Comme j’ai beaucoup aimé « The Rook », j’ai eu envie de poser quelques questions à Daniel O’Malley qui a eu la gentillesse de prendre le temps de me répondre. Encore une fois : Thank you Mr O’Malley !
Je vous laisse la bande annonce du livre, en anglais je sais, mais allez, un petit effort… Enjoy !
Est-ce que vous pouvez vous présenter pour les lecteurs français qui ne vous connaissent pas encore ? Votre travail, votre parcours…
Je m’appelle Dan O’Malley, je vis à Canberra (Australie). J’ai vécu en Australie jusqu’à 17 ans, ensuite j’ai habité à Londres pendant six mois durant lesquels j’ai enseigné l’anglais dans une école. Plus tard, j’ai étudié l’histoire internationale à l’université du Michigan et l’histoire médiévale européenne à l’université de l’Ohio. Durant mon dernier jour à l’université de l’Ohio, j’ai commencé à écrire un roman qui allait devenir The Rook. Aujourd’hui je travaille pour le Bureau de le Sécurité des Transports Australiens, en tant qu’un des responsables des médias.
J’ai lu la Big Idea sur le site de John Scalzi Whatever, dans laquelle vous parlez en détail de l’idée à la base de « The Rook », pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
The Rook parle d’une femme qui se réveille dans un parc de Londres sans aucun souvenir de qui elle est. Elle est entourée de cadavres. Elle trouve une lettre dans sa poche lui expliquant qui elle est, et ce qu’elle doit faire. Au bout du compte elle finit par faire semblant d’être elle-même, et c’était pour moi l’idée principale du roman. Je me demande parfois comment quelqu’un pourrait facilement prendre ma place, pourrait faire semblant d’être moi ? Ils devraient savoir tout de moi, pas seulement où je vis, ce que je fais comme travail, mais aussi tous les petits détails me concernant. Comment je prends mon café (café au lait et sucre). Comment je réponds au téléphone. Ils devraient vraiment tout savoir à l’avance, c’est de là que vient l’idée de The Rook.
Sur votre site vous parlez de la genèse du roman, de « l’incident de l’ordinateur portable » et de votre séjour à Providence. Je suis un grand admirateur de Lovecraft, un de mes rêves est d’avoir la chance de visiter Providence et la maison de Lovecraft… Bref, est-ce que vous pensiez à Lovecraft en écrivant le premier jet de « The Rook » à Providence ?
J’avais absolument HP Lovecraft en tête quand je vivais à Providence. J’habitais dans le quartier de College Hill, un quartier de Providence où Lovecraft a passé beaucoup de temps. J’étais membre de la bibliothèque Athenaeum (Lovecraft y passait également beaucoup de temps), et je suis allé à une soirée dans une maison où Lovecraft a vécu un moment. Ce coin de Providence est vraiment beau, avec une vraie atmosphère. On voit où Lovecraft a puisé une grande partie de son inspiration.
J’aime beaucoup de choses dans « The Rook », premièrement les noms et les personnages. Comment avez-vous trouvé ces superbes noms tels que Myfanwy, Gestalt, Granchester, the Checquy, the Rookery, Heretic Gubbins, the « Wettenschappelijk Broederschap van Natuurkundingen, » Alrich, Croatoan (c’est la colonie perdue de Roanoke non ?), Shantay Petoskey… ?
Les noms sont parfois faciles et parfois difficiles pour moi. Je les emprunte souvent à des personnes que je connais. Myfanwy est le prénom d’une fille qui habitait de l’autre coté de ma rue. J’ai toujours aimé ce prénom, je le trouve intéressant et inhabituel. J’ai aussi utilisé le prénom de la vraie sœur de Myfanwy, Brownyn, pour le prénom de la sœur dans le livre. J’ai enseigné à une fille appelée Shantay, et travaillé avec une femme dont le nom de famille était Alrich. Je devais utiliser Gestalt parce que ça signifie quelque chose qui est plus grand que la somme de ses parties. Parfois je vais choisir un nom simplement parce qu’il sonne bien comme « Heretic Gubbins ».
Ingrid et Myfanwy sont excellentes, comme Shantay, tous les personnages sont vraiment détaillés et complexes en fait, pourquoi avoir choisi un personnage principal féminin ?
