« Erèbe – tome 1 du cycle de Thanabios » d’Anthony Brocard (Asgard)

Daïel, flic fragile de Solédyne, ville d’une planète et d’un temps lointains, est appelé à enquêter sur un meurtre à l’esthétique particulièrement élaborée.

Bravant une hiérarchie récalcitrante et une santé défaillante, le policier va pourtant se rapprocher d’Erèbe, pseudonyme emprunté à la mythologie grecque dont le psychopathe paraphe ses nouveaux forfaits…

Avec ce premier tome du cycle de Thanabios, Anthony Brocard met en place une société finalement assez proche de la nôtre, que l’on découvre à travers les yeux désabusés de son héros. Alors que ce dernier progresse vers son mystérieux tueur, se dépatouillant d’un monde dépersonnalisé et d’un pouvoir public gangrené par d’autres forces, tous ses repères se désagrègent, livrant petit à petit les véritables enjeux de ce qui se révèlera une véritable conspiration.

Une société assez proche de la nôtre, écrivais-je…

Pour nous situer dans ce roman mêlant polar et SF, la quatrième invoque Seven , pour la relation ambiguë qui va s’installer entre le héros et le tueur, et Blade runner, qu’on retrouve dans ce monde futuriste qu’Anthony Brocart dépeint par des descriptions aussi foisonnantes que minutieuses. Sans doute certains y trouveront également un zeste de V pour Vendetta, l’un des chefs d’œuvre d’Alan Moore, dans ce monde lyophilisé où se démarquer de la pensée unique (ou presque unique. Aux Néolibertains, s’opposent les tout aussi inquiétants Vertueux) tient de l’hérésie. Rien qu’on ne retrouve dans notre quotidien, quoi…

Maintenant, vous allez vous dire que ça en fait, des références… C’est que l’auteur, libraire si on en croit sa biographie, connaît ses classiques, dont il a su se démarquer pour nous créer cet univers original et terrifiant (dont je lirai avec plaisir le tome 2).     

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