mar 29

 Les cinq rubans d'or

Paddy est un Terrien, roublard, imaginatif mais un peu fou. Il est fermement résolu à s’approprier le secret de l’ultrapropulsion, qui bien qu’inventée par les terriens, leur a échappé. Il en est de même pour les colonies qu’ils avaient également essaimés dans toute la galaxie : non seulement elles sont parvenues à l’indépendance, mais elles considèrent maintenant les habitants de la Terre avec mépris. Mais Paddy se retrouve prisonnier : son expédition s’est retournée contre lui faute de n’en avoir pas suffisamment envisagé toutes les conséquences.

Commence alors pour lui une aventure étrange : ses geôliers, qui ont remarqué sa parfaite connaissances des langues de l’univers, le choisissent comme traducteur de la réunion annuelle des Fils de Langtry, hauts responsables et maîtres de la galaxie puisqu’ils possèdent chacun, partiellement et sur des bracelets en or, le secret de cette fameuse ultrapropulsion. Mais alors qu’ils souhaitent l’éliminer, Paddy s’enfuit – pas bien loin, certes, car il est coincé sur le petit astéroïde sur lequel se tenait la réunion – et, par un concours de circonstances, provoque la mort de ces dignitaires. Détenteur alors du fameux secret, auquel il s’avère qu’il ne comprend rien, et devenu l’homme le plus recherché de l’univers, il croise Fay, agent terrien, qui lui vient en aide. A tous les deux, ils sont résolus à percer ce secret et à faire en sorte que la fin de tout cela soit heureuse.

Jack Vance nous entraine là dans un univers génial, issu de l’une des imaginations les plus prolifiques de la SF. Les rebondissements se succèdent, servis par un humour efficace et un rythme soutenu : l’univers est grand, et il est ici question de le parcourir en moins de 300 pages ! Pari réussi d’ailleurs. Les énigmes auxquelles Paddy et Fay doivent trouver une réponse les entraine  (et nous avec eux) sur différentes planètes aux environnements également très différents : dépaysement assuré ! Si leurs plans sont bancals, le lecteur n’a pas le temps de s’en rendre compte avant qu’effectivement, ils soient perturbés par des imprévus évidents : il faut aller vite, et ça va vite, directement à l’essentiel ! Pour notre plus grand plaisir d’ailleurs.

Un titre de Jack Vance qu’il faut donc absolument lire si on est amateur du genre, et faire découvrir autour de soi !

mar 27

Un démon sous mes yeux

Arthur Rendell vit seul. Célibataire, sans enfant, très solitaire, il occupe un petit appartement sur Trinity Road dans lequel il a ses habitudes : il fait ses courses au même endroit depuis des années, toujours le même jour ; il lave son linge au même endroit, le même jour, depuis des années ; il évite depuis toujours la compagnie de tous ; ponctuel et efficace, il ne rate jamais une journée de travail ; et régulièrement, il fréquente la cave de son immeuble pour s’y livrer à un curieux et secret manège.

Le jour où s’installe « l’autre Johnson », Anthony, ses habitudes sont bouleversées : les gens commencent à les confondre, il perturbe un quotidien réglé comme du papier à musique, et envahi la cave, lieu qu’Arthur dont Arthur pensait avoir l’exclusivité. Malentendus et quiproquos s’invitent alors dans cette routine, confrontant Arthur à des situations inextricables et dangereusement imprévues, qui le font malgré lui basculer à nouveau dans le crime.

Anthony quant à lui a fui une relation amoureuse compliqué et s’installe sur Trinity Road pour enfin se consacrer à ses études de criminologie. Rapidement, il se rend compte que loin de lui faciliter la vie, son installation engendre des conflits et des tensions qu’il serait bien en mal d’expliquer. Mais petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place…

Ruth Rendell, avec la plume et la qualité de l’intrigue que le lecteur lui connait, met en scène les destins parallèles de deux hommes qui, se croisant pourtant très peu et échangeant encore moins, s’influencent mutuellement, conduisant l’un à sa perte. L’art du quiproquo est porté à sa plus juste expression, pour le plus grand plaisir du lecteur, omniscient et sollicité en permanence pour imaginer les implications de telle ou telle situation.

