Diniz Galhos, superbe entretien mais moins superbe que son livre Gokan au cherche midi

 

On élimine les questions la con tout de suite, anonyme c’est la traduction de Diniz Galhos en anglais ?

Impossible de répondre, je ne traduis que de l’anglais et du portugais vers le français. Et je m’appelle Diniz Galhos.

 

Quelle idée cette trame ? Elle vous est venue comment ?

Pendant mon premier voyage au Japon. Une grosse claque. Sur cinq semaines, non-stop. Claque sur claque sur claque. Des bouts d’histoires m’ont vite démangé, et quand je me suis retrouvé dans un bar minuscule, avec dans les mains deux bouteilles appartenant à Quentin Tarantino, tout s’est mis en place. De retour en France, j’avais une fenêtre de deux mois avant ma prochaine traduction. Je me suis dit que c’était faisable. J’ai retroussé mes manches. Et je me suis mis au boulot.

Le déclic de la traduction à l’écriture, c’est quand ? Comment, instinctif ?, J’écrivais déjà des histoires avant de savoir écrire. J’ai papillonné et lu énormément. A 17 ans, j’ai commencé à faire des plans. A 23, je suis passé des nouvelles au recueil de contes, et très vite aux romans. La traduction est venue bien après, parce que c’était dans mes cordes, parce que c’est un exercice intellectuellement stimulant (quelle que soit la qualité du texte), et qu’on organise son temps sans l’aval d’un patron.

Des auteurs, musiciens, des gens à nous faire partager ?

Pour la musique, on peut commencer par la playlist de GOKAN :

Pour les auteurs, on peut s’intéresser à ceux cités dans GOKAN (Zola, Flaubert, Shi Nai-an (« Au bord de l’eau »), etc.)

Sans oublier l’indétrônable « Pulp » de Bukowski, dont GOKAN jalouse la dédicace : « dedicated to bad writing »

J’arrête ma réponse là, sinon on ne s’en sortirait pas.

Est-ce deux boulots séparés ?

Oui. Mais la traduction m’a permis d’affiner ma technique d’écriture, paradoxalement grâce aux défauts de livres que j’ai traduits. On apprend autant des chefs-d’œuvre littéraires que des erreurs des autres : quand on se pique d’écrire, il faut lire de tout. Je crois.

Des coïncidences troublantes entre anonymes et vous, je vous énerve ou pas ? , monsieur regarder moi dans les yeux et répondez ?

Ça va être difficile de vous regarder dans les yeux (j’ai dit « les yeux »), parce que je vous réponds face à un écran. Lesquelles ? Et non, vous ne m’énervez pas.

Si je vous dis que coté cinéma vous êtes plus Rodriguez que tarentino dans l’écriture vous vous vexez ?

Si c’est le Rodriguez de « Spy Kids », je m’interroge. Si c’est le Rodriguez de « Machete », je suis flatté.

Ceci dit, j’avais 16 ans quand j’ai vu « Pulp Fiction » et « Reservoir Dogs ».

Alors que j’ai vu mon premier Rodriguez il y a 7 ans de ça (« From Dusk till Dawn » (« Une nuit en enfer »), pourtant sorti en 1996)

ok, moi je vous parlais de el mariachi, son premier film une tuerie, vu au cinéma ou en vidéo, vous connaissez pas ? un budget de 10 000 dollars je crois

Pas vu. Mais ça me rappelle son « Desperado », bien marrant, avec un casting quatre étoiles (Antonio Banderas, Cheech Marin, Steve Buscemi… et Tarantino himself) (eeeeeeet Salma Hayek, ce qui ne gâche rien)

Bon je vous ai préféré à anonyme, c’est ennuyeux ou pas ?

Absolument pas pour moi, certainement pas pour vous, et comme certains ne manqueront pas de le préférer à moi, pas pour le Bourbon Kid non plus. Vive la biodiversité littéraire !

Je dis préféré, et largement, même si il existe des similitudes de traitement ….

Une partie des références de GOKAN appartient au même corpus que celles du Bourbon Kid, ce que certains considèrent encore comme de la « culture pop » (« sous-culture » pour certains autres) et qui, en réalité, est en train de s’incorporer à la culture au sens le plus général du terme. Dans les années 1960, les westerns spaghettis étaient considérés comme un sous-genre : Sergio Leone est à présent reconnu comme un des plus grands cinéastes du XXe siècle. Et dans les années 1990, beaucoup dénigraient la violence de « Pulp Fiction » ou de « Fargo ». Et regardez où en sont Tarantino et les frères Coen aujourd’hui….

Pour entrer un peu dans le détail, les « mexican stand-off » et les assassins impitoyables sont des lieux communs, des « topoï » du genre policier et du western spaghetti : ni Quentin Tarantino, ni Robert Rodriguez, ni le Bourbon Kid, ni moi n’avons rien inventé à ce titre.

Le personnage féminin qui n’attend pas la permission de son père/copain/patron pour tirer dans le tas, c’est plus dans le cinéma « de genre » des années 60/70 qu’on va en trouver (entre autres, dans la blaxpoitation, notamment grâce à Pam Grier , ou dans le « Faster Pussycat » de Meyer ) : c’est, de toute évidence, un motif féministe. Malheureusement trop peu exploité.

Et la vengeance, c’est encore plus ancien que la littérature.

Andy Wijckelsma en crédit

Moi j’attends la suite de vos aventures, alors quand ?

Plusieurs cas de figure :

- ou bien je finis un très gros machin sur lequel je travaille depuis 8 ans (en principe d’ici la fin de cette année)

- ou bien je décide d’écrire un plus petit machin en attendant

- ou bien les deux

- ou bien je meurs dans des circonstances obscures/obscènes/apocalyptiques/burlesques (rayez la/les mentions inutiles). Mais j’en serais fort fâché.

Dans tous les cas, vous me permettrez de vous tenir au courant.

Et pour finir, je tiens à vous adresser un énorme merci pour votre critique, tous vos compliments, et vos encouragements.

nonnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn

auteurs éditeurs traducteurs arrêtez de nous remercier, c’est nous qui vous remercions

mais putainnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ^^

2 Responses

  1. Fredo Says:

    Il est dans la pile…

  2. holdenunwalkers Says:

    a lire, je te repond demain, je suis borderline mon mentor

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