Bon, je l’attendais ce nouveau Liss. Je savais qu’il s’attaquait cette fois au roman historique : tiens, totalement pour moi ça !
Alors me voilà partie, et faut être motivée : plus de 700pages, même en format poche, ça fait un sacré pavé. Mais même pas peur…
Paradoxalement, le nombre de page m’a à la fois posé problème, et n’a pas été un frein : comprenez par là que certes il y a des longueurs mais que jamais je n’ai eu l’envie de fermer le livre, ce qui parfois peut arriver !
David Liss tente en fait de tout bien expliquer au lecteur : la culture juive, qui est omniprésente, le milieu de la Finance londonien du 18ème siècle (attention, âmes sensibles s’abstenir : de très très trèèèès longs passages sont consacrés à l’explication du système financier, à l’essor de la monnaie fiduciaire et de ses déboires à cette époque, les procédés d’arnaques des titres de propriétés et autres bons et actions, … Un tantinet indigeste, d’autant plus que tout n’est pas essentiel à l’intrigue !), ou encore les us et coutumes de l’époque, aussi bien en matière de relations sociales que de mondanités. Aucun doute, David Liss s’est documenté et a eu à cœur de TOUT expliqué à ses lecteurs… Volonté louable, mais m’est avis qu’il s’est parfois un peu perdu dans les détails (mais ça n’engage que moi).
L’intrigue maintenant : nous voilà embarqués avec Benjamin Weaver, né Lienzo, qui a fui sa famille, un père trop autoritaire, un frère trop parfait, un avenir trop tracé, une tradition religieuse trop contraignante, pour s’exercer à différentes activités (voleur, pugiliste, …) avant d’être reconnu comme « homme de main » à louer : contre rémunération, il effraie juste ce qu’il faut les débiteurs pour qu’ils remboursent leurs dettes, les voleurs pour qu’ils restituent leurs larcins, … . Un métier dont il vit plutôt pas mal, mais pas très régulier et plutôt dangereux. Mais tout cela change (musique de suspens) lorsque l’un de ses clients vient lui demander d’enquêter sur la mort de son père et lui confie que le sien, renversé récemment par un fiacre, a été assassiné par le même homme et/ou la même organisation. Dubitatif dans un premier temps, Benjamin finit finalement par partir en quête d’indices, puis de coupables. Au cours de cette enquête, il en profite pour se rapprocher de sa famille, si profondément ancrée dans le monde de la finance et du commerce londonien qu’elle en vient à être suspecte.
A mon humble avis, l’intrigue est un tantinet perdue dans la foule des détails et des passages narratifs, ce qui ralentit son rythme, ce qui est dommage. Mais comme je l’ai précisé plus haut, cette lenteur n’est absolument pas éliminatoire pour le livre, que j’ai même refermé avec un goût de trop tôt. Ce qui est plutôt une prouesse !
Par contre, que les fans de l’assassin éthique se méfient : on n’est absolument pas dans la même configuration, nous sommes bel et bien dans le roman historique.
Plutôt convaincue donc, plutôt ravie également d’avoir découvert Liss dans ce genre. Juste un petit travail de concision à prévoir pour le prochain, car j’espère que prochain il y aura !
