Doug Brodie, journaliste qui végète à Londres, se voit appeler par un copain d’enfance resté en Ecosse. Ce dernier a besoin que quelqu’un le disculpe des actes atroces dont tout l’accuse. Evidemment, Brodie, efficacement épaulé par l’avocate de son ami, va s’atteler à faire émerger la vérité, quitte à affronter les vieux fantômes…
Avec cette Cabane des pendus, Gordon Ferris dresse un portrait du Glasgow de l’après-guerre finalement assez proche de nous, avec, d’un côté, des classes basses cantonnées à certains quartiers et aux emplois afférents (reproduisant le mode de vie de leurs aînés, on les reconnaît même à leur accent) et, de l’autre, les nantis, qui se reproduisent enter eux également.
Doug Brodie, fils de mineur qui a su s’élever par les études, couvre les deux mondes, partagé entre sa mère qui n’a jamais quitté les lieux de son enfance et la riche avocate l’accueillant le temps de l’enquête. Mais ce livre, loin de ne constituer qu’une peinture sociale d’une Europe qui porte encore les stigmates de la guerre, fait place à un thriller haletant où il s’agit non seulement de sauver un innocent, mais également de démasquer un dangereux psychopathe, le tout malgré la mafia locale et l’incompétence, voire la corruption touchant la police, le clergé et les magistrats.
Comme en plus, la progression de l’enquête, dont, seul petit bémol, on devine la progression, est menée avec une grande finesse psychologique (mention spéciale à la scène où le héros retrouve son amour d’adolescent), on s’immerge totalement, jusqu’au final, attendu mais qui sonne juste.
Je ne saurais terminer le compte-rendu de ce bon moment de lecture sans saluer le remarquable travail de traduction de Jacques Martinache, qui a bien dû s’amuser sur le vocabulaire maritime.