Je savais que le personnage principal de The Rook (qui souffre d’amnésie) découvrirait avoir hérité d’un grand pouvoir. Pas seulement un pouvoir surnaturel, mais aussi de l’autorité. J’ai réalisé alors que je n’avais pas beaucoup lu à propos de beaucoup de femmes commandant et contrôlant d’autres personnes. J’aimais l’idée que cette héroïne soit capable de donner des ordres et de commander des soldats.
Comment avez-vous eu l’idée de Gestalt, un esprit vivant dans quatre corps différents ?
L’idée de Gestalt m’est venue en aidant un ami à déménager. Je montais et descendais et montait et descendais ces longs escaliers, portant des meubles et autres, et je me suis dit « ce serait tellement plus facile si j’avais plus qu’un seul corps » et c’etait ça ! J’ai presque fait tomber la télévision, j’étais tellement excité par cette idée.
Comment avez-vous eu l’idée des Grafters ? Est-ce que vous avez eu des mauvaises expériences, des mauvais souvenirs avec des Belges ?
Non, j’aime bien les Belges ! Je voulais que mes méchants soient proches de l’Angleterre, pour qu’ils puissent traverser facilement la Manche, mais je ne voulais pas qu’ils soient Français, parce que j’ai déjà beaucoup d’idées concernant la Checquy et la France (qui apparaitra dans les prochains livres). Je voulais aussi qu’ils soient vraiment compétents, et j’ai toujours considéré les Belges comme étant très qualifiés.
Une autre chose que j’aime beaucoup dans votre roman est l’humour, le coté comique de plusieurs passages du livre. J’en ai parlé dans ma chronique, le passage du canard ou du dragon sont vraiment hilarants. Je ne sais pas si vous avez déjà lu des romans de Donald Westlake, mais les passages comiques de « The Rook » m’ont un peu fait pensé à son écriture.
Je n’ai lu aucun livre de Mr Westlake, mais je vais sûrement y remédier. C’est parfois difficile de trouver l’équilibre, de créer un bon mélange d’humour, d’horreur et d’action.
Quels sont vos auteurs préférés ? Ou les auteurs qui vous ont le plus influencés ?
Il y en a beaucoup, c’est difficile à dire. Je suis un grand admirateur de China Mieville, Je le respecte pour toutes les idées qu’il met dans ses livres. Brian Michael Bendis, qui écrit des comics, écrit avec beaucoup d’humour et des dialogues très intelligents, je peux relire son travail encore et encore. Terry Pratchett est peut être mon écrivain favori, j’aime ses livres pour leur humour et leur intelligence.
A part « Willow », quels sont vos films préférés ?
Mon film préféré absolu est Rob Roy, avec Liam Neeson, Jessica Lange et Tim Roth. Il possède les meilleurs personnages, le meilleur méchant, et il est magnifique à regarder. J’aime aussi comment tout le monde a l’air sale et miteux. J’en ai assez des films historiques où tout le monde a l’air de sortir de la douche.
Est ce que vous savez si un éditeur français est intéressé par « The Rook » ?
Oui ! On est en train de régler les détails, et je suis très excité.
Est-ce que vous pouvez nous parler de vos projets ? Sur votre site, vous parlez d’un roman se déroulant dans l’Empire Ottoman, est-ce que vous avez lu « La Religion » de Tim Willocks ?
(http://www.goodreads.com/book/show/489936.The_Religion)
Je travaille sur plusieurs projets actuellement, j’aime ça parce que si je suis bloqué sur un, je peux juste passer à un autre. Je m’intéresse particulièrement à l’Empire Ottoman (bien que je n’ai pas lu La Religion… pas encore). Cependant, en ce moment je me concentre sur la suite de The Rook.
Est-ce que vous pouvez nous donner un avant-goût de ce que Myfanwy va vivre dans le futur ? Est-ce qu’on va en savoir un peu plus à propos d’Alrich ? Je suis curieux…
Désolé, je travaille encore sur la suite de The Rook maintenant, et je ne veux rien révéler (surtout parce que je pourrais le changer, et alors avoir l’air ridicule). Je veux cependant passer plus de temps avec Alrich, il est très mystérieux, et c’est vraiment fun d’écrire sur lui.
Le site de Daniel O’Malley
