soldates en rébellion, Lyman Frank Baum nous prend par la main pour nous mener dans un monde enchanteur. Le ravissement éclot à chaque page, l’amitié, la peur, la fidélité, l’engagement, l’intelligence sont plus que jamais des valeurs omniprésentes partagées avec le jeune lecteur qui les associe aux très sympathiques héros de Baum.

La cité d’Emeraude nous éblouit (et oui, nous n’avons pas pris la peine de mettre nos lunettes, comme nos jeunes amis), nous compatissons avec l’Epouvantail qui cherche à tout prix à obtenir un cerveau, avec le Lion qui veut acquérir du courage coûte que coûte, nous frissonnons face à une araignée géante, nous rions face aux facéties de  Toto le petit chien et aux blagues de l’Epouvantail… Nous voilà redevenus enfants, émerveillés par tant de beauté, par ce conte enchanteur, par un style à la naïveté désarmante d’intelligence et de réflexion. Le cycle d’Oz ou l’art d’écrire des contes pour enfants qui ravissent les adultes…

Et une mention très spéciale à l’illustrateur qui sublime ce livre et lui donne la dimension esthétique qu’il appelle.  Les esquisses sont superbes de sobriété et de justesse, témoignant d’une connaissance des textes certaine… Un immense bravo à l’artiste!

 

mar 13

Résumé :

70 après Jésus-Christ. Jérusalem est assiégé par l’armée romaine. Le second Temple, érigé par les Juifs lors du retour de captivité de Babylone, est détruit. Les reliques sacrées qu’il renferme sont rapatriées à Rome avant de disparaître.

1504.Âgé de 51 ans, Christophe Colomb effectue son quatrième et dernier voyage vers le Nouveau Monde. Accompagné de son fidèle homme de confiance, Luis de Torres, premier Juif à avoir foulé le sol américain, il fait halte en Jamaïque pour une raison restée secrète aujourd’hui encore.

2012. Un homme fait irruption, arme au poing, chez Tom Sagan, ancien journaliste d’investigation dont la carrière a été brisée par un scandale. L’inconnu a kidnappé sa fille. Elle lui sera rendue saine et sauve s’il accepte d’obéir à une requête pour le moins étrange : faire exhumer la dépouille de son père, Abiram. C’est pour Tom le début d’une course contre la montre qui va bientôt le mettre sur la piste des secrets du Temple de Jérusalem et de Christophe Colomb.
De Vienne à la Jamaïque, en passant par Prague et la Floride, Steve Berry nous fait voyager aux quatre coins du monde dans un récit ponctué d’énigmes passionnantes que sont l’incroyable destinée des douze tribus d’Israël, les mystères du Temple de Jérusalem et la personnalité secrète de Christophe Colomb.

Mon avis :

Encore une fois, avec tout le talent que nous lui connaissons maintenant, Steve Berry s’empare d’un « flou » de l’Histoire et écrit à sa façon le destin des objets sacrés du judaïsme, jadis perdus et sur la piste desquels ambitieux et opportunistes se sont lancés.

 

Tom Sagan, autrefois reporter admiré et reconnu, a tout perdu suite à la parution d’un article relatant un scandale monté de toute part. S’il est lui-même persuadé d’avoir été piégé, sa carrière s’interrompt brutalement. Lui qui s’était uniquement consacré à éloigner sa femme et sa fille. C’est donc seul qu’il entame une vie de déshonneur, jusqu’à ce qu’entre dans sa vie un homme qui le met au défi d’aider sa fille, retenue prisonnière. L’occasion pour Tom de se rattraper en tant que père, mais également de renouer avec ses instincts de journaliste d’investigation. Sur les traces de l’héritage spirituel de son père et de la tradition juive, Tom va découvrir l’existence de reliques sacrées, cachées et conservées durant des siècles par un ordre secret.

Si l’unité Magellan est toujours présente, ce n’est qu’en pointillé, et le personnage de Tom apporte de la nouveauté à l’œuvre de Steve Berry. Chaque personnage apporte du rythme au récit, par ailleurs ancré dans un environnement particulièrement convaincant. Si de façon générale les thrillers de cet auteur sont bons, celui-ci est vraiment bon, et se détache clairement des précédents par sa qualité. Le lecteur ne peut d’ailleurs que s’en féliciter : Steve Berry sait se renouveler, ce qui nous laisse espérer de très bonnes prochaines parutions.