Un démon sous mes yeux est donc à conseiller absolument à tous les amateurs de romans noirs psychologiques comme un ouvrage de référence.

mar 27

Nabil Mallat se saisit de l’un des dieux les plus connus de la mythologie égyptienne, Osiris, et nous entraine dans une aventure à la suite d’archéologues, scientifiques et hommes d’affaires face à l’une des plus grandes découvertes de l’Histoire.

Le français Maxime de Latour va de déconvenue en déconvenue lors d’une mission en Egypte ; son ami John, qui finance l’expédition, commence à s’impatienter : l’attrait de l’Histoire, certes, mais seulement s’il peut en tirer un intérêt. C’est pourquoi lorsque Maxime découvre une chambre secrète dans le très célèbre puits d’Osiris, dans lequel se trouve un sarcophage et un précieux papyrus, il sait qu’enfin, il a fait LA découverte qui va changer le monde et faire avancer sa carrière. Ce papyrus n’est en effet rien de moins que l’enseignement primordial, premier texte d’Egypte rédigé par Imhotep, scribe d’Osiris.

Mais forcément, cette découverte va déchainer les convoitises les plus sombres, dont celles d’un mystérieux et dangereux criminel, Seth.

Rien de bien original donc dans ce roman, qui brille pourtant par sa qualité historique. Cependant, Nabil Mallat parvient très difficilement et très tardivement à mettre en route son intrigue. Les personnages n’ont rien d’original, et ressemblent parfois à ces héros américains auxquels les circonstances finissent toujours par sourire, aussi improbable que cela puisse paraitre. Le rythme est bon, les rebondissements nombreux – et prévisibles -, les personnages se découvrent des âmes d’Indiana Jones, les méchants sont de vrais méchants, … Tout cela se tient donc par ailleurs.

Pour résumer, Le Secret d’Osiris est une lecture sympathique, mais qui perd de sa substance historique au profit de l’aventure ; à savoir avant d’acheter et de se lancer dans cette lecture.

mar 19

Marion est invitée à assister, avec de nombreux autres psychologues, à une expérience sur le thème du rêve, et de l’utilisation qui pourrait en être faite dans nos sociétés… Effrayant me direz-vous ? Et bien oui, d’autant plus que Patrick Eris met en place un huis clos parfaitement bien mené qui renforce une atmosphère déjà angoissante. Face à ces psychologues qui ne savent pas très bien quoi attendre de cette expérience, et qui, pour certains, sont déjà convaincu de la dangerosité des résultats qui pourraient être obtenus, trois cobayes, des jeunes gens paumés, malmenés par la vie ; deux hommes et une femme auxquels on a fait croire que cette expérience changeraient la vie. Ce qu’elle ne va en effet pas manquer de faire. Le lecteur passe ainsi de l’univers onirique de chaque « dormeur » scientifiquement généré à un univers unique, puis à sa transposition au monde réel. L’occasion de régler ses comptes, de vivre un deuil, de dépasser leur condition pour chaque dormeur, artificiellement aidés à se reprendre en main et à se soutenir les uns les autres. Et l’occasion pour les psychologues de se demander jusqu’où ils iraient pour faire avancer leur carrière et au nom de la science.

 Pour le moins cauchemardesque, l’univers de Patrick Eris n’est pour autant pas convaincant : trop noir, trop torturé – qualificatif que l’on peut également attribuer à tous ses personnages, très peu sympathiques au demeurant. Si la construction de l’intrigue permet bel et bien d’enfermer personnages et lecteur dans un univers clos et anxiogène, les univers en tant que tel peinent à être originaux. Là où l’imagination de l’auteur interpelle et intéresse, ses mots échouent à captiver. Dommage en ce qui me concerne, même si je suis persuadée que Le Chemin d’ombres  trouvera son public, ne serait-ce que par la qualité de son écriture et la justesse de son style.

mar 13

Âme_de_verre

Ne vous y trompez pas : si c’est bien à Lille qu’Anthelme Hauchecorne choisit d’implanter son récit, n’espérez pas une seconde y retrouver vos repères. Car si la ville, en surface, est calme, ses bas-fonds recèlent des pires créatures et de pures horreurs.

Bienvenue dans l’univers sombre et glauque d’Anthelme Hauchecorne.

