Prix Arsène Lupin 2011, et prix Historia du livre policier historique 2011 ; et il n’y a aucun doute que ça le mérite, amplement.
Voltaire en enquêteur peureux, lâche, obstiné et grognon, c’est à ne louper sous aucun prétexte ! et quand en plus il s’entoure de femmes et leur reconnait des qualités que lui-même n’a pas (excusez du peu), …
L’histoire est originale et extrêmement bien menée : sans domicile, Voltaire joue « le parasite » du logement d’un riche mécène en la propriété d’un éminent protecteur.
Chassé d’un logement par la mort de son précédent « hôte » et sa réputation sulfureuse, Voltaire trouve refuge chez la vieille et étrange baronne de Fontaine-Martel. Sauf que voilà, après un an et demi de cohabitation, la malheureuse est retrouvée étranglée-empoisonnée-poignardée-étouffée. Visiblement, son assassin n’a voulu laisser aucune place au hasard. Effondré de la perte de cette superbe situation et préoccupé par ses intérêts, Voltaire se voit contraint de mener l’enquête pour échapper à la Bastille. Rapidement, il se rend compte que les meurtres sont précédés d’une petite mélodie à la flûte, que les suspects sont pour la plupart des suspectes, que l’argent conduit à bien des bassesses auxquelles lui-même ne pensait pas (et pourtant il a de la ressource) et que même mortes les baronnes peuvent continuer d’empoisonner la vie de leurs proches !
Ça va vite, c’est superbement écrit (le ton de Voltaire est savoureux, ses descriptions un vrai régal, ses bassesses une évidence, ses réflexions des prouesses narratives et intellectuelles) et prenant. Mettez-y un pied et vous ne sortirez plus de Paris des années 1730 et des intrigues de la noblesse, qui n’en mérite pourtant pas le qualificatif ! Délicieux, un tantinet scandaleux, mais tellement drôle !
Frédéric Lenormand, et plus largement les auteurs de la collection « Labyrinthes » du Masque, réussi intelligemment et brillamment à mêler enquête policière et costumes d’époques, roman historiques et intrigues.
Une mention particulière à la couverture du livre, superbe, et qui là encore reflète l’esthétisme de toute la collection « Labyrinthes ».