Avec l’art qui le caractérise, Steve Berry même un thriller ésotérique riche, rythmée et réaliste à l’histoire : des Grandes Découvertes à l’Inquisition, en passant par la colonisation, la traite des Noirs et l’Holocauste, l’auteur nous invite à découvrir ou redécouvrir les grands moments de l’histoire et comble les zones d’incertitude avec brio. Comme à chaque fois, il sépare en fin d’ouvrage le vrai du faux, mettant en lumière son talent et son extraordinaire imagination.

mar 2

Résumé :

1783. de la Sicile au Japon, la terre tremble. Le volcan islandais répand sur l’Europe des vapeurs mortifères. La paix avec l’Angleterre signée, la France en déficit cout à la banqueroute.

Nicolas Le Floch est mandaté par Marie-Antoinette pour enquêter sur la mort de l’un de ses courtisans, le vicomte de Trabard, piétiné par un cheval. Confronté à l’insincérité de la reine et aux mensonges des proches du disparu, il découvre les surprenantes retombées de cette affaire : fabrication de fausse monnaie, trafic immobilier d’un ordre religieux et transmission d’écrits scandaleux.

Nicolas va de nouveau traverser les arcanes du Paris de l’argent et de la galanterie. En marge de ses recherches, il croise un aventurier, le comte de Cagliostro, sa complice Mme de la Motte-Valois et résout le mystère du Turc automate, joueur d’échecs.

Revenu de ses illusions, mais toujours prêt à servir la couronne et la justice, le commissaire aux Affaires extraordinaires prendra-t-il la mesure de la corruption qui gagne tous les ordres de la société ?

Mon avis :

L’année du volcan est donc le onzième opus des aventures du désormais célèbre commissaire Nicolas Le Floch. Jean-François Parot, avec le talent qu’on lui connait, nous entraine à sa suite pour parcourir le Paris de la fin du 18ème siècle, troublée par un ressentiment de plus en plus important envers la couronne, incapable de sortir le pays de sa désastreuse situation financière. Alors que la guerre avec les anglais est achevée, les français sont contraints de constater que leur pays va mal et que leur roi, en lequel ils avaient placé tant d’espoir, ne prend pas en considération leur détresse. Malaimée, la famille royale ne peut plus compter sur beaucoup de fidèles, et perçoit bien que la situation devient périlleuse.

Alors lorsque le pays est menacé par un nuage opaque qui voile le soleil, contamine les cultures et entraine le décès du bétail et des hommes, le mot de malédiction se répand, fragilisant encore la famille royale. Parallèlement, Marie-Antoinette se compromet à nouveau dans une affaire de jeux d’argent, confirmant à ses fervents opposants son caractère dépensier et irresponsable. Elle fait donc appel à Nicolas Le Floch en lequel elle conserve sa confiance pour résoudre discrètement le meurtre d’un courtisan, étonnement proche de la souveraine.

Rapidement, il découvre que cet homme, détesté par beaucoup, est la pierre angulaire de différentes affaires de détournement, de paris, de diverses malversations et de pamphlets scandaleux entachant la réputation du roi et de la reine. L’enquête, suivie de près par la reine, se complique donc au fur et à mesure que le nombre et le statut des protagonistes augmente, et c’est à nouveau en Angleterre que le commissaire doit aller chercher des réponses.

Une enquête haletante qui met en lumière avec les habituelles justesse et précision historique le contexte historique de la France prérévolutionnaire, et pose les événements à venir sans jamais se laisser aller à la facilité de l’anticipation. Jean-François Parot confirme à nouveau son statut d’auteur incontournable de roman historique dont on attend avec toujours plus d’impatience les prochains textes.

fév 25

Résumé :

Théo a presque douze ans et sa vie tient du cauchemar. Solitaire, il subit la violence de son père et de ses camarades de classe. Ses nuits sont hantées d’innombrables mauvais rêves qui le terrifient.
À bout, Théo décide de s’enfuir, mais sur le chemin de l’exil une rencontre va tout bouleverser. Où l’emmène donc Alex, cet homme mystérieux surgi de nulle part ? Théo n’a-til fait qu’échanger un cauchemar pour un autre ou son sinistre voyage dans un monde peuplé de créatures plus effroyables les unes que les autres le conduira-t-il vers une autre existence ?

À travers un monde où les contes prennent vie pour son plus grand malheur, Théo apprendra que la réalité est souvent pire que nos rêves…

Mon avis :

Découverte, pour ma part, avec sa saga Les Lunes de sang, Anaïs Cros revient cette fois avec un roman très sombre dans lequel Théo, le jeune héros, se débat nuit et jour pour exister. Assailli de cauchemars la nuit, maltraité par son père à la maison et ses camarades à l’école, Théo ne parvient pas à s’imposer et vit constamment dans l’angoisse.

Et lorsqu’il parvient à se rebeller à l’école, c’est pour tomber entre les mains d’Alex, mystérieux compagnon de route qui l’entraine dans un univers parallèle où les êtres qui hantent ses nuits deviennent réels. Théo n’est pas un petit garçon courageux, il tente tant bien que mal de s’adapter malgré sa peur à un monde qui semble se composer d’un agrégat de monstres et de gens méchants. Violence et cruauté se conjuguent donc sous la plume d’Anaïs Cros mais sans jamais être convaincants.

