Islanova par Le Corbac

Dominique Manotti qui raconte Les Années Frics ou l’Or Noir, Dantec qui des racines du mal nous entraîne à la poursuite d’une sirène rouge, Mr Oppel qui nous donne des leçons d’économie, DOA qui nous plonge dans les milieux interlopes du terrorisme et dans les arcanes du pouvoir, Sandrine Collette et ses visions des larmes noires sur la terre, Marin Ledun et les excès d’une société qui fait ça en douce ou qui veut nous civiliser ; voilà ce que c’est ISLANOVA.

Un gros livre, un grand livre.

Ce n’est pas un roman policier mais un roman d’anticipation noir (ça c’est pour ceux qui aiment les étiquettes), ISLANOVA n’est pas la suite de W3 (ça c’est pour ceux qui vont absolument vouloir les comparer), ISLANOVA EST UNIQUE.

IslaNova dessine notre avenir. Et il fait peur.

Ce roman est à multiples entrées, osant jouer sur les codes des genres et accumuler les personnages et mélanger les histoires. Oui parfois il est touffu, oui parfois il nous fait dévier d’une voie pour une autre, mais n’est-ce pas aussi le charme.

Charme de se laisser entraîner dans cette histoire chorale, dans cet air d’opéra dramatique rythmé par les rythmes de la vie, ceux du cycle habituel : amour, trahison, vengeance, croyance, idéologie, fuite, adolescence, multimédia, folie de notre époque, radicalisme de tout un chacun, égoïsme humain, écologie et politique.

Oui dit comme ça il y en a beaucoup, voire trop diront certains ; à tort ou à raison chacun son opinion. Moi je les trouve doués malgré quelques ventres mous nécessaires et obligatoires. Non parce que d’un point de vue roman policier le couple remplit parfaitement son contrat (à peu près la moitié du bouquin) en respectant tous les codes et situations. Mais voilà…

Mais voilà, pour les rendre attirants, les renouveler, ils pratiquent le jeu des ellipses, des fausses pistes et de la désorientation (pour ne pas dire désinformations). Rien n’est inutile dans ce récit policier et polissé, tout à un rôle et même si parfois la lumière arrive tard, elle arrive toujours.

IslaNova est un début d’aboutissement, la suite d’un engagement commencé par Jérôme Camut quand il ne connaissait pas encore sa moitié (cf. le Cycle de Malhorne) et qu’ils ont accepté de partager et de répandre. Sans prendre aucune position ni mettre de gants, ils sont capables de diffuser une image totalement réaliste de notre époque. Tout est prétexte à un discours : moral, politique, écologique, sécuritaire, économique, philosophique qui ne peut nous laisser indifférent.

Hormis l’histoire de cette poignée d’individus mis en exergue, IslaNova c’est l’Histoire qui nous attend demain, c’est l’avenir que nous dessinons tous chaque matin. Oh je ne dis pas que tu es comme ci ou comme ça, non, je dis que chaque lecteur en son âme et conscience se retrouve dans cette épopée.

Alors voilà IslaNova est à lire et à comprendre, IslaNova c’est plus qu’un roman : un pamphlet contestataire, un manifeste déguisé, un essai romancé sur la montée des extrêmes, une dénonciation radicale de l’inertie des gouvernements…

ISLANOVA c’est ce qui n’est pas arrivé en Mai, mais c’est pour demain et comme le dirait Sébastien Gendron : Révolution !