Vous y rencontrerez Camille, jeune et jolie punkette déterminée à faire ses preuves auprès d’une société secrète, la Vigie, dont le but est de repousser d’horribles créatures, les Deadalos. Elle fait partie des Eveillés, ces hommes qui possèdent le Don de voir et donc combattre les créatures démoniques que sont les Deadalos. Ballotée entre aspirations personnelles, ambitions au sein de la Vigie, amitiés et sens du devoir, Camille tente tant bien que mal d’avancer.

Vous y suivrez également Vincent, prof désabusé, veuf, en quête de réponse concernant la mort de sa femme et de sa fille. Il a découvert l’existence des Deadalos par hasard, mais est persuadé que c’est dans leur univers qu’il trouvera les responsables de ces meurtres. Face à la Vigie et aux Deadalos, du haut de son statut d’humain, il ne se laisse pas démonter : il n’a rien à perdre.

Les univers que fait se confronter Anthelme Hauchecorne sont très sombres, sans pitié. Bercé chacun par le mensonge et le ressentiment, ils se combattent avec fureur et aveuglement. Camille, lucide, se rend bien compte que le manichéisme ambiant n’est qu’un leurre, mais se heurte à l’hostilité de chaque partie. Dur d’être intermédiaire lorsque l’on ne sait pas exactement quels sont les enjeux.

D’autant plus que les frontières se floutent lorsqu’émerge une menace surgie du passé commun des deux mondes : le Requiem du dehors. Cette mélodie meurtrière est tout à la fois convoitée et redoutée, et renvoie à l’une des uniques tentatives de faire se rapprocher les Eveillés et les Deadalos. Un désastre qui, transmis de génération en génération, s’invite dans le quotidien de Vincent et de Camille.

Meurtres, trahisons, délation, combats, créatures visqueuses, organisations secrètes, armes magiques et bestioles en tous genres se côtoient dans ce roman de fantasy urbaine : Lille devient le cadre horrifiant de cette quête de soi, de l’autre, du Requiem.

Les extraits du Codex Metropolis, qui compile témoignages des membres de la Vigie et différents épisodes de son histoire narrés par ses membres, donne tout à la fois un complément à la compréhension de cet univers très atypique et exacerbe le réalisme qu’Anthelme Hauchecorne est parvenu à donner à son texte.

Horreur et humour noir se succèdent, pour notre plus grand plaisir, et Anthelme Hauchecorne se positionne bel et bien comme un auteur incontournable de la fantasy française !

 

NB: il y aura une suite, … et on vous en parlera bien entendu

mar 7

Les mystères d'East Lynne

Publié pour la première fois en 1861, Les Mystères d’East Lynne se classe incontestablement parmi les meilleurs drames victoriens que j’ai pu lire.

 La propriété d’East Lynne est un domaine paisible, calme, véritable carte postale d’un pays et d’une époque. Cependant, loin des regards, s’y déroulent de nombreux drames. La famille Vane, qui en était propriétaire depuis des générations, doit s’en séparer  et c’est le juge Carlyle qui le rachète. Tombé éperdument amoureux de la fille de l’ancien propriétaire, lady Isabel Vane, il l’épouse à la mort de son père, entrant ainsi dans l’aristocratie locale. Le couple a tout pour être heureux, mais le destin en décide autrement.

 Ce mariage entraine en effet le juge, son épouse mais également leurs proches dans une spirale infernale de drames, qui, méconnus, empreints de mystères et de secrets, finissent par conduire au déshonneur de la famille et au malheur de beaucoup.

 Avec un art incontestable du suspens, Ellen Price, connue sous le nom de plume de Mrs Henry Wood, déroule les vies tour à tour brisées et heureuses de juge Carlyle, de son épouse Isabel, de leurs enfants, mais également de Barbara Hare et de sa famille en proie au déshonneur de l’un de ses membres, Richard, accusé de meurtre. De Francis Levinson enfin, sombre personnage, ambitieux, bourreau des cœurs et dépourvu d’honneur, qui sera rattrapé par les conséquences de ses actes, après toutefois avoir réduit des vies au désespoir. Des moments de vie admirablement enchâssés dans l’Angleterre victorienne, fière de ses traditions et entravée par son passé, qui cherche à se positionner face à la modernité. Les descriptions de l’environnement, social et naturel, sont réalistes, d’une précision admirable, d’une beauté picturale. Cela permet à l’auteur de créer un contraste saisissant entre les paysages bucoliques et l’humanité crue des personnages qui y évoluent, une impression de paradis dénaturé par l’Homme et ses agissements, dictés trop souvent par la passion, rarement par la raison.