En effet, et si chaque personnage, chaque situation, chaque lieu renvoie à des archétypes de terreur (une ville où la torture est reine, un épouvantail vivant, …), ils semblent tous être posés côte à côte. Trop caricaturaux, il est impossible de les prendre au sérieux et la lecture s’en trouve totalement appauvrie. La trame est bancale, trop approximative, mal articulée.

Pour être honnête, lire ce texte jusqu’à la fin a été extrêmement laborieux, contraignant. Ni le style, ni l’intrigue ne m’ont permis de continuer avec plaisir, alors que la seule signature d’Anaïs Cros me permettait d’envisager la découverte de La mer des songes avec plaisir. Bien dommage donc d’avoir interrompu la très belle série dans laquelle l’auteure s’était inscrite avec Les Lunes de Sang, surtout avec ce texte…

Malheureusement une énorme déception donc, que rien ne me permet de nuancer.

fév 23

Les gens sont les gens

Résumé :

Nicole Rivadavia est une psychanalyste parisienne de 57 ans au bout du rouleau.
Foufou est un porcelet de 6 semaines enfermé dans une cabane au fin fond de la Bourgogne. Ce livre raconte leur improbable rencontre, et comment ils vont se sauver l’un l’autre…

Après Grand amour, Stéphane Carlier signe une comédie tonique et attachante qui, par-delà sa drôlerie, est aussi l’histoire d’une femme qui se réinvente. Plus qu’un roman, un antidépresseur !

 

Mon avis :

Stéphane Carlier nous prend par la main pour nous entrainer dans la vie de madame-tout-le-monde le jour où tout bascule, où elle choisit enfin de suivre sa voie. Dans Grand amour, roman véritablement savoureux, il s’agissait d’une jeune journaliste parisienne à la poursuite de l’homme de sa vie à l’autre bout de la France.

Dans Les gens sont les gens, nous suivons la véritable libération de Nicole, psychanalyste elle aussi parisienne, de son quotidien guindé et subi. Elle se rend bien compte que son couple va à vau l’eau. Elle constate tous les jours, à 57 ans, que son emploi l’ennuie, et parvient de moins en moins à se voiler la face. Mais un jour, alors qu’elle prend l’initiative de partir respirer l’air de la campagne, décidément salvateur sous la plume de Stéphane Carlier, sa vie bascule avec la rencontre de Foufou… Une adorable créature dont le portrait s’affiche en couverture. C’est pour elle le début d’une nouvelle vie, dans laquelle les priorités se réorganisent, dans laquelle elle prend à bras le corps une vie qui lui échappe pour lui faire suivre la voie qu’elle choisit.

Par ricochet, ce sont les vies de ses proches qui changent à leur tour : son mari se rend à l’évidence de la mort de leur couple et de l’importance, lui aussi, de prendre un nouveau départ ; ses patients se sentent mieux soutenus ; son amie, qu’elle était allée visitée lorsqu’elle a rencontré Foufou, retrouve l’amour… Une histoire qui ne prétend pas à plus qu’elle n’est, simple, abracadabrante mais tellement réaliste : l’homme est avant tout une créature imprévisible… et que dire de la femme !

Encore une fois, la lecture de ce roman de Stéphane Carlier est une bouffée d’oxygène et de bonne humeur, un hymne à des anonymes qui se reprennent en main, bravant le ridicule (parce que tout de même, …), les a  priori, les clichés pour enfin être eux-mêmes. La vie de héros ordinaires en somme, belle, authentique, portée par une plume transpirant l’optimisme, la foi en les autres et le bonheur de vivre.

fév 13

Résumé

De son corps, l’Inconnu a fait une arme. De son mental en acier, une centrale nucléaire de sang-froid. [...] Il sait où et comment frapper. [...] Un jour, lui aussi aura son nom dans les bibliothèques. Couchéà l’intérieur d’un livre, comme certains ont leur corps dans ce qu’il appelle le Panthéon des cons. Dans quelques heures, l’Inconnu sera mort. Ou éternel. 

É. C.

L’Inconnu n’est pas un tueur en série comme les autres, il s’attaque au monde des ultra-riches. L’extrême violence de ses crimes défraie la chronique. Son parcours meurtrier répond à une logique aussi mystérieuse qu’implacable. Derrière sa fureur, il y a un plan qu’il déroule avec patience et précision. Année après année. Victime après victime. Jusqu’à la dernière cible.

Pour les forces de l’ordre, l’Inconnu est l’ennemi public numéro 1.