Car l’honneur est central dans ce roman, et mène les différents protagonistes à leur perte ou à leur bonheur. Et la passion est bien souvent l’ennemie de l’honneur… Le malheur n’est alors jamais loin.

 Trahisons, amours secrètes, honneur bafoué, usurpation d’identité, amour impossible, tout est là pour faire des Mystères d’East Lynne un roman remarquablement écrit et mené, digne de ceux de Wilkie Collins.

fév 13

Premier roman d’un auteur francophone  : je me précipite ! Et je me précipite tête baissée dans un univers qui mêle nouvelles technologies, sciences occultes et enquête policière, effrayant et glaçant – et trèèèès étonnant.

Une intrigue atypique donc, puisque la rationalité doit composer avec la magie noire, puisque la vidéo et l’informatique servent les desseins d’un maître du culte diabolique. Vengeance, violence et intelligence sont combinées pour un résultat à faire pâlir les grands noms de l’horreur : les scènes de massacres sont détaillées, fouillées, imagées, mais également servies par l’imagination du lecteur. Impossible de sortir indemne de ces foyers familiaux où se déchaîne une violence inouïe, insoutenable.

Une intrigue étonnante donc, un peu dérangeante par la combinaison des sciences et de la magie : le lecteur ne sait plus où se trouve la frontière entre les deux univers. La fin laisse donc un goût d’inachevé et l’impression que l’auteur passe du rationnel à l’irrationnel afin de parvenir à faire avancer son enquête et son thriller. A trop vouloir flouter les frontières, la qualité de l’intrigue s’en ressent. Mais ne vous y trompez pas : Codex Lethalis est un bon thriller, qui a l’immense intérêt d’être original. Faites-vous donc votre propre avis – et venez nous le faire partager !

jan 29

J’avais découvert avec beaucoup d’enthousiasme Les Talons hauts rapprochent les filles du ciel, salué par le prix du roman policier du Festival de Beaune 2012. Il restait donc à Olivier Gay, dont c’était alors le premier roman, à confirmer une très belle entrée en matière – saupoudrée d’erreurs de « jeunesse », mais pleine de promesses.

Notre ami Fitz est donc cette fois de retour, définitivement blasé par des aventures amoureuses catastrophiques mais ravi de voir son colosse d’ami enamouré d’une belle métisse, Cerise, mannequin de son état. Le groupe d’amis se met donc à fréquenter les podiums et autres castings, et, piégé par un grand cœur (et d’autres considérations sur lesquelles je ne m’attarderai pas), Fitz craque sur Aurélie, une superbe rousse qui tente elle aussi de percer dans le milieu, mais semble avoir des méthodes contestables.

Mais alors que tout pourrait être simple, Cerise disparait quelques jours avant un casting dont elle est l’une des favorites. Moussah, anéanti, fait appel à Fitz pour la retrouver après s’être convaincu que la jeune femme a été enlevée. Accompagnés de Deborah, ils plongent dans le monde plein de paillettes et malodorant des mannequins, dans lequel la frivolité et les sourires sont bien trompeurs. Des quartiers chics de Paris aux hôtels particuliers, Fitz, Deborah et Moussah vont de mauvaises rencontres en situations périlleuses, abandonnés en grande partie cette fois par l’ex de Fitz, flic qui les avait jusque là couverts. Il s’agit donc de ne pas mettre le pied dans un piège qui pourrait les conduire directement à la case prison.

Mission réussie pour Olivier Gay : cette deuxième enquête de Fitz, si, tout comme dans Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, recourt parfois à des méthodes et situations peu crédibles, fonctionne bien. On se délecte de constater que ces superbes nénettes n’ont finalement pas plus de savoir-vivre que la plupart d’entre nous, mais qu’en plus, elles semblent ne plus avoir en tête les valeurs les plus essentielles pour donner de l’éclat à leur sourire. L’auteur parait d’ailleurs tout particulièrement connaitre ce milieu, et remercie en fin d’ouvrage de vraies mannequins… Dur la vie d’auteur non ?! Fitz, qui continue d’alterner entre enquêteur, fils modèle et dealer au grand cœur, reste un jeune homme attachant qui se rend bien compte qu’à son niveau il ne peut résoudre les malheurs de ses proches mais le tente tout de même à corps perdu, convaincu que quelqu’un doit tout de même essayer. Le style est impulsif, l’humour omniprésent, le cynisme jamais loin et l’autodérision la caractéristique principale de ce polar. Une lecture savoureuse dont on sort à nouveau avec le sourire et la hâte de savoir dans quels draps nous retrouverons Fitz Deborah et Moussah la prochaine fois.

jan 19

Flavia est une petite fille étonnante : passionnée de chimie et curieuse invétérée, elle a l’art de résoudre des affaires louches, de faire des blagues douteuses à ses sœurs et de faire tourner en bourrique son père et la police locale. Alors évidemment, lorsqu’une bohémienne qu’elle avait rencontré lors d’une fête foraine est agressée, elle se fait un devoir de comprendre pourquoi et de savoir qui, d’autant plus que c’est elle qui l’a découverte dans sa roulotte, et qu’elle apprend que l’histoire de cette femme est liée à celle de sa famille.

Car au-delà de tout, Flavia veut rendre fière son père et faire enrager ses deux sœurs (qu’elle aime tout de même de tout son cœur, mais il ne faut pas qu’elle le sache). Avec sa fidèle bicyclette, armée d’un courage et d’un aplomb à toute épreuve et aidée par une intelligence hors norme, la voilà engagée dans la résolution de l’agression de la gitane, bientôt rejointe par le meurtre d’un garçon du village. De quoi lui permettre de prouver encore une fois que désobéir est parfois salutaire et que préférer la chimie aux belles toilettes permet d’attirer l’attention d’un ben enquêteur.

Entre rapports fraternels compliqués, deuil de la mère disparue avant même d’être connue, découverte de l’amitié, importance des livres et de l’enseignement, Flavia est une étonnante petite fille qui apprend chaque jour avec passion et transmet aux jeunes lecteurs de très jolies valeurs et de très bons conseils, tout en étant effrontée et drôle, spontanément réfléchie, dévouée et un peu sauvage.

Nul doute que le succès que connaissent à travers le monde et en France les aventures de Flavia de Luce est non seulement mérité, mais promet de continuer et de s’amplifier ! Et nous serons là pour vous en parler !

jan 11

Benson est un ado orphelin américain adopté, balloté de famille d’accueil en famille d’accueil, qui pense voir le bout du tunnel en candidatant pour intégrer un établissement scolaire mystérieux a priori plein de promesses.

Pourtant, dès qu’il arrive sur place, il se rend compte que quelque chose ne fonctionne pas comme il l’avait prévu : si l’admission dans cet établissement se fait sur dossier, il est impossible d’en partir.

Sur place, environ 75 jeunes gens entre 15 et 18ans, pensionnaires depuis plus ou moins longtemps et de plus ou moins bonne grâce. Si Benson refuse d’abandonner l’idée de s’enfuir, il a dans cet étrange contexte ses premiers amis et pour la première fois se sent entouré. Impression paradoxale puisqu’il sait qu’il ne peut faire confiance à personne : dressés les uns contre les autres par une direction fantôme qui pourtant leur dicte leur conduite, les adolescents se sont rassemblés et organisés en « gangs » rivaux. Mais plus les révélations sont saisissantes et plus l’unanimité se fait jour : il leur faut à tout prix fuir.

 Avertissement : n’oubliez pas de respirer dans le dernier tiers du livre, vous risqueriez de virer au bleu ! Si la première partie de ce livre correspond en majorité à la mise en place du décor et des tenants de la situation, la fin est un tourbillon de révélations, d’actions, de suspens et une fuite vers l’avant… ou pas ! Le rythme est haletant, admirablement rendu par le style de l’auteur. Les personnages, imprévisibles, différents, sont crédibles, humains ( !), et attachants. Amitiés, amour, loisirs, révolte, soif de compréhension, peur s’enchainent, révélant la nature de ces ados déracinés, confrontés à eux-mêmes et résolus à récupérer leur libre arbitre. On aurait pu espérer une intrigue un peu plus fournie, mais la fin des Variants laisse espérer que ce sera le cas dans la suite, que j’attends de pied ferme pour savoir si ma petite pointe de déception en fermant le livre n’était qu’un leurre !

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