Pour le peuple, il incarne un espoir.

Sur sa piste, il y a tout ce que le pays compte de flics, de barbouzes et d’agents secrets. Surtout, il y a une petite fille et son père. Elle s’appelle Mademoiselle Chance, elle a 9 ans et elle ne devrait pas vivre. Elle est une énigme dont seul l’Inconnu détient la clef.

Mélancolique et enragée, Mademoiselle Chance est l’histoire d’un chagrin d’enfance, de ceux qui ne guérissent pas et autorisent toutes les vengeances.

Avec ce nouveau thriller, Éric Cherrière poursuit son exploration d’une société prisonnière de la violence. Des bas-fonds aux plus hautes sphères, une chasse à l’homme sur fond de revanche sociale.

Mon avis :

Chance voit le soir de son mariage s’effondrer son existence : sa toute nouvelle épouse, amour de sa vie, est enlevée avec l’enfant qu’elle porte. Malgré des moyens incroyables mis en place, il faudra neuf mois aux enquêteurs, menés par Chance, pour retrouver Aurore, laissée pour morte, et leur enfant. S’ouvre alors pour lui et les familles des époux une spirale d’horreur où la cruauté et la violence semblent vouloir s’attacher à leurs pas par l’intermédiaire de l’Inconnu, l’homme responsable de l’enlèvement et des tortures sur Aurore et son bébé. Appréhendé par les forces de l’ordre, il semble devoir rester détaché de ce bas monde, résolu à ne pas révéler les raisons de ses agissements. Evadé de prison, il reprend sa macabre route, laissant derrière lui les cadavres des héritiers des familles les plus riches de France, tous assassinés dans des circonstances difficilement imaginables et insoutenables pour les familles. Une onde de choc parcourt les plus hauts milieux tandis que le « peuple » se félicite de ce qu’enfin il y ait une justice.

Eric Cherrière est effrayant de détails dans ce thriller, alternant entre l’amour et la confiance inconditionnels qui existent entre Chance et sa fille et la haine et l’horreur attachées à l’homme qui les traque. Chaque sentiment est amplifié à l’infini, laissant le lecteur assommé par tant d’amour ou de cruauté. La puissance des mots est ici utilisée avec intelligence, renforçant une intrigue en elle-même déjà incroyable de douleur, d’amour, de cruauté. Le machiavélisme mit en scène est fascinant, et tels des voyeurs, nous plongeons dans ce texte en nous demandant qui sera le prochain, quelles seront les conditions de sa mort.  Un thriller fascinant, violent, à fleur de peau, qui ravira les amateurs du genre.

fév 12

Résumé 

Après avoir sauvé le prince Aleksander – dont il était l’esclave –, et l’empire tout entier, de la menace des rai-kirah, Seyonne est redevenu un homme libre. Mais le retour parmi les siens ne sera pas aussi simple qu’il l’espérait : il a été souillé par sa captivité et son peuple n’est pas prêt à lui rendre sa place de Gardien des Âmes. Il va devoir, une fois de plus, lutter pour regagner la confiance des Ezzariens et, plus que tout, de celle qu’il aime.

Avec L’insoumis, deuxième tome d’une trilogie de fantasy riche et passionnante, aux personnages complexes et attachants, Carol Berg se place dans la lignée d’auteurs aussi talentueux que Robin Hobb ou Guy Gavriel Kay.

 

Mon avis :

Après L’Esclave, nous retrouvons avec plaisir Seyonne, à présent libre… ou presque. Accaparé par sa mission de Gardien, confronté à des trahisons et des doutes qui remettent en cause toute son existence et la pertinence de ses croyances, il est confronté au pire emprisonnement : celui qu’il s’est imposé lui-même avant d’avoir le courage de voir les barreaux de sa prison.et de les dépasser.

Mais affronter cette révélation, refusée et contestée par son entourage, implique pour lui de se rendre parmi les démons, ces êtres mêmes qu’il avait juré de combattre. Il découvre donc un univers de créatures aspirant à s’incarner, jalousant les hommes pour cela, et organisés en différents cercles. Persuadé que la lutte qui les oppose repose sur une peur irraisonnée et irrationnelle, Seyonne tente de défendre sa théorie aux hommes et démons réticents, s’attirant les foudres et tortures des deux mondes.

C’est un Seyonne fragilisé, en proie aux doutes que Carol Berg nous donne à voir dans ce deuxième tome : il n’en prend que plus d’épaisseur, de réalité. La richesse des univers dans lesquels il évolue, la pertinence de ses états d’âmes, le bien fondé des théories qu’il défend fait de L’Insoumis  un très riche ouvrage de fantasy, passionnant, servi par une plume précise et ancré dans l’un des univers les plus complets et convaincants que j’ai lu depuis longtemps